TERRITOIRE MILITAIRE
Les premières reconnaissances faites en vue de la colonisation dans le territoire militaire ont permis de recueillir de très utiles indications sur la situation agricole et économique de cette région.
Les lots reconnus ont été délimités avec le plus grand soin, de manière à satisfaire les concessionnaires, sans léser les intérêts des indigènes, et il a été établi, pour chacun d'eux, un dossier spécial contenant toutes les indications nécessaires. Ces dossiers sont déposés dans les bureaux du gouvernement général et tenus à la disposition des personnes qui auraient intérêt à les consulter.
Secteur d'Ilafy.
Dans presque toute l'étendue du secteui' d llafy, le fond du sol se compose de masses argilo-fcrrugineuses que recouvre une légère couche de terre végétale.
Le pays est généralement mamelonné et presque entièrement dépourvu d'arbres; mais, entre les collines, s'allongent des vallées bien arrosées, qui possèdent de belles rizières. La rivière Mamba traverse, en le fertilisant, le nord du secteur. Il existe des marais au Noi d et au Nord-Ouest entre Anosy, Ambohitrinimanga, Ambodifasana et Namehana; des travaux de dessèchement sont actuellement en cours d'exécution et ces marais seront bientôt convertis en rizières.
Le territoire ouvert à la colonisation est situé entièrement dans la partie est du secteur; il s'étend, au Nord-Est, jusqu'à sa limite extrême (Ambatolampy), à l'Est, jusqu'à Soamandray et au Sud-Est jusqu'à Betsizaraina.
11 comprend neuf lots répartis de la façon suivante :
Lot n" 1 à Ambatolampy MO hectares.
— n*" 2 à Ambohidrano 150 —
— n" 7j à Andranovelona 97 —
COLONISATION. MO
Lot 11" i à Aiilsahaiiiarofoza .... 100 hectares.
— n" h à AntsaMipaiidrano .... i)7) —
— n" G à Kaii«^aina 110 —
— n'' 7 à Manazary \W —
— n'' 8 à Betsizaraina 08 —
— Il" 0 à Alatsinainy 100 —
Les lots sont situés à proximité des marchés importants de Sabotsy et d" Alatsinainy ; ils sont tous desservis par de bonnes pistes muletières.
Le colon qui désirera s'installer dans la région devra faire le voyage du mois d'avril au mois d'octobre. Il trouvera facilement à Tananarive des bourjanes qui le transporteront sur sa concession, lui et son matériel, pour un prix modéré; de Tananarive à Ilafy, un bourjane prend 50 francs, y compris la nourriture, par tonne.
Le colon trouvera sur sa concession les matériaux et la main-d'œuvre nécessaires pour se faire bâtir une maison. Une case, construite en pisé et couverte en herana, comprenant deux pièces, sans étage, coûte de 50 à 100 francs; une case semblable avec un étage, les pièces ayant de 16 à '20 mètres carrés, vaut de 100 à 150 francs.
Cultures. — On cultive dans la région le riz, le manioc, le mais, la patate, la pomme de terre, les haricots, les arachides, la canne à sucre, la songe et l'ananas.
Les arbres fruitiers existant actuellement dans le pays sont : le manguier, le pécher, le goyavier, le citronnier, l'oranger, le grenadier, le bananier et le caféier.
11 y a deux espèces de riz, le rouge et le blanc ; ce dernier est de qualité supérieure. Le riz de la première saison se sème en avril; celui de la deuxième saison, en août et septembre, et se transplante dans un terrain convenablement préparé, irrigué et débarrassé des plantes parasites. Les pieds de riz sont plantés à raison de 50 environ par mètre carré; l'espacement entre les pieds doit être de 10 centimètres au minimum. Les maladies auxquelles le riz est assujetti sont le mangalahy et le matifotsy. La première récolte du riz se fait en janvier: la deuxième, en avril. La paille est coupée et battue pour séparer le grain.
Le manioc n'exige pas de grandes préparations de culture; il se plante au mois d'août par boutures, qui sont mises en terre à raison de 9 par mètre carré; l'espacement est de 50 centimètres. Il se récolte tous les deux ans.
Les mêmes observations s'appliquent au maïs, qu'on récolte tous les ans en avril, et à l'ananas.
Les mois qui conviennent le mieux pour planter la patate sont janvier et février; le terrain doit être convenablement préparé; l'espacement à conserver entre chaque pied est de 0 m. 25 à 0 m. 50. La récolte a lieu tous les ans, en février.
La pomme de terre se plante en septembre ou octobre, dans une terre bien aménagée ; il faut laisser entre chaque pied une distance de 0 m. 50 à 0 m. 40. Elle fleurit en décembre et se récolte en mars.
Les haricots se sèment en novembre, fleurissent en janvier et se récoltent en mars et avril.
Les arachides se plantent également en novembre.
La canne à sucre doit être plantée à raison de 4 pieds par mètre carré.
Tous les arbres fruitiers peuvent être mis en terre en semis et transplantés lorsqu'ils ont atteint 0 m. 50 à 0 m. 60 de hauteur; l'époque qui convient le mieux à la transplantation est le mois d'octobre. L'espacement entre chaque pied doit être :
Pour le manguier. .
4 mètres,
soit environ
650 à l'hectare
— le bibassiei- . .
— le pêcher . . .
— le goyavier . .
— le citronnier. .
— l'oranger . . .
— le grenadier. .
— le bananier . .
— le caféier. . .
Le caféier doit être planté dans un terrain ombragé, car il craint beaucoup les fortes chaleurs; il se taille au bout de cinq à six ans.
