De Uverogne h Valgrisanche (3 heures et 1\2 de marche
On quitte la route de Courmayeur aux dernières maisons à l'ouest de Liverogne, on prend à gauche un chemin très-roide qui conduit par la rive gauche du torrent à Eochefort et de là à la Eavoire à l'ombrage d'énormes et vigoureux châtaigniers. A dix minutes de la Eavoire ou Eavère finissent les derniers châtaigniers. A partir de ce point, d'où l'on a devant-soi pour le reste du trajet les magnifiques glaciers et mamelons du Euitor, le chemin, souvent taillé dans le roc, s'engage dans une étroit défilé le long d'une paroi presque verticale. Au fond du précipice, le torrent disparaît, encombré qu'il est de rochers ; sur la rive droite, une magnifique forêt couvre les flancs abruptes de la montagne. Au G-rand- Échelly on voit perchées au-dessus de sa tête sur la rive droite du torrent, la tour et les ruines du château de Montmayeur, de sombre et sinistre légende. On l'appelle aussi tour d'Arboë et château d'Anry. Après une heure environ de montée, on arrive au triste hameau de Chamençon, perdu au milieu de blocs énormes de rochers sous la route. Sur le versant est la vallée s'élargit, et laisse voir quelques terrains cultivés à l'entour du hameau de Chamen.
En se retournant on jouit d'une belle échappée sur les glaciers du Mont- Eose. Bientôt un tertre couvert de forêts s'élève au milieu de la vallée. Ce dos divise le torrent de Valgrisanche de celui de Planaval ; la jonction se fait à l'extinction de ce dos. On voit devant-soi sur un tertre une tour carrée: c'est la tour de Planaval qui marquait autrefois la juridiction des seigneurs d'Avisé sur ce pays. On laisse à droite la route qui s'élève en lacets sur la colline pour aller à Planaval, hameau que l'on laisse dans un beau plateau à sa droite, et dont on n'aperçoit pas les maisons de la route ; on côtoie la forêt de la Confession pour arriver à la belle cascade que fait le torrent du Planeval dans une gorge près de la route.
VALLÉE DE YALGRISANCHE
De Liverogne on peut, sans arriver à Yalgrisanche, passer à Planaval, pour monter de là coucher aux chalets de Glacier, pour traverser le lendemain un des cols du Euitor, du Yal Grisanche à La-Thuile. (Yoir plus loin Val grisanche).
On traverse une petite plaine pour arriver au Eevers, premier hameau de Yalgrisanche; jusque-là le territoire appartient à la Commune d'Arvier. Au dernier détour avant d'arriver au Eevers on voit, en se retournant, la pointe du Mont-Cervin. Dans une heure depuis Planaval, en passant par Céré et La-Bétaz, on arrive à l'Église ou Yalgrisanche, chef-lieu de la Commune au pied de la Becca de l'Aouille à l'altitude de 1662 m. Yalgrisanche, station de douaniers, n'a qu'une petite auberge au bout du village à l'enseigne de la : Cantine du Col du Mont. Il faut aller visiter l'église neuve et les fortifications ou retranchements faits pour arrêter les Français à la fin du siècle dernier.
f . Ascension de la Becca de l'Aouille (aiguille ou aigle).
Cette aiguille domine au nord-ouest l'église de Yalgrisanche d'où elle paraît difficilement accessible.
Pendant l'hiver, des avalanches et au dégel ou dans les temps pluvieux, des blocs de rochers en descendent fréquemment.
On voit un de ces blocs à deux pas de l'église; il tomba de la montagne le "7 septembre, jour de Saint-Grat, fête patronale du pays et il vint mettre fin à la vogue ou danse sur la pelouse ; il n'y eut pourtant pas de victimes. On a gravé sur ce roc la date de sa chute , et on l'appelle encore aujourd'hui la roche de Saint-Grat. On monte en se dirigeant en droite ligne de l'église vers la montagne, puis par un sentier de chèvres, inaperçu du village et conduisant à un petit torrent qui descend en cascades jusqu'à la Doire sur le hameau des Mondange. En 1873 un bloc de rocher descendu par ce ravin broya deux maisons aux Mondange, et n'y laissa qu'une maison et la chapelle.
On franchit avant de traverser ce torrent un pas assez difficile ; inclinant à gauche, on gravit des gazons et quelques rochers; puis, tournant à droite, on arrive au pied du pic. La dernière montée est roide, mais sans difficultés et en deux heures de l'église on atteint le sommet.
La vue y est fort belle sur les Alpes Pennines, du Saint-Bernard au Mont-Rose, sur les montagnes et sur la vallée. Cette ascension est surtout utile pour voir les différents cols qui s'ouvrent sur le Euitor. On peut y monter également par le village de Bonne ou par celui de La-Bétaz ; ce dernier chemin est plus long et plus difficile. On peut effectuer la descente en une heure ou une heure et un quart.