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LATÉRALES

VALLÉE DE L'HELLEX (OU VALLAISE) ET GRESSONEY.

Pont Saint-Martin (337 m.).

Hôtels : Bosa Bossa où s'arrête la diligence Ivrée-Aoste — Cavaï Bianco. — Curiosités: Pont Romain — Ruines de château et tours — Hauts fours de M. le sénateur Mongenet.

Pont Saint-Martin est une jolie petite bourgade qui manifeste des tendances à devenir une petite ville. La vie y est active et le commerce y prospère grâce aux usines du sénateur Mongenet et à sa position heureuse au débouché de la Yallaise. Ce bourg, traversé par l'Hellex, marque les limites orientales de la vallée d'Aoste, aussi le patois que l'on y parle encore est un mélange du français et de l'italien ; à cause des ouvriers, le piémontais domine. Pendant les quelques heures qu'il consacrera à Pont Saint-Martin, le touriste doit visiter le Pont Romain sur l'Hellex, assez bien conservé, mais qui aurait besoin d'être plus respecté. Par une promenade de dix minutes, il peut aller visiter sur un mamelon, au nord de la bourgade, les ruines du château des anciens seigneurs de Pont Saint-Martin, d'où il jouira d'un magnifique coup d'œil sur tout le bassin de Donnas; et, si le temps le lui permet, il ne fera pas mal de faire une visite aussi aux usines Mongenet qui sont actuellement les plus actives de la vallée d'Aoste.

VALLÉES LATERALES

De Pont §»t-^lartin h Gressoney S (-Je an (fi heures).

Nota. — Ceux qui préféreraient faire ce trajet à dos de mulet feraient tien de prévenir deux ou trois jours à l'avance le maître de l'hôtel dans lequel ils ont l'intention de se rendre à Gressoney pour qu'il leur procure à jour dit les montures à Pont Saint-Martin. On évitera ainsi bien des inconvénients pour la recherche des montures, et l'on aura même un avantage d'économie pour les prix.

Au nord de la bourgade s'ouvre une des vallées latérales les plus intéressantes et la plus longue du pays d'Aoste, c'est la Yallaise, dite aussi Valleise, val de l'Hellex, du Lys ou de la Lésa, du nom du torrent qui la longe, et qui prend sa source aux grands'glaciers du Lyskamm. Cette vallée renferme six communes, sans compter celle de Pont Saint-Martin qui en est le débouché. Pour se rendre à Gressoney, on sort de la bourgade au levant en passant ou sur le Pont Eomain ou bien sur le large pont en bois, qui mène la route nationale d'un côté à l'autre de l'Hellex, et que l'on est actuellement en train de construire en pierres. On passe sous une petite arcade voûtée pour attaquer une rapide montée qui dure un quart d'heure. Dès lors la route devient plus aisée; elle est presque tout le long ombragée par de magnifiques châtaigniers qui masquent la pente rapide de la montagne. Pittoresquement étagés le long de la colline on voit sur l'autre versant de la vallée les clochers de Perloz, de Plan-de-Brunj du Sanctuaire de N". D. de la Garde, de Marina, et les autres nombreux hameaux de la commune de Perloz.

A quelques pas en dessous du chemin on aperçoit la Tour d'Héréraz que l'on restaure pour en faire le clocher d'une nouvelle paroisse que l'on doit détacher de Perloz pour la facilité des habitants de 1 '.Envers.

A) On peut aussi passer par Perloz, Dans ce cas on prend la route au couchant de la place du marché et par une montée des plus rapides, on arrive à la chapelle de Plan-de-Brun après être passé au pied du mamelon sur lequel se trouvent les ruines du château des seigneurs de Pont Saint- Martin. De Plan-de-Brun on continue la montée sur un pavé des plus glissants et en moins d'une heure depuis Pont Saint-Martin on arrive à Perloz, dont les maisons ont toute l'apparence de vieilles masures seigneuriales. De la chapelle ou sanctuaire de JS". D. de la Garde on a un beau coup d'œil sur la plaine du Piémont, jusque bien en dessous de la ville d'Ivrea.

De Perloz on descend par un chemin taillé à escalier dans la roche jusqu'au Pont de Moretta jeté sur un gouffre à la hauteur de quarante mètres, pont fermé autrefois par une porte, dont il ne reste plus que les gonds» L'on remonte près des ruines du château , et de la tour d'Héréraz à quelques pas desquels on rejoint la route précédente. \

On pourrait encore de Perloz continuer sur la rive droite de l'Hellex jusqu'à Lillianes. Ce chemin solitaire est plus poétique.

En trois quarts d'heure depuis la Tour d'Héréraz l'on arrive à Lillianes, pauvre et gros village à la rue étroite, tortueuse et toujours boueuse. Ce village à l'altitude de 656 mètres, où l'on pourrait au besoin se raffraîchir, n'offre de remarquable qu'un monument soit buste en marbre de l'évêque

VALLÉE DE l'hÉLLEX ET GRESSONEY

d'Aoste Jans-Jacques-Joseph, né dans ce pays et mort en 1872. Le buste s e trouve au chœur de l'église, où il a été placé en 1876.

