‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographieChapitre 350 sur 404 · CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L*AIR · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L*AIR

il est fait mention de pluies de sang dans Homère, et de nos joui^ dit M. Tissandier, il est des paysans qui croient encore à la réalité de phénomènes dus à la chute de poussières rougcàtres, très fines et de nature ferrugineuse. Sous l'influence de courants atmosphériques très violents, le sable des déserts peut-être emporté à une très grande distance. M. Tissandier donne d'après Ehrenberg de nombreux exemples de ces phénomènes, nous en citerons seulement quelques-uns. Le transport à de lointaines distances des poussières explique comment parmi les êtres organisés, que Ton trouve dans ces poussières, il en est qui appartiennent à des pays très éloignés. Ehrenberg, examinant des échantillons de neige rouge tombée dans le canton des Grisons, près du passage Bernardin, le 4 février 1851, y trouva des formes américaines, le Deimogonium guyanense (?) et V Ilimantidium papilio. Dans une pluie de poussières tombée en 1834 sur les confins de la Russie et de la Chine, le conseiller d'État Weissen, de Saint-Pétersbourg, ne trouva pas de formes sibériennes, mais rien que des formes exotiques. Quelquefois ces pluies de poussières sont d'origine purement végétale ; c'est ainsi que le 1°' mai 185G à Shanghaï, en Chine, il tomba une pluie qui assombrit le jour et que Ton reconnut être composée du duvet de la semence du peuplier. En 1862, Ehrenberg analysa une poussière rouge qui était tombée sur un navire allemand, par Si"* ou 25'' de latitude nord, et do"" ou SG"" de longitude à l'ouest du méridien de Greenwich. Cette poussière renfermait cinquante formes organiques et quatre formes inorganiques. De ces cinquante-quatre formes, il n'y en avait qu'une qui fût inconnue : le LUhostylîdium divïtis, parcelle d'herbe siliceuse; toutes ces formes organiques sont d'origine terrestre ; aucune ne provient de la mer. Vingt et une formes à écaille siliceuse peuvent à la rigueur vivre et se reproduire dans l'air ; quant aux vingt-sept formes siliceuses, ce ne sont que des débris

riep^aaunidium, Khr. — 6. SpongolithU striata, SiW. — 7. Protococcus metooruricus b;lv. — 8. Protococcus meoiscuii, Silv. — 9. Protococcus simplex, Silv. — 10. Vorticella cuovallaria, Ehr. — 11. Cyclidium solitarium, Silv. — \i, Pclitc étoile appartenant à un orjfane ^^gétal. — 13. Fragment de rx)nferve (Gallionella lyrala (?), Ehr.). — 14. Fruciitication de formes variées. — a, a, a. Fragments de (.oufervc, épiderme, libre de plante phanérogame. — Les fragments angulaires représentent la partie minérale de la pous- Mère. LÛ amas grumeleux répandue çà et là sont formés d'une fittbsUnce organique.

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d'organismes morts. Dans un échantillon de neige rouge, Ehrenberg, outre différentes formes organiques, découvrît une Discop/ea atmospkaerica que Ton n'avait jamais encore vue vivante en Europe. Voici d'après cet éminent observateur la nomenclature des espèces trouvées dans les analyses de poussières faites par lui : Cryptomonas, Discoplea atlanU'ca, Evnotia amphioxf/Sj Gallionnella proceray Gallionnella tenerrima, Sphcpnlh nivales, Gallionnella granulatay LUhostylidium lœve, Lithostifhdium rude, Gallionnella crenafa, Gallionnella tœniata, Dtscopia atmosphxricay Pinnularia borealis, Amphtdiscus truncaius, Uthostylidium crenulatum^ Gallionnella dùtans, lÀthostyUdiwH biconcavu m , Clepsam midium conicu 'tj, e te . , etc .

lVeiir« roulée. — En 1863, M. le professeur Bouis a observé une pluie et une neige rouges tombées dans TAriège, les Pyrénées-Orientales et en Espagne, dans la basse Catalogne. TAragon, etc. ; les flocons de neige étaient parfois si rouge<. qu'on les croyait teintés de sang. Le vent soufflait au sud. La terre, desséchée à Tair, est jaunâtre; humectée, elle devient rouge-brique. L'examen microscopique n'a montré que quelques rares débris microscopiques. M. Bouis a fait une analyse chimique de ces poussières. (M. 'Tissandier, loc. cii.^ p. 8i. Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LVI, 1865, p. 972.

Antérieurement, 1816 (V. Comptes rendus de tAcadèane d^^ sciences, t. XXIY, l^i7, p. 810), M. Decaisne avait examiné une pluie terreuse; il y a observé une assez grande quantité de corpuscules organisés, qu'il considère comme d'origine végétale : « ce sont des ruastrums, quelques clostéricées, des granules J.- (( matière verte, etc. ; puis enfln, quelques débris d'lnfusoirtf> a qui disparaissent en les soumettant à l'action de Tamm^»- « niaque. »

M. Tissandier a examiné au microscope un échantilU-n d'une pluie de poussière tombée à Boulogne-sur-Mer le â de cembre 1876. Un grossissement de 80 diamètres lui a fait vu.; que la matière organique qu'elle contenait était essentiel!'ment formée de débris de différentes espèces d'Algues microscopiques ; ils se trouvaient mélangés avec des grains de sili * ' et de calcaire de !/30 à 2/50 de millimètre de diamètre en* viron. Ayant examiné de la même façon le sable de la pl«^c.

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