CHAPITRE XXll. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS
rorme qu'en partie le Tond de la nuance des cheveux . Celle-ci dépend surtout de la coloration de la couche corticale. La suhstance Rbreuse cornée est noire ou plutfit gris foncé dans les fibres isolées des chereui noirs, dans les cheveux roux elle est rouge, dans les cheveux
châtains elle est brune, dans les cheveux blancs elle est jaune. Le degré d'intensité de ces colorations dépend de la quantité de ma- Hère grasse élaborée par les glandes annexes du cheveu, ou ajoutée.
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réuitti itol«iiicut, (KSIliker.)
Suivant Iloger, le phénomène du grisonnement des cheveux n'eiit pas dû à la disparition du pigment, muis se produirait par suite d'une
810 GUIDE DB MIGROGRÀPHIS.
élaboration moins considérable de la matière grasse, ou plutôt par une sorte de mortification de la substance corticale qui, devenant opaque, ne se laisse plus traverser par la lumière à peu près comme un écheveau de verre filé. Aussi un cheveu blanc peut-il encore contenir des cellules de pigment, dans la corde et la gaine médullaires, comme avant sa décoloration.
Outre ces éléments, le tissu cortical présente encore des lignes foncées ou lignes de démarcation des fibres cellulaires, ou bien le5 noyaux mômes de ces éléments anatomiques, comme le montre une figure ci-contre de Kôlliker. Cette structure du tissu cortical se poursuit jusque dans la moitié inférieure de la racine. Les cellules perdent de plus en plus leur structure fibreuse, tendent à devenir sphériques, et prennent des propriétés physiques différentes ; l'acide acétique les altère alors qu'il était sans action sur les clémcnls fibreux de la partie immédiatement supérieure du poil, et elles sont gonflées, puis dissoutes par l'action des alcalis.
Frg. 520. — Deux cellules de l'écorcc de la racioe du poil (portion finement ttii^, s'l><^ immédiatement au-dessus du bulbe), à noyau distinct et d'un aspect strié* — Grossissement de 350 D. (Kôlliker.)
Le tissu fibreux est résistant et élastique ; il Qst de plus très hygroscopique.
L'eau oxygénée fait subir de profondes modifications à la matière colorante des cheveux; c'est par son emploi que Ton obtient ce? cheveux blond clair qui ont été récemment très en faveur.
FI g. 5tl . — Cheveu de femme albinos.
Dans Valldnisme, il y a absence congénitale de matière colorante. Lorsque les cheveux blanchissent sous l'influence de Tftge ou d'èmo> tions morales très vives, la décoloration se fait par la partie libre do cheveu et va progressivement jusqu'à la racine.
De la moelle. — L'existence de la moelle dans les cheveux n'est pt-« constante, elle manque très souvent dans les poils follets et daos le» cheveux colorés, elle manque rarement, au contraire, dans les puai
CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS. 811 courts et gros, et dans les poils longs, ainsi que dons les cheveui blancs. [KÔUiker.) Elle apparaît au-dessus du bulbe et va jusqu'au
ï'otitacmriil de Vm diunclri
l'in- de l>p<denn. — d. Sa «uche cile U r.<iM (-o«he d« Huik,]. - f. Coi.
H'Dle;. (K6ll>li«r.)
ujjsinage de la pointe. SuiTanlKolliker, elle occupe le centre du poil; '11. ils, d'après G. Pouchet, sur certains poils à courbure sensiblement régulière (moustaches, cils, etc.), la moelle n'occupe pas le
I nllulei m^diilliii
rentre du poil, elle est légèrement reportée du côté de la con- M'vité. Pour rendre bien apparente la structure cellulaire de la ■iioclie, il faut, comme l'indique KoJliker, faire bouillir des cheveux
812 GUIDE DE HICROGHAPRIB.
blancs dans de la soude caustique, jusqu'à ce qu'ils se gonllcnUi se crispent. En dilacérant avec précaution un poil traité de celle Taçon, on peut isoler des cellules de la moelle.
Lorsque les cellules de la moelle reçoiTeut la lumière réQécbii^. elles sont d'un blanc d'argent, elles sont noires au contraire à 1j lumière transmise. Les granulations des ceUules sont rormées par des petites bulles d'air qui peuvent êlre chassées par différeDts procédés, et en particulier par Vèbullilion dans l'eau ou dans l'élher. C'est à la présence de ces bulles d'air que serait dû le reflet «rgent^ de certains ctaeveux blancs. Quand le corps est plongé dans uo biîn d'eau tiède, il se dégage des poils un certain nombre de bullesdegu
Épiderme du poil. — Le poil tout entier possède un revêtement «fî contact intime avec le tissu cortical, c'est l'épiderme. Il est fomi'par des cellules ou lamelles imbriquées comme les tuiles d'un loit. A l'état normal, ces lamelles se révêlent à la surface du poil par delignes foncées, plus ou moins distantes les unes des autres. Quelquefois, ces lamelles forment sur le bord du poil des dentelures l^"> appréciahles. L'emploi de l'acide sulfurique ou de la potasse donnr aux bords du poil un aspect feutré dû au redressement des lamell'-i épidermiques. Ces lamelles sont généralement transparentes et t bords clairs, quadrilataires ou rectangulaires, montrant une sorte if tache claire rayonnée, qui est sans doute le vestige d'un novau.