Tous les arbres fruitiers doivent être taillés au moins une fois par an. Un hectare donne environ :
Rizières 8 000 kilogr. non décortiqué.
Manioc 15 000 —
Pommes de tei re 15 000 —
Patates 12 000 —
Aracbidos 8 000 —
Maïs 9 000 — —
Café 10 000 — —
Le manguier donne en moyenne 50 kilogr. de fruits.
Le bibassier 50 —
Le pêcher 50 —
Le goyavier 15 —
Le citronnier 15 —
L'oranger 10 —
Le grenadier 5 —
Le café 2 —
Le riz blanc vaut actuelleiuent • . . 50 fr. les 100 kilogr.
Le riz rouge 30 —
Le manioc 10 —
Les pommes de terre valent actuellement ... 50 —
Les patates 10 —
Les arachides 20 —
Le maïs vaut actuellement 60 —
Le café 25 —
COLONISATION
Les mangues valent actuelleiiit'iil 2 hO le cent.
Les bibasses 0 10 le kilo<^^r.
Les pêches 0 10 —
Les goyaves 0 10 —
Les oranges 5 00 —
Les ananas 5 00 —
Les grenades 5 00 —
La plantation d'un hectare revient en :
Riz 1 500 francs.
Manioc 700 —
Pommes de terre 600 —
Patates 700 —
Arachides 650 —
Mais 550 —
Café 625 —
L'entretien d'un hectare une fois planté revient en :
Riz 50 francs.
Manioc 15 —
Pommes de terre 15 —
Patates 10 —
Arachides 15 —
Maïs 15 —
Café 25 —
Un colon européen, déjà établi depuis quelques années dans le secteur, a fait des plantations de vigne qui ont donné des résultats satisfaisants.
Elevage. — L'industrie de l'élevage peut devenir très prospère dans le secteur. L'herbe qui pousse abondamment sur les nombreux mamelons de la région et la paille de riz que fournissent en grande quantité les rizières permettent, en effet, d'élever des troupeaux importants. D'autre part, la proximité de Tananarive et des marchés de Sabotsy et d'Alatsinainy assure aux éleveurs un débouché avantageux pour leurs produits. Un bœuf moyen vaut 150 francs et donne de 200 à 225 kilos de viande. Le rendement en lait est à peu près insignifiant ; une vache bien nourrie fournit à peine 5 à 4 litres de lait par jour.
La race bovine pourrait être améliorée, soit par le croisement avec des races de France (Salcrs et Charolais), soit par la sélection judicieuse des sujets destinés à la reproduction.
Les indigènes élèvent encore des porcs, des chèvres et des moutons. La race porcine est de bonne qualité ; les porcs sont de belle venue et leur chair est très savoureuse.
La race ovine a besoin d'être améliorée ; en croisant les moutons du pays avec des moutons mérinos, on pourrait créer un bon produit et obtenir des moulons à laine qui rendraient de grands services à l'industrie.
Les indigènes tannent les peaux de bœuf et s'en servent pour la chaussure, la sellerie et la fabrication des sièges de filanjane ; leurs procédés de tannage sont défectueux, mais le colon pourra, en employant des élèves de l'Ecole professionnelle, apprendre aux indigènes de sa concession à tanner convenablement les peaux.
Industrie minière. — Il existe de l'or en petite quantité dans le faritany (sur les limites) d'Ambohitriniandriana ; on le trouve dans les ruisseaux, mélangé au sable. Il n'a pas été exploité jusqu'ici, en raison des lois malgaches qui punissaient sévèrement les chercheurs d'or. Il n'y a, actuellement, aucun prospecteur européen ou indigène dans le secteur.
On rencontre des gisements de fer en assez grand nombre, mais ils sont peu riches.
Il existe quelques carrières de pierres bleues que les indigènes exploitent pour la construction de leurs tombeaux, ainsi qu'une espèce de grès rouge, veiné, peu consistant, qui sert aux encadrements de portes ou de fenêtres.
On trouve aussi, dans certaines vallées, quelques terrains tourbeux, non exploités.
Industrie de la soie. — Les indigènes connaissent la fabrication de la soie, mais ils ne se livrent que très peu à cette industrie. La soie est tissée par les femmes; ce sont elles aussi qui dépouillent les cocons.
Elles emploient plusieurs genres de métiers, dont quelques-uns à navettes, mais tous fort primitifs.
Un colon pourrait retirer quelque profit de cette industrie en apprenant aux indigènes les procédés de fabrication européenne.
Un hectolitre de cocons se vend environ 50 francs ; un kilogramme de soie brute vaut 50 francs.
Tabac. — Le tabac est cultivé à Rangaina, à Miadanandriana et à Antsahamarofoza. Les indigènes en font des cigares et du tabac à priser. La qualité en est médiocre, mais elle pourrait être améliorée par l'introduction de nos procédés de préparation.
Les cigares, dont la fabrication revient à 40 centimes le cent, valent 1 fr. 75 le cent; le tabac en poudre coûte 8 francs le kilogramme.
Divers. — Il n'y a actuellement que très peu d'Européens établis dans le secteur, de sorte que les ouvriers spécialistes qui sont répandus dans tous les villages suffisent, pour le moment, aux besoins de la population. Cependant, un tailleur, une modiste et une couturière auraient des chances de réussir. La plupart des Malgaches sont, en effet, très heureux lorsqu'ils peuvent s'habiller à l'européenne. Ils ont une préférence marquée pour les étoiles légères, indiennes et cotonnades, bariolées et de couleurs voyantes.
