‹ Guide de l'immigrant aÌ€ Madagascar (volume 2)Chapitre 1 sur 89 · RUE DE MÉZIÈRES · texte numérisé non relu

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PRÉFACE'

Il y a peu de pays, peu de colonies, qui aient été l'objet d'appréciations aussi diverses que Madagascar; tous les auteurs, qui ont présenté au public cette grande île qu'ils venaient de parcourir ou qu'ils avaient habitée pendant quelques années, ne se sont pas fait faute d'attirer l'attention de leurs lecteurs, avec une égale bonne foi et d'égales convictions, tantôt sur les ressources extraordinaires de son sol et de son sous-sol, tantôt sur la pauvreté extrême de ce coin de l'univers qu'ils disaient deshérité.

Chacun jugeait sur les données qu'il avait acquises, sur les résultats qu'il avait obtenus et sur les espérances qu'il croyait légitimes; on conçoit aisément combien ces facteurs sont variables ; aucun de ces ouvriers de la première heure ne pouvait se prononcer en parfaite connaissance de cause, n'ayant sur beaucoup de régions de l'île que des renseignements vagues ou incomplets, et, même, dans les régions les mieux connues, ne pouvant s'appuyer que sur des expériences restreintes, des essais souvent tentés dans des conditions exceptionnellement favorables, ou, au contraire, voués d'avance à l'insuccès.

Malgré ces contradictions, qui devraient mettre en garde les moins méfiants, Madagascar attire aujourd'hui l'attention de tous; l'opinion publique a fait un choix dans les légendes les plus flatteuses dont la renommée embellissait notre jeune Colonie et il est entendu aujour-

1. A la demande du général Gallieni, gouverneur général de Madagascar, M. A. Grandidier, membre de l'Institut et président d'honneur du comité de Madagascar, a bien voulu présider à la publication et à l'impression du Guide de l'Immigrant à Madagascar et de son Atlas, laissant, bien entendu, aux auteurs des diverses parties de cet ouvrage la responsabilité des opinions émises par eux.

Décembre 1898. I. « *

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d'hui par beaucoup de nos compatriotes que ce dernier fleuron de notre empire d'outre-mer est le plus beau et le plus riche ; la fertilité de son sol est devenue presque proverbiale, ses mines sont considérées comme des trésors inépuisables, on croit ses richesses forestières incalculables, le reste à Tavenant; si les grandes sociétés, qui prêtent à la Colonie le concours de leurs ingénieurs et de leurs actionnaires, savent, en général, ramènera des proportions raisonnables ces appréciations trop élogieuses, il n'en est pas toujours de même du petit colon; combien de nos compatriotes ont quitté la France, n'ayant pour tout capital que leur intelligence, persuadés qu'une volonté et deux bras leur seraient suffisants pour amasser en quelques mois une grande fortune ; de tout ce qu'ils avaient entendu sur Madagascar, ils n'avaient retenu que ce qui pouvait encourager leurs belles espérances; le réveil a été dur pour beaucoup de ces malheureux, quand, tirés de leur songe, ils se sont trouvés aux prises avec la réalité.

Gouvernement de la Colonie devait à tous de publier des données certaines sur la colonisation de Madagascar, de fixer des bases d'appréciation, dans un esprit dégagé de toutes considérations étrangères au bien de la Colonie et aux intérêts des Français qui veulent tenter sa mise en valeur; de là, « le Guide » que nous avons l'honneur de présenter au public.

Que l'on ne s'étonne point de son apparition tardive : nul n'ignore les dangers qu'a courus notre conquête de 1895; notre clémence et notre bienveillance, après la victoire, furent prises pour de la faiblesse par un peuple qui ne méritait ni l'une ni l'autre; la fourberie et la duplicité des Hovas se donnèrent libre carrière durant les mois qui suivirent l'occupation de Tananarive; les intrigues se nouèrent et associèrent à ce que quelques patriotes appelaient la cause sacrée celle que défendaient depuis longtemps des bandits de grand chemin comme Rainibetsimisaraka.

Peu à peu, sur des ordres partis du Palais de la Reine, l'agitation se transforma en révolte : elle éclata loin de Tananarive, au nord, dans le Yonizongo, au sud, dans la province d'Arivonimamo ; elle gagna les abords de la capitale. L'insurrection s'organisa, elle eut ses chefs, Rabozaka, Rabezavana, Rainibetsimisaraka; elle eut sa caisse, alimentée par des dons généreux; elle eut ses soldats recrutés dans les populations des campagnes que quelques factieux savaient terroriser et entraîner à leur suite.

