Deuxième Partie
donc voudrais-je attirer sur moi l'estime ct l’affet-
tion des créatures ? Le désir habituel que j'éprouve
d’être aimée et estimée devrait me couvrir de confusion ; car enfin je ne suis que misère et faiblesse, et à peine devrais-je me supporter moi-même, ou plutôt je ne devrais m’aimer que par charité, et comme on aime par charité un étranger inconnu, Vous seul, Ô mon Dieu, méritez tout mon amour, mon cœur ne doit être occupé que de vous, vous devez posséder toutes ses affections. Si je m'aime, c'est pour ma perte; si je veux être aimée des autres, c’est encore pour ma perte ; votre amour seul est précieux, Seigneur. Quand on vous aime, le cœur devient pur et content ; et quand on a le bonheur d’être aimé de vous, on goûte la joie et la paix des enfants de Dieu. Il avait bien compris ce que vaut le pur amour, le Saint qui s’écriait : Mon Dieu et mon lout ! Elle l'avait également compris, cette illustre Sainte qui répétait avec effusion: Dieu seul! Dieu seul! Quel a été déjà jusqu'ici mon orgueil ! Que mon aveuglement a été profond ! Je me suis aimée moi-même, j'ai voulu être aimée des autres, je me suis presque aimée seule, je n'ai aimé les autres que pour moi, et j'ai désiré qu’on me préférât aux autres. Ma vaine délicatesse s’afligeait à l'excès, à la moindre apparence d’oubli, d’indifiérence ou de mépris, et lorsque les’ autres avaient besoin d’une charité affermie pour supporter mes défauts, lorsqu'il n'y avait en moi que des faiblesses désolantes et les plus profondes misères, créature idolâtre de moi-même, j'exigeais des altentions et des égards; je déplore aujourd’hui ma folie, je renonce à la vanité de mes pensées et de mes désirs. Si Dieu a mis dans nos cœurs la faculté et le besoin d'aimer, s’est pour que nous nous attachions à lui; et certes, s’il a rendu les autres capables d'aimer, ce n'est point pour que leur
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time et l’affet. que j’éprouve ouvrir de cone et faiblesse, moi-même, ou ar charité, et nger inconnu, ; mon amour, le vous, vous Si je m'aime, aimée des aure amour seul vous aime, le d on a le bonjoie et la paix ompris ce que ait: Mon Dieu compris, cette ffusion : Dieu jusqu'ici mon Jrofond ! Je me ré aimée des le, je n’ai aimé qu'on me prése s’affligeait à 1bli, d’indifié.
autres avaient supporter mes | que des faindes misères, cigeais des atujourd’hui ma pensées et de s cœurs la faque nôns nous
ndu les autres :
Jour que Jeur
| TOUS ne voyons pas sont éternelles,
Prières Diverses. 375 affection s'arrête à un ob
Dès ce Moment, Ô mon Dieu, je ne désire plus qu’on m'aime ni qu’on m'’estime ; il suffit qu’on me supporte ct qu’on me souffre Pour l'amour de vous, Punissez-moi, 6 mon Dieu, si je tourne encore les affections de mon cœur vers quelque objet créé ; punissez-moi, si je désire encore l'estime et l’affection des autres, délicate et sensible
Plus j'ai besoin d’être privée et
» Ô mon Dieu, j'écouterai avec attention ces paroles que l'Eglise met dans Ja bouche du Prêtre : Sursum corda. Elevez vos cœurs, et toujours je répondrai avec sincérité : Le mien est
| à vous, Seigneur. Ainsi soit-il.
Prière dans l'affiction au Credo de la douleur.
Je crois, Ô mon Di gnation, j'achève en moi la Passion de Jésus-Christ,
Je crois q ( » €n ce monde, est dans les 8émissements et la douleur, jusqu'à ce que soit venu pour elle Je jour de la Manifestation du Fils de Dieu,
Je crois que nous n'avons point ici-bas de demeure stable ct paisible, et qu'il en est une autre dans l'avenir, plus brillante et plus belle,
© crois que tous les événements quels qu'ils soient, heureux ou malheureux, tristes, joyeux ou
pleins de larmes, contribuent au bien do ceux qui aiment Dieu,
Je crois q
el de gloire, si nous cherchons non pas C0 qui se voit, mais ce q
tü0ses que nous Voyons sont pass
‘376 Deutième Partie.
‘Je crois que Dieu essuiera toutes les larmes dans les yeux des justes; que ni le deuil, ni les gémisse. ments, ni la mort ne pourront plus rien contre eux, “et qu'ils jouiront d’une paix et d'un bonheur que rien n’altérera plus. |
Je crois que nous verrons Dieu face à face, et qu'auprès de Dieu nous retrouverons, pour les ai. mer sans fin et d’un amour indicible, tous ceux que nous avons aimés sur la terre et qui sont morts
ans la paix du Seigneur. : :
Je crois, Ô mon Dieu, que tout vient de vous . le bonheur et l’adversité, le bien-être et la souffrance ;que vous envoyez à chacun avec une bonté toute paternelle la douleur qui lui est nécessaire pour le sanctifier, et que vous mesurez à chacun la part qu'il est capable de supporter. |
Aussi, mon Dieu, j'adore, je bénis votre Sainte, adorable et aimable volonté! Ainsi soit-il. ‘
; .* js,
Prière pour le repos de l'âme d'une mère.
O mon Dieu, je ne laisse pas de pleurer en votre présence pour celle qui vous a si fidèlement servi, pour celle qui, après m'avoir porté dans son sein pour me faire naître à la lumière passagère de ce monde, me porta depuis dans son cœur, afin de me faire renaître à votre lumière éternelle.
: O Dieu de mon cœur, Dieu de miséricorde, quel que sujet que j'aie de me réjouir en vous et de vous rendre grâces de tout le bien que fit ma mère pen-
‘dant sa vie, je veux laisser à part, quant à présent, toutes ses bonnes œuvres, et je viens implorer au-
‘près de vous le pardon de ses péchés. Exaucez-moi,
‘je vous en conjure, par les mérites de Celui qui fut
attaché pour nous à une croix, et qui, maintenant
nous.
‘assis à vôtre droite, ne cesse d'intercéder pot à
Litanies Diverses. 377
les larmes dans ni les gémisseien contre eux, n bonheur que
* Je sais que votre servante a pratiqué les œuvres de miséricorde, et qu'élle à ‘pardonné du fond de
face à face, et ns, pour les ai.
ble, tous ceux qui sont morts
r Votre justice, parco que vous êtes fidèle dans vos Promesses, et que VOUS avez promis Ja Miséricorde à ceux qui auront été miséricordieux, :
€ crois que vous avez déjà fait!
que je vous demande : et cepen puissent les pri je
vient de vous .
tre et la soufavec une bonté |est nécessaire ‘ez à chacun la
is votre sainte, oit-il.
une mère.
leurer en votre lèlement servi, dans sôn sein assagère de ce ur, afin de me le, éricorde, quelous et de vous ma mère peniant à présent, IS in:plorer au ; Exaucez-moi, e Celui qui fut ai, maintenant iercéder pour
ue rien ne puisse donc l’ar- 6 Son Dieu: que l’ennemi Par la ruse, ni Par la force, à la
repose dans Ja paix