Un Européen venant s'installer dans le secteur devra se créer immédiatement une basse-cour et un jardin potager; avec les ressources qu'il en retirera et 60 francs parmois, il pourra vivre convenablement. Le loyer d'une maison suffisante, pour un ménage sans enfants, vaut de '20 à 25 francs.
COLONISATION
Secteur d'Ambohimanga.
Aucun lot do colonisation n'a été délimité dans le secteur d'Ambohimanga, où la population est très dense, où les villages sont très rapprochés et la surface des terrains cultivés plus considérable que dans le reste de l'imerina. Il se trouve cependant quelques terrains en friche qui pourraient être livrés à la colonisation.
Ainsi, entre Amhoatany, Amboniloha et Imerimandroso, un lot de 100 hectares a été demandé en concession par le Tl. C. Braud.
Entre Alatsinainy, bneriuiandroso, Ambatomalaza et Ambohidava, on rencontre un terrain inculte d une supeilicie de 50 hectares, dont une fraction assez importante a été achetée par la Mission catholique.
Entre Ambohidava, Ambatolamj)y, Ambohimarina et Ainbohinomé se trouvent des lots d une dizaine d'hectares chacun, séparés les uns des autres par des terrains cultivés appartenant à des indigènes; ceux-ci donnant actuellement une grande extension à leur culture, il ne semble pas possible d'aliéner ces terrains au profit d'un colon.
Il en est de même du champ de manœuvre de Sahafa, qui, avec ses dépendances, a une superficie de 50 hectares. C'est le seul lieu de pâturage pour les bœufs des villages d Anosiarivo, de Sahafa, de Malaza, de Mahatsinjo, etc.. dont le territoire est à peu près entièrement cultivé.
Enfin, entre Anosy et Alakamisy, un terrain inculte d'une quinzaine d hectares pourrait être accordé à un colon auquel ses ressources ne permettraient pas d'entreprendre une grande exploitation.
La saison sèche est la meilleure époque pour faire le voyage et pour s'installer, mais la saison des pluies convient mieux pour les défrichements et les plantations.
L'Européen, désireux de s'établir dans le pays, pourra trouver une case convenable, construite en pisé, pour 500 francs environ.
Cultures. — Les indigènes cultivent le riz, le manioc, la patate, la canne à sucre et la plupart des légumes d'Europe.
On rencontre également, dans les fossés des villages, des caféiers de belle venue, que les indigènes laissent pousser sans aucun soin.
Le tabac, le ricin et la vigne indigènes viennent à l'état sauvage. Ces plantes, judicieusement cultivées, pourraient faire la richesse du pays.
Elevage. — Les indigènes ne font plus l'élevage du bœuf. Ils préfèrent aller l acheter dans le Nord de l'île, et le revendre, ensuite, sur les marchés de Tananarive.
Du reste, les pâturages sont peu étendus en raison de la grande superficie des terrains cultivés en patates et en manioc, et ils sont de mauvaise qualité, très maigres en toute saison, et ils ne deviennent verts que lorsque l'herbe repousse après un feu de brousse. Ils ne conviennent donc pas pour l'élevage et suffisent à peine à la nourriture du bétail momentanément concentré dans la région pour l'alimentation de Tananarive.
Les indigènes ne fabriquent pas de beurre, ni de fromage; mais un colon
pourrait, en introduisant dans le pays une bonne race laitière, alimenter de ces produits les marchés de Tananarive.
Les habitants du secteur n'utilisent pas les peaux de bœuf ; la bête est presque toujours dépecée sans être dépouillée.
La race porcine est de bonne qualité. Les porcs sont très répandus et presque tous les indigènes en élèvent quelques-uns.
Les moutons sans laine sont assez nombreux dans le secteur. Ils ne peuvent être utilisés que pour la boucherie et, encore, leur viande est-elle de qualité très médiocre. Un mouton se vend sur place 7 francs. Il y a beaucoup à faire pour implanter une race nouvelle convenablement choisie.
Industrie minière. — Dans la région Sud-Ouest du secteur, aux environs des marais et de certaines rizières, se trouvent des gisements de tourbe exploités par les indigènes.
Cette tourbe est consommée sur place pour la cuisson des briques et des tuiles. On ne peut la transporter à Tananarive qu'à dos de bourjanes, au prix de 60 à 80 centimes par charge, ce qui est trop cher; quand les routes actuellement en construction ou en réparation seront terminées, il sera facile de faire le transport par voitures, et Tananarive deviendra un bon débouché.
Industrie de la soie. — La sériciculture est à peu près inconnue dans la région. Le ver à soie est, cependant, élevé dans les secteurs voisins et, au marché de Sabotsy, il se fait un grand commerce de cocons.
La population d'Ambohimanga s'adonne plus spécialement au filage, au tissage et à la confection de dentelles, qui sont renommées
Le prix de la soie brute, de la soie tissée et des dentelles varie selon le cours de Tananarive.
Tabac. — Le tabac est cultivé par les indigènes, mais en faible quantité; la qualité en est généralement médiocre. Cependant, certains cigares provenant de Morarano et d'Ambohitrangano, villages situés au nord d'Ambohimanga, sont renommés; ils se vendent de 80 centimes à 1 franc le cent, sur les marchés des environs. La production est faible et ne permet pas de songer à établir une manufacture.
Commerce. — Aucune maison de commerce n'est établie dans le secteur.
