III
Bichat, dans son anatomie descriptive, n'a point marché sur les traces des anatomistes qui l'avaient précédé. L'ordre qu'il a suivi se rattache aux grandes divisions générales qu'il avait précédemment fait connaître en publiant son Anatomie Générale, et qui reposent sur la distinction des fonctions qui sont relatives, ou à l'entretien de la vie de l'individu, ou à celle delespèce. Il les a divisées, lO en fonctions de la Yie animale ^ 2- en fonctions de la vie orgaràcixxtpourVindwidu; 50 en fonctions de la reproduction pour celles de l'espèce. De même l'Anatomie descriptive de Bichat se compose d'appareils d'organes, qui sont, ceux de la Vie animale; 20 ceux de la vie organique; 5« enfin ceux de la reproduction. Cette division, qui paraît compliquée au premier coup d œil , est très-simple cependant quand on s'est bien pénétré de sa division générale des fonctions. Sa méthode de classification est , en grande partie, conforme à celle du professeur Chaussier; mais il suit en général dans ses descriptions une marche analytique très-savante , et qui lui donne un grand avantage et une sorte de supériorité marquée sur tous les trai^ tes d'anatomie connus. Si celle du professeur
Boyer mérite la préférence pour la sévère exactitude des détails et la précision rigoureuse avec laquelle il a su déterminer la situation respective de chaque partie, celle de Bichat l'emporte peut-être pour les considérations physiologiques qu'il a répandues dans ses descriptions. L'une se lit avec plus de fruit , l'autre avec plus d'intérêt; on ne peut se passer de l'une , l'autre attache davantage ; la première convient plus à l'élève qui commence, la seconde à celui qui sait déjà. Heureuse rivalité , qui ne permet point d'adjuger à l'un des deux la palme que l'autre mérite également!
Chaussier, — C. Tables synoptiques d'Ana-tomie et de Physiologie,
Quoique ces Tables aient été publiées isolément , et à des époques différentes , elles n'en forment pas moins , par leur ensemble , un cours complet d'anatomie et de physiologie qui , ainsi réunies , appartiennent à une seule et même science ; c'est la zoonomie , ou science de l'organisme animal. Appliquée à l'étude de l'homme , la zoonomie comprend également , la connaissance intime des parties constitutives de l'économie animale et celle des fonctions qui
leur appartiennent. Le cadre embrasse par le professeur Chaussier est très-vaste ; on en trouve le développement dans la table synoptique intitulée : Plan général j dwisions et sous- divisions principales du cours d'Anatomie.
Les Tables synoptiques du professeur ChauS'» sicr ne doivent pas être lues comme on le fait pour les autres ouvrages d'anâtomie ; mais elles demandent au contraire d'être attentivement méditées et sans cesse consultées : on n'y trouve point des descriptions achevées des diverses parties de lanatomie , mais des vérités générales, lumineuses , présentées sous une forme analytique, et dans un style serré et très*laconique, La lecture en est pénible pour celui qui n'a que des connaissances superficielles , ou qui ne fait que les parcourir ; elle est pleine d'intérêt et d'une instruction solide , pour qui sait en apprécier tout le mérite.
jD. Manuel de VAnatomistc*
Quoique l'ouvrage que j'ai publié , il y a quelques années, sous le titre de Manuel de ï Anaiomiste , soit parvenu à sa troisième édition , et que la quatrième soit sur le point de paraître, Ce n'est poim à moi d'en faire sentir
les avantages ; mais rutilité ne peut en être contestée, au moins , pour les élèves qui commencent l'étude del'anatomiej cependant, puisque mon ouvrage jouit de quelque faveur , je crois devoir dire un mot du plan que j'ai suivi , et comment il faut l'étudier pour en retirer le plus de fruit possible. Ce n'est qu'auprès du cadavre, et le scalpel à la main , qu'on doit le consulter , puisque la partie intitulée Administration anatomique n'est elle-même que l'exposition exacte de ce que l'élève doit rencontrer en disséquant, et ce n'est qu'après ce travail préliminaire qu'il peut alors lire la description courte , mais précise et complète des objets qu'il vient à l'instant même de mettre à découvert. Des deux parties dont se compose mon ouvrage , l'une est purement manuelle , l'autre tient plus de la science ; mais il faut que l'une et l'autre concourent au même but et se prêtent un mutuel appui. La partie descriptive serait évidemment trop laconique, si elle n'était précédée par la partie administrative , ou préparation ; et cette dernière , quoique exécutée avec soin , laisserait peut-être quelque chose à désirer, si elle n'était , pour ainsi dire , terminée par la description qui la suit.
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Cloquet. — E. Traité d'Anatomie descriptwe, rédigé d'après l'ordre adopté à la Faculté de médecine de Paris ; 2 vol
Je ne connais point encore l'ouvrage de M. Cloquet , et cependant je ne laisse pas que de l'indiquer aux étudians, parce que l'autèur , quoique jeune encore , est un des élèves distingués de l'époque actuelle , et que son ouvrage doit nécessairement répondre aux excellentes études qu'il a faites et à Tempressement avec lequel de nombreux disciples suivent ses leçons.
ÂNATOMIE PATHOLO G I (JUÉ,
Quoique je place ici les ouvrages d'anatomie pathologique , dont je crois devoir conseiller la lecture aux élèves , je pense qu'il serait plus convenable peut-être de les renvoyer à l'article médecine. Qu'offrent-ils, en effet? Le tableau vivant , pour ainsi dire, des désordres dont l'étude ne peut être séparée de celle des maladies, auxquelles il faut nécessairement en rapporter le développement j mais jusqu'ici 1 usage a prévalu, et, dansl'enseignementcomme dans les ouvrages, on est dans riiabitiide de considérer l'unatomie
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pathologique comme une partie de ranatomie générale.
Nous n'avons encore qu'un très-petit nombre d'ouvrages ex professa sur Tanatomie pathologique j car malgré le beau travail de Morgagni sur cet objet , et ceux de Bonnet , de Lieutaud et de Portai , on peut avancer qu'il n'existe point encore sur cette matière d'ouvrage raisonné et disposé surtout d'une manière conforme à rétat actuel des connaissances anatomiques. Dans l'espèce de pénurie où se trouve, à cet égard , la littérature médicale , nous n'avons que deux ouvrages dont nous croyons pouvoir conseiller la lecture aux élèves j ce sont ceux de Baillie et du docteur. Cruveilhier , quoique ces productions soient loin de répondre aux vœux des amis de la science , qui attendent depuis long-temps un ouvrage bien fait sur cette matière.
Baillie. — A> Traite d'Anatomîe pathologique du corps humain y par Baillie, médecin de l'hospice Saint-Georges , à Londres j traduit par Guerboisj i vol. in-8°, 2^ édition.
Le docteur Baillie a suivi , dans son ouvrage, un ordre très-arbitraire , ou , pour mieux dire,
il n'en a suivi aucun. Il prend les altérations pathologiques telles qu'elles se présentent , en commençant par celles de la poitrine , et en les suivant ainsi, de haut en bas, jusqu'aux parties génitales de l'un et l'autre sexe ; il termine par celles de la tête, par lesquelles il me semble, au contraire , qu'il aurait dû commencer , d'après l'espèce de plan qu'il s'était formé.
Les faits pathologiques contenus dans l'ouvrage du docteur Baillie ne sont pas sans mérite , sans doute ; mais ils sont sans intérêt ; l'ouvrage lui-même ne jouit que d'une réputation médiocre, par le défaut d'ordre qui y règne, et surtout parce que les faits qui s'y trouvent rapportés , ne sont point rattachés à des principes généraux.
Ckuveilhieh. — JB, Essai d'Anatomie pathologique; 2vol. in-8''.
Cet ouvrage mérite une distinction plus particulière. On y trouve, en effet, un tableau fidèle des altérations des organes , classés d'après un plan particulier que s'est formé l'auteur. Mais un reproche qu'on est en droit de lui faire , c'est d'avoir négligé de joindre l'histoire des maladies qui ont amené les désordres , dont on
trouve cependant le récit exposé avec une sorte d'intérêt. Tel qu'il est, louvrage peut être lu avec fruit par les élèves , qui doivent suriont s'attacher à connaître les différentes espèces d'altérations , par où peuventpasser nos organes.