C'est l'époque sombre oii nos compatriotes sont massacrés dès

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qu'ils s'éloignent des postes et se risquent à voyager seuls : Duret de Brie, Garnier, le Père Berthier, la famille Johnson furent les premières victimes dont les noms ouvrirent un martyrologe qui ne fit que s'accroître pendant des mois.

En France, l'opinion s'émut; l'expédition de 1895 avait coûté bien des deuils et bien des sacrifices; allait-il falloir encore risquer la vie de beaucoup d'hommes, dépenser beaucoup de millions pour pacifier un pays dont la conquête nous coûtait déjà si cher? On décida, d'abord, de confier au général Gallieni la pacification de l'Emyrne et du pays Betsiléo: quelques jours après, le 28 septembre 1896, il était investi des fonctions de Bésident général et centralisait dans ses mains les pouvoirs civils et militaires.

Nous ne redirons point ici le détail des mesures qui lui parurent propres à assurer la pacification : le rappel des gouverneurs hovas de toutes les provinces non peuplées par des Hovas et leur remplacement par des chefs autochtones ; le fractionnement des pays soulevés en territoires militaires, cercles et secteurs, chacune de ces subdivisions ayant à sa tête un officier centralisant lui aussi tous les pouvoirs dans ses mains et assumant la pleine responsabilité de tout ce qui se passait dans les régions à lui confiées ; les luttes journalières de nos troupes contre les rebelles, luttes opiniâtres, acharnées, dont les abords de Tananarive furent le premier théâtre, et qui, progressant du centre à la périphérie, nettoyèrent l'Émyrne, le Nord et l'Est de l'île; l'abaissement progressif du prestige de la monarchie hova jusqu'à la disparition de son dernier vestige, du fantôme de reine que le traité de 1895 avait cru devoir conserver.

Dix-huit mois à peine se sont écoulés depuis la mise en application de ces mesures et ce pays de 600000 kilomètres carrés, grand comme la France, la Belgique et la Hollande réunies, est près d'être complètement pacifié.

Mais, durant toute cette période, il ne pouvait être question du développement économique de l'île. Pouvait-on en effet songer à favoriser l'extension des entreprises agricoles ou industrielles, à faire appel aux capitaux de la Métropole, lorsque périclitaient les situations précédemment acquises, lorsque la vie de chacun était menacée, lorsque l'existence même de la Colonie était assez gravement compromise.

Aujourd'hui, tout le versant oriental de l'île, le plus riche, est ouvert à la colonisation, sauf la région encore insuffisamment calme

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qui s'étend au sud-est du pays Betsiléo, entre Ikongo, Ivohibé et Betroky (pays qu'a traversé et levé cependant sans incident, à la fin de 1897, un officier à peine escorté de quinze hommes).

Le nord-ouest de Tîle, qui est riche, est entièrement pacifié jusqu'à la route Majunga-Tananarive et s'ouvre également aux entreprises de nos nationaux.

L'intérieur, l'Emyrne et le Betsiléo, jouit depuis longtemps de la sécurité la plus absolue ; il est parcouru journellement, étudié, scruté, fouillé par nos colons sans escorte.

L'occupation de tout le versant ouest de l'Ambongo à Tulléar est sur le point d'être achevée. Déjà, nos colons ont commencé à y pénétrer et à s'y établir à la suite de nos troupes. C'est ainsi que des exploitations aurifères sont en activité dans le Betsiriry; nous ne parlons pas de la zone côtière (Maintirano, Morondava, Tulléar), dont le commerce n'a pour ainsi dire pas été interrompu. Il est permis d'espérer que notre expansion progressive dans ces vastes régions du versant occidental sera à la fin de cette saison un fait accompli et que les derniers mois de cette année 4898 nous trouveront solidement et définitivement établis dans tout le pays sakalave, qui s'étend de Majunga à Tulléar.

A ce moment, qu'il semble préférable d'attendre, ce vaste pays encore peu connu, mais assez riche, comme on le verra dans le cours de cet ouvrage, s'ouvrira lui aussi aux entreprises agricoles, commerciales ou industrielles de nos colons, dont l'activité ne manquera pas d'aliment.

