DU SANG AU POINT DS VUB MXCSIOSGOPIQUB
Les instruments d'investigation et d'analyse se perfectionnent de jour en jour et, grâce à eux^ le médecin, le chimiste oeoTent procéder aux recherches les plus délicates. L'importance de Texamen du sang au point vue clinique et physiologique n'échappe à personne ; de récents travaux, dont nous donnerons ci-après l'analyse, en ont fourni des preuves aussi nombreuses qu'éloquentes : si la clinique, si la physiologie, ont retiré de l'analyse microscopique du sang, des résultats féconds, on peut dire, que le rôle joué dans les recherches médico-légales par le microscope, n'est pas moins prépondérant. On trouve, dans les annales judiciaires, des affaires même très récentes, dans lesquelles, la constatation microscopique des éléments du sang, soit sur un vêtement, soit sur on objet quelconque, a pour ainsi dire constitué la seule preuve invoquée contre l'accusé. Si l'on songe qu'en pareils cas, la condamnation dépend des résultats fournis par l'expertise, on sentira l'urgente obligation de se familiariser au laboratoire, avec ces recherches si délicates, qui demandent à la fois un œil expérimenté et un esprit rompu aux méthofes scientifiques. Le médecin et le pharmacien, peuvent, à un Bornent donné, être moralement obligés d'assumer la lourde ifeponsabilité d'un pareil examen, et s'ils ne sont pas depuis DDgtemps habitués à la pratique de ces recherches, ils s'exloseront à commettre des erreurs, dont les conséquences
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peuvent être irrémédiables pour un innocent et quelquefois aussi pour Texpert.
Lorsque le sang coule dans nos vaisseaux, on peut le considérer, d*une façon théorique; comme formé de deux parties distinctes, Tune comprenant tous les éléments figurés solides, l*autre constituée par le sérum tenant en dissolution les matières alluminoïdes, les sels, etc.
Dans ces conditions purement théoriques, nous le répétons, seule, la première classe d'éléments serait justiciable du microscope. Mais dans la pratique il n*en est pas ainsi. En effet, peu de temps après èlre sorti des vaisseaux, le sang, d*abord liquide, ne tarde pas à se prendre en masse, par la coagulation de la fibrine. Ce corps a des caractères physiques qui permettent de le reconnaître au microscope.
De plus, le sang ne contient pas toujours que des éléments normaux. En effet, dans certaines maladies soit d'origine infectieuse, soit de toute autre nature, le sang peut renfermer des vibrioniens ou d'autres éléments anormaux, dont la constatation éclaire le diagnostic.
C'est en nous conformant à cet ordre d'idées, que nous étadierons le sang, en le considérant d'abord au point de vue normal, puis au point de vue pathologique.
§ i . SANG NORMAL.
Le moyen le plus pratique Aq se procurer du sang, c'e>' de faire une légère piqûre avec une épingle et d'interrompre ensuite la circulation, dans l'extrémité d'un doigt. Li petite quantité de sang qui s'échappe suffit amplement pour pratiquer l'examen au microscope (1).
(1) M. Hayem est d'aris que, par cette méthode, on n*obUent p«s un «r^ véritablement physiologique, et que par des numérations snccessivf^ Uj>^ cbcs la môme personne, on ne trouve pas do résultats concordants. On èr>t i d'après Tauteur, cette cause d'erreur, en faisant à Taide de la pointe d \. i lancette, sur le doigt libre, une petite plaie suffisante pour Uiss«r éclup^i quelques gouttes de sang, dès qu'on exerce la plus légère preasioo sv ^ pulpe. Des recherches comparatives ont démontré à M. Hayem rimpAr.&' '^i de cette manière d'opérer. L'exactitude des résultats dépend de U rap*.*. i avec laquelle on agit et de la quantité de sang qui s'écoule ; celle<-ct d«ui « -i assez abondante. Il faut également éviter l'évaporation, qui aurait poar • *
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H est très important de prendre quelques précautions dans cet examen. On ne doit mettre sur le porte-objet qu*une quantité très faible de sang, afin de ne pas avoir une superposition des globules. De plus, comme, sous l'influence de Tair, les globales s'altèrent rapidement, il faut immédiatement placer la lamelle sur la préparation. Par surcroit de précaution, on peut même fermer complètement la préparation, par Tan des moyens usités en pareil cas (baume de Judée, paraffine, etc.).
I/œil est tout d'abord maîtrisé, par un grand nombre de corpuscules d'un jaune pâle, qui sont les globules rouges du ^ang. Au milieu de l'énorme quantité de globules rouges, l'observateur ne tarde pas à distinguer d'autres corpuscules sphériques plus gros, bien moins nombreux que les globules rouges. Ce sont les globules blancs. Avec plus d'attention on découvrira encore des globules réfringents (granulations découvertes par Donné et connues sous le nom de corpuscales élémentaires de Zimmermann).