Les indigènes emportent de la bimbeloterie et du tabac et ramènent des bœufs du Nord; ils vont les acheter, soit entre Marovoay et Mevatanana, soit dans les environs d'Ambatondrazaka, dans l'Antsihanaka; ils les payent de 5 à 10 piastres et les revendent le double en Imerina.
Un Européen n'aurait aucun avantage à entreprendre ce genre de commerce, car il exige beaucoup de temps et est très pénible. Plusieurs colons, qui l'ont essayé, ont éprouvé leurs mécomptes.
Divers. — Il semble que pour la consommation même du pays, et à cause du voisinage de Tananarive, on pourrait établir et voir prospérer des fabriques de bougies, de chandelles, de savon et de sucre, ainsi que des tanneries.
Une tuilerie et une briqueterie auraient une réussite assurée si les
COLONISATION
moyens de communication pcrnietlaicnl le transport des iimrcliaiidiscs pinvoitures .
Secteur d'Ambohidratrimo.
Ambohidratrinio est situé à 10 kilomètres au nord-ouest de Tananarive.
Le sol du secteur est composé d'argile et de sable (jue recouvre une lorte masse d'Imnuis. Le pays jouit d'un climat très sain.
Trois concessions ont déjà été accordées dans le secteur et cinq nouveaux lots, d'une superlicie de 100 à 150 Iiectares cbacun, situés entre Ambohipiara, Fiakarana et Ivato, ont été récenmient délimités. Ces terrains sont à proximité dWmboliidratrimo et du marché d'Alakamisy, qui est le |)lus important du secteur.
Plusieurs maisons ayant appartenu à Ratsimamanga et à Razafimanantsoa se trouvent sur ces concessions ou dans leur voisinage immédiat et |)ourront être cédées à un prix raisonnable aux Européens qui viendront s'établir dans la région.
Les cultures entreprises actuellement dans le secteur sont les mêmes que dans le reste de l lmerina : plantes indigènes et légumes européens.
Les habitants du secteur élèvent un grand nombre de bœufs et de porcs; ces animaux sont nourris, pendant la saison sèche, avec du manioc, du paddy et l'herbe que Ton arrache dans les endroits humides; pendant la saison des pluies, ils paissent l'herbe qui se trouve un peu partout.
Un Européen pourrait se livrer à l'industrie de l'élevage avec de grandes chances de réussite.
La proximité de Tananarive assurerait à ses produits un débouché avantageux.
Secteur de Fenoarivo.
Les terrains qui peuvent être donnés en concession se trouvent situés au nord-ouest du secteur et comprennent une étendue apparente approximative de 600 hectares. Ils ont été divisés en cinq lots ; leur distance à Tananarive varie entre 14 et 17 kilomètres.
Le premier lot, situé au nord de Marianina, sur un terrain en pente douce, a une superficie d'environ 140 hectares; il est desservi par la route d'Andrainarivo à Ambohitrinilahy.
Le deuxième lot se trouve à Touest de Marianina; son étendue est d'environ 105 hectares; il est traversé par la route de Marianina à Ambohitrinilahy. Certaines parties de ce terrain sont rocheuses et la pente est assez raide du côté de l'Andromba.
Le troisième lot s'étend entre Nosivato et Anakakondro. Cette concession, située sur un haut plateau, a une étendue de 15'2 hectares; les pentes sont assez douces, mais le terrain est en plusieurs endroits rocailleux. La route de Marianina à Ambohitrinilahy traverse ce lot.
Le cinquième lot, au nord de Nosivato, mesure environ 74 hectares; il se trouve sur un terrain en pente douce et est desservi par la route de Xosivato à Manjaka.
Le colon pourrait s'installer avantageusement dans sa concession, trois ou quatre mois avant la saison des pluies, pour préparer la terre à reçevoir les semences qu'il veut y déposer.
Le prix du transport (personnel et matériel) de Tananarive aux concessions peut être évalué à 1 franc par bourjane chargé à raison de 50 kilogrammes.
Le marché à proximité des lots de colonisation est celui du Zoma, un peu au nord de Xosivato et de Sabotsy, à Test d'Andrainarivo. Ce marché est de peu d'importance. Le marché d'Alakamisy, à l'ouest de Fenoarivo, offrirait plus de débouchés aux colons occupant les concessions du secteur, mais il se trouve à une distance moyenne de 7 kilomètres.
Les voies d'accès sont nombreuses et la plupart des chemins sont muletiers.
Le pays comprend une succession de collines et de plateaux dénudés que séparent des vallées, tantôt encaissées, tantôt très larges; ces terres sont incultes et couvertes d'herbes sèches, sauf aux environs des villages où se trouvent des champs plantés de manioc, qui y pousse très bien et constitue, avec le riz, la principale nourriture des habitants. 11 y a également des patates et des saonjo. Tous les bas-fonds sont occupés par des rizières.
Le sol est argileux; dans certains endroits, on tiouve beaucoup de pierres granitiques.
La saison pluvieuse commence ordinairement vers la mi-novembre et dure jusqu'au mois d'avril. C est surtout dans la nuit que tombent les pluies, qui sont excessivement abondantes vers la fin de décembre et pendant les mois de janvier et de février.
Le bois y manque presque totalement; il n'y a que quelques arbres dans les fossés entourant les villages; d'ailleurs, presque partout, les habitants se servent d'herbes sèches pour faire cuire leurs aliments.
L'eau ne se trouve qu'à proximité des rizières.
La plupart des habitations sont à un étage, construites en terre et recouvertes de herana; quelques maisons seulement sont en briques cuites et ont un toit en tuiles.
