‹ Guide de Montréal et de ses environs [microforme]Chapitre 6 sur 98 · SALE DU ASRE MA LUE · texte numérisé non relu

SALE DU ASRE MA LUE

Monument commémoratif, sur la place Royale.

où débarquèrent Maisonneuve et ses compagnons.

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Cour du Banc du Roi eut lieu en 1802, et eut à juger le premier cas de meurtre rapporté dans l’histoire de notre ville: le coupable fut pendu. Il n’était pas rare de voir de simples vols punis de la peine de

4 mort, tandis que les assassins échappaient souvent 4 au dernier supplice.

En 1831, époque où la population de la ville attei-

| gnait 27,600 habitants, fut créée la corporation de la

cité de Montréal par une charte qui divisait la ville

“en 8 quartiers : Est, Ouest, Ste-Anne, St-Joseph,

4 St-Antoine, St-Laurent, St-Louis et Ste-Marie. La + première assemblée du conseil eut lieu le 5 juin 1833, “ et M. Jacques Viger y fut élu maire.

Montréal, qui ne s'était pas ressenti de l'invasion

À du Canada par les Américains dans la guerre de 1812, 4 n’échappa point aux atteintes du choléra ; ce terrible

© fléau, importé d'Irlande par le vaisseau /e Carricks, « fit, du 10 juin au 22 septembre 1832, 1,904 victimes.

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4 Trois ans plus tard, 913 personnes étaient encore : enlevées par le choléra asiatique.

Cependant, l'heure avait sonné où le Canadien-

“français allait s'étreindre avec le colosse anglo- %saxon. Les premiers troubles éclatèrent à Montréal “en 1832, à l’occasion de l'élection d’un représentant 4 pour le quartier ouest; les soldats tirèrent sur la “ foule, et trois Canadiens-français furent tués.

Peu après, l'assemblée Législative adopta les

© quatre-vingt-douze résolutions, qui furent envoyées à Londres. Les Canadiens-français cômprenaient À la nécessité de l'union et de la concorde ; le 24 juin

1834, Ludger Duvernay fonda dans notre ville l’as-

{sociation St-Jean-Baptiste.

4 Les patriotes exaspérés par l'attitude des autorités impériales, qui avaient ordonné au gouverneur de dépenser les fonds publics sans tenir compte de l’op-

position de l’Assemblée Législative, se réunirent dans une grande assemblée, à St-Charles. On y fit un appel aux armes. Le 22 novembre, les troupes régulières furent battues à St-Denis, mais elles prenalent, trois jours après, leur revanche à St-Charles. Le dernier engagement eut lieu à St-Eustache, où Chénier se faisait tuer par les troupes de Colborne, qui déshonora sa victoire en promenant la torche incendiaire de St-Eustache à St-Benoît.

La répression fut impitoyable ; dix-sept d’entre les plus compromis des patriotes furent pendus en 1838 et 1839. C'étaient : J.-N. Cardinal, J. Duquette, J. Robert, A. Sanguinet, Ch. Sanguinet, F..X. Hamelin, P. Pinsonneau, Th. Robert, J. Longtin, Decoigne, Narbonne, Daunais, N. Hindelang et le chevalier de Lorimier. Cinquante-huit autres furent déportés en Australie, d'où ils ne revinrent qu’en

La ville continua aussitôt ses améliorations. En 1830, on vota une certaine somme pour ériger une prison et pour border le port de quais en pierre de taille, Quelques temples protestants s’élevaient aussi,

Le service entre Montréal et Longueuil s'amélio- M

rait : le 15 juillet 1834, avait eu lieu le premier voyage du bateau traversier l'Union Canadienne, propriété de quelques cultivateurs de Longueuil,

Deux ans après, des Aorse-boats, c'est-à-dire des 4 bateaux mûs par des chevaux, continuërent ce ser- M

vice, qui fut remplacé en 1843 par des bateaux à

vapeur appartenant à la société Jodoin-Lespérance. % Le premier steamboat entre ces deux localités, le ! Longueuil, avait été établi en 1842, par le gouverne- *

ment, Plus tard, une nouvelle Compagnie de navi-

gation de Longueuil se fit incorporer. Le chemin ! de fer du Sxd-£st, avec terminus à Longueuil, obtint, #

