‹ Guide de la jeune fille [microforme]Chapitre 230 sur 254 · FUYEZ LA SOCIÉTÉ DES JEUNES GENS · texte numérisé non relu

FUYEZ LA SOCIÉTÉ DES JEUNES GENS

Il le faut, mon enfant, si vous voulez conserver votre réputation, et vous savez que pour la jeune fille la réputation est le plus précieux des trésors : avec elle vous serez aimée et respectée, sans elle vous ne serez qu’un objet de mépris. Or, il est impossible que vous gardiez longtemps cette bonne réputation si vous ne fuyez avec soin la société des jeunes gens. Vous savez combien le monde est mévhant. Saint Jean disait, il y a dix-huit cents ans, qu'il était plongé tout entier dans la malice j ét certes, depuis cette époque il n’est pas devenu meilleur : il ne voit partout que du mal, il tourne tout en mal, même les actions les plus innocentes. Voulez-vous donc qu'il excuse la jeune fille fréquentant la société des jeunes gens, se promenant avec eux sur les grands chemins, folâtrant, riant et parlant avec ce ton et cet air de familiarité, indice, hélas ! trop certain d’une vertu qui se meurt, si elle n’est pas déjà morte ! Insensée ! le monde qui passe la regarde avec dédain, et elle, la tête levée, brave ce sourire moqueur. Voulez-vous donc qu'il excuse Ja jeune fille que l’on voit dans les réunions du soir se livrer avec des jeunes gens à des jeux et à des amuserments qui semblent, il est vrai, n’être ni coupables ni dangereux et qui pourtant sont la

| source de mille pensées, de mille désirs et de mille | familiarités qui réjouissent l'enfer ? Non, non, le | monde la condamnera et soyez sûre qu'elie sera i Sientôt la fable du pays qu'eiie habite; que toutes

ls jeunes filles modestes s’éloigneront de sa s0-

ciété, et que bientôt elle n’aura plus pour compa-

D nes que des étourdies et des imprudentes comme

RER FER à

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elle, Ah! la réputation de la jeune fille est une bril'ante fleur dont le moindre souffle ternit l’éclat et que le moindre vent effeuille. Elle aura beau dire qu'elle ne fait point le mal, qu’elle est inno: centé de tout ce qu’on lui impute, le monde ne la croira pas, et en cela pensez-vous qu'il se trompe beaucoup ?

Ah ! le monde a assez. de malice et d'expérience pour comprendre et pour savoir que la réunion des jeunes gens et des jeunes filles est la source de mille désordres qui attristent le ciel. Pères et mères qui permettez et qui favorisez ces promenades et ces amüsements, sachez qu’une éternelle malédic. tion vous est gardée pour le jour de votre mort.

‘ Jeunes Filles, s’écrie saint Jérôme, pourquoi “’ces longs entretiens avec un homme ? Comment, ‘ seule avec lui, ne tremblez-vous pas? Ah! vous ‘“ seriez mille fois plus en sûreté auprès d’un ser- ‘“ pent.”’ Car le serpent vous ferait peur, tandis que le démon sous la figure d’un jeune homme vous amuse. Que de pensées le démon ne vous suggère- . fil point dans ces sortes de sociétés ? Que d'images funestes me présente-t-il pas à l'esprit ? Que d’affections dangereuses ne fait-il pas naître dans le cœur? Innocentes peut-être dans le principe, les affections de l’âme deviennent bientôt coupables ou du moins de nature à troubler. Votre cœur est assailli par une foule de pensées étrangères que vous me connaissiez point autrefois, le désir “e plaire s'empare de vous, votre vertu s’affaiblit et s’en va, vous n’avez plus peur. Aussi, vos conversations deviennent moins sévères, vous vous permettez des jeux suspects, des libertés inconvenantes, des signes de tête, des serrements de mains et mille familiarités qui flétrissent votre innocence, Une passion terrible s'allume dans votre cœur, le remords n’est plus rien pour vous et la honte finit par

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. © De la Curiosité. 491.

souiller votre front. Pleurez maintenant, oui pleurez sur les débris de votre couronne brisée: c’est

| trop tard, car le monde a ri de vous et n’oubliera

jamais votre chute. © enfer, si tu pouvais entr’ouvrir tes abimes, que de jeunes filles imprudentes et légères tu me ferais apercevoir dans ton sein !

ais quoi! me direz-vous, si Dieu m'appelle à l’état du mariage, ne faut-il pas que je connaisse le jeune homme auquel je dois unir ma destinée? Sans doute, mon enfant, mais ne pouvez-vous pas le connaître sans vous trouver seule avec lui? et sans vous permettre ces familiarités qui sont si dangereuses ? Vous pouvez étudier ses manières, son

| caractère, en présence de vos parents et d’autres

personnes respectables. Ces tête-à-tête avec un jeur:s homme sont toujours à craindre et les jeunes personnes imprudentes sur ce point vous avoueront,

| si elles veulent parler avec franchise, qu’elles y

ont souvent offensé Dieu d’une manière bien grave, sinon extérieurement, au moins dans le fond de leur cœur,

Vous fuirez donc, mon enfant, la société des jeunes gens, leurs jeux, leurs promenades et leurs entretiens, Soyez sévère, sachez vous respecter et vous faire respecter, et vous conserverez intacte et pure votre réputation. Le monde ne dira rien de vous, vous ne serez point l’objet de ses mépris et Dieu ne sera point offensé, |

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