DÉPÔT DB SUBSTANCES MINÉRALES DANS LA PAROI CELLULAIRE
Les parois épaissies des cellules sont fréquemment le siège de dépôts de substances minérales qui les rendent incombustibles. Ces dépôts sont formés soit de silice, soit d'oxalate ou de carbonate de chaux.
Béyét de •iiic«. — La silice '^e rencontre principalement dans les épidermes. Elle forme alors à la plante un revêtement >iliceax d*une grande dureté et très âpre au toucher. D'après U. Duval Jouve {Hùtoiire naturelle des Equisetum de France. Paris, 1864), la silice dans les ^'guise^um se localise particulièrement dans la portion extérieure cuticularisée des cellules^ épidermiques, à tel point qu'elle y remplace pour ainsi dire la cuticule; cet encroûtement ne se fait pas d'une manière uniforme ; il en résulte une couche mamelonnée ou même, chez VEquisetum hiemak^ couverte de saillies plus ou moins irrégulières disposées en rangées transversales par rapport aux e6tes longitudinales de la tige, et qui forment une sorte de râpe très dure, propre au polissage des métaux.
On observe également des dépôts siliceux dans les parois des celloles épidermiques des Calamus, dans celles de nombreuses Grcmmces et dans le parenchyme des feuilles des Ficu9 sycomoi *«», F, trachyphyllay Deutzia scabra^ Celtis, Ulmus, Magnolia /jrr^^iflora, etc. (1).
Amu. — Pour obtenir de beaux squelettes siliceux, on peut avoir recours aux Piatomées.
Si Ton veut avoir le squelette siliceux des épidermes ou des
I > De Banr, iïandbuch der phytiologisch. Botanik^ 1877. Leipzig). Mc-liJ Bot. Ztitung, 18C1. Rosanoff, Bot, Zeitung, 1871.
CtUB DE MICROCnAPHIE. 8
ii4 GUIDE DE MICROGRAPHIE.
parenchymes que nous venons de citer, on enlève des lambeaux d*épiderme ou Ton fait des coupes sur les tissus. On lave soigneusement ces préparations à Tacide nitrique et on les calcine sur une lame de platine. Sachs {Traité de Botanique^ 1874) conseille Is» méthode suivante qui lui donne de> résultats plus rapides : « On place de gros fragments du tissu, par tt exemple de feuilles de Graminées, de tiges d*Equiselum^ etCt (c sur la lame de platine, dans une grosse goutte d*aciâe sulfu- « rique concentré, et on chauffe dans la flamme ; Tacide noiru cit aussitôt et il se fait un vif dégagement de gaz ; on chauiïe tt jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une cendre pure et bien « blanche. »
Dép6t0 d'oxAiate de ehavx. — Les dépôts d*oxalate de chaux dans les parois des cellules s'observent sous forme de granulations ou de cristaux distincts. S'ils siègent dans le^ cellules épidermiques, ils y occupent principalement les couches cuticulaires ;
On rencontre l'oxalate de chaux en petits cristaux dans b paroi épaissie des fibres sclérenchymateuses du Welwùsrh'} mirabilis. Il est également très abondant dans beaucoup de Cupressinées et de Taxinées^ dans les diverses espèces d'Ephedra, dans les feuilles des Dracaena reflexa, arborea^drac", du Sempervivum calcareum, dans diverses espèces de Mesembryanthemum, etc. Ces dépôts donnent à beaucoup d'épidermci leur coloration blanc mat, et en particulier aux parties blan ches des feuilles du Mesembryanthemum tigrinum. (De Bar^loe. cit.)
A ces incrustations directes de la paroi cellulaire se ratta chent encore les cristaux maclésque l'on trouve dans la moelle des Kerriajaponicaei Ricinus communis, ainsique dans le péti« >Ii de diverses Aro-dées {Philodendron, Pothos^ etc.). Ces maclesi situées dans la cavité cellulaire, sont reliées à la paroi p,i des filaments de cellulose et revêtues d'une mince couche cel lulosique. (RosanoO*, loc. cit.)
lÊtvde. — On reconnaît l'oxalate de chaux à ses réaction^ ^ à sa forme cristalline. Insoluble dans l'acide acétique, il i dissout sans dégagement de gaz dans l'acide chlorhydrique.
L'oxalate de chaux revôt des Tormes cristallines très varièt.-