Reste l'extrême sud de l'île habité par les Antandroy et les Mahafaly. Cette région est presque totalement inconnue. L'insuffisance des moyens dont dispose le Gouvernement général n'a point encore permis d'y pénétrer, et le peu de renseignements qu'il a été possible de recueillir sur ces territoires et leurs habitants ne sont nullement de nature à tourner encore vers ces pays notre attention et nos intérêts. Les voyageurs qui s'en sont le plus approchés s'accordent pour reconnaître que cette partie de l'île, inculte, aride, dépourvue d'eau, n'est occupée que par des populations sauvages, qui ne vivent que de pillage et de rapines.

On le voit par ce court exposé : la pacification est complète dans les deux tiers de Madagascar.

Mais la pacification n'est qu'une des phases, la première, de l'organisation d'une conquête; toutes les autres phases, les pays que

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nous occupons effectivement les ont également traversées. Ces pays non seulement jouissent aujourd'hui d'une sécurité absolue, mais encore ils sont organisés, administrés, repeuplés, remis en culture à un tel point que, malgré le peu de temps qui s'est écoulé depuis les dernières scènes de l'insurrection, il n'en reste plus aujourd'hui aucune trace.

Le moment semble donc venu de présenter Madagascar à ceux de nos compatriotes qu'intéressent les choses coloniales, de faire connaître à nos cultivateurs, à nos industriels, à nos commerçants, les ressources de notre nouvelle possession, le parti qu'on peut en tirer, les entreprises auxquelles elle semble devoir se prêter.

Dès que l'état de la pacification a permis de songer à mettre en valeur le sol malgache, l'administration s'est immédiatement préoccupée de faciliter par tous les moyens en son pouvoir la venue et l'établissement de nos compatriotes dans la Colonie.

C'est dans ce but qu'ont été institués les bureaux de colonisation au chef-lieu de chaque cercle et de chaque province et l'office du travail au Gouvernement général. De plus, l'administration a fait reconnaître, étudier, délimiter des lots dans chaque province ou cercle, de telle sorte que le colon arrivant de France peut immédiatement être mis en possession de l'un de ces lots qu'il choisit d'après le genre d'exploitation auquel il désire se livrer. Chaque lot fait l'objet d'une notice descriptive très complète accompagnée de croquis détaillés, dont l'immigrant peut prendre connaissance, soit au Gouvernement général (Bureau des affaires civiles, 5^ section), soit au chef-lieu même du cercle ou de la province (Bureau de colonisation).

Le lecteur trouvera au chapitre III de la quatrième partie le résumé de toutes ces notices et pourra, à l'aide de la carte générale des lots que contient l'atlas, jeter en toute connaissance de cause son dévolu sur un terrain approprié à l'exploitation qu'il se propose d'entreprendre. Ce même chapitre contient, en outre, l'indication de toutes les formalités à remplir pour obtenir une concession agricole, soit à titre gratuit, soit à titre onéreux, en même temps que tous les renseignements désirables sur les conditions d'installation et d'existence dans la région, le prix de la main-d'œuvre, les moyens de communication et de transport, etc. ; d'un autre côté, les cultures qui, présentant le plus de chances de réussite, semblent devoir être conseillées, font l'objet du chapitre I" de la quatrième partie.

Les productions végétales actuelles de l'île sont exposées tout au

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long dans le chapitre ii de la troisième partie; voilà pour l'agriculteur. De son côté, le commerçant trouvera au chapitre Y de la troisième partie un exposé complet de la situation commerciale dans les différentes provinces de Tîle, avec les prix de tous les articles ou denrées, l'indication des centres commerciaux, des tendances des demandes et des offres.

Enfin le chapitre IV de la troisième partie présente à Tindustriel le tableau des principales industries que Ton rencontre aujourd'hui dans la grande île, et le chapitre II de la quatrième partie détaille celles qui paraissent pouvoir être entreprises avec succès dans la Colonie, en indiquant les différentes régions qui s'y prêtent, les capitaux qu'elles exigent et les meilleures conditions et avantages de chacune d'elles. Toutes les formalités à remplir pour obtenir soit une concession forestière, soit une concession minière, sont d'ailleurs exposées dans le chapitre II (quatrième partie).

