CHAPITRE XXl. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L'AIR
ce liquide, de toutes les cellules végétales, dès qu'elles ont leur paroi cellulosique, qui pourtant arrête leurs mouvements propres qaand elles en ont, donnent à cet égard des caractères différentiels 1res nets. 11 faut toutefois noter que, lorsqu'il s'agit de spores ayant UQ diamètre de 0™,00t ou environ, comme celles des Leptothrix, ce moyen ne permet plus de les distinguer des granulations dites moléculaires de ce Yohime^ qui seraient de nature cellulosique et amylacée ; l'existence de celles-ci au milieu des spores est possible, mais n'est pas déterminée jusqu'à présent. »
Contrairement à l'opinion formulée par M. Pasteur et par plusieurs autres auteurs, il est possible, d'après M. Ch. Robin, de distinguer facilement dans les poussières, sous le microscope, ce gui est œuf de ce qui est spore. Toute spore résiste à l'action de l'ammoniaque caustique et môme à l'action de l'acide sulfurique monohydraté. Tout ovule (ou œuf) d'Infusoire, dont il vient d'être parlé, se dissout rapidement, au contraire, dans l'ammoniaque, ou dans l'acide sulfurique. Toutefois, fait observer M. Robin, il est des parties de certains Infusoires et de quelques embryons qu'elle ne dissout pas; tels sont tous leurs organes chitineux. Mais lorsque ces derniers existent, la nature animale des êtres est déjà tellement reconnaissable, d'après leurs mouvements, leur configuration, leur «tructure propre et leur volume, qu'il n'y a déjà plus obligation de se servir d'un réactif pour déterminer cette nature ; d'autre part, si alors on l'emploie, la disposition de la masse fondamentale de l'organisme, avec conservation de ses parties squelettiques seulement, est du reste un fait très caractéristique, prouvant qu'il s'agit bien Ik d*un être animal, puisque rien de pareil ne se montre dans les plantes [loc. cit., p. 233).
M. Robin, considérant d'autre part que les seuls germes connus dans les microzoaires sont des ovules, regarde comme une hypothèse gratuite, d'admettre d'autres germes, qu'on n'aurait, d'après iuî et d'autres observateurs, jamais vus. Il n'admet pas non plus, <^uf dans le cas où l'on dessèche ces ovules sur le porte-objet du microscope, qu'on en ait vu revenir de l'état sec à l'état frais dans la poussière atmosphérique. En résumé, d'après M. Ch Robin, on ne connaît ces ovules qu'à l'clat frais, et rien, scientifiquement parlant, n'autorise à déclarer que les corpuscules de la poussière atmosphérique, dissous par l'acide sulfurique, ressemblent en tout point aux germes des organismes les plus inférieurs et qu'ils appartiennent sans conteste à des espèces fort nombreuses. Cela, ajoute même M . Robin, n'est certainement pas pour les microzoaires (loc. ci^ ,p. 874).
Ces considérations nous ont paru utiles à faire connaître, parce qne les questions auxquelles elles s*appliquent ont divisé et divisent encore des esprits éminents. F.-A. Pouchet a
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examiné au microscope les corpuscules contenus dans Valmosphère, de lieux très différents et très éloignés les uns des autres. Ces observations sont extrêmement instructives, et nous n*hésitons pas à les rapporter. Ce naturaliste ayant fait fonctionner son aéroscope dans un bas quartier de Constantin nople, il recueillit une quantité énorme de corpuscules. Voici rénumération des substances qui y dominaient :
De nombreux fragments de silice et d'autres parcelles minérales rouges, vertes et jaunes, de nombreux débris de costume des passants, consistant en filaments de laine, de coton, de chanvre el de soie de toutes les couleurs, blancs, bleus, jaunes, marron on d an beau rose; uiie quantité considérable de fécule de blé normale ou panifiée ; enfin une énorme quantité de fragments de tissu cellalaire el vasculaire végétal provenant, la plupart, des melons d'eau, si fréquemment employés pour Talimentation chez les Turcs et dont ils jettent les débris sur la voie publique. L'instrument ne recueillit jamais aucun œuf, aucune spore.
A mesure que l'on s'éloigne des grandes villes, dit F. -A. Poucbet. et que Ton gagne les solitudes de la mer ou des montagnes, on ^oit successivement disparaître la fécule, la fumée et les vestiges de no> vôtements et de nos aliments.
C'est ainsi que sur le sommet de l'Etna, Taéroscope de Poucbet nt> retenait plus que des parcelles de cendres, de lave, de soufre, lancées par les cratères du volcan .
« Au milieu de la Méditerranée, entre Marseille et les Bouches de Bonifacio, l'instrument accusait encore une plus grande pureté de l'air. Celui-ci ne contenait plus que des corpuscules de siâce extrêmement rares, et d'une si extraordinaire ténuité, qu'ils se rapprochaient tous de la forme sphéroïdale ; aucun grain de fécule et rien qu'on puisse confondre avec un œuf ou une spore. De semblable^ expériences, exécutées au milieu de la mer Ionienne, donnèrent absolument les mômes résultats. »
(c Les corpuscules atmosphériques que le temps amasse dans toc< les monuments nous donnent les plus exactes notions sur leur situation, sur les matériaux employés à leur construction et sur l'usage auquel ils sont consacrés. Dans l'église de l'abbaye de Fecamp, construite tout en pierre, la poussière est en grande parte formée de débris calcaires provenant de refQorescence de la colonnade et du froissement de ses dalles. On y rencontre en outre de nombreux filaments de toute nature et de toutes couleurs, provenant des vêtements des fidèles: parmi eux, quelques poils de laine rouc^ ne 8ont évidemment que des vestiges des costumes des enfants de chœur. On y rencontre aussi de la fécule normale et de la fécule colorée en bleu ou panifiée. »