‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographieChapitre 246 sur 404 · VI. — TACHES DK MATIÈRES FÉCALES · texte numérisé non relu

VI. — TACHES DK MATIÈRES FÉCALES

Nous n*insisterons pas sur les éléments que Ton peut rencontrer dans les matières fécales, puisque nous venons d*énumérer les principaux. On comprend combien sont nom* breuses les variétés de couleur, d*épaîsseur, que peuvent présenter de semblables taches. D*après B. Rilter, cité par le D' Gosse, Thygroscopicité naturelle de la matière sur la> quelle une tache excrémentitielle s*est produite exerce unt* grande influence sur son extension, Tintensîté de sa coloration, sa dessiccation et la conservation de sa forme. PIu^ la matière a de tendance à absorber Teau des matièn'^ fécales^ et plus est grande la périphérie sur laquelle se répandent les produits qui ont été entraînés, ou qui y sont dissous, et plus Textension delà tache est rapide, aux dépens de son intensité. Leur dimension changera aussi (V. Gosse, /• ' . cit.) d'après la plus ou moins grande consistance des exrrt^ments. Enfin, leur forme variera suivant qu'elles ont été pn^duites, par le simple écoulement des matières fécales, ou qu*elles ont été obtenues par le frottement Dansce dernier ri> elles ne donneront que peu ou point de croûtes, et de plus elU > présenteront des traînées irrégulières qui se réunissent. W^ bords seront dentelés, comme ceux des empreintes laisi>«v-^ sur un linge plissé par une substance colorée (Robin et Tardieti. cités par le D' Gosse). Plus la tache occupe une large sorfare. plus sa dessiccation s'opère rapidement, plus les restes desal*-

IIAPITRE XV. — DES MATIfiRES FÉCALES. 60i

ments qui ont échappé à la digestion et qui se trouvent mêlés aux excréments s*épaissiront. Ces taches présenteront, en outre, une grande tendance à s'exfolier et à se séparer des tissus. C'est généralement sur la face postérieure de la chemise que l'on trouve les taches de matières fécales : quant aux taches que i*on peut rencontrer sur les draps, sur du linge, leur disposition est extrêmement variable. Dans les taches par frottement, on peut ne pas rencontrer les éléments qui caractérisent (ordinairement les matières fécales. La détermination est alors plus délicate. 11 est difficile de différencier les matières fécales (ie certains animaux, ayant une alimentation à peu près sem- Mable à celle deThomme. C*est une question à étudier. Quant •lux animaux qui sont exclusivement herbivores, leurs matières récales offrent des caractères qui ne permettent pas de les con- Tondre avec celles de Thomme.

M. Gh. Robin [Traité du microscope) donne les conseils suivants, pour la préparation des matières fécales et du contenu des intestins. Quand ce contenu est liquide, les préparations se ^onl comme pour les autres fluides. Le contenu de Tintestin est généralement à Télat pultacé, ou de pâle plus ou moins ferme : les préparations se font donc le plus souvent par simple dis- ^ociation, sur le porte-objet, des parcelles que Ton veut examiner, et que Ton place préalablement dans une goutte d*eau ou de sérosité incolore. Pour bien se rendre compte de l'étal des fragments de tissus végétaux, ayant incomplètement subi l'action de la digestion, on pourra étudier avec fruit les excréments des chenilles, des insectes parfaits, des mollusques et d*aulres animaux herbivore^. Chez les espèces ovipares, on trouve, à la surface des excréments, des grains d'urate de v)ude provenant de Turine, qui a une consistance demi-pâteuse. L'addition d*un acide permet à l'acide urique de se déposer avec ses caractères habituels.

§ vu. — DKS ANIMALCULES QUI SE FORUKNT DANS l'iNTESTIX.

Grâce auk conditions favorables d*humidité et de température qui existent dans Tintestin, il s*y développe pendant la di- «gestion un grand nombre d*animalcules. Les animaux, comme

«02 GUIDE DE MICROGRAPHIE.

Vhomme, ontdesanimalculesdansleurtubeintestinal :Learetet Lassaigne ont constaté Texistence des monades dans rinteslia des grenouilles ; d*après Gruby et Delafond, les ruminants au- •liaient quatre espèces d'animalcules vivants, dans les deux premiers estomacs ; mais dans le troisième et le quatrième, ainsi que dans les matières excrémentitielles, on ne trouve plus que les carapaces de ces infusoires. Suivant ces auteurs, ralimenl végétal passerait à Tétat d'animalcules qui entreraient ensuite <lans la circulation, non sans avoir subi Faction delà digestion.

Fig. 374. — llicrophylcs vibrioniens. — Leurs diverses formes dans les seUes djssentrnq*^

(Dounon).

Cette théorie aurait besoin d'être confirmée ; les carapaces dont parlent Gruby et Delafond proviennent très probablement des acariens si nombreux dans les foins.

Dans les matières fécales normales et fraîches, on ne irouTtque rarement des vibrions (Gh. Robin), cependant les Leptiv thrix n'y seraient pas rares.