Le colon aurait avantage à s'établir dans un village à proximité de sa concession, où il pourrait louer ou acheter une case à un prix très avantageux. Il pouirait, d'ailleurs, se faire construire une maison par les prestataires, et le prix de revient en serait peu élevé.
Cultures. — Ainsi qu'il a été dit plus haut, la culture ne comprend guère, dans cette région, que le riz, le manioc, les patates et les saonjo.
Mais certains arbres du pays y viendraient parfaitement bien, tels que les manguiers et les bibassiers; il en serait de même pour les orangers, à condition que le terrain choisi fût à Labri du vent.
La canne à sucre et le mais donneraient également des récoltes avantageuses.
Il y aurait intérêt pour le colon à planter, pour sa consommation, des légumes d'Europe dans les terrains qui sont à proximité des rizières et
COLONISATION
dont la l'écoltc lui pi'iiiit'lliail de vïmc à Imii iiiaiclK' m ;ill('ii(laiil (juc <a concession fut on plein rapport.
ï.es lots (le colonisation du secteur deviaiciil cire pi in(:i|)al('iM('iil deslinc'îs au boisement. D'a|)rès les essais (pii ont ét('' laits dans la pépinière, ceitaines espèces d'arbres, tels (jue Tacacia coinimni, l'acacia teropliylla, l acaeia lebbeck, l ailanle du .lajion, le pin inai itinie, le lilas du Cap, s'annoncent comme devant donner de bons résultats: des graines de ces arbres jioiirraient être délivrées aux colons, mais il est nécessaire (|u'ils possèdent un petit capital ou qu'ils aient un emploi leur permettant d'attendre h; lésultat de leni's ell'oi'ts.
Les deux concessions qui sont destinées au boisement sont celles de M. Lemaire et du R. P. Clievalier; la première est située entre Manankasina et le marché d'Alakamisy, la seconde entre Firavahana et Saovimbahoaka.
Bétail. — Les races n'ont pas été améliorées, les Malgaches ne connaissant pas encore les avantages qu'ils pourraient retirer d'un élevage et d une sélection rationnelle.
Le bétail est nourri d'une façon très imparfaite. Les animaux sont menés au pâturage; mais ils n'y trouvent pas une nourriture suffisante, surtout au moment de la saison sèche. Les porcs errent en liberté dans les villages, où ils se nourrissent de détritus de toutes sortes; quelques-uns, peu nombreux, sont destinés à l'engrais et on leur donne du manioc.
La viande se vend au détail; le kilogramme revient à 50 centimes. Les indigènes vendent le lait à raison de 20 centimes le litre. Malgré les conseils qui leur ont été donnés, ils n'ont pas encore consenti à faire du beurre et du fromage.
gros Fr. 150
Bœuf { ordinaire 100
moyen 50
grande 500
moyenne 70
Génisse 20
gros 20 à 25
Mouton l moyen 10
petit 2 à 5
gros 100
Porc <^ moyen 40 à 50
petit 16
Les peaux de bœuf ne sont pas utilisées; les Malgaches débitent la viande avec la peau.
Industrie de la soie. — H y a dans le pays deux espèces de vers à soie : le landibé, qui se nourrit d'ambrevade et de tapia, et le landikely, qui se nourrit de mûrier.
La soie qu'on retire du premier sert surtout à la fabrication des lambas mortuaires, tandis que celle que produit le second sert à confectionner des lambas riches pour les indigènes aisés. Le procédé de fi^brication de la soie consiste à faire d'abord bouillir les cocons, à en retirer les vers et à les laisser sécher; les Malgaches tissent ensuite, le fil à la main; quand on veut lui donner une teinte, on le fait bouillir avec la couleur choisie.
Vache avec son veau.
Bien que quelques indigènes se livrent à la culture du ver à soie, la production dans la région est insuffisante. Les habitants du secteur vont surtout s'approvisionner au marché d'Alatsinainy, où l'on fait un grand commerce de cocons provenant de la région d'Antsahadinta. Le prix d'une sobika de cocons est de 5 fr. 40; on peut faire 5 mètres de fil avec un cocon.
Tabac. — Les Malgaches plantent le tabac au mois de septembre. Ils creusent des trous d'environ 40 centimètres de diamètre et de 50 centimètres de profondeur où ils mettent la graine; ces trous sont distants les uns des autres de 50 centimètres.
Il arrive souvent que plusieurs pieds lèvent ensemble; mais, par paresse, le Malgache ne les sépare pas. Lorsque la plante sort de terre, elle est protégée par de menus branchages contre le vent et le soleil ; quand elle est assez forte pour vivre au grand air, on enlève cet abri provisoire et, à partir de ce moment, elle pousse sans recevoir de soins. On ne cherche pas à enlever les feuilles qui sont trop serrées et celles qui se dessèclient tombent d'elles-mêmes. Lorsque la fleur se montre, les indigènes ne s'en occupent pas davantage; elle se développe et chaque pied de tabac monte en graine, perdant ainsi une grande quantité de sève qui aurait été très utile aux feuilles saines et vigoureuses. Quand l'indigène juge les feuilles suffisamment grandes, il les coupe sur pied et laisse en terre les racines, qui donnent une nouvelle récolte.
C'est en février qu'on coupe les feuilles. Elles sont placées sur des paillettes élevées de 50 centimètres au-dessus du sol et y demeurent pendant un mois. Au bout de ce temps, on les met entre deux couches de paille de riz. Deux semaines après, les feuilles sont prêtes à être vendues.
