‹ Guide de Montréal et de ses environsChapitre 23 sur 65 · HOTEL WINDSOR · texte numérisé non relu

HOTEL WINDSOR

par les premiers colons qui, étant arrivés à ce point, <:royaient qu'ils avaient découvert le passage conduisant en Chine.

La ville ne présente aucun intérêt spécial : c'est (un lieu de villégiature pour les citadins. Le grand intérêt du voyage consiste à sauter les rapides pour revenir à Montréal. Les steamboats, qui descendent -du Haut-Canada vers Montréal, correspondent avec les trains et accostent devant le débarcadère du chemin de fer. On monte à bord en prenant bien soin de s'installer à Pavant pour ne rien perdre des émotions du passage. Le bateau double d'abord, au sud, le village indien de Caughnawaga, ce qui veut dire " Indien en prière.*' (i) Au début, les Indiens qui s'y établirent étaient des convertis, des *^caughna- •wagas." Puis nous passons, peu après, l'un des plus beaux ponts modernes qui existent au monde : celui qui a récemment été jeté sur le St-Laurent par la compagnie du Pacifique Canadien. Le steamer glisse maintenant dans le courant avec une vitesse qui augmente à chaque instant et semble indiquer que l'on a devant soi un rapide plus formidable encore que ceux que l'on a passés déjà. Tout le monde est sur le qui-vive ; mais le plus grand calme et le plus grand silence régnent à bord du bateau qui est entraîné par l'irrésistible courant jusqu'au point où il opère son premier saut dans le Rapide de Lachine. Le steamer qui a plongé se redresse -aussitôt sur les vagues bondissantes, au milieu des rochers qui l'environnent, et, guidé par le pilote vigilant et éprouvé qui préside au gouvernail, il se précipite de nouveau dans le courant. La parole s'arrête sur les lèvres, et l'on demeure comme pétrifié tant

{ I ) Nous déclarons que nous avons tiré presque textuellement le reste de ce chapitre d'un opuscule publié par la compagnie •du Pacifique Canadien.

est majestueuse et imposante la scène à laquelle on^ assiste et prend part en même temps.

Au sortir des rapides de Lachine, un autre spectacle d'égale grandeur, mais d'un tout autre genre,, attend les passagers de notre steamer : nous voulons^ parler du Pont Victoria dont nous avons déjà parlé; Le fleuve, à l'endroit qu'il traverse, a plus de deux: milles de largeur. C'est surtout lorsqu'on passedessous et que, du pont du steamer, on regardecette masse imposante, qu'on peut se faire une idée,, jusque-là bien vague et bien faible, des proportionsgigantesques de ce chef-d^œuvre de génie civil.

Devant le touriste se déroule maintenant le magnifique panorama de la ville de Montréal, au milieui de laquelle se dressent, imposantes et élancées, lesdeux tours de l'église Notre-Dame. Le steamer vient accoster au bateau qui part à sept heures pour Québec et le Saguenay. Il y laisse ceux de ses passagers qui ont cette destination et se dirige ensuite vers son quai au bassin du Canal. Dans ce court, trajet on a une excellente vue du port et de cette: partie de la ville qui se trouve le long des quais.

Si maintenant on veut revenir de Lachine en voiture, le chemin du bas de Lachine qui longe le fleuve ^st des plus intéressants, d'autant plus qu'il permet de voir de près, et sur la terre ferme, ces fameux rapides dont le bruit s'entend au loin et aussi parce qu'on peut y visiter les travaux de la Compagnie

HYDRAULIQUE DES RAPIDES DE LaCHINE, qui SOUt leS

travaux hydrauliques les plus considérables qui existent sur ce continent.

Tous les savants qui ont été examiner ces travaux sont revenus enchantés de ce qu'ils ont vu, et étonnés de la grandeur des difiîcultés qu'il a fallu vaincre pour exécuter l'entreprise.

La pierre angulaire de l'écluse principale et du pavillon des machines a été posée le 12 septembre dernier. Dans une cavité pratiquée dans cette pierre, on a déposé une copie de tous les journaux de Montréal, une collection des pièces de monnaie de cuivre et d'argent actuelles, une copie de la charte et des règlements, les noms des ingénieurs, des entrepreneurs et des actionnaires de la Compagnie, un plan du pavillon des machines et des insignes de la campagne électorale aux Etats-Unis.

L'idée d'utiliser les forces immenses développées par l'eau des rapides est loin d'être neuve. En 1867, une compagnie s'est formée pour promouvoir ce projet industriel, qui a échoué parce qu'on avait voulu dépasser les connaissances que Ton avait acquises jusqu'alors sur l'électricité.

Le 26 septembre 1895, les plans de la compagnie actuelle ont été approuvés par le gouvernement fédéral qui en a permis l'exécutiôn. Le contrat pour la construction de cet immense chef-d'œuvre de Tindustrie moderne a été concédé à la ^' Canadian General Electric Company, " de Peterboro.

Pour donner une idée de l'importance des travaux, il suffit de dire que Ton a construit un barrage de 4,000 pieds, un autre de 12,000 pieds, et la digue principale, sur laquelle sont placés le pavillon des machines et les roues hydrauliques. Cette digue est longue de 1,000 pieds.

