CHAPITRE XIII EXERGICE DE LA PRÉSENCE DE DIEU
Mon enfant, les fruits: d'une retraite bien faite 8ont {oujours abondants : Mais, pour conserver ces
fruits et les conduire à la maturité, il faut toujours
280 Deuvième Partie. Rrercices Spiriluels.
marcher en la présence de Dieu, et ne jamais perdre de vue la pensée de ce Dieu éternel, immense, qui remplit le ciel et la terre, et dans le sein duquel vous êtes plongée comme dans une mer sans rivage, puisque c’est en Lui que vous avez l'être, le mouve. ment de la vie.
Oh ! comme la pensée de Dieu est puissante à éloigner du mal et à pare au bien ! Comment, en effet, se résoudre à pécher quand on se sent, pour ainsi dire,,sous les regards de Dieu ! Quand on sait que Dieu a un œil qui voit tout, une oreille qui entend tout, une main qui écrit tout dans le livre de l'éternité, et que ce Dieu, ennemi du péché, fera, au jour du jugement, rendre un compt: exact et sévère des plus légères fautes.
‘Ah! disait une sainte à Satan qui la tentait pour la faire tomber dans le péché, conduis-moi
‘dans un lieu où Dieu ne me verra point, et je ferai tout ce que tu voudras.”’ Il est peu de pécheurs en effet qui aient l’affreux Courage de faire le mal, lorsqu'il pensent à la présence de Dieu. Le plus souvent on pèche, parce qu’on .oublie que Dieu est là, qu’ilsnous voit et qu’il nous jugera. Quand vous avez péché vous-même, n’avez-vous pas commencé par oublier cette pensée de Dieu? Si donc, mon enfant, vous ne voulez plus pécher : si vous ne vou lez plus retomber dans ce malheureux état d’où une bonne retraite vous a fait sortir, ayez toujours Dieu présent à votre pensée; n’oubliez jamais que quand même vous vous envelopperiez dans les plus profondes ténèbres, Dieu vous verrait encore : que, quand vous fuiriez jusqu'aux extrémités du monde, Dieu vous y suivrait ; que, quand vous vous cacheriez dans les abimes de l'Océan, Dieu vous y découvrirait.
Oh! avec cette pensée de Dieu, quelque fortes que sofent les tentations, quelque séduisantes que
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Éxercice de la présence de Dieu. 381
soient les promesses et les illusions de la chair et du démon, vous résisterez toujours, vous triompherez toujours de cet esprit de mensonge, parce que vous vous direz : Dieu me voit. Que de saints ont vaincu l'enfer soutenus par cette pensée ?
Mon enfant, le souvenir de Dieu ne nous fait pas seulement éviter le péché, mais encore il nous porte au bien avec énergie. Quoi de plus propre, en effet, à nous encourager que cette pensée : Dieu me voit et il me tient compte de tout ce que je fais pour lui et il me récompensera. Voyez comme l'enfant travaille sous les regards de son père, pour lui faire plaisir, le rendre heureux et en obtenir une récom-
pense, Voyez comme le soldat combat sous les
regards de son chef; comme il est plein de valeur et d'intrépidité! Ainsi, mon enfant, placée vousmême sous l’œil de Dieu, vous travaillerez pour Dieu, vous combattrez pour Dieu et vous triompherez pour lui. Sans cesse vous vous direz : Dieu me voit. 11 sait tout ce que je fais pour lui, il connait mes épreuves, mos tentations: il compte tous les pas que je fais dans le sentier difficile où je m'efforce de marcher, et il me récompensera par les joies € l'éternité. Que de forces, que d'énergie l’âme trouve dans cette pensée de la présence de Dieu ! Comme elle s’anime à le servir et à lui plaire.