Le prix de quatre feuilles est de 5 centimes. C'est surtout à Tananarive et aux environs d'Ainbohimanga qu'on fait les cigares.
En résumé, le tabac n'est soigné que lorsqu il est jeune. Avec des soins et une culture appropi iée, un colon pourrait obtenir de très belles récoltes et une bonne qualité de tabac.
r-- TERRITOIRE MILITAIRE
Secteur Sud de la Varahina (Cercle de Tsiafahy)
Pays tourmenté, avec mamelons et vallons à pentes assez fortes, coupé par de nombreux ruisseaux.
Secteur Nord de la Varahina (Cercle de Tsiafahy)
Dans certains endroits, dépressions profondes et nombreuses ; pas de montagnes ; mamelons abrupts, dénudés et reliés entre eux par des massifs rocheux. Grande foret.
Le sol est argileux, mélangé de quartz sablonneux et d'argile blanche plus ou moins pure. Il y a des tourbières.
Deux périmètres de 400 et 1 000 hectares peuvent former 8 lots d'une
COLO.MSATIO.N.
superficie tlo hO ;i 7)00 IktImits : m une dislniicc de Tnnniiarive de 4") à 50 kilomètres.
Le prix de transport est de 60 à 70 centimes par homme et par jour (pour les personnes et le matériel).
La distance des lots de concessions aux principales villes et marchés environnants est :
Imerinarivo, (marché), à 5 h. 1/2
Nosy-Bé, — . . —
Ambohitrandriamanitra, — . . —
Mi;i(lamanj:ik:i, (marché), à 7) h. i/2
Manjakandriaiia, — . . 5 à 20 k.
Nosy-Vato. — . . —
Des sentiers vont des périmètres à la ligne d'étapes (route de Tananarive à Andévorante). Il y a des pistes muletières en hon état.
En outre des cultures indigènes et des arbres fruitiers, tels que pêchers, manguiers, etc., on peut essayer le calé, la vigne et le blé.
On peut y faire l'élevage de bœufs, de porcs, de moutons et de chèvres.
Un ouvrier coûte de 50 à 70 centimes par jour.
Une maison en bois et en pisé, avec la toiture en paille, coûte de 50 à 500 francs.
On trouve partout de Teau de bonne qualité, et le bois de construction n'y est pas rare, car la grande forêt n'est pas à plus de 5 à 6 kilomètres.
Secteur d'Andranomasina.
La population du secteur d'Andranomasina est de 57 595 habitants ; le village en renferme 2 279. Ce secteur est à une distance de 45 à 50 kilomètres environ de Tananarive
Le pays est coupé de dépressions profondes et traversé parla rivière Ikopa. Il y a de nombreux ruisseaux et sources. Le terrain est argileux avec des roches granitiques renfermant du fer.
Il y a un territoire libre de 750 hectares, pouvant former 5 lots de 300, 200, 250 hectares, distants de Tsiafahy de 50 kilomètres environ et de Tananarive de 50 kilomètres environ.
Le prix des transports est de 80 centimes par jour et par porteur (en fdan jana); 60 centimes par jour et par porteur (pour les bagages).
La distance des concessions aux principales villes et aux marchés avoisinanls sont :
Tsiazompaniry (tout près).
Ambohimiadana à 9 kilom.
Alatsinainy (marché) . . . de 15 à 15 kil.
Faharivo de 15 à 18 kil.
Talata 15 à 18 —
Ambohitromby (marché; . . 10 à 15 —
On y accède par la route de Tananarive à Fianarantsoa ; il y a des chemins muletiers en bon état.
Les cultures indigènes existantes sont : le ricin, Tindigo, la canne à sucre, le caféier (à Uélat sauvage), le mûrier et quelques arbres fruitiers; celles à essayer sont le caféier et la culture maraîchère.
On y élève des bœufs, des porcs, des moutons.
Un ouvrier se paye de 50 à 70 centimes par jour.
Une maison d'iiabitalion en pisé et bois vaut de 60 à 200 francs. 11 y a de l'eau en abondance et, la forêt étant à proximité, beaucoup de bois.
Secteur de Voromahery (Antananarivokely).
La population du secteur est de 11 950 habitants ; la ville de Tsiafahy en a 2151.
Situé à 90 kilomètres au sud de Tananarive, ce secteur est mamelonné ; rikopa y prend ses sources, ainsi que trois affluents de l'Onivé. Il y a, çà et là, quelques bouquets de bois.
Le sol est argileux, compact, avec lit de cailloux et affleurements de quartz. Il y a des tourbières.
Le périmètre d'Antananarivokely est de 2 800 hectares, pouvant former 3 concessions de 500, 1 400 et 900 hectares, distantes de Tsiafahy de 70 kilomètres environ et à trois heures et demie de marche de Tananarive.
Les prix de transport sont de 4 francs par jour et par personne (en fdanjana) et de 30 francs la tonne par jour de Tsiafahy à Antananarivokely. Les principales villes et marchés avoisinants sont à la distance suivante :
D'Antananarivokely à Bakaro (marché) 26 kilomètres.
— à Ambohitroraby 48 —
— à Tsiafahy (marché) 70 —
— à Tananarive — 90 —
— à Tsinjoarivo — 12 —
On y accède par la route de Tsinjoarivo à Tananarive, pnr le sentier de Tsinjoarivo à Kelimafana (muletier) et par diverses pistes malgaches.
On y trouve toutes les cultures indigènes et divers arbres fruitiers, tels que manguiers, bibassiers, etc., et on y élève des bœufs, des porcs et des moutons.
