DE CHATILLON À AOSTE
à droite pour gravir la dernière arête de la montagne par les roches. La rue est très-étendue surtout sur les Alpes Pennines. On peut redescendre au nord-ouest par le clapey et le creux des Diablerons, où l'on trouve des vestiges d'anciennes exploitations que Ton dit des Salasses ou des Romains. Cette ascension ne présente aucun danger, mais elle est très-fatigante. Celui qui voudrait faire quelques études minéralogiques et géologiques sur ces roches, devrait se résigner à passer quelques nuits au chalet de Vamériaua où il y a un lit et une chambre.
10. Dans les vallons de Chambave (une journée , aller et retour).
Pour se faire une juste idée des vallées et du nœud des montagnes entre Champ-de-praz, Pontey, Chambave et Fénis, il faut se transporter en haut du vallon de Chambave, à Ponton, pauvre et misérable châlet au centre de ces montagnes. On passe à Pontey au village de Prêlaz d'où Ton monte au Grand Verthuis; de là on entre dans le sauvage et stérile vallon d'Orsières. Au sommet de ce vallon, ira col à droite conduit à Vamériaua; en traversant l'arête à gauche on descend à Ponton, au pied du Mont-Aù, gravi en 1875 par UAL Baretti et Santelli par le versant de Champ -de-praz. Plusieurs cols s'ouvrent au sommet de ce vallon. On peut redescendre par le vallon de Ponton à Septuinian, d'où Ton revient à Chàtillon par Chambave. Ces vallons sauvages offrent bien des attraits au minéralogiste et au géologue. A Ponton on trouve une minière de fer très-abondante.
De Cliâtilloii à Aoste (22 ML et demi).
Au sortir de Chàtillon la route redescend par Breil jusque sur le bord de la Doire (un pont en bois conduit à Pontey) dont elle remonte la rive gauche en passant sous la bourgade de Ckainbave, pays fort renommé pour son fameux vin muscat (de Chambave, un pont traverse la Doire et une route conduit à Fénis). Depuis Chambave (Campus avis), la route se trouve pour deux kilomètres resserrée par la Doire et la colline où un ébouleinent a détruit de grands vignobles, puis elle remonte aux Glairs de Diémoz, dont on voit l'église et l'ancienne cure sur la colline, puis elle s'avance jusqu'à Nus. De l'autre côté de la Doire, on voit au milieu des- arbres les tours et la masse impo-
santé du beau château de Fénis. La bourgade de Nus doit nous arrêter un moment.
Nus produit un excellent vin connu sous le nom de malvoisie de Nus. Au sommet de la bourgade se trouvent les ruines du château de Pilate, où l'on prétend que ce faible gouverneur de la Judée passa la .nuit à son passage pour se rendre en exil à Vienne, dans les Gaules. Il ne reste de ce château que des pans délabrés surmontés d'une tourelle à un angle; il n'en restera bientôt plus de trace, puisqu'on construit des forges et des dépôts de foin, de vin et de bois avec les débris des anciennes murailles.
Au midi, sur l'autre rive de la Doive s'ouvrent les vallons de Fénis, avec le bel ermitage de St- Julien sur un mamelon et de St-Marcel, par où l'on se rend à Cogne et à Champorcher. (Voir pour ces passages Champorcher et Cogne).
On peut en une demi-heure de Nus (Nona lapis), aller visiter le château de Fénis, où, tout en gémissant sur le triste sort réservé à ce beau et somptueux manoir du xive siècle, on remarquera clans la cour et dans quelques salies de belles fresques gothiques. Une croix fort ancienne et digne de remarque se trouve sous le château, abritée par une grille et un toit.
Au nord de la bourgade de Nus s'ouvre le vallon de St-Barthélemy, d'où l'on peut se rendre par plusieurs cols soit dans la vallée de Valpelline, soit dans celle de Valtournanche, Au sommet de ce vallon se trouve le beau pic du Luseney, faisant face au gracieux pic de Tersiva qui termine la vallée de Fénis.
Dans la gorge au débouché de la vallée de St-Barthélemy se trouve le château des anciens seigneurs et barons de Nus. Ce château, dont les murs sont entièrement recouverts de lierre, ne présente plus que sa gracieuse forme extérieure et une tour ; les planchers sont effondrés, il n'y a plus que quelques salles où l'on puisse entrer sans danger de se casser le cou. Tout ce qui y reste d'habitable est occupé comme dépôt des produits agricoles. On peut admirer encore de belles peintures à fresque représentant des épisodes de la Bible dans deux salles du second étage converties en fénil. Il est à regretter que pour ce château comme pour la conservation . des autres monuments du moyen âge, il n'y ait pas une loi qui empêche les dévastations vandaliques.
— VALLEE DAOSTE