Les écailles ont leurs bords tournés vers l'extrémité libre du ]' -■ Grâce à celte disposition, on peut reconnaître, sur un fragme:)! 1^ poil, quel bout regarde le "sommet.
Du firltici'te proprement dit, paroi foUieulaire. — Lefollicule est (•■'' posé par deux tuniques fibreuses. Tune externe, l'autre intemi'. d'une membrane amorphe. La tunique fibreuse externe détenu ' la forme extérieure du follicule et adhère inlimement au derme i»' son extrémité supérieure. Formée par un tissu conjonctif, <~tunique renferme, en outre, des vaisseaux capillaires et qaeI<iL.<flbres nerveuses,
La tunique fibreuse interne est plus épaisse que la préc^denl.-.
CDAPITEIE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS. 813 elle renferme également des capillaires, nmia pas d'élémenls nerveux suÎTanl Kôlliker.
La troisième couche eal une membrane hyaline amorphe, qui reste toujours dans le Tollicule quand on arrache le cheveu. Elle va en s'atlénuant vers la profondeur du follicule et se perd sur le collet de la papille dont le tissu est, au contraire, continu avec celui de la paroi folliculaire.
L'implantation du follicule est généralement oblique, ce qui per-
met de disposer les cheveux à l'aide d'un peigne ou d'une brosse 'uivant une direction délermînte. Quand cette insertion est perpendiculaire, on a ce qu'on nomme vul^irement un épi.
Les glandes sébacées sont annevéca aux follicules.
La papille du poil (V. lig. 5 1 j), appelée égulemctit germe'du poil, est une partie du follicule qui répond aux papilles du derme. Elle est surmontée par le cheveu qui semble naître d'elle par une multiplication des éléments qui recouvrent immédiatement son tissu.
Gaina de la racine. -- Situé au centre du follicule, le poil est séparé de la membrane hyaline par tes gaines de la racine. La gaine es-
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terne est la continuation delà couche de Malpighi, et tapisse toute la face interne du follicule pileux. Elle est généralement plus épaisse que la gaine interne.
La gaine interne est une membrane transparente qui part du fond du follicule pour s'étendre jusqu'à son tiers supérieur, où elle se termine par un bord tranchant. Elle s*applique directement sur la gaine externe et est constituée par des cellules polygonales et allongées.
Épiderme de la gaine inteime. — La gaine interne est tapissée extérieurement par une troisième couche cpithéliale qui se trou?e en contact immédiat avec l'épiderme du poil dont il parait la continudtion. Ses cellules offrent une disposition analogue, mais elles sont imbriquées à l'inverse, se recouvrant de telle sorte qu'elles se dépassent les unes les autres par leur bord inférieur qui reste libre du côté de l'axe du follicule.
On doit considérer deux formes de cheveux ou de poils :
1^ Le poil en bouton de Henle (Haarknopf), ouvert inférieurement. — La racine est renflée à son extrémité inférieure (bulbe de la racine) et présente une cavité ouverte inférieuremenl qui coiffe ou qui embrasse la papille située au fond du follicule.
2^* Le poil en massue de Henle (Haarkolben) ; son extrémité inférieure est ramifiée comme la racine d'un végétal et plongée directement dans un amas épithélial se continuant avec la gaine extérieure.
En général, ces poils n'ont pas de gaine moyenne, et le cheveu ou le poil se trouve en contact direct avec la gaine externe. On rencontre quelquefois ces poils à une certaine hauteur, dans les cavités folliculaires au fond desquelles on retrouve une papille ; quelques-uns de ces mêmes cheveux présentent des débris de gaine moyenne, ce qui a fait penser qu'ils étaient des cheveux à bulbe transformé et sur le point de tomber. Cette forme de racine se rencontre dans les poils follets chez Tadulte et chez Tenfant et dans les cheveux de la mue et de Talopécie. Elle peut être physiologique.
ÛEsterlen a considéré les polis en boutons de Henle comme une forme de développement inachevé, tandis que les autivs (poils en \nassue) seraient des poils à développement achevé.
D'autres auteurs, Unna (i) en particulier, regardent ce:? derniers comme des poils qui sont sur le point de tomber. Le:>
(1) Arch. fur mickr, Analom. Bonn, 1876,