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CUIDE DE MONTRÉAL

par rachat de la majeure partie des actions, le contrôle de la Compagnie, et fit construire le South Eastern^ qui transporta pendant cinq ans les chars entre Longueuil et Hochelaga, jusqu'à ce que, en 1887, le Pacifique Canadien^ qui administrait aussi le chemin de fer le Sud-Est, eût terminé son pont à Lachine. Depuis 1886, la Compagnie de Navigation du Richelieti a acheté presque toutes les actions de la Compagnie de Longueuil.

La première voie ferrée au Canada avait été faite en 1839 j ^^^^ partait de la rive sud du St-Laurent, en face de la ville, pour aboutir à St-Jean, et en 1847, celle de Montréal à Lachine transporta des voyageurs.

En 1849, construisit un réservoir de vingt-cinq pieds de hauteur, qui contenait 208,000 pieds cubes •d'eau. C'était une grande amélioration, car il n'existait auparavant que deux citernes d'une contenance de 250,000 galions d'eau venant du St-Laurent, ce qui obligeait beaucoup des habitants à recourir aux porteurs d'eau.

De nouvelles banques s'élevaient : la City Bank, €n 1833 ; la Banque du Peuple, en 1835. Les Frères de la Doctrine chrétienne, les Jésuites, les Oblats vinrent successivement s'établir dans la ville pour s'y consacrer à l'instruction de la jeunesse.

En 1840, la population de la cité atteignait 40,000 habitants. Le 25 juillet de cette même année, fut signé l'acte d'incorporation de Montréal, qui remplaça celui de 1832. Le maire, les échevins et les citoyens étaient constitués en un corps politique, et la ville divisée en six quartiers : Est, Ouest, Centre, de la Reine, St-Laurent et Ste-Marie. L'hon. C. M. McGill fut nommé maire, et J. P. Sexton, greffier.

Montréal devint capitale du Canada en 1843 ? quatre ans plus tard, sous l'administration de lord

Elgin, le typhus fut apporté sur nos bords par des émigrants irlandais On dut parquer les malheureux sur la rive du fleuve, à la Pointe St-Charles : trois mille six cent quatre-vingt-deux Irlandais, victimes du fléau, furent inhumés, dans une fosse commune, sur la rive gauche du St-Laurent. Une énorme pierre marque le lieu où ils reposent.

L'impartialité que montra le gouverneur Elgin lors de l'indemnité votée par la Chambre en faveur des Canadiens-français éprouvés par le soulèvement de 1837, souleva la haine de quelques fanatiques. Dans la soirée du 25 avril 1843, envahirent le parlement qui s'élevait sur l'emplacement actuel du marché Ste-Anne, et mirent le feu à l'édifice : les archives de la province, et près de trente mille volumes renfermés dans les deux bibliothèques, devinrent la proie des flammes. Le gouverneur transféra alors le siège du gouvernement à Toronto.

De terribles incendies signalèrent les années 1850 et 1852. Le feu dévora le 15 juin 1850 l'église St-Stephens et près de 200 habitations ; le 23 août de la même année, 150 résidences ; le 7 juin 1852, toutes les maisons comprises entre les rues St-Pierre et St-François d'un côté, et entre les rues St-Sacrement et St-Paul, de l'autre. Enfin, le 8 juillet, les flammes consumèrent tout ce qu'on verrait aujourd'hui entre les rues St-Laurent, Mignonne, St-Denis et Craig, c'est-à-dire la cathédrale, la résidence de Tévêque, un entrepôt de foin, et onze cents maisons : huit mille personnes restèrent sans abri.

La leçon était dure : aussi fut-il interdit de bâtir à Tavenir des maisons en bois dans l'intérieur de la ville ; on construisit de plus le réservoir qui fonctionne encore aujourd'hui sur le penchant du Mont- Royal et qui, pouvant contenir 24,000,000 de gallons impériaux, débite 10,000,000 de gallons d'eau par jour.

Non-seulement des souscriptions généreuses vinrent offrir aux malheureux privés d^abri une aide momentanée, mais encore une puissante institution financière de Londres, la Trust and Loan Company^ fit, moyennant la garantie du gouvernement, une avance de deux millions de dollars.

En 1850 fut érigé Févêché anglican dont le premier titulaire fut le Rév. Dr Fulford ; le premier évêque catholique de Montréal avait été Mgr Lartigue, intronisé en 1836.

\ Le 29 juin 1851 fut bénite, par Mgr Bourget, la \pierre angulaire de la cathédrale St-Pierre. Les prinppaux édifices bâtis depuis sont le Théâtre Royal (ie la rue Côté, le couvent de Villa-Maria, et quelque têmps après le superbe noviciat du même nom, qui fiit la proie du feu il y a quelques années ; le grand Séminaire deSt-Sulpice (i854),le Collège de Montréal, la banque Molson (1853), l'église St- Jacques (1860), le monument érigé sur la tombe des victimes politiques de 1837-38. Citons aussi, au hasard, le Drill Shed, les églises du Gésu, St-Pierre, l'édifice du New-York Life, les gares Bonaventure et Windsor, Phôtel Windsor, l'agrandissement de l'Université McGill, l'Université Laval, etc.