Quand une préparation de sang vient d'être faite, il y a généralement des courants qui s'établissent, et que le moindre mouvement communiqué à la préparation peut faire renaître, quand ils se sont éteints. Les globules de sang sont entraînés par ces courants, et, grâce à la rapidité de leur course, ils se présentent à l'observateur sous des aspects différents. Les globules rouges sont biconcaves, de sorte que, vus de face, ils ont une forme circulaire ; leur couleur est plus accentuée sur les bords qu'au centre. En effet, si l'on examine un globule sanguin vu de champ, on constate qu'il est plus mince au centre, qu'aux extrémités. MM. Duval etLereboullet comparent le globule sanguin vu ainsi, à un biscuit rétréci dans sa partie médiane. C'est ce qui explique que, vu de face, le globule rouge paraisse décoloré au centre, puisque sous une épaisseur plus faible, il contient nécessairement moins de matière colorante et donne ainsi plus facilement passage à la lumière.
d'sQgmenter le nombre des globules, par la concentration du plasma. La petite pUte faite par la lancette est, d'ailleurs, tout aussi inoATonsive que la piqûre d'une aiguille.
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D'après M.Hayemle sang normal contient constamment des globules de dimensions diverses. On peut distinguer, à ce point de vue, trois variétés de globules : les grands, les moyens et les petits. Les grands ont un diamètre moyen de 8{A, 5 ; les plus grands atteignent 8fA, 8 (en chiffre rond9|A) ; les moyens ont 7(a, 5 de diamètre ; les petits 6fA, 5, et les plus pe* tits du sang normal 6fA.
A rétat normal, les globules sanguins ne contiennent pas de noyaux. Les globules rouges, lorsqu*ils ne sont pas altérés dans leur forme, ont une tendance h s'empiler^ comme des pièces de monnaie ; quelquefois, comme le contact ne s'effectue que par un point plus ou moins étendu de leur surface, la pile de globules parait renversée. Quelques auteurs attachent une certaine importance, à la plus ou moins grande facilité avec laquelle les globules se mettent en pile, et en déduisent un état d'altération plus ou moins avancé, de ces éléments.
Dans la figure 211, on a représenté des globules créoelés
Fig. 211. — Globales 8an«!aiD9. — a. Vus de face. — b. Vus de profit — e. Glot«W empilés. — d. Globule deTenu tphérique sous rioflueuee de l'eau. — e. Global» ût colorés par l'eau. — f. Globules altérés par l'éTaporatiou. (350 D.)
OU mûriformes. C'est une des altérations les plus fréquentes du globule sanguin. Elle est attribuée par certains auteurN à la suppression d'une partie de Teau de constitution du globule.
Ce n*est pas la seule altération que puisse éprouver le globule sanguin; quand nous étudierons le sang pathologiquî. ainsi que l'influence des réactifs sur le sang, nous verrons à< quelle façon se comportent les globules sous Tinfluence ct ces différents agents.
Avant de passer à l'étude des globules blancs, il nous a paru utiledefaireconnaître, d'après les recherches deM.Hayem.
les caractères anatomiques du sang chez le nouveau-né pendant les premiers jours de la vie. (Comptes rendus 2i mai i 877.) Aq point de vue de leurs dimensions, les globules rouges sont beaucoup plus inégaux que chez l'adulte ; il y en a qui dépassent en grandeur les plus gros, globules de* l'adulte, tenais qu'un certain nombre sont extrêmement petits. Voici les mensurations données par M. Hayem.
DUmètre dn plni peUt globale nain 3fi,25
— moyen des globules naini 6 , S
— des petits globales 6,5
— des globales moyens 7*5
— des grands'. 8,5
— desgéants .• 9,5
— du plus grand globule 10,95
Ces globules de dimensions diverses sont mélangés dans des proportions irrégulières, qui, en se modifiant sensiblement d'un jour à l'autre, rendent impossible la détermination précise delà moyenne générale des dimensions globulaires.
M. Hayem a remarqué de plus, que les globules sanguins deTenfant différaient de ceux de Tadulte, parleur constitution. Ils s'altèrent plus vite, résistent moins à Taction des réactifs ; ils s'endosmosent avec la plus grande facilité.
Les globules du sang du fœtus se distinguent de ceux de 1 adulte, par Texistence d'un noyau. D'après Robin, ce serait ^ers le quatrième mois de la vie embryonnaire que le noyau disparaîtrait; d'après Kœlliker au contraire, cette disparilion n'aurait lieu qu'au cinquième mois. Ces globules sçnt plus Tolamineux que ceux de l'adulte, ils sont plus altérables. Quand ils sont extravasés, ils présentent des prolongements sarcodiques (Robin).
D'après HM. Mathias Duval et Lereboullet, lorsque les globules sanguins du nouveau-né présentent un noyau, c'est l'indice d'un état pathologique.
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