DES RAPPORTS
Mon enfant, c'est bien ici le cas de s'écrier : Q langue ! O membre qui parait si petit et si faible,
436 ; Troisième Parlie.
de combien de haines, de querelles et de erimes n'as-tu pas été et n’es-tu pas encore tous les jours la source empoisonnée ! Tu jettes de légères étincelles, et tu embrases les plus vastes forêts; tu lances des traits presque imperceptibles, et tu répands par eux le poison le plus mortel. O langue, tu n'es qu'un monde d’iniquités ! Oui, elle est un monde d’iniquités la langue de la jeune fille qui sème la zizanie et s'occupe à faire des rapports.
Faire des rapports est un crime et c’est pourtant la malice de l'époque. Pourtant, dans toutes les paroisses, vous trouvez des personnes assez offi. cieuses pour espionner la conduite des autres, juger leurs actions et rapporter leurs paroles. Un secret pour elles est un charbon ardent qui les tourmente; il faut qu'elles s’en débarrassent bien vite, et que la personne contre laquelle on aura parlé sache
sans retard ce qu’on a dit d'elle, et quelle est la |
langue qui aura pris la liberté de la censurer. Et quand ce rapport sera terminé, après avoir subi,
bien entendu, une augmentation, quand la per- |
sonne offensée se sera irritée et aura laissé échapper quelques paroles amères, vous verrez souvent ce rapporteur officieux retourner auprès de la première personne et lui redire une histoire passablement exagérée. O folie!
Un tel, une telle ont dit cela de toi.—C'est possiblé ! — Oui, ma chère, je l'ai entendu de mes prores oreilles, et je t’assure que c’est bien vrai. — is tu te trompes ! c’est une de mes amies ?—Non, je ne me trompe point. — Oh ! ia méchante! Je me vengerai ; je la croyais de mes amies, et je vois à présent qu'elle n'est qu'une hypocrite. Je n'irai
mn in nmnssmat
pis avec elle, je né lui patiorai pius €ù je saura à
ien dire d'elle tou‘ ce que je sais.
Et voilà, mon enfant, l’histoire de tous les jours, et voilà la source de ces petites rivalités, de ces jo
naître vous i pas le pourv impor!
qu'elle Sonnail aucun.
des va charité Mais vous @ contre vent le reté pl gue qu qui n':
enfant, des Dai quand mécha de qui
Des Rapports.
lousies, de ces froideurs, de ces rancunes qui sont
à l'ordre du jour, qui courent les rues et vont en- * suite scandaliser le prochain.
O sottise | Que Dieu vous préserve d’un vice pa-
t de erimes les jours la 8 étincelles, s; tu lances
reil I Non, non, mon eñfant, pas de rapports ;: et Li grrr quand vous entendrez 1une langue médisanté ot ken monde calomniatrice déverser la malice ou le blâme sur
la conduite et les actions d'autrui, gardez tout cela pour:vous, n'allez pas le -raconter au ‘prochain, mais laissez tout dans le silence de l'oubli.
Et quand, mon enfant, vous serez vous-même en
qui sème la
est pourtant S toutes les
É ju, que l’on voudra vous faire des rapports qui
AS ter Yous touchent de près où concernent votre famille, ‘Un secret ayez le bon esprit d'imposer silence et de répondre : s tourmente: NH Je ne veux rien Savoir. Car quelle nécessité de convite, et que naître co que l’on a pu dire de vous ! Tout cela que
vous importe-t-il? Foulez tout aux pieds. Ce n’est pas le monde qui doit vous Jj'iger. C’est Dieu. Donc, pourvu que Dieu soit content de vous, que vous
parlé sache quelle est la | censurer. Et
importe le blâme ou la louange! La parole quelle
ubi, l ‘ : Er qd ques "1 Fra js qu'elle soit doit être considérée comme un airain ssé échapper sonnant où une cymbale retentissante, mais qui n’a
aucune réalité, Allez, et inquiétez-vous fort peu
des vains discours des hommes, cherchez Dieu et la charité et soyez tranquille.
Mais si malgré vos précautions, vous n’avez
z Souvent Ce e la première >assablement
.—C'est posa de mes probien vrai. — mes ?—Non, hante! Je me et je vois à te. Je n'irai
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8 Gt je saura:
des paroles indiserbtes au. Sujet du prochain? Et
quand vous l'avez fait, était-ce avec une intent'on méchante ? Continuez done à parler à la personne
de qui on vous a rapporté les paroles, et surtout
ous les jours; tés, de ces jt
gardez-vous bien de lui faire connaltre que vous savez ce qu'elle a pu dire de vous. Vous aurez au moins tout le mérite de l'épreuve et Dieu saura bien vous en récompenser.
ne, CHAPITRE XV.