CHAPITRE XXIl- — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS. 8aS
que nous venons d'étudier précédemment. Suivant leur provenance, et il y a sur le marché de Paris des cheveux venant de toutes les parties du monde, les cheveux, ainsi que nous le verrons, peuvent présenter quelques caractères particuliers. La Chine, qui nous fournit un grand nombre de nattes, nous enverrait également les poils longs et soyeux de la queue du yaclc {boa grunniem), espèce de bœuf à queue de cheval (Rg. 542).
On trouve, dans le commerce, des cheveux chinois remarquables par leur couleur noire magnifique, par leur longueur
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et aussi par leur épaisseur. Très noirs par réflextion, par transparence, ces cheveux paraissent ëlre rouges. Quand on les froisse entre les doigts, ils donnent la sensation d'un corps polyédrique, d'où le nom de cheveux carrés qu'ils portent dans le commerce. En raison de leurgrosseur, ils sont peu recherchés. Ils ont en outre une odeur musquée très Une (1). Un certain nombre de femmes qui perdent leurs cheveux pour une raison quelconque onL l'habitude de se faire préparer des postiches, qu'elles ajoulenl ensuite à leur chevelure. La comparaison de ces cheveux po&licbes avec ceux de leur personne, pourra dans certains cas permettre de conclure à l'identité. Si, au contraire, les cheveux postiches ont une oj i-
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gine étrangère, la difficulté sera considérable. Le D' Johannet cite un cas dans lequel des cheyeux tombés spontanément el en grand nombre, furent remis à un posticheur pour les arranger en tiatte, mais la natte fabriquée ne fut pas reconnue comme faite avec les cheyeux qui lui avaient été confiés ; un expert fut nommé et, après un examen comparatif des cheveux de la natte et de ceux de la plaignante, il conclut à une provenance étrangère des cheveux postiches.
Ce serait une erreur de croire que les cheveux tombés soient identiques cqmme coloration aux cheveux persistants de la même personne. 11 suffit de comparer une natte faite ave<* les cheveux tombés, avec des cheveux bien portants de \a môme personne, pour voir que la coloration des premiers est irrégulière, plus pâle, et qu*ils n'ont pas le brillant de ceux qui sont normaux. Cela s'explique facilement; les cheveux qui tombent sont ou vieux ou malades. Dans la période plus ou moins longue qui a précédé leur chute, ils ont subi des altérations de nutrition dont ils portent encore les traces. Aussi les postiches faits avec des cheveux tombés sont- ils bien moins estimés que ceux pour lesquels on a employé des cheveux de coupe, c'est-à-dire coupés sur la tête des vivants. Les cheveux tombés rapidement à la suite d'une maladie grave (fièvre puerpérale ou fièvre typhoïde) ne présentent pas, à un aussi haut degré, les variations de couleur dont nous parlion> tout à rheure et se rapprochent davantage des cheveux normaux. L'un de nous a publié {Société de biologie^ 25 janvier 1879) quelques observations sur les cheveux tombés et sur les cheveux coupés {J. des conn. médic,^ 30 janvier 79), surtout au point de vue de Todeur.
En résumé, il ne faudrait donc pas dans un cas analogue à celui cité par le D^ Johannet, conclure trop vite el oublier que les cheveux tombés ne sont pas identiques aux cheveux coupas sur le vivant, ou attenant encore au cuir chevelu.
Dlatlnciioii entre les poils ArrAchéa et les polie teaifcés.
Si Ton considère le poil en boulon de Henle on à bulbe creux* on voit qu'il peut se présenter sous trois aspects diflér^nts suivant les conditions de son arrachement.
CBAP1TRB XXII. — EXAHBN DES CRGVEUX ET DES POILS. 837
I* Le poil peut être séparé de la papille (racine ouverte) et entraîner toute ou partie de sa gaine ;
S" 11 peut être complètement isolé de sa gaine, c'est alors un poil nu.
3° Enfin, il peut être brisé, dans l'intérieur de sa gaine, en un point plus ou moins distant du bulbe ; la cassure est très irréguliére, et, pour nous servir d'une expression vulgaire, comme effilochée.
Pif. su. — k, B. ClMTein ■rriebU, knfl Xtan glinei ciKnï et iiKrac.
Le poil en massue de Henle, au moins d'apr&s nos observations, paraît le plus souvent s'arracher avec l'amas épithélial dans lequel il est plongé; louteTois, comme on pourra le voir d'après un certain nombre de figures, il semble également qu'on puisse l'arracber sans sa gaine, mais
8SS GUIDB DB UICROGBAPHIB.
alors les expansions digilées de la racine semblent se rapprocher l'une de l'autre et la racine prend l'aspect ovoïde.
Nous avons donné les raisons pour lesquelles nous n'acceptions pas les conclusions d'OEslerlen que nous aTons
rapportées plus haut. Elles sont trop absolues et ne coucotdent pas, suivant nous, avec l'iminense majorité des faits. Se Tondant sur ces travaux de J. Pincus, ce môme auteur a
donné le procédé suivant qui permet d'après lui de recooiutlr^ si des cheveux sont tombés spontanément ou s'ils ont étésmchés. J. Pincus a montré que dans les cheveux qui tombeni