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PLAQUES COMMÉMORATIVES

La Société numismatique et archéologique de Montréal, dont nous parlons au chapitre des clubs, sociétés et associations, a conçu et mis à exécution le très louable projet de rappeler par des plaques commémoratives fixées aux divers endroits historiques de Montréal les faits auxquels se rattache certain intérêt historique.

Cette œuvre inspirée par un patriotisme fort louable se poursuit modestement, sans bruit mais avec une constance digne d'éloges. Les plaques apposées au mur sont toutes en marbre blanc avec une inscription gravée en creux, en français ou en anglais, suivant la localité où elles sont placées et la nature de l'incident auquel elles se rapportent.

Nous devons à M. R. McLaughlin, secrétaire de la Société numismatique et archéologique, la liste des plaques, actuellement posées, avec le texte des inscriptions qu'elles comportent et leur numéro d'ordre.

No I. — Rue Metcalfe, auprès de la rue Sherbrooke. Insc. — Emplacement d'un grand village indien qu'on prétend être la ville d'Hochelaga visitée par Jacques Cartier en 1535.."

No 2. — ;Rue Notre-Dame, près le carré Papineau. Insc. — A l'hon. John Molson, père de la navigation à vapeur sur le St-Laurent. Il lança le steamer ^' Accommodation " pour le service de Montréal à Québec."

No 3. — Sur le square de la Douane. Insc. — La première place publique de Montréal, appelée place du marché. Don des Seigneurs, 1676."

Nos 4 et 5. — Sur la façade de la Douane. Insc— Sur l'une " Cet emplacement fut choisi par Samuel de Champlain, le fondateur du Canada, en 161 1, et nommé La Place Royale " ; sur l'autre ^' Auprès d'ici, débarquèrent le 18 Mai 1642 les fondateurs de Montréal commandés par Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve. Leur premier acte fut d'y célébrer la messe."

No 6. — Sur la rue du Port. Insc. — " Ici s'élevait le fort Ville-Marie bâti en 1643, démoli en 1648 et remplacé par la demeure de M. de Callières, 1648."

No 7. — Sur la rue des Enfants Trouvés. Insc. — " Emplacement du château de Louis Hector de Callières, Gouverneur de Montréal en 1684 et de la Nouvelle-France 1 698-1 703. Il termina une guerre de vingt années avec les Iroquois par le traité de Montréal en 1701."

No 8. — Au coin des rues St-Paul et St-Sulpice. Insc— " Ici s'élevait la première église paroissiale de Ville-Marie, érigée en 1656."

No 9. — Sur le mur du Séminaire, rue Notre-Dame. Insc— ^' La deuxième église paroissiale de Ville- Marie construite en 1672, consacrée en 1678 et démolie en 1829 s'avançait jusqu'au milieu de la rue. Notre-Dame."

Nos 10 et 1 1. — Sur la maison du Séminaire. Insc. — Sur l'une : " Le Séminaire de St-Sulpice fondé à Paris par M. Jean Jacques Olier en 1641, établi à Ville-Marie en 1657 avec M. Gabriel de Queylus comme supérieur. Seigneurs de l'Ile de Montréal en 1663." Sur l'autre : François Dollier de Casson, premier historien de Montréal, capitaine sous les ordres du Maréchal Fournier, ensuite prêtre de St- Sulpice pendant 35 ans. Il est mort en 1701 curé de la paroisse."

No 12. — Rue Ste-Hélène, près de la rue Notre- Dame. Insc. — ^' Site de la première église presbytérienne St-Paul, séparée de St-Gabriel, 183 c, sous le Rév. Edward Black, D. D. Edifice abandonné 1868."

No 13. — Sur l'Edifice Impérial (107, rue St- Jacques). Insc. — Auprès de cette place, nommée plus tard Place d'Armes, eut lieu la première rencontre dans laquelle les fondateurs de Ville-Marie battirent les Iroquois. Chomedey de Maisonneuve tua de sa propre main le chef des Sauvages, 3 mars 1644."

No 14. — Encoignure des rues Notre-Dame et Mc- Gill. Insc. — Porte des Récollets. C'est par cette porte que le général Amherst prit possession de la ville, le 8 septembre 1760. Le général américain Hull, 25 officiers et 300 soldats entrèrent par cette porte comme prisonniers de guerre, en 181 2."

No 15. — Encoignure de la rue Notre-Dame et de la place Jacques Cartier. Insc. — " Résidence de l'Hon. James McGill, fondateur de FUniversité Mc- Gill, 1744-1873.

