CHAPITRE XVI. — DES PARASITES
M. Mégnin, auquel nous devons de si beaux travaux sur les Acariens, a publié dernièrement un Mémoire fort curieux sur les Cheylétides parasites^ dont nous allons donner quelques courts extraits. M. Fumouze, dans la monographie que nous avons citée, avait bien remarqué que les Cheylétides avaient des moeurs tout à fait spéciales, et qu'ils ne se faisaient pas faole de saisir leurs ennemis à Taide de leur palpe maxillaire, mais il n'avait tiré de cette observation aucune déduction. Rappelant à grands traits la division des parasites créée par yam BenedeU) M. Mégnin montre qu'il y a encore place pour one quatrième classe. Van Beneden .divise en effet les parasites en trois classes ; il nomme commensaux ceux qui s'attachent à un animal, non pas pour vivre à ses dépens, mais pour profiter des restes de sa table ; il appelle mutualistes ceux qui, Tivant exclusivement des excrétions naturelles des animaux^ jouent sur leur peau, ou sur leurs muqueuses, le même rôle que les chiens de Gonstantinople jouent dans les rues de cette nlle, c'est-à-dire qu'ils exécutent un véritable travail de voirie ; enfin, l'auteur fait une troisième classe avec les parasites proprement dits, c'est-à-dire avec ceux qui ont besoin, pour vivre, des humeurs qui entretiennent la propre vie de leur hôte. M. Mégnin propose de les diviser en deux sous-classes : les parasites inoffensifs et les parasites dangereux. Les Acariens ont des représentants dans chacune de ces classes. M. Mégnin a créé une quatrième division pour des parasites qu'il a appelés parasites auxiliaires. Étudiant un jour des lÀstrophores (acarien mutualiste qui foisonne dans les poils du lapin, en compagnie d'Ixodes, de Gamases^ etc.) qu'il avait placés dans une cage de verre, M. Mégnin fut surpris de voir que deux Cheylètes qu'il y avait introduits involontairement tuaient les Listrophores, qu'ils poignardaient avec leurs petites mandibules en stylets aigus, après les avoir saisis avec leurs terribles palpes. Ils tuaient leurs victimes pour les sucer, exactement comme font les araignées des mouches, avec cette différence que les Cheylètes sont à peu près du même volume que leur [)roie, qu'ils ne leur tendent pas de piège et qu'ils les chassent littéralement à courre, au fond des poils du lapin, comme îous le couvert d'une épaisse forêt (Mégnin).
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■ On voit donc que le Cheylète est pour le lapia un TériUble parasite auxiliaire,c'esi-h-àire utile, puisqu'il le débarrasse des vrais parasites nuisibles. M. Mégniu a observé le même Taii chez des oiseaux.
Jusqu'à ce jour, le Cbeyletu» entditv» avait constitué 1 loi seul le genre Che^letus, mats M. Mégnin en a découvert d'au-
tres espèces. Le Cheyletua erudttui a été ainsi nommé parce qu'on le trouve liabiluellemeat dans les vieux livres, les vieui linges, la vieille charpie, les vieilles étoupes, les fourrages altérés et moisis, la poussière des greniers. C'est très probablement ceL acarien que M. Le Roy de Méricourt avait troaié dans le pus qui s'écoulait de l'oreille d'un marin, et auqtit-l M. Laboulbène avait donné tout d'abord le nom de Tgroglf phui Mericourti. M. Mëgoin pense qu'il y avait été iotrodui: avec de la charpie. Jusqu'ici, l'histoire complète de cet acarier. n'a pas été faite ; MM. Fumouze et Robin, qui en ont Tait mif très bonne étude, n'ont vu que la forme octopode asexuée ou la nymphe et la larve hexapode.
M. Mégnin a fréquemment rencontré le CheyUtua ertÊdin*. accompagné d'une nouvelle espèce à laquelle il a donné li* nom de Cheyletus longipes. Parmi les Gbeylètes décrits par M. Mégnin, nous signalerons les suivants :