B) De Lillianes se détache le chemin qui conduit aux cols de la Lace, de Bêqiiéra et du Carisey. On quitte la route de G-ressoney près du presbytère à côté d'une antique croix verte, l'on monte jusqu'à la chapelle de Sainte-Marguerite. Aux mayens soit chalets du Partijon ou de Grangia, les chemins se divisent. Pour la Lace et Bêquéra, conduisant à G-raglia, ou bien à Settimo Vittone, on prend à droite et pour le Carisey, conduisant à Sordevolo, on tire sur la gauche et l'on va passer à une baisse au midi du Mont-Mars. Quand les habitants de Lillianes se rendent en procession au Sanctuaire de l'Oropa, ils passent le col du Carisey en allant et celui de la Balma au retour.

On peut aussi de Lillianes faire ^l'ascension du Mont-Baron, d'où l'on jouit d'un beau panorama.

Au delà de Lillianes se trouvent les ruines d'anciennes fonderies et usines. De l'autre côté de l'eau on voit un grand éboulement au-dessous du hameau de Tilly. Ce coteau produisait autrefois un vin blanc renommé dit : de Tilly. On en a abandonné la culture et les derniers ceps de vigne se rencontrent actuellement à Lillianes. L'on traverse un torrent sur le pont du Bouro, qui marque la limite de Lillianes et de Fontaineinore. C'est probablement de ce torrent de Bouro que vient le surnom de Bouristes que l'on donne aux habitants de cette vallée.

A Fontainemore (759 m.) pittoresquement assis sur les deux rives de l'Hellex, la route passe sur la rive droite du torrent par le moyen d'un pont en pierre d'une seule arche. On doit une visite à l'église, où il y a des traces des travaux du moyen âge, surtout, à la voûte du chœur. On pense généralement que le nom de Fontainemore dérive d'une fontaine de couleur obscure qui se trouve au couchant de l'église; quelqu'un pensait dériver ce nom de la grande quantité de prêtres — que fournissait toujours ce pays. Les femmes y ont presque toutes le même type ; elles ont une façon singulière de nouer leurs mouchoirs soit voiles sur la tête, de manière à s'en faire une espèce de turban de l'effet le plus original.

Les hommes de Perloz, de Lillianes et de Fontainemore émigrent presque tous pendant la belle saison pour aller travailler comme maçons. La vie y est sobre et très-pénible. On ne rencontre en général dans toute la Valleise ni goitres, ni crétins, ni mendiants, malgré le peu de ressources du pays.

C) De Fontainemore part le chemin qui conduit à l'Oropa sur le Biellais par le col de Balma ou Barma .

La division des chemins se fait devant l'auberge-boulangerie Perenchio. Le nom est marqué sur la maison: à la gauche, Gressoney, et à la droite, Oropa. On monte au village du Pila et de là par les châlet3. On traverse le bois de Ciombey, jusque près du torrent de La Mattà; de là on monte jusqu'au pont que l'on traverse pour aller aux chalets de La Mattà; puis vient le lac de Vouargno, d'où sort le torrent, ensuite le lac long, puis le chalet et le lac de la Balma, et bientôt l'on est au col. Du col on tourne à sa droite pour descendre à l' Alp de Strada et de là au Sanctuaire d'Oropa. On emploie de cinq à six heures de Fontainemore au Sanctuaire d'Oropa.

D) Ascension du Mont-Mars (2534 m.).

Pour l'ascension du Mont-Mars, du Pilà on se dirige au ehâlet Frédé, de là au Crêt, puis au Plan du Juc (Plan du Jeu) ehâlet au pied de la montagne. Depuis là on suit l'arête qui vient aboutir au Plan du Jeu. Une pierre énorme placée sur une autre pierre donne la direction. Cette ascension ne présente pas de grandes difficultés. Le panorama est splendide.

La vallée qui s'est un peu élargie à Fontainemore se resserre de nouveau jusqu'au gouffre de l'Hellex à Guillemore. C'est ici la séparation des communes de Fontainemore et d'Issime. Il faut aller sur le petit pont à sa droite pour examiner le gouffre dans sa magnifique horreur. L'oratoire sur la route marquait autrefois la délimitation de quelques droits seigneuriaux des familles nobles de Challant et de Yalleise.

Depuis Guillemore on a en face l'arête et la sommité du Mont-Néri, la vallée s'ouvre gracieusement, et l'on arrive à Issime Saint-Jacques où l'on peut admirer un clocher du xi siècle.

Issime (950 m.).

A Issime on peut Convenablement loger chez Jean Stortoz, à l'enseigne du Mont-Rose, à l'angle nord-ouest de la place publique. Les fresques de l'église attirent plus l'attention que l'adnfiration. Les habitants d'Issime sont grands, sveltes, polis ; les femmes portent un costume qui les fait reconnaître facilement partout; les habitations deviennent plus propres et plus grandes; les hommes émigrent comme dans le reste de la Valleise, mais ils sont plus entreprenants, et ils osent de plus se'lancer. On y parle un jargon allemand, mais le français et le dialecte piémontais y sont facilement compris de tout le monde.

Issime peut servir de point de départ pour plusieurs intéressantes excursions.

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