LE PORT
L*auteur d^artides très intéressants formant Tédition internationale de La Presse^ du mois de janvier 1897, a puisé dans notre Histoire populaire de Montréal^ mais n'a pas manqué de nous citer avec une probité à laquelle nous tenons à rendre ici publiquement hommage. Qu'il nous permette de lui faire à notre tour de larges emprunts pour ce chapitre et six autres chapitres.
Jusqu'en 1832, la nature seule avait fait tous les frais du port de Montréal. Entre les maisons de la rue des Commissaires et les bords du fleuve, à pente assez raide, un chemin menait à l'endroit où mouillaient les vaisseaux, et où s'élève actuellement la Douane. Ce lieu de mouillage avait 14 pieds de profondeur, et, en face, se trouvait une petite île qu'on a convertie en quai. On pouvait, il est vrai, débarquer les marchandises partout ailleurs, mais il fallait alors les transborder dans de petites embarcations de peu de tirant d'eau, qui les apportaient sur la rive.
Sur la proposition du Committee of Trade^ association qui précéda le Board of Trade^ le gouvernement nomma une commission, le Bureau des Commissaires du Hâvre^ composée de trois membres, qui fut chargée de surveiller la construction des quais. Les premiers commissaires furent l'hon. Geo. Moffat, président, MM. Jules Quesnel et R. J. Pipes, capitame du génie ; c'est à ce dernier que l'on doit les plans des premiers travaux.
On entreprit d'abord la construction d'un mur de revêtement en pierre et des quais, formés de caissons
remplis de roches et de pierres cassées, et, dix ans plus tard, on creusa un chenal de i6 pieds de profondeur, pour permettre aux navires d'assez fort tonnage d'arriver aux quais. Aujourd'hui, le chenal du lac St-Pierre est creusé jusqu^à une profondeur de 27 pieds et demi, et la longueur des quais, qui était de 4,950 pieds en 1842, est actuellement de plus de cinq milles. D'abord à la charge du port, le coût de ces travaux a été mis, depuis 1888, au compte du gouvernement fédéral, ce qui a permis de supprimer les droits de tonnage, onéreux pour le commerce, que le port était dans l'obligation d'imposer.
On a commencé, depuis 1892, la construction d'une levée qui coupât le courant entre la culée du pont Victoria et l'île Ste-Hélène. Cette levée, devant former un bassin à eau morte, a soulevé maintes protestations de la part des personnes qui s'intéressent à la salubrité pubhque.
Le plan comprenait aussi, dit Tauteur que nous avons cité, le creusage d'un port sur les fonds rocheux, à l'entrée du canal Lachine. Cette partie des travaux n'a pas été commencée. L'opinion publique se prononce aujourd'hui contre ce creusage dans le roc, et en faveur de rétablissement de docks à Hochelaga. "
Onze membres composent la commission du Havre : six sont nommés par le gouvernement, un par le Board of Trade, un par la Halle aux Blés, un par les armateurs, un par la Chambre de Commerce enfin, le maire de Montréal en fait également partie-