Un ouvrier se paye de 50 à 75 centimes par jour (difficile à recruter).
Une maison en bois et briques sèches, avec une toiture en herbes, coûte de 800 à 1 000 francs.
On y trouve partout de Teau en abondance et on peut se procurer du bois de construction et du bois de chauffage dans la forêt qui limite le secteur à l'Est.
Secteur de Voromahery (Ambodifiakarana).
Situé à environ 140 kilomètres au Sud de Tananarive, en plein bassin de rOnivé, ce secteur est mamelonné ; son altitude varie, à Mangalaza, de 1 600 à 1 900 mètres d'altitude. La Sahaloarendrika y prend ses sources, et il y a des marais et de nombreuses cascades. Le sol est argileux, compact, avec lit de cailloux et, dans certaines vallées, du quartz; il y a des tourbières. A l'Est, se trouve la grande forêt.
Le périmètre d'Ambodifiakarana est de 2170 hectares pouvant former 3 concessions de 850, 700 et 640 hectares, distantes de Tsiafahy de 155 kilomètres et de Tananarive de 140 kilomètres environ.
COLONISATION
Le prix des transports est de 4 Francs par jour et par personne (en filan jana) et de 30 francs par jour et par tonne de marchandise.
De Maiigalaza à Bolanitra
— à Tsinjoarivo
— à Ambatolampy ....
— à Antsiral)é
— à Betafo
— à Aiiibositra
— à Fianarantsoa ....
— à Antevamcna (marc lu'' i
— à Fandriana —
On y accède par les sentiers d'Amljodifiakarana à Tsinjoarivo, par la route de Tananarive, Tsiafahy, Tsinjoarivo et par des pistes muletières.
On y fait les cultures indigènes et on y élève des bœufs, des porcs et des moutons.
La main-d'œuvre est difficile à recruter et le prix est à débattre.
Une maison d'habitation en briques et bois, avec une toiture en chaume, coûte de 500 à 1000 francs.
H y a de l'eau dans toute la région. La forêt est à Test du secteur (bois de chauffage et de construction).
Secteur de Voromahery (Belanitra-Chantrieux).
Situé à 115 kilomètres environ au sud de Tananarive, en plein bassin de rOnivé, ce secteur est mamelonné ; il est arrosé par de petits cours d'eau, affluents de la Sahatorendrika, de l'Onivé et de la Nosivolo. Il n'y a pas de mai\iis. Il y a quelques bouquets de bois sur les hauteurs et la grande forêt au Nord et à l'Est.
Le terrain est argileux, compact, avec affleurements de quartz. Il y a des tourbières.
Le périmètre est de 1 565 hectares, comprenant 4 lots de 525, 240 et 500 hectares, distants de Tsiafahy de 96 kilomètres et de Tananarive de 115 à 120 kilomètres.
Le prix des transports est de 4 francs par jour et par personne (en filanjana) et de 50 francs par jour par tonne de matériel.
Les distances des principales villes et des marchés avoisinants sont :
De Belanitra-Cbantrieux à Tsinjoarivo 18 kilomètres.
— à Belanitra 6 —
— à Ambatolampy GO —
— à Sabotsy d'Autevamena. . . 8 —
— au Zoma de Tsinjoarivo. . . ±1 —
— à Alarobia d" Antsirabé ... il —
On accède aux concessions par le sentier de Belanitra à Chantrieux et par celui de Tsinjoarivo à Ambodiharana, qui sont des pistes muletières.
On y fait les cultures indigènes et l'on y élève des bœufs, des porcs et des moutons.
41 kilomt'tres.
GUIDE DE L'OIMIGRANI A A D AGASC AR.
La main-d'œuvre est difficile à recruter (prix à débattre).
Une maison d'habitation en briques et bois, avec une toiture en chaume, coûte de 500 à 1 000 francs.
Il y a de l'eau de source à proximité, du bois de chauffage dans tout le périmètre et des bois de construction dans la forêt au Nord et à l'Est du secteur.
CERCLE D'ANJOZOROBÉ
Secteur d'Anjozorobé.
Le secteur d'Anjozorobé a une population de 7 095 habitants, dont 1 594 dans le chef-lieu. Il y en a 45 821 dans tout le cercle.
Situé à 65 kilomètres environ au nord-nord-est de Tananarive, le périmètre de colonisation, qui a une étendue de 1 550 hectares environ, est mamelonné et traversé par la Mahajamba, ses deux petits affluents, le Lavatazana et l'Analamiranga, et deux autres cours d'eau, LAndriamenakely et LAmbatomenavava.
Le sol est argileux ; les massifs rocheux sont basaltiques.
La distance des concessions à Anjozorobé est de onze heures de marche et à Tananarive de trois jours et demi environ. Les prix de transport sont de 2 francs par jour et par porteur de fdanjana et de l fr. 50 par jour et par porteur de matériel.
La distance aux principales villes et aux marchés avoisinants sont :
Ambohirnanjiika (marché), à 3 kil. 500. Betatao (marche), de 20 à 25 kilomètres.
Andako, à proximité.
On accède aux concessions par les sentiers d'xVmbohimanjaka à Ambobimalaza, Mahatsara et Anjozorobé, d'Ambohimanjaka à Betatao et Anjozorobé, d'Ambohimanjaka à Vohilena et d'Ambohimanjaka à Antsatrana.
