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FILLETTES DE LA MISSION DE KIMUENZA

sœurs se consacrent à l'œuvre de l'évangélisation sur la rive occidentale du Tanganika. Le chef du vicariat est Mgr Roelens, évêque de Djerba,

Les stations des missionnaires existantes sont celle de Mpala, Kibanga (Lavigerieville) Baudouinville, Saint-Louis-de-Mrumbi et enfin la récente mission de Kisako.

Les pères ont pour auxiliaires laies le capitaine Joul>ert et deux médecins noirs élevés à Malte.

Les missionnaires ont six écoles très fréquentées. Leurs orphelinats comprennent 5oo enfants rachetés de l'esclavage. A Mpala il y a une sorte de petit séminaire, une école d'instituteurs noiis et de catéchistes, dirigée par le père Schmits, d'Anvers.

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Depuis 1896, quatre SŒURS BLANCHES, religieuses de Notre- Dame d'Afrique, se sont fixées à Baudouinville.

Elles ont une école et donnent aussi leurs soins Jdx malades noirs.

Les populations indigènes, enfin délivrées du joug arabe, montrent à regard des missionnaires une grande bienveillance et un véritable désir de s'instruire.

ou s avons rapidement esquissé le développement remarquable des missions catholiques du Congo et leurs résultats acquis.

La première mission belge date de la fin de 1888.

Aujourd'hui cent trente-sept missionnaires belges des deux sexes évangélisent les noirs.

Deux évêques, un supérieur faisant fonction de provicaire apostolique, administrent les chrétientés naissantes. Les missionnaires possèdent au bas mot cinquante mille néophytes, catéchumènes et aspirants. Il existe au moins seize villages entièrement formés de chrétiens et près de quarante écoles, en dehors d'orphelinats où plus de cinq mille enfants sont élevés et reçoivent une éducation professionnelle. Les pères de Scheut ont un steamer, le « Notre-Dame du Perpétuel Secours », qui dessert leurs ports du haut fleuve; les pères du Tanganika possèdent deux voiliers.

En présence de pareils faits, on peut affirmer que nous assistons en ce moment aux débuts d'une des plus vastes chrétientés qui aient été constituées depuis les origines du christianisme.

L'organisation des voies et moyens des missions est basée sur l'imposition et la contribution volontaires des fidèles de la mère patrie.

Des comités se sont créés en Belgique pour réunir des fonds et des bienfaiteurs généreux ont pris à leur charge exclusive les frais de création de certains postes ; mais ce sont les sous des petits et des humbles qui forment la grande masse des ressources des missions; ces oboles réunies représentent des jommes relativement élevées. Chaque année, par ordre du corps épiscopal belge, une quête est faite, le même jour, à toutes les messes célébrées dans toutes les églises paroissiales du pays ; les sommes ainsi recueillies sont destinées aux missions du Congo et à l'entretien du séminaire africain de Louvain.

Chaque congrégation possède une revue où sont publiés des lettres et des rapports des missionnaires.

Le périodique des pères jésuites, les PRÉCIS HISTORIQUES, existe depuis longtemps et a été fondé par les bollandistes, si nous ne

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nous trompons, il y a une quarantaine d'années. Il possède une édition flamande CONGO-INDIÊ, qui se publie à Louvain. Les pères de Scheut ont les MISSIONS EN CHINE ET AU CONGO (en français et

en flamand) ; les pères blancs de Malines, les MISSIONS D'AFRIQUE [français et flamand); les trappistes, le MESSAGER. Les MISSIONS de Scheut et les PRÉCIS publient aussi des lettres des sœurs.

Le choix des hommes chargés d'aller prêcher l'évangile aux noirs n'est pas indifférent. Les aspirants missionnaires doivent se préparer à l'apostolat par des études longues et difficiles.

Missioiu Catholiques, d'après A. de HauUeviUe.

Quand ils initient une nouvelle mission, leur premier soin est de l'aire travailler les noirs. Leurs moyens d'action sont de nature purement morale et sont basés sur une connaissance approfondie du cœur humain.

Qu'on ne l'oublie pas, c'est par l'amour du travail, de cette loi suprême de l'humanité, qu'on relèvera le noir, et c'est par le travail que les missionnaires débutent dans leur œuvre d'évan-

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gélisation. Avant même de leur parler de religion, ils rendent les nègres conscients presque par instinct, sans qu'ils s*en doutent, de la dignité et de la responsabilité humaines.

Cet état d'âme, bien que diffus, les rend plus contents, plus fiers d'eux-mêmes ; ils saisissent le prix du labeur, sentent la récompense qu'il entraîne, la satisfaction qu'il procure. En grands enfants qu'ils sont, ils s'imaginent aussitôt être enfin des honmies, des a blancs »; ils ont honte de leur sauvagerie, de leur ignorance : Ils a comprennent ».

