CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS
Généralement leur pointe n*est pas aussi effilée que le dit OËslerlen, sauf pour les cheveux qui viennent de pousser et dont la pointe reste cachée entre les cheveux plus longs. Souvent ils se fendillent à leur extrémité, soit sous Tinfluence du peigne, soit pour toute autre cause. Ce fendillement de la pointe en trois ou quatre fragments se rencontre également dans les cheveux de Thomme et dans la barbe, surtout, chez les alopéciques. Pincus a remarqué que la longueur typique du cheveu diminuait en même temps. Le même auteur a démontré qu'il croît sur la tête deThomme et de la femme des cheveux qui parcourent rapidement toutes les phases de leur développement. Les cheveux peuvent tomber avant d'avoir été coupés; ils peuvent être munis, ou d'une pointe très effilée, ou d'une pointe fendillée, suivant que cette pointe a été plus ou moins complètement protégée contre les frottements extérieurs.
En résumé, si l'examen des poils permet de tirer des indications plus ou moins certaines, relativement à leur lieu d'origine et suivant l'âge du porteur, il n'est pas possible, même quand on a beaucoup de poils réunis, de conclure au sexe.
Du poil considéré sur le cadAvre.
Lorsque l'état particulier du corps, que nous appelons la mort, a arrêté plus ou moins brusquement le jeu de nos organes, le poil est-il complètement arrêté dans son développement, ou croît-il encore après la mort, comme certains auteurs le prétendent? Le D' Johannet {loc, cit., p. 75) a fait quelques expériences pour élucider cette question. Ses conclusions nous paraissent légitimement déduites, et il n*estpas démontré que les poils continuent de croître après la mort. Si pendant la vie, sur une région du corps où les poils présentent une certaine résistance, comme la joue ou la lèvre supérieure de l'homme, on rase avec soin les poils, de façon à ne plus sentir aucune aspérité, que Ton vienne alors à appliquer un corps froid en ce point, on observe les phénomènes suivants : sous le nom de muscle de Vhorripilationy Moleschottet Ghauveau ont décrit un petit faisceau de fibres situé du côté de l'incli-
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naison du poil, et s'insérant d'une part à la face profonde du derme, d'autre part àTunion du i/3 inférieur avec les 2/3 su« périeurs du follicule. Le muscle en se contractant redresse le poil et le fait saillir au-dessus de la peau, en produisant le phénomène de la chair de poule. (Vaillant, cité par Johannet. Cependant, d'après G. Pouchet et Toumeux, il ne serait pas impossible que les cheveux et les poils présentassent des systèmes musculaires propres, plus ou moins complexes seloo les individus ou selon les régions du corps. Le phénomène des cheveux qui se dressent, très manifeste chez certaines pe^ sonnes, sous la seule influence d'une tension d'esprit que^ conque, parait différer du soulèvement total du bulbe qui caractérise la chair de poule. Sous l'influence d'un corps froid, il y a contraction du faisceau musculaire, dont nous avons parlé plus haut, le poil se redresse et fait une légère saillie qui est sensible au frottement exercé par la main. D'après l'expérience de Johaunet, ce phénomène se produit sous l'action à la fois excitante et astringente de l'eau de Cologne pure, ou d'une dissolution de tannin ou d'alun. Dans ce ca.s ce serait le derme lui-même qui, sous l'influence du topique, se rétracterait et s'affaisserait, s'éloignant ainsi de la surface sectionnée du poil pour se rappi'ocber de sa racine ; le poil parait alors s'élever davantage au-dessus du derme ; il semble s'être allongé, mais ce n'est qu'une simple apparence.
Une des propriétés les plus caractéristiques du poil, c'est sa résistance à la putréfaction. Des cheveux d'un enfant nouveau -né ont pu séjourner pendant près de deux ans sur le sol et être retrouvés adhérant encore à un linge, alors que toutes les parties du corps, même les os, avaient disparu. La couleur des cheveux ne parait même pas s'altérer sensiblement.
A quelle époque les cheveuxse détachent-ils du cuir chevelu? D'après Orfila, qui a assisté à un grand nombre d'exhumations juridiques, sur des cadavres entourés d'une simple toUe d'emballage, on trouve quinze jours après l'exhumation des poiN encore bien adhérents à la peau. Vers le quarantième jour, il^ se laissent facilement détacher. Après deux mois le crâne, presque entièrement dénudé, est surmonté de quelques cbe* veux, le pubis est privé de ses parties molles, les parties laté-