On cultive dans le secteur le riz, le manioc, les patates, la canne à sucre et le tabac ; le café et le mûrier y poussent à l'état sauvage. On y a tous les arbres fruitiers de l'Imerina. pêchers, bananiers, goyaviers, bibassiers. On pourra y essayer la culture du mûrier et du caféier.
Le bétail y est devenu rare depuis l'insurrection ; les troupeaux sont à reconstituer.
La main-d'œuvre y est assez rare; le prix d'un ouvrier est de 50 à 75 centimes par jour.
Une maison d'habitation en planches, avec une toiture en chaume, coûte de 50 à 100 francs; en bois et en briques crues, de 150 à 250 francs.
La forêt de l'Est est à proximité et il y a, çà et là, des bouquets de bois isolés.
Secteur d'Ankazondandy.
Situé à 50 ou 55 kilomètres au nord-nord-est de Tananarive, le périmètre de colonisation est tourmenté, avec des mamelons sans plateaux, à croupe
CULOMSATIO.N.
arrondie, tombant on pontes assez raidos vers les vallées arrosées par de petits cours d'eau. Il appartient au bassin de la Mananara et au bassin supérieur de divers affluents du iMangoro.
La Mananaia prend ses sources dans le massif de l'Amboditampctina, entre des mamelons très resserrés, et coule auprès d'Ambatomainly, dans une très belle vallée. Le village dWnjoliy est au sommet d'un mamelon boisé.
Cette région est boinée à l'Est par la forêt auprès de laquelle les mouvements de teirain deviennent plus accentués. II y a des plateaux assez étendus dans le voisinage de Nosifito. Les sources sont nombreuses et les pâturages excellents. Les terrains sont généralement argileux, mélangés de sable, avec quelques roches granitiques ; il y a des marais et des tourbières.
La superficie du péi imètre est de 5 550 hectares, formant 57 lots d'une superficie de 190 à 150 hectares et I lot d'une étendue de 1 200 hectares (près d Analamiranga), distants de huit à neuf heures de marche d'Anjozorobé et, de Tananarive, de 50 à 55 kilomètres (huit à neuf heures de marche).
Le prix des transports est de 0 fr. 60 à 1 fr. 25 par jour et par porteur, tant pour les personnes que pour le matériel.
Les distances des concessions aux principales villes et aux marchés sont :
Ankazoïidamiy : de 1 heure i/'2 à ô lieuies. — Anibatoniainty : de 5 heures à 5 heures. Alakaniisy, Sabotsy, Alarobia et Talata (marchés) : respeclivement 2 heures, 5 heures l/'2, 2 heures environ, 5 heures à 7 heures.
On y accède par la route de Tananarive à Ambohidrabiby et Anjozorobé, qui est carrossable, et par celle d'Ankazofotsy à Tananarive. Les postes sont reliés entre eux par de bons chemins muletiers.
Les cultures indigènes consistant en tabac, mûriers, arbres fruitiers; on pourra essayer la culture du café, du blé (qui a déjà donné de bons résultats), des légumes, de l'arachide, de Torge, de la vigne, des arbres fruitiers.
Le gros bétail est devenu rare depuis l'insurrection ; il y a peu de moutons, mais beaucoup de porcs.
La main-d œuvre est facile à recruter ; le prix d'un manœuvre est de 0 fr. 50 à 0 fr. 60 par jour; les ouvriers spéciaux se payent de 1 franc à 1 fr. 25.
Une paillote coûte 20 francs. Une [maison en pisé vaut de 70 à 80 francs ; en planches, USO francs; en briques et à un étage, de 250 à 300 francs.
L'eau est partout abondante. On trouve des bois de construction dans la forêt de l'Est.
Secteur d'Ambohitrolomahitsy.
La limite Sud de ce secteur est à 25 kilomètres et la limite Nord à 70 kilomètres au nord-nord-est de Tananarive.
Le pays est accidenté; sa partie Sud est complètement dénudée, tandis que sa partie Nord contient de nombreux bosquets. Il est traversé par les rivières Sahasanoro, Mananara, Soavinaky et Andianobé.
Le terrain est argileux ; il y a de I humus sur le flanc des coteaux.
L'eau est abondante; il y a des tourbières et quelques marais. A l'Est, il y a la forêt.
La siiperlicie du périmètre est de 1450 hectares environ, formant 10 lots d'une superficie de 100 à 150 hectares et un lot de 425 hectares, distants de cinq heures environ d'Anjozorobé et de 40 kilomètres environ de Tananarive.
Le prix des transports est de 1 franc à 1 fr. 25 par jour et par porteur de filanjana et de 0 fr. 75 par jour et par porteur de paquets.
La distance d'Ambohidrabiby à Ankazondandy, par Ambohitrolomahitsy est de cinq à six heures et celle d'Ambohidrabiby à Ambatomainty de cinq heures environ.
Ce périmètre de colonisation se trouve à proximité de la route carrossable de Tananarive à Anjozorobé, par Amhahidrabiby et Ambatomainty. Il y a de bons chemins muletiers.
On y cultive les plantes indigènes. Des essais de culture de vigne ont été tentés et ont donné d'assez bons résultats. On pourrait encore essayer la culturc; du cale, dont il existe des plantations à Ambohidrabiby et à Ambatofisarana, plantations qui sont d'un bon rapport.
Le bétail est rare ; il y a des porcs et des moutons.
La main-d'œuvre est de 0 fr. 50 à 0 fr. 60 par jour.
Une maison d'habitation, en briques et à un étage, coûte de 250 à 500 francs.
L'eau est abondante h proximité. On trouve des bois de construction au Nord et dans la forêt de l'Est.