Nos 16 et 17. — Sur le Château Ramsay, en face de l'Hôtel de-Ville. — "Château Ramsay, construit en 1705, par Claude Ramsay, gouverneur de Montréal, en 1703. Quartiers-généraux de la Compagnie des Indes, en 1745. Résidence officielle des gouverneurs anglais après la campagne. Quartiers-généraux de l'armée américaine, en 1775, Conseil spécial, en 1837." l'autre : "En 1775, ce châ-

teau servait de quartier-général au général américain Wooster, et en 1776, sous le général Benedict Arnold, les Commissaires du Congrès : Benjamin Franklin, Samuel Chase et Charles de Carrolton y ont tenu Conseil."

No 18. — Rue Notre-Dame, auprès de la côte St-

Lambert. — Emplacement de l'Eglise Cathédrale du Christ, la première église anglicane, en 1814, brûlée en 1856. ^'

No 19. Sur les bâtiments de l'Hôtel-Dieu. Insc. — Hôtel-Dieu de Ville-Marie, fondé en 1644, par Jeanne Mance. Transporté en 1861, sur ce terrain, don de Benoît et Gabriel Bassett. Transport des restes de Jeanne Mance et de 178 sœurs en 1861. "

No 20. — Rue Sherbrooke, auprès du Collège de Montréal. — ^' Quartiers généraux du général Amherst lors de la reddition de Montréal aux forces britanniques."

No 21. — Rue Notre-Dame, côté est de la côte St-Lambert. — Emplacement de la maison de Lamothe Cadillac, fondateur de Détroit en 1694.

No 22. — Encoignure de la rue Sherbrooke et de Tavenue du Parc. — ^' Le major général James Murray,, chef de brigade sous Wolfe, à Québec, en 1759, et ensuite premier gouverneur anglais du Canada, a campé sur ce plateau avec la deuxième division de Tarmée d' Amherst lors de la capitulation de Montréal et de tout le Canada, le 8 septembre 1760.''

No 23. — Impasse DoUard (226 rue St-Jacques). — A la mémoire d'Adam Dollard des Ormeaux et de 16 colons, de 4 Algonquins et i Huron, qui ont sacrifié leur vie au Long Sault de l'Ottawa et sauvé la colonie."

No 24. — Sur le marché Bonsecours. — Insc. ; Sir William Johnson, de Johnson Hall, sur la Rivière Mohawk, le célèbre surintendant des Affaires Indiennes, le premier Baronnet américain, commandait les Indiens alliés de Parmée d' Amherst en 1660. Les premières médailles anglaises de Montréal furent créées pour eux. Ceci est remplacement qu'occupait

la résidence de son fils, Sir John Johnson, commissaire indien."

No 25. — Rue St-Paul, en face le marché Bonsecours. — ^Insc. : " Emplacement de la maison du général Ralph. Burbon, deuxième gouverneur de Montréal, 1763. Aux Plaines d'Abraham, il exécuta, sous les ordres de Wolfe, mourant, les mouvements qui décidèrent finalement de la journée."

No 26. — Square Dalhousie, encoignure de la rue Lacroix. — Insc. : Ala mémoire du brigadier général Th. Gage, commandant en second sous Amherst, premier gouverneur anglais de Montréal en 1760. Ensuite, gouverneur anglais du Massachussets."

No 27. — A l'entrée de la rue Simpson. Insc. — Emplacement de la résidence de Sir Alexander MackenziC; découvreur de la rivière Mackenzie, en 1763, le premier Européen qui ait traversé les montagnes Rocheuses. "

No 28. — Encoignure des rues Notre-Dame et St- Pierre. Insc— Maison Forrester, Le général Montgommery a passé là l'hiver 1775-76."

No 29 — Encoignure des rues Dorchester et Bleury. — Cette rue doit son nom à Sir G. Carlton, lord Dorchester, commandant des forces britanniques et sauveur de la colonie pendant l'invasion américaine de 1775-76; deux fois gouverneur du Canada, C'est lui qui fit obtenir l'acte de Québec de 1774."

No 30. — Rue St-Paul, près du marché Bonsecours. Insc. — La maison des Papineau. Six générations y ont demeuré."

Montréal est, à bien des points de vue, la reine des cités du nord de TAmérique. Aucune des grandes villes de cette région ne réunit à un degré aussi élevé les caractéristiques qui constituent une cité-mère, une métropole.

Montréal possède des conditions spéciales qui en font le point le plus intéressant, d'une contrée très intéressante pourtant déjà à étudier.

Ce qui se trouve dans cette ville et qu'on ne rencontre nulle part ailleurs, c'est un ensemble de ces dons naturels ou acquis qui constituent un lieu historique.

Montréal possède les grandes traditions, une situation pittoresque exceptionnelle, une position commerciale sans rivale, et, dans sa population, un charme particulier de cosmopolitisme qui ne se rencontre nulle part ailleurs.