Tous ces renseignements* comme d'ailleurs tous ceux que contient le Guide ont été puisés aux sources les plus autorisées. Ils sont empruntés, la plupart du temps, aux rapports des administrateurs et commandants de cercles mieux à même que personne de connaître à fond la situation économique de leur circonscription. Ce n'est que justice d'ailleurs de dire que tous s'y sont employés entièrement et avec succès. La description des côtes est due presque entièrement au concours de la Division navale et en particulier à MM. Louel, lieutenant de vaisseau adjudant de division, Moret, enseigne de vaisseau, et Marcadet, aspirant de majorité, qui ont bien voulu extraire ces notes des archives de la Division, travail long et pénible pour lequel nous leur exprimons ici tous nos remerciments. Le chapitre cultures à entreprendre ou à développer est la reproduction à peu près textuelle de notices dues à M. Prud'homme, inspecteur en chef du service de l'agriculture, notices établies en parfaite connaissance de cause et en toute sincérité.

Les chapitres climat et surtout hygiène et pathologie sont extraits d'un travail très documenté de M. le docteur Clavel, médecin principal des colonies et directeur du service de santé à Madagascar.

Les notices ethnographiques sont pour la plupart l'œuvre des chefs de province ou d'administrateurs tels que M. le docteur Besson

1. Les personnes qui désireront se renseigner complètement sur les ressources de Madagascar devront consulter le Journal officiel de la colonie (depuis sept. 96) ainsi que les « >'otes, Reconnaissances et Explorations )), qui sont remplis de détails circonstanciés à ce sujet.

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OU M. Benevent qui ont pu, grâce à un très long séjour dans la Colonie, pénétrer à fond la langue et l'ethnologie des populations qu'ils dirigent.

Nous mentionnons en leur lieu et place les études de MM. Gautier, JuUien et James Sibree, trop connus et trop appréciés pour qu'il soit nécessaire de nous y arrêter dans cette préface.

Enfin, nous nous faisons un devoir d'adresser ici nos remerciements à MM. Raybaud, administrateur adjoint, Breton, contrôleur des mines, et Nogué, directeur par intérim de l'école professionnelle, dont les indications et renseignements nous ont été des plus précieux.

Ce n'est que grâce au concours obligeant et empressé que nous avons partout trouvé qu'il nous a été possible de mener à bien une tâche aussi ardue. Sans doute le travail que nous publions aujourd'hui présente des lacunes nombreuses, disons même des inexactitudes, quelque soin que nous y avons apporté, mais l'on voudra bien observer que notre Colonie ne date pas encore de deux ans. Cette considération est bien faite, croyons-nous, non seulement pour atténuer la sévérité des censeurs, mais encore pour faire juger le travail énorme que chacun, dans sa sphère d'action civile ou militaire et à tous les degrés de la hiérarchie, a dû s'imposer pour faire de cette vaste contrée, si peu française jusqu'ici, une seconde France. C'est par l'union de toutes les volontés et de toutes les énergies que ce premier résultat, si considérable, a été obtenu.

Le travail que nous publions aujourd'hui, on le comprendra, ne peut donc pas être définitif. De jour en jour, en effet, la grande île nous devient plus connue. Elle l'était peu quand nous avons écrit les premières lignes de cet ouvrage; fallait-il attendre qu'elle fût entièrement pénétrée, fouillée, étudiée, nous ne l'avons pas pensé. Nous avons cru qu'il était préférable de dire dès maintenant, simplement et sincèrement, ce que l'on sait de cette nouvelle Colonie, pour certains, objet d'un mirage trompeur; pour d'autres, terre de malédiction et de désolation.

Madagascar n'est ni un Éden, un Eldorado, ni une Arabie pétrée. Si la région côtière est presque partout d'une fertilité remarquable, le sol de la région centrale, il faut bien le reconnaître, est pauvre et ne se prête à des cultures rémunératrices qu'à grand renfort d'engrais. Le tabac et le thé y réussiront peut-être, tandis que le

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littoral semble, d'après les essais faits jusqu'à ce jour, convenir parfaitement à toutes les cultures tropicales : vanille, cacao, girofle, café (Libéria), canne à sucre, etc....