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GUIDE DE MONTRÉAL 17 par l'achat de la majeure partie des actions, le contrôle de la Compagnie, et fit construire le Soutk Æ£astern, qui transporta pendant cinq ans les chars entre Longueuil et Hochelaga, jusqu’à ce que, en 1887, le Pacifique Canadien, qui administrait aussi le chemin de fer le Sud-Est, eût terminé son pont à Lachine. Depuis 1886, la Compagnie de Navigation du Richelieu a acheté presque toutes les actions de la Compagnie de Longueuil.

| La première voie ferrée au Canada avait été faite © en 1839; elle partait de la rive sud du St-Laurent, % en face de la ville, pour aboutir à St-Jean, et en 1847, 4 celle de Montréal à Lachine transporta des voyageurs.

j En 1849, on construisit un réservoir de vingt-cinq

pieds de hauteur, qui contenait 208,000 pieds cubes d'eau. C'était une grande amélioration, car il n’exis- { tait auparavant que deux citernes d’une contenance de 250,000 gallons d’eau venant du St-Laurent, ce 4 qui obligeait beaucoup des habitants à recourir aux porteurs d'eau.

De nouvelles banques s’élevaient : la City Bank, en 1832 ; la Banque du Peuple, en 1835. Les Frères de la Doctrine chrétienne, les Jésuites, les Oblats vinrent successivement s'établir dans la ville pour s'y consacrer à l'instruction de la jeunesse.

En 1840, la population de la cité atteignait 40,000 habitants. Le 25 juillet de cette même année, fut signé l’acte d’incorporation de Montréal, qui remplaça celui de 1832. Le maire, les échevins et les citoyens étaient constitués en un corps politique, et la ville divisée en six quartiers : Est, Ouest, Centre, 4 de la Reine, St-Laurent et Ste-Marie. L'hon. C. M. 4 McGill fut nommé maire, et J. P. Sexton, greffier.

4 Montréal devint capitale du Canada en 1843 ; 4 quatre ans plus tard, sous l'administration de lord

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Elgin, le typhus fut apporté sur nos bords per des émigrants irlandais On dut parquer les malheureux sur la rive du fleuve, à la Pointe St-Charles : trois mille six cent quatre-vingt-deux Irlandais, victimes du fléau, furent inhumés, dans une fosse commune, sur la rive gauche du St-Laurent, Une énorme pierre marque le lieu où ils reposent.

L'impartialité que montra le gouverneur Elgin lors de l'indemnité votée par la Chambre en faveur des Canadiens-français éprouvés par le soulèvement de 1837, souleva la haine de quelques fanatiques. Dans la soirée du 25 avril 1843, ils envahirent le parlement qui s'élevait sur l'emplacement actuel du marché Ste-Anne, et mirent le feu à l'édifice : les archives de la province, et près de trente mille volumes renfermés dans les deux bibliothèques, devinrent la proie des flammes. Le gouverneur transféra alors le siège du gouvernement à Toronto.

De terribies incendies signalèrent les années 1850 W

et 1852. Le feu dévora le 15 juin 1850 l’église #,:

St-Stephens et près de 200 habitations ; le 23 août de la même année, 150 résidences ; le 7 juin 1852, ! toutes les maisons comprises entre les rues St-Pierre

et St-François d’un côté, et entre les rues St-Sacre-

ment et St-Paul, de l’autre. Enfin, le 8 juillet, les flammes consumèrent tout ce qu’on verrait aujour- 4 d'hui entre les rues St-Laurent, Mignonne, St-Denis M et Craig, c’est-à-dire la cathédrale, la résidence de * l'évêque, un entrepôt de foin, et onze cents maisons : M

huit mille personnes restèrent sans abri.

La leçon était dure: aussi fut-il interdit de bâtir 4 à l'avenir des maisons en bois dans l'intérieur de la ville ; on construisit de plus le réservoir qui fonc- M tionne encore aujourd’hui sur le penchant du Mont- # Royal et qui, pouvant contenir 24,000,000 de gallons ! impériaux, débite 10,000,000 de gallons