ET LE CONGO
I n'y a guère de longues années, et nos compatriotes qui furent au Congo au début de l'occupation s'en souviennent encore, la côte occidentale d'Afrique n'était desservie régulièrement que par de rares navires appartenant à des compagnies anglaises et encore ces méchants paquebots ne faisaient escale à certains ports, notamment à Banana, que s'il se trouvait des marchandises à débarquer et à embarquer en quantité suffisante.
Tout ce qui était expédié pour le compte de l'A. I. A devait être rendu à Liverpool, ce qui augmentait les frais et les difficultés de transport d'une façon considérable. Quant aux passagers, ils avaient à véhiculer leurs bagages à travers l'Angleterre, subissant toutes les exigences douanières. Une fois embarqués, très inconfortablement, une interminable traversée les conduisait en un point quelconque de la côte, d'où ils devaient gagner le Congo sur le premier navire de cabotage qu'un hasard heureux amenait dans leurs parages.
Plus tard, des navires portugais et allemands commencèrent a toucher régulièrement au Congo; diverses conventions furent conclues par l'État avec des sociétés de navigation et une amélioration
5x6 Exportation
sensible se fit sentir, mais ce n'est qu'en 1891 que la ligne de transports réguliers fut instituée.
La « British and African Company », l'a African Steamship Company » et la a Woermann Linie » s'entendirent pour assurer le service; un départ fut organisé d'Anvers le 6 de chaque mois et de Boma le 20; les bateaux devaient faire le voyage d'aller en vingt-cinq jours et de retour en trente jours.
D'un autre côté, le 20 juin 1889 le capitaine Murray, commandant le « Lualaba », conduisait son vapeur à Matadi. Les sondages de la route avaient été faits au préalable par le capitaine Boyé, chef du pilotage de TÉtat.
C'était un progrès d'une conséquence énormej; la possibilité de débarquer les marchandises directement à Matadi, tête de ligne du chemin de fer, supprimait les coûteux transbordements d'aval sur des vapeurs de 100 à 200 tonnes qui auparavant avaient été seuls à dépasser Boma.
Mais les bateaux qui se rendaient au Congo portaient toujours un pavillon étranger.
Le 24 janvier 1895 fut constituée la COMPAGNIE BELGE MARI- TIME DU CONGO et c'est sous pavillon belge que le « Léopoldville » (nouveau) et Va Albertville » qui, avec r« Eduard Bohlen », assurent actuellement le service, conduisent nos compatriotes au grand fleuve.
11 arrive fréquemment que deux navires partent simultanément tant est considérable le nombre de passagers et la quantité de marchandises à embarquer.
Outre cette ligne régulière, les envois postaux et quelques voyageurs prennent la voie de Lisbonne ou de Rotterdam.