Mais comment faire, mon père, pour avoir toujours présente à l'esprit la pensée d’un Dieu qui voit tout, et qui tient compte de tout ? Je suis si facilement distraite, par tout ce que je vois et j'entends, qu’il m'est bien difficile de me recueillir. Oui, mon enfant, difficile tant que vous voudrez, lorsqu'on n’a pas contracté cette habitude; mais l'habitude une fois contractée, je dirais volontiers qu'ii n°y @ rien de si facile, Car tout ne vous prêche-t-i} pas la prése de Dieu! et ne vous sert-il pas à vous élever
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282 Deuxième Partie. Exercices Spirituels.
Les beautés invisibles, nous dit saint Paul, deviennent visiblcs dans les choses extérieures ; elles viennent s’y présenter comme dans un miroir, En sorte qu'il faut vouloir rester aveugle pour ne pas voir la grandeur de Dieu brillant de tout son éclat dans tous les objets de la création.
Ah ! me disait un vieillard que je rencontrai un jour dans la campagne. Qu'il est beau, Monsieur, le ciel qui nous enveloppe de toutes parts ! qu’il est brillant çe soleil que Dieu a créé pour nous éclairer et réchauffer la terre! Qu'il est beau, pendant Ja nuit, ce firmament parsemé d'étoiles ! Qu'elle est belle la terre couverte de son manteau de verdure, et du sein de laquelle s'élèvent des arbres chargés de fruits! Ah! comme tout cela annonce la gloire de celui qui nous attend au ciel ! Aussi, quand je suis triste, j'élève mes regards, je contemple la puissance de Diou qui brille de toutes parts et qui me révèle partout sa puissance ; et la joie renaît au fond de mon cœur. Mais, monsieur, ce que je ne
uis concevoir, c’est qu'il y ait sur la terre des
ommes assez malheureux pour ne pas faire attention à loules ces merveilles que Dieu a pourtant créées par amour pour nous, Oh! qu'il faut être ingrat, Monsieur, pour ne pas remercier Dieu de tous ses dons et pour ne pas penser à luil Il avait rai- Son, mon enfant, ce vieillard qui s'était accoutumé à voir Dieu partout, et il était heureux de penser ainsi à son Dieu. Il l’aimait et il ne l’offensait pas. Aussi bien il a fait la mort d’un saint.
Eh bien ! mon enfant, ne pourriez-vous pas imiter ce vieillard, et, comme lui, profiter de tout ce que Vous voyez pour vous rappeler la pensée de Dieu? Oui, Dieu se révèle partout, non seulement dans ses œuvres, mais encore dans cellos des hommes, et dans les vôtres propres aussi, mon enfant, car ce qu'il y a de beau dans tout ce que vous faites,
riluels.
saint Paul, extérieures :
ns un miroir, ugle pour ne de tout son n.
encontrai un u, Monsieur, rts ! qu’il est nous éclairer , pendant Ja | Qu'elle est de verdure, bres chargés nce la gloire si, quand je nple la puists et qui me ie renaît au 6e que je ne la terre des ; faire atten- | a pourtant faut être in- Dieu de tous [l avait rai- , accoutumé de penser ffensait pas
S pas imiter tout ce que ée de Dieu?
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2 Culière que vous lui demandez.
Neuvaines. 283 ne vient-il pas de Dieu 1 N'est-ce pas Dieu qui vous donne l'intelligence nécessaire pour donner de la perfection à ce que vous faites ? Pourquoi donc ne penseriez-vous pas à lui? Non vous ne l’oublirez plus ce Dieu qui vous voit toujours ! Vous penserez à lui, surtout lorsque l'heure sonnera ; vous le bénirez alors, vous lui Offrirez votro travail et votre cœur, et il vous bénira, Et quand Satan se présentera à vous, vous le chasserez bien vite : armée comme vous serez de la pensée de Dieu, il aura que de vous, et vous, vous aurez peur de déplaire
Dieu. Oh! comme vous allez marcher vite dans ce chemin de la perfection, de l’union avec Dieu.
te en 2 1 0 1 CHAPITRE XIV.
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