CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L'AIR
qu'eUe contenait un grand nombre de spores. Ces spores ont donné naissance à des champignons qui se sont multipliés dans les conditions diverses 'où M. Yung les a placés.
Fif. 497. — M61e A. Pouuières de la neige du Môle, ramassées le 24 février 1878. (Yung.)
Gaston Tissandier {loc. cit., p. 20) a reconnu dans la neige tombée en France du 16 décembre 1874 au 25 du môme mois, la présence
Pig. 488. — Môle B. Neige ramassée au Môle le 24 fétrier 1678. (Tiing.)
de substances étrangères très abondantes, et mettant en évidence J*existence de matières salines étrangères. On recueillit au sommet
GCIOI DE MICROGRAPHIE.
;70 GUIDE llli MlGHOGH.ll'lllli.
les tours (le Nutie-Diime k's prcmii-res neige'' du Ifi dôcci
l'ii ^niiiil >oiii de ne prélever que les coiiclies siiperflriclle», notTr.i:! iiuiim (.(jiiliift avec li?s objets lerrcslros. Une goutte d'eau oUieiui^
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pjir la fiKion de cette tioigc examiti>'>e au microscope, stcc u" grossissement du IJUU diamètres, reiifermnit un nombre considérable
''^'ITHi; XXI. — CORPUSCOLES BT HIASHblS DE L'AIR. 771
r; ii~<-iili-'i. lion Tut il peu près de même pour une goutte d'eau "'ii.iiit (if I;i campagne.
'> I l'-Kiiclicr il analysé chimiquement le résidu de l'évaporation de ■ ij j]nne:uint do la neige.
Ii< jn, U Itoiissiiigault, dans les analjses d'eau de neige, y arait réuni la pnsence du nitrate d'ammoniaque et l'avait dosé. G. Tis- I i-liiT a mis en évidence la présence de ce composé par une mé- »!'' qu'il décrit ainsi : » Si l'on verse une goutte d'eau de neige T une lamelle de verre et qu'on la laisse s'évaporer spontanément iii- uti air desséché, on aperçoit au microscope, dans le résidu
Pig. «91. — GaBiMd'aa de D«igc tu«iu mleroMOpc, 900/1. (G. Tituudler.)
obtenu, des cristallisations très remarquahles : tantôt ce sont de longues aiguilles, extrêmement minces, entremêlées de prismes droits a base hexagonale qui prennent naissance; tantôt on aperçoit des étoiles à six branches et des cristallisations aux contours indécis, ou les prismes se détachent d'une tige centrale, pour servir de bases à d'autres dentelures. Les figures ci-jointes (p. 773J ont été dessinées pA M. Tissandier sous un grossissement de 500 D.
Pendant que les cristaux abandonnés par l'eau de neige se réunii- <ent rers les bords extérieurs de la goutte, les corpuscules se rastembleot au centre. Ces cristaux, dit M. Tissandier, sont bien formés par du nitrate d'ammoniaque ; Us se dissolvent dans l'alcool, se dé-
772 GUIDE DE MIGRQGRAFHIE.
composent par la chaleur sans laisser de résidu, et rcnrcrment de l'acide nitrique et de l'ammoniaque. Outre ces cristaux de nitrate d'ammoniaque, M. Tissandier a vu aussi quelquefois des cube> nettement défînis qui appartenaient probablement au chlorure de sodium. Cet observateur a vu également des prismes à quatre face$. qu'il n'a pas déterminés; toutefois ses observations tendraient à le$ lui faire considérer comme du sulfate de soude (comptes rendus de l'Académie des sciences, 4 janvier 187.H, et loc, cit., p. 24). La figure 494 représente des cristaux obtenus à l'observatoire de Sainte-Marie du Mont. Ces c.istaux sont finement dentelés ; ils ont l'aspect de foagères ou de plumules d'une grande délicatesse; il y a aussi de petits cristaux légèrement arrondis sur leurs angles et gracieuse ment ramifiés, des croix hexagonales à six branches, etc. Ces cristaux déliquescents ne tardent pas à perdre leur forme sous linfluence de l'humidité de l'air. On a pu toutefois en fixer quelque? groupements par la photomicrogruphie.
On trouvera représentée dans la figure 495 une crislallisalion très remarquable de nitrate d'ammoniaque obtenue par l'évaporation d'eau de neige.
C'est en vain que M. E. Tissandier a essayé de reproduire artificiellement ces formes cristallines de l'azotate d'ammoniaque, il u'a jamais obtenu que des cristaux uniformes. Cet auteur attribue le mode de cristallisation particulière du nitrate d'ammoniaque, da'i^ les eaux météoriques, à une certaine quantité de matière organvqv.** que ces eaux contiennent.
En juillet 1876, M. G. Tissandier examina au microscope de l'eau abandonnée par la fusion de la grêle. U y trouva diverses algue>, divers Infusoircs, sans mouvements lorsque l'observation fut faiie . des corpuscules organisés sphériques ; d'autres corpuscules tit-^ abondants, animés d'un fort mouvement de trépidation. 11 y avj t en outre des globules sphériques, d'une transparence complète, et qui étaient constitués par une substance ayant l'apparence gélatineuse. Après l'évuporation du liquide, M. Tissandier vit un de «.eglobules se contracter, sous le contact d'un petit corpuscule pierreux. Il rapproche cette observation du fait suivant rapporté ptr Ehrenberg: » Un administrateur de la pharmacie Hocpen, p^'^ de Bielefeld, m'a appris que le 14 janvier 1860, M. le docteur Sluhlmann avait recueilli une poussière brune, dont la neige eliii chargée. L'ayant examinée au microscope, il y trouva, à côte J.* petits cristaux en quartz, des animalcules vivants, de forme <pkerique, dont les plus grands avaient la forme d'une lentille. Ce a>lairr t pas des Infusoires; je ne fus pas moins surpris à l'idée dVèlres organiques vivant dans la neige fondue (1). »
(1) G. Tissandier, /oc. cit.j p. 30. — Bericht àber diezur Bekauni'narhvK , geeigneten Verkandlungen der Kânigl Prêtas. Akademia der H ui^^ schaften su Berlin. 1860.