CHAPITRE XII. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L*AIR
que dans Teau de puits, dans Turine et dans les produits de Texpectoration des fébricitants, avait coïncidé avec une épidémie de fièvre intermittente. Mais, d'après le docteur Magnin, on ne verrait pas, dans les rapports du docteur Massy, les rapports de cause à effet signalés par ce médecin, entre les Champignons et la fièvre intermittente.
2* Palmelles. — Salisbury {The Americ, Journal of the médical Kiences. Janvier iBQQj Bévue scientifique, 1869) a publié un travail sur rorigine de la fièvre paludéenne, dont le rententissement a été très grand. Cet auteur examinant Texpectoration des fébricitants, ainsi que l'excrétion salivaire de personnes habitant des pays à fièvres, y a trouvé au milieu de cellules diverses de Diatomées, de Desmidiées et de spores fongoïdes, d'autres petites cellules oblongues, isolées, ou agglomérées, à nucleus distinct, entourées par une enveloppe cellulaire lisse, avec un espace plus clair, en apparence vide, situé entre la paroi de la cellule et le noyau. Salisbury conclut, d'après leur apparence, que ces cellules ne sont pas des Champignons, mais des Algues ressemblant beaucoup aux Palmelles. Ces Palmelles seraient les seules formes cellulcdres parmi celles qu'on aurait rencontrées dans les sécrétions examinées, qui se représentent constamment, dans les zones à malaria, tandis qu'au contraire, les autres spores, animalcules, etc., se retrouvaient à toutes les hauteurs audessus et au-dessous de la limite des fièvres, ainsi que Salisbury l'a établi par diverses expériences. Ces Palmelles se rencontreraient également à la surface du sol des pays à fièvTCs. Enfin cet auteur aurait donné la fièvre à des personnes qui jusqu'alors avaient été indemnes, en plaçant, à leur proximité, de la terre couverte de Palmelles.
Le docteur Magnin trouve que Salisbury n'a donné qu'une desrription confuse des Algues qu'il considère comme des Palmelles ; d'autre part, Salisbury n'ayant pas cultivé les Algues en dehors de leur support mécanique, rien ne prouve que ce ne soient pas les émanations de la terre elle-même qui aient occasionné de la fièvre C, Wood). — Leydy, ainsi que l'auteur précédent, ayant vécu en contact avec des Palmelles, en ayant même absorbé à dessein ou accidentellement, n'en ont éprouvé aucun inconvénient. Ch. Wood fait remarquer en outre que les Palmelles ayant un protoplasma chlorophyllien, ne peuvent se développer dans l'obscurité et par conséquent au sein des organes de l'homme. De plus, le froid qui arrête le développement de la malaria n'a aucune action sur les Palmelles, dont quelques espèces peuvent vivre dans la neige.
En 1872, à l'occasion de la session tenue à Lyon par le Congrès
médical de France, M. le docteur Magnin, avec MM. Colrat et Fo-
chier, a recherché sur les bords de certains étangs, les organismes
décrits par Salisbury. Ces naturalistes trouvèrent en effet des Algues
épondant assez exactement aux Palmelles de Salisbury, autant du
moùiSy que leur descHptUm imparfaitepermet une fdentt/lcaiû>n(]llagnin, p. 96). Cette végétation constitue de légères efQorescences d'une épaisseur d'un demi-millimètre à peine, ressemblant à un semis de brique pilée. Ces efQorescences se trouvaient en compagnie da ProtococcusviridiSf espèce d'Algue uni-cellulaire, voisine des Palmelles. Sous le microscope, on trouve une masse de cellules rouge-brique, plongées dans une sorte d'atmosphère incolore et amorphe ; cellules généralement ovales, quelquefois sphériques, à parois transparentes, incolores, quelquefois composées de plusieurs couches.
Le contenu consiste en sporules nombreux, très petits, à membrane d'enveloppe, souvent à double contour et munis, lorsqu'il sont parvenus à l'âge adulte, d'un noyau fortement réfringent. U matière gélatineuse qui englobe les grosses cellules est amorphe, achroïque, transparente, quelquefois stratifiée. Elle provient de k fonte des membranes mères au fur et à mesure du développement endogène des sporules qui, & leur tour, remplissent le rôle de cellules mères, en donnant naissance à d'autres sporules.
Ces caractères montrent bien qu'il s'agit d'une Algue unicellalaire de la famille des Palmelles, répondant à la description que Salisbury a donnée de son genre Gemiasmaj et de l'espèce rubr'i. (Magnin, loc. cit,j p. 97.)
D'après M. Magnin, cette Algue serait certainement la plus commune et la plus abondante dans les pays où il y a des étangs ; non seulement ce naturaliste les a rencontrées dans la Dombes, mii^ encore dans un grand nombre de lieux humides, sur les sols argileux aux environs de Lyon. Son habitat est celui assigné par Salisbury à ses Palmelles. Cette Algue serait, d'après M. Magnin, qui en a donné une figure, le Ckhrococcum coccoma.
En comparant celte Algue au genre Gemi€tëma proîuberans et autres palmelles de Salisbury, on acquiert la conviction que, si elles ne sont pas identiques, elles sont au moins très voisines.
M. Magnin ne s'est pas borné à ces constatations. Ayant examior^ au microscope, de la rosée condensée sur des plaques de verre, au voisinage des étangs, il n'y put découvrir aucune spore pouvant ^trr assimilée à des cellules de Chlorococcum. Ayant fait transporter, dans différentes habitations de Lyon, des plaques de terre recouverte de cette Algue, celles-ci n'ont pas déterminé l'apparition de 1 1 fièvre intermittente. Aussi M. Magnin repousse-t-il complèlemen*. l'idée que le miasme paludéen soit constitué par les Palmelles.
Différents auteurs, MM. Van der Gorput et Hannon, ont publ:* . comme venant à l'appui des opinions de Sahsbury, des obserration> dans lesquelles figurent des Algues indéterminées pour la première. et nombre d'autres, comme les Vauchéries, les Gonferves, les Zy gnèmes, les Oscillaircs, etc., à l'exclusion des Palmelles qui ne so *.! pas citées.
4<» Les Oaelllaires ont à leur tour, et peut-être avec plas de vérité.