La National Conduit Company, " de New- York, a été chargée de poser 500,000 pieds de tuyaux métalliques dans les rues de Montréal, pour servir la distribution de Télectricité. Elle a terminé ce travail en novembre dernier. Le travail a été poussé avec activité ; car, en un mois, on a posé 80 milles de tuyaux sur un espace de six milles dans les rues de la ville. On a employé pour cela de 400 à 500 hommes, tous Cana-

diens, à l'exception de huit contremaîtres expéri-mentés qui avaient été amenés de New-York.

Après avoir passé auprès des rapides on rentre à Montréal, en traversant la municipalité de Verdun^ où se trouve l'hospice des aliénés protestants et les municipalités de Ste-Cunégonde et de St-Henri, dont nous avons parlé.

Ceci clot la série des excursions à faire par terre.. Si, maintenant nous passons aux excursions fluviales, il faut d'abord prendre les excursions courtes, puisles excursions de longue haleine comme Québec et Toronto.

Tous les villages situés de l'autre côté du St- Laurent, en face de Montréal, sont des lieux d'excursions charmants et pour lesquels il existe des services, réguliers de steamboats.

Il nous suffira d'énumérer les différentes places,, dans un ordre régulier, disons de l'est à l'ouest :

BoucHERViLLE, joHc paroisse, devenue depuisquelques années le rendez-vous d'une foule de familles qui s'y installent pendant la belle saison,, est située à environ neuf milles de Montréal sur la rive sud du St-Laurent.

Le trajet en bateau est des plus agréables, et pour ceux qui ne peuvent quitter la ville qu'occasionnellement, il n'est pas possible de trouver pluscharmant endroit pour une partie de plaisir ou un pique-nique.

LoNGUEuiL, qui est en face d'Hochelaga et de Maisonneuve, est une petite ville située plus bas que l'île Ste-Hélène, à environ quatre milles de Montréal^ dans la direction de l'est. On a en passant une belle vue du port. Ce petit voyage est des plus agréables et ne peut être trop souvent répété.

Laprairie est un joli village situé sur les bords du St-Laurent, à environ sept milles de Montréal.

Le voyage se fait par un grand bateau bien aménagé. C'est une des plus intéressantes excursions des environs de Montréal. A l'aller et au retour, on a une excellente vue des travaux d'amélioration du port et de l'immense digue dont la construction coûte environ $1,000,000. Le bateau passe également sous le célèbre pont Victoria, dont les proportions sont si imposantes. Chaque saison, un certain nombre de bataillons sont envoyés à Laprairie pour y faire leurs exercices annuels.

Si Ton veut faire une excursion un peu plus longue, îious pouvons recommander spécialement celle que l'on appelle le Tour de la Rivière Richelieu.

Le steamer Chambly " quitte Montréal le mardi et le vendredi, à une heure de l'après-midi, et suit, en descendant le fleuve, la rive nord, s'arrêtant à plusieurs endroits, entre autres à St-Sulpice, Lavaltrie et Lanoraie, d'où il continue sa course vers Sorel. Il y arrive vers cinq heures ; et, après avoir laissé et pris passagers et marchandises, se met de nouveau en route pour le haut Richelieu.

Des arrêts successifs à Saint-Roch, à Saint-Ours, à Saint-Denis, à Saint-Antoine, nous amènent à Saint-Marc où le bateau s'amarre pour la nuit. Le lendemain, à la première heure, il en repart se diri- :geant vers Chambly.

Après Saint-Marc, la première station est Saint- HiLAiRE, joli village situé sur le bord de la rivière Richelieu, et où beaucoup de familles s^installent pour passer la belle saison. Une magnifique montagne se trouve en arrière du village, et fait fond à ce tableau enchanteur. Il y a à Saint-Hilaire une église, un couvent et plusieurs magasins. De

jolies résidences d'été s'échelonnent le long de la rivière.

Belœil est sur le côté nord de la rivière en face de Saint-Hilaire. C'est aussi une localité qui, depuis plusieurs années, a pris un grand développement. Beaucoup de personnes viennent y passer Tété. Il y a également une église, une scierie, deux hôtels et plusieurs magasins.

On a, de Belœil, une vue superbe de la montagne.. Presque au sommet de cette montagne se trouve un lac de toute beauté, près duquel était construit l'Hôtel Iroquois, qu'un incendie a détruit de fond en comble il y a quelques années. D'excellents chemins dans la montagne conduisent à ce lac. C'est une des plus ravissantes promenades à faire.

Le pont de Belœil, à deux milles environ du village, est un magnifique pont en fer, de douze cents pieds de long, qui traverse la rivière. Le chemin de fer passe dessus et le Chambly " dessous pour continuer sa route.

L'arrêt suivant est Saint-Mathias, une petite paroisse sise sur le côté est du Richelieu.

Peu après Saint-Mathias, nous arrivons à Chambly, vers dix heures du matin. Chambly est un village prospère situé sur le côté ouest de la rivière, qui,, à cet endroit, s'élargit pour former un magnifique lac entre les rapides et la partie est du canal de Saint-Jean. Il y a à Chambly, grâce aux rapides dont nous venons de parler, un pouvoir d'eau d'une puissance illimitée. Ce village tire son nom de M. de Chambly qui y construisit un fort en 1665. Le ; fort ressemble à un ancien château. Dans les plaines qui l'entourent, six mille hommes de troupe purent camper. La position favorable qu'occupe Chambly sur les bords de ce lac, près de ces rapides qui vont

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