Remarquons encore l'établissement du cimetière Mont-Royal (1853), l'ouverture des deux écoles normales Jacques Cartier et McGill (1857), la création de la Société Historique de Montréal (1857), l'inauguration, au milieu de fêtes grandioses, du pont Victoria par le prince de Galles, la création des tramways électriques, des lignes téléphoniques, l'incorporation des banques des Marchands et Jacques Cartier, la construction d'un immense égoût dans la rue McGill, etc.

Le pont Vietoria, œuvre de l'ingénieur Robert Stephenson, fut commencé en 1854, et achevé en

1859. Il appartient au Grand Tronc^ qui avait été incorporé en 1852. En 1853, la Canadian Steani Navigatio7i Compafiy commença un service régulier entre notre ville et l'Angleterre ; puis, vinrent la ligne ferrée de Montréal à Portland, et un embranchement du Grand Tronc, entre Montréal et Brockville.

La population de la ville, qui était de 57,715 âmes en 1852, montait à 80,000 en 1858, 170,000 en 1870, et atteint aujourd'hui le nombre de 240,000 habitants. Les épreuves qui l'atteignirent dans ces dernières années sont, grâce à Dieu, peu nombreuses : des gens trop zélés voulurent empêcher un apostat, nommé Gavazzi, de prendre la parole, et osèrent tirer sur les troupes envoyées pour rétablir l'ordre ; les soldats ripostèrent, et une quarantaine de personnes restèrent sur le carreau.

Nous pourrions rappeler encore une apparition en 1854 du choléra, qui enleva 1,1 86 personnes en quelques semaines ; l'explosion de la chaudière du bateau traversier de Longueuil, qui coûta la vie à une cinquantaine de passagers ; l'incendie, sur le St-Laurent, du bateau le Montréal^ incendie dans lequel près de 250 personnes périrent ; une inondation en 1861 ; la chaleur accablante dans Tété de 1868; enfin la petite vérole qui exerça de sérieux ravages en 1885.

Une ère de prospérité pour Montréal commença avec la guerre de Sécession ; comme voisine du pays en proie aux horreurs de la guerre, notre ville sut profiter de ses avantages en approvisionnant les belligérants. Malheureusement, comme cela arrive souvent, la pléthore d'argent amena une spéculation effrénée sur les terrains comme sur les constructions, ce qui amena une réaction désastreuse. La crise dura de 1873 jusqu'à 1878. Les affaires reprirent ensuite une tournure plus favorable jusqu'en 1894,

époque où elles retombèrent dans le marasme. Espérons que nous verrons bientôt notre belle cité reprendre un nouvel essor, après avoir imité le voyageur qui se repose un instant pour continuer [ ensuite avec plus d'élan sa marche en avant. Il ne saurait en être autrement : sa situation exceptionnelle, à la tête de la navigation transatlantique, avec cornmunications faciles avec le lac Ontario, TOutaouais, le lac Champlain et toutes les parties d'un vaste et fertile district agricole, semble le lui assurer pour un avenir prochain.

Il ne lui manquait qu'une chose : une voie de communication avec la rive sud. Or, non-seulement le Grand Tronc est actuellement à l'œuvre pour établir à son pont tubullaire des voies latérales pour les piétons, les voitures, et même le tramway, mais encore on parle sérieusement d'un second pont qui serait jeté entre Longueuil et Hochelaga. Le chemin de fer du Pacifique Canadien^ de son côté, élève la magnifique gare de VEst sur l'emplacement du square Dalhousie. C'est en 1874 que notre ville fut reliée à Ottawa au premier tronçon de la grande ligne transcontinentale. On avait tracé dans ce but le chemin de fer de Colonisation du Nord^ devenu depuis le Montréal^ Ottawa et Occidental.

Le chemin de fer du Nord, reliant Québec à Montréal fut inauguré en 1878. En 1882, le Pacifique achetait la ligne de Montréal à Ottawa.

Les villages d'Hochelaga, de St- Jean-Baptiste, de St-Gabriel se sont dernièrement annexés à Montréal ; les villes de St-Louis du Mile-End, de Westmount, de Ste-Cunégonde, de St-Henri, et enfin celle qui porte le nom du glorieux fondateur de notre ville, Maisonneuve, à qui une statue a été récemment érigée sur la Place d'armes, ne tarderont pas à suivre cet exemple.

Nous pouvons donc être fiers de notre cité, Tune des plus belles de TAmérique ; mais il est bon de jeter parfois un coup d'oeil en arrière pour contempler les progrès successivement accomplis, pour rendre un juste tribut de reconnaissance à tous ceux qui y prirent part, et il est utile aussi de songer à l'avenir avec cet objectif, cette aspiration, cette devise : Toujours plus haut !

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