L'État confie aux missionnaires en très grand nombre les enfants abandonnés, vagabonds, qu'il recueille ou ceux qu'il délivre de l'es.clavage. Ceux-ci sont placés dans des colonies scolaires, où on leur apprend des métiers en même temps que la religion; un certain nombre reste confié pour toujours aux pères; les autres, leur éducation terminée,, peuvent entrer dans les divers services de l'État*

Les chrétiens et les chrétiennes se marient généralement entre eux et s'établissent aux environs des missions, formant ainsi les prémices d'agglomérations exclusivement chrétiennes. ^

C'est dans l'éducation de la jeunesse que réside véritablement l'avenir des missions du Congo; la jeunesse régénérera l'Afrique centrale. Le noir adulte est très difficile à convertir. Adonné à un grossier fétichisme, qui flatte ses instincts de bestialité, il ne conçoit la divinité qu'à l'état d'entité abstraite et éloignée, planant bien au-dessus des mortels et ne s'en inquiétant aucunement, l'homme lui ét^mt trop inférieur. Mais en revanche il se crée une foule d'esprits, de diables très méchants, et qu'il importe de rendre favorables par des pratiques puisées dans des sentiments de pure animalité.

Par-dessus tout le noir n'admet qu'avec peine la monogamie. La femme, généralement maintenue dans une condition inférieure, instrument de plaisir et de travail, est un élément de richesse; renoncer à en avoir plus d'une, c'est se ruiner, c'est déchoir.

La prédication des missionnaires opère très lentement son action parmi ces êtres sauvages. Les paroles nouvelles et étranges que viennent leur dire les « sorciers blancs » cheminent peu à peu sous leurs crânes épaissis. Mais ce n'est pas en quelques années que l'on peut corriger les vices d'un sang pollué par de nombreux siècles d'existence brutale.

Les convertis sont surveillés étroitement, « tenus en mains » par leurs pères dans la foi, car la bête primitive sans cela reprendrait vite le dessus ; les missionnaires n'admettent qu'avec de minutieuses précautions les adultes parmi leurs néophytes. On leur impose un minimum de « probation » d'au moins quatre ans. Conmie les catéchumènes des Églises des premiers siècles, ils ne peuvent pénétrer à la chapelle pendant cette période d'épreuve ; ils s'agenouillent au dehors et sont confiés à des catéchistes qui les enseignent sans relâche.

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Par-dessus tout ils sont astreints au travail. La paresse est mauvaise conseillère, l'oisivetc les rendrait rapidement à leur existence purement instinctive.

Parfois certaines populations mieux disposées, plus avancées dans le progrès, sont, comme dans l'Uganda ou parmi les gens de Luluabourg, agitées par un grand courant de prosélytisme et adhèrent nombreuses à la loi nouvelle. Mais, jusqu'ici, ce sont là des exceptions et. en général, le travail de conversion est lent à s'enraciner irrémédiablement chez les noirs adultes. C'est pourtant une profonde erreur de soutenir que parmi eux les résultats sont tout à fait négatifs.

Ce sont les enfants, avons-nous dit, qui forment l'espoir des missions congolaises. Les rapports des missionnaires sont pleins de promesses à ce sujet ; ils visent à faire de leurs pupilles non des « blancs », mais des noii^s chrétiens; ils ne leur inculquent pas des choses savantes, mais leur apprennent à lire, à écrire et par-dessus tout à exercer un métier manuel.

Des couples chrétiens qu'ils établisseni, ils font des paysans agriculteurs. Là est certainement l'avenir, mais il faut beaucoup de patience et d'énergie pour apprendre, même aux noirs chrétiens, à s'adonner à la culture. Ils sont devenus monogames, mais les coutumes indigènes qui imposent aux femmes les labeurs les plus durs et qui entraînent l'esclavage domestique ne peuvent être déracinés du jour au lendemain. Elles ont pour elles la sanction des siècles et font partie des institutions constitutives de la tribu.

Le noir devenu paysan et chrétien, attaché à la terre qu'il arrose de ses sueurs, dévoué aux idées d'ordre et de respect de l'autorité que lui inspire sa religion, sera pour l'Afrique la condition de la régénération finale et définitive. 11 ne faut, d'ailleurs, pas exagérer les efforts que réclame une terre si riche qu'elle rend au centuple, au prix d'un minimum de travail, ce que l'agriculture lui confie.

L'observateur impartial, dépourvu de parti pris ou d'idées préconçues, sans tendance spéciale d'école ou de raison, doit donc se réjouir des efforts que réalisent au Congo les missionnaires belges.

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