Pouchet, en 1849, a trouvé des vibrions dans les déjection^ des cholériques, peu de temps après leur expulsion. Quelque^ heures après la mort, et avant toute trace de putréfaction. Hainey, cité par M. Robin, a trouvé des vibrions dans toute la longueur de l'intestin, jusqu'au duodénum. Ces vibrions ont également été rencontrés dans d'autres maladies.

En 1851, M. Davaine a trouvé un assez grand nooibre de Cercomonas (C. hominis, Davaine) dans les matières fécale^ de malades atteints de choléra ou de fièvre typhoïde. LesCer* monas sont des monadiens pourvus d'un grand cil loconi<»t<?ur et d'une queue, ou d'un seul cil, qui se rencontrent dans beau-

CHAPITBE XV. — DES MATIÈRES FECALES. IÎC3

<-oup d'inriisioDs, dans les sérosités, ou le mucus en Toie d'al- ImlioD. On en compte plusieurs espèces (Ch. Robin).

Malmsten de Stockholm a observé des Paramécies {Paramteium coli, Malmsten) dans les déjections liquides et punileales de malades alteinla de diarrhée chronique, avec ulcéralions intestinales. Le froid tue ces animalcules, que l'on peut Taire vivre en les maintenant à la température du corps humain. — Le Paramecium coli de Malmsten est décrit par M, Ch. Robin

^'■ns le nom de Plagiotoma coli. — Les Plagioloma sont des biirsariens à corps comprimé, plus ou moins circulaire ou ovalaire, avec des cirres buccaux dans un sillon spimi. Il en est qui vivent dans l'eau, mais la plupart se trouvent dans le mu- <nis intestinal.

M. Dounon, dans ses remarquables recherches sur la diarrhée parasitaire de la Cochinchine, a trouvé des monades, ainsi que des vibrions, dans les déjections des malades soumis â ses soins. La première forme sous laquelle le vibrion apparaît dans le mucus est celle de granules excessivement fins, visibles seulement aux plus forts grossissements, réguliers, doués d'nn mouvement brownien très vif, qui permet de les reconnaître dans le milieu qui les contient. Ces granules se réunissent ensuite en séries linéaires, commençant par deux, :rois, quatre granules. Arrivés h ce chiffre, il en est qui pré* «entent déjà des mouvements. Mais quand ils ont acquis i^~ 004 de longueur, 0"",003 de largeur, ces mouvemeots sont

601 GUIDE DE MlGHOGRAPHIE.

bien plus prononcés, ils représentent alors des bâtonnets allongés, terminés par deux extrémités carrées, à peine arrondies et parfaitement semblables. Us se trouvent en quantité telle, en certains cas, que le champ du microscope en est plein. Ces vibrions linéaires ne s'arrêtent pas à cet état ; ils s'accroissent en longueur et, arrivés à 0"",02 et même à 0"",0I , à une épaisseur de 0°''',002, ils perdent leurs mouvements. Ils sont alors transformés en bâtonnets de Leptuthrix. Ceux-ci sont droits ou coudés à angles plus ou moins obtus. Ils sont souvent isolés, mais parfois on les rencontre formant, par leur association, des touffes plus ou moins étendues ou réuniessur un point central, formant une véritable boule épineuse.

On trouve aussi des spores d'oïdium et des séries linéaires de ces spores (Dounon, Description des parasites de la diarrhée de Cochinchine et des affections parasitaires du tube digestif).

Des parasites que ron trouTe dans les dcjeetlons des dlarrhélquea, qui ont eontraeté leur maladie en CocliiMeliiBr, e«

Afrique, etc. — On sait-combien est redoutable cette affection, à laquelle succombent, même après leur retour en Europe, un grand nombre de malades. Nous renvoyons, pour Tétude âe< caractères cliniques de la maladie, aux travaux publiés sur cette affection, sur son traitement, par les médecins de la marine. MM. Normand, Dounon, Leroy de Méricourt, etc.

Lorsque le D' Normand découvrit dans les déjections de^ malades atteints de la diarrhée de Cochinchine, en 1876, un certaio nombre^de petits vers nématoïdes, sa découverte pro> duisit une vive sensation. Jusqu*alors, cette maladie avait été attribuée à des causes diverses, lignorance de Tétiologie avait eu pour conséquence une thérapeutique un peu vague et parement empirique. Le caractère parasitaire de cette maladie étant bien établi, les médecins ont pu diriger Taction des médicaments vers un but bien défini. C*est en s*inspirani de^ travaux de ses devanciers et de ses propres découvertes, que 1^ D' Dounon, médecin de la marine, est parvenu à guérir jtssf x rapidement un grand nombre de ses malades.

Il est singulier que la découverte de ces nématoïdes se soit fait si longtemps attendre, si 1 on considère qu'ils ont près de 1 millimètre de longueur et qu'ils se trouvent en noaibre pr-»-

Page 1