ÉDUCATION PRIMAIRE DES GARÇONS
Dans les premiers temps, Féducation publique fut abandonnée à elle-même dans la colonie.
Après la sœur Bourgeoys, après les Sulpiciens avec leur petite école de garçons, il faut mentionner les noms de trois laïques, J. François Charron^ Pierre Leber et Jean Fredin qui s'associèrent en 1688, dans un double but, celui de soigner lesmalades, et celui de former des instituteurs pour les campagnes. Ils échouèrent dans le premier et durent abandonner leur Hospice aux sœurs Grises; les frères Charron^ comme on les nommait, continuèrent cependant à former des maîtres d'école jusqu'au moment où le roi leur retira, en 1731, une subvention de 3,000 francs par an qu'il leur avait accordée, et leur institution s'éteignit en 1745.
Ils avaient cependant fait beaucoup de bien, car plusieurs villages importants avaient des instituteurs en 1787, et on comptait, à cette époque, de 25 à 30 personnes qui savaient lire dans chaque paroisse.
En 1838, les Frères des écoles chrétiennes vinrent s'établir dans notre ville, et le Séminaire achetait pour eux, des héritiers Côté, l'emplacement où s'élève aujourd'hui leur vaste établissement, rue Côté^
Depuis, de nombreuses écoles ont été ouvertes par les frères, dans les divers quartiers de la ville, mais leur plus bel édifice, est leur magnifique pensionnat de la rue Sherbrooke, le Mont St-Loiiis.
Aujourd'hui, les écoles publiques de Montréal, sous le contrôle du gouvernement, sont administrées par deux commissions, l'une qui dirige les écoles catholiques, l'autre qui administre les écoles protestantes, ou de toute autre religion que la religion catholique. Les membres de ces deux commissions sont nommés, partie par lé gouvernement provincial, partie par le conseil de ville. Les ressources dont elles peuvent disposer proviennent de trois sources: d'une subvention du gouvernement provincial, d'une taxe imposée sur les propriétés immobilières de la ville, enfin, de la rétribution mensuelle payée par les élèves.
Les Commissaires d'écoles protestants ont sous leur contrôle i6 écoles, pouvant recevoir 8,000 enfants, et comprenant :
1. Le High School^ pour garçons, fondé en 1845, rebâti en 1877, incendié en 1890, et reconstruit en 1892, et le High School pour filles, fondé en 1875, brûlé en 1890 et rebâti en 1892.
2. Le Senior School^ érigé en 1883, et pouvant contenir 500 enfants.
3. Les Ecoles publiques^ c'est-à-dire les écoles, rue Anne, rue Panet, British and (.anadian, Royal Arthur, rue Sherbrooke, rue Dorchester, Riverside, rue Berthelet, Hochelaga, St-Urbain, Lornc, Britannia, Victoria, Lansdowne et Dufferin.
U Ecole Normale, pour la formation des instituteurs, est située rue Belmont, et renferme une centaine d'élèves. Mentionnons encore le Collège commercial el le Business Collège.
Parmi les écoles primaires catholiques, il y en a 35 qui relèvent du Bureau des Commissaires, savoir : II écoles de garçons, 14.de filles, et dix écoles ipixtes. Six d'entre elles sont dirigées par des principaux laïques, et pourvues d'un personnel de professeurs ; cinq sont confiées aux Frères des Ecoles chrétiennes, dont la plus belle est celle de Ste- Brigide ; 14 à des Sœurs de diverses congréi^ations, et dix à des institutrices ayant toutes des aides. Le personnel enseignant de ces 35 écoles est de 325.
Les six écoles laïques sont : l'Académie Commerciale du Plateau^ rue Ste-Catherine ; l'Ecole Montcaim, rue De Montigny ; FEcole Champlain^ rue Fullum ; l'P^cole Belmont^ rue Guy ; l'Ecole Olier^ rue Roy, et l'Ecole Sai-sfield^ à la Pointe St-Charles.
\J Ecole Normale Jacques- Cartier, qui a rendu tant de services en fi^urnissant grand nombre d'instituteurs à nos campagnes, fut fi^ndée en 1857. Installée d'abord dans l'ancienne résidence des gouverneursgénéraux, attenante au château Ramezay, sur la rue Notre-Dame, elle a été transportée depuis dans un édifice érigé dans ce but, sur le parc Logan, à Test de la rue Sherbrooke. Son digne principal,, depuis sa fondation, est M. Tabbé Verreau.