‹ Guide de l'immigrant aÌ€ Madagascar (volume 3)Chapitre 37 sur 204 · CONSIDÉRATIONS SUR LA SALUBRITÉ DU HAUT PLATEAU CENTRAL · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS SUR LA SALUBRITÉ DU HAUT PLATEAU CENTRAL

La pathologie du plateau central ne diffère pas sensiblement de celle des régions basses de l'île; mais les diverses maladies endémiques qu'on y observe sont beaucoup atténuées par le fait de l'altitude. Le poison paludéen y est peu intense, et l'Européen, y perdant moins de ses forces, parce qu'il n'a pas à lutter contre une chaleur excessive, ni contre une tension de vapeur d'eau élevée, résiste davantage.

La morbidité diminuera beaucoup, lorsque les moyens de communication seront plus rapides et qu'on séjournera moins longtemps dans les régions basses de l'île.

L'acclimatation, c'est-à-dire l'effort développé par l'organisme humain pour se mettre en harmonie avec le nouveau mode de fonctionnement résultant de l'arrivée et du séjour dans un climat nouveau, deviendra possible dans une contrée où le paludisme sévit moins violemment, en somme, qu'autrefois en Algérie.

Les femmes et les enfants semblent retirer plus de bénéfices que les hommes du séjour dans les montagnes; cependant, on doit remarquer quelques inconvénients qui résultent de l'altitude; pour quelques personnes, l'air est trop vif et elles ne peuvent adapter leur organisme à ce genre de climat.

Il se produit à Tananarive, chez les nouveaux arrivés et même chez ceux qui comptent déjà un certain temps de séjour, une diarrhée qui semble en relation avec une certaine difficulté d'adaptation de leurs organes au climat d'altitude, et qui se traduit surtout par de l'atonie gastro-intestinale. Peu sévère, quoique tenace, cette diarrhée cède, le plus ordinairement, au régime lacté absolu; mais on est parfois obligé d'avoir recours aux antiseptiques intestinaux et plus tard, quand le malade reprend des aliments solides, à la pepsine ou à l'acide lactique, afin de suppléer à l'insuffisance des ferments digestifs.

En résumé, la pathologie de Madagascar est peu chargée. Le danger, pour l'Européen qui n'est atteint d'aucune tare organique à son départ, se réduit presque uniquement au paludisme, dont les atteintes peuvent être graves dans les régions basses, mais qui, sur les hauts plateaux, ne sévit guère plus qu'en certaines contrées marécageuses d'Europe.

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