CHAPITRE IV. — TISSUS
Panni les glandes que nous avons étudiées, celles des Salvia et des ÇaimabiSy par exemple, présentent cette particularité. Nous aUons étudier plus spécialement quelques glandes des Labiées, celles du Houblon et les glandes des bourgeons.
i* Mmhiémm, — Dans beaucoup de Labiées on trouve des glandes ploricellolaires, que Texamen des glandes du Satureia montctna, par etemple, fera parfaitement bien connaître. Si Ton enlève un lambeau d epiderme sur une feuille de cette plante et qu*on examine la face inférieure de cet epiderme au microscope, on aperçoit k travers les oeQules épiderraiques une formation particulière consistant en une petite ouverture arrondie (voir fig. 79, G), d'où partent en rayonnant huit ceUuies allongées plus larges en dehors qu'en dedans, et qui, accolées Tune à l'autre, offrent l'aspect d'une coupe de cristal renversée. Si le même epiderme est examiné par sa face supérieure, on >hserve, à l'endroit correspondant à la première figure, une vésicule «mmdîe ou rénîforme remplie d uo suc jaune, quelquefois scÂrâtre, ou au contraire assez limpides pour permettre d'apercevoir par transparence la même disposition qu'à la face :nférieiire. Si Ton pratique des coupes sur les mômes feuilles, 00 reconnaît que l'on a affaire i des glandes très brièvement pcdiceUées, montées sur une "eole cellule, dont on avait précédemment l'image au centre des huit cellules rayonnantes. Ces glandes en forme de cupules sont surmontées d'une sphère hyaline remplie d'huile essentielle (a). La sphère est le résultat du décolle- OMiit de la cuticule, le produit de sécrétion s'étant extravasé entre les cellules sécrétantes et leur cuticule qui s'est peu à peu soulevée et constitue ainsi le réservobr de la glande (fig. 79, A).
En observant le développement de ces glandes, on voit que deux picmiers cloisonnements verticaux déterminent dans la jeune utricale quatre cellules de dimensions égales. Puis, dans ces cellules se produisent de nouveaux cloisonnements, mais de telle sorte que chacone d'elles se trouve alors divisée en une grande cellule et une petite (Martinet, loc, cit.). Cette irrégularité ne porte que sur la pATtie supérieure de la glande, de telle sorte que, vue par sa face inférieure, elle parait formée de huit cellules égales.
Les coupes montreront encore, ce que ne pourrait faire le simple SHilèvement de Fépiderme, que les glandes qui nous occupent se ^roovent placées dans une fossette ou dépression de l'épiderme qui tjotôC est peu profonde {Thymus vulgarts), tantôt au contraire est très marquée, à bords presque à pic (fig. 79, B) (Satureia morUana,
Fig. 79. — Glandes de la Ballotte noire (voir l'espHcation dans le tette).
S. hortensis^ Calamintha nepeta^ Qlechoma hederacea, etc.), tantôt enfin très évasée (Hyssopus officinalis).
Nous ayons dit enfin que chez les Labiées ces sortes de glandes sont
pour ainsi dire sessiles, tant leur pédicelle est court ; dans d'autres
plantes, Veronica glandulosa, Antûrhinummqjus, on en trouvera pour-
Tues d'un long pédicelle.
CSlamdM du Honblom. liUpuUii. — Ces glandes, très semblables
aux précédentes, s'en distinguent ^ O ^0 cependant par le mode de cloison-
J^\^ D ul „, ^ nement, qui n'est point exclusire-
âJbsLPS 32C^ ment vertical. Depuis les rccher- ^ m ches de M. Personne (i), oa sait ^ P^^^ ^^® ^® lupulin, qui se présente il ^ sous l'aspect d'une poussière jaune, est formé par des glandes qui affectent la forme d'un gland muni de sa cupule (fig. 80, h) et qui naissent en grand nombre sur les ovaires, sur la face inférieure des bractées et sur celle *des feuilles du Houblon.
Examinées à un grossissement de 200 à 300 diamètres, ces glandes paraissent formées de deux Fig. 80. — DéTeioppement des glandes du parties, l'unc inférieure cupuli- Houblon (lupulin) . d'après M. Personne, forme, l'autrc Supérieure COQOide,
de structure apparente semblable.
— Elles sont constituées de cellules plus ou moins irrégulières, rangées le plus souvent en séries rayonnantes du sommet du cAno et du centre de la cupule à la ligne où ces deux parties se réunissent (fig. 80, /, i). Mais ce n'est là qu'une apparence. Car, au moyen de coupes et d'un examen attentif, on constate que la moitié inférieure ou cupulifofme du grain est formée d'une seule coucbe de cellules (&j, et c'est par la base de cette cupule que la glande est fi\«'>e, tandis que la moitié supérieure ou conique (/) est constituée par une membrane fort mince, continue. Les cellules qui sont dessinées a sa surface ne sont que les empreintes des cellules de la cupule.
Si l'on étudie le développement de cette glande, on assiste au\ phénomènes suivants : « Elle commence comme un poil par uno cellule qui se développe entre celles de Tépiderme (n). Cette celUi!.saillante à l'extérieur se partage en deux par une cloison trans> ei^ sale, à la hauteur de la surface externe de cet épiderme. La cellule-qui résulte de cotte division se partagea son tour transversale me») en deux cellules (6) dont l'infcricure constituera le pédicelle, et la
(1) PerMinnc, Àun, Se. nat., BoU, 4" série, t. I, ISô4.