Un jeune écrivain canadien-anglais, qui est aussi un poëte, M. Lighthall, décrit ainsi Montréal :

A ses pieds, coule avec noblesse et majesté le fleuve des fleuves, le Saint-Laurent, large de trois milles et déversant, dans les océans, plus d*un tiers des eaux douces du monde ; sur ses derrières s'élève le Mont- Royal aux flancs couverts de verdure, aux coins discrets et aux replis enchanteurs ; sur ses côtés s'étend la plantureuse île qui porte son nom, longue de trente-deux milles, large de neuf milles, et ceinte de villages et de hameaux prospères, ainsi que de places d'eau joyeuses. Commercialement parlant, Montréal est bien la métropole. Située à la tête de la navigation océanique, ses débouchés s'étendent

jusqu'aux confins de TAmérique du Nord. Le commerce entier de TOuest des Etats-Unis est de ses tributaires. Elle s'appuie sur les grands lacs et le réseau de canaux qui Tunissent à Chicago, Duluth, etc., et autres cités du cœur. du continent, auxquelles s'ajouteront peut-être un jour, lorsque la coupée aura été faite, des centres de la région du Mississipi. Montréal contient le quartier général des deux grandes Compagnies de chemin de fer : du Pacifique, la ligne qui a le plus long trajet du monde, du Grand Tronc, une des vieilles lignes de ce continent. Sa population est de plus de 300,000 habitants et Montréal est le plus grand port qui existe au monde dans l'intérieur des terres, à 620 milles de la côte."

Lorsque le voyageur fait l'ascension des tours Notre-Dame, lorsque, du haut de ce piédestal de granit, il jette un regard circulaire sur la fourmilière qui s'agite à ses pieds, il peut s'écrier : " Voici bien la mère des cités de l'ouest. Voici le berceau du fondateur de la Nouvelle-Orléans, de La Salle, de Duluth, de Lamothe Cadillac, fondateur de Détroit, de Mackenzie, Fraser, Alexander Henry et de tous ces infatigables fils d'Ecosse, des rois des fourrures qui tinrent entre leurs mains les destinées de l'immense Nord-Ouest ; voici la plus grande rivière du monde ; voici le pont, qui, pendant tant d'années, passa pour la plus grande merveille industrielle du monde ; voici le quartier-général du plus grand chemin de fer de la terre ; voici la plus solide banque de l'univers ; voici la plus riche institution de ce continent, le séminaire de St-Sulpice ; sous mes pieds, dans cette tour même mugit la plus lourde cloche de ce continent chrétien, et que d'autres pensées encore ! "

Montréal occupe en superficie près de 7,000 acres ; sa population est très dense, comme il convient à une cité aux hivers froids.

La coutume populaire a divisé la ville en quatre parties : le haut et le bas. séparés par une ligne un peu imaginaire correspondant en terme général avec la rue Dorchester ; puis Test et Touest séparés assez approximativement par la rue Bleury, bien que la rue St-Laurent serve quelquefois de ligne de démarcation. Cependant le point qui peut être pris le plus facilement comme l'intersection des deux races nationales et des deux classes sociales, est le coin des rues Ste-Catherine et St-Laurent qui présente, à peu de choses près, les quatre points de la rose des vents : Ste-Catherine allant de l'est à Touest, et St-Laurent du nord au sud.

La population se divise en trois races, Français, Anglais y compris les Ecossais, Irlandais. Les Anglais occupent l'ouest et sont au nombre de 60,000 dont la majorité est clairement écossaise ; les Canadiens-français, au nombre de 150,000, occupent l'est et aussi la partie inférieure de l'ouest, ainsi que les cités voisines de Ste-Cunégonde et de St-Henri ; les Irlandais catholiques, au nombre d'environ 40,000, occupent le Griffintown, à l'ouest de la rue McGill.

La valeur totale de la propriété urbaine est d'environ $150,000,000. Le revenu annuel peut s'élever à $2,225,000 qui est perçu dans la proportion suivante : environ i p. c. sur les biens-fonds pour les fins municipales, 1/5 de i p. c. pour les taxes d'écoles et taxes d'eau ; 7^ p. c. pour taxes d'affaires. Les institutions religieuses et les maisons d'éducation sont exemptes d'impôt.

La dette civique est de $16,000.000 et elle est limitée à 15 p. c. de la valeur cotée de la propriété. Cette limite est maintenant atteinte. Il est bon cependant d'ajouter que la ville possède à son actif des propriétés d'une valeur considérable comme les

parcs, rHôtel-de-Ville, les stations de pompiers et Taqueduc.

Montréal n'a pas cessé de prendre un développement considérable qui ne peut certainement faire que s'accroître à mesure que le pays se développe, que les facilités de la navigation maritime et fluviale s'accroissent.

L'avenir le plus brillant lui est réservé et dès maintenant Montréal peut être appelé à juste titre Les Portes de l'Ouest."

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