Mais Madagascar sera surtout, croyons-nous, une terre d'élevage et, dans l'état actuel de nos connaissances de la grande île, il semble qu'on peut ranger ainsi par ordre de gradation décroissante les diverses exploilations auxquelles nos colons pourront s'y livrer : élevage, culture, industrie minière. Nous ne donnons là que trois grandes divisiojis, mais il est certain que l'industrie forestière et l'industrie séricicole, par exemple, trouveront dans notre nouvelle Colonie à s'exercer avec succès, ainsi que l'exploitation du caoutchouc, etc.

Que l'on ne nous parle pas de l'incertitude des débouchés; si en effet nous examinons la statistique des produits coloniaux importés chaque année en France, nous sommes frappé de la masse énorme de denrées provenant des pays tropicaux ou intertropicaux que les nations étrangères nous fournissent et qu'il nous serait possible de demander à nos propres colonies.

Ainsi il est importé en France 65 185 586 kilogrammes de café représentant une valeur de 175177 755 francs; nos colonies ne nous en envoient que 765525 kilogrammes, soit pour une somme de 1 785 675 francs.

Nous recevons 5 261628 kilogrammes de caoutchouc et de guttapercha, évalués 27 781 598 francs; il ne nous en vient de nos colonies que pour 2 699 644 francs, soit 492 559 kilogrammes.

Les contrées d'outre-mer nous expédient 5048 148 kilogrammes de conserves de viandes en boîtes, qu'elles nous vendent 4 657 777 fr. ; dans cette importation nos colonies n'entrent que pour 491 151 kilogrammes, valant 589 581 francs.

Pour 162177251 kilogrammes de coton, estimés en douane 166866 898 francs, qui nous viennent de l'étranger, nous n'en recevons que 8558 kilogrammes de nos colonies, soit pour 8255 francs.

L'étranger importe en France 5540999 kilogrammes de clous de girofle, de vanille, de cannelle et de poivre, d'une valeur de 5 706 021 francs; l'importation des mêmes articles de nos colonies ne s'élève qu'à 5257 696 francs.

Dans une importation de 251559 892 kilogrammes de laine, représentant une valeur de 594906845 francs, nos colonies,

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Algérie et Tunisie comprises, ne comptent que pour 4466^252 kilogrammes ou 6 476 060 francs.

Nous ne recevons de nos colonies que 2 7:25 819 kilogrammes de bois d'ébénisterie, d'une valeur de 750 155 francs, contre 19 666 571 kilogrammes que nous envoient les autres contrées exotiques et qui sont évalués en bloc à 5167 994 francs.

Pour les bois de teinture, les importations de l'étranger montent à 119 415155 kilogrammes, payés 17 912 200 francs, tandis que celles de nos colonies s'élèvent seulement à 10 845 667 kilogrammes valant 1628 850 francs.

Pour les arachides contre 55 451 191 kilogrammes, d'une valeur de 1 1 896 714 francs que les autres pays font entrer chez nous, les envois de nos colonies ne dépassent pas 49 705529 kilogrammes, soit 10 197 115 francs.

Quant aux graines de sésame et aux amandes de noix de coco, en face d'une importation de l'étranger se chiffrant par 164985 171 kilogrammes qu'on nous fait payer 48 505467 francs, les envois de nos colonies sont de 2 550082 kilogrammes, d'une valeur de 799962 francs.

Enfin et pour terminer, contre 15191448 kilogrammes de cacao nous venant de contrées exotiques autres que les colonies françaises et qui valent 21 268 280 francs, celles-ci ne nous en expédient que pour 880 577 francs, soit 628 841 kilogrammes, etc., etc.^

On le voit, les débouchés ne manquent pas. Pour la plupart de ces produits, Madagascar peut fournir un appoint appréciable.

Nous souhaitons que ce Guide, qui n'a d'autre prétention que de commencer à faire connaître notre nouvelle possession, évite à nos compatriotes qui viendront s'y fixer les tâtonnements, les incertitudes et aussi les désillusions. Pour cela nous ne saurions trop insister sur ce point qu'a du reste parfaitement mis en lumière le Comité de Madagascar, à savoir qu'il ne faut pas songer à s'établir dans la Colonie si l'on ne dispose d'aucune ressource, et qu'au contraire la condition primordiale du succès est de posséder la volonté, mais doublée d'un certain capital. Ce n'est pas assez de 5 000 francs et de bons bras comme on l'a dit, il faut au moins de 15000 à 20000 francs pour pouvoir s'installer et vivre jusqu'à ce que l'exploitation entreprise commence à produire, ce qui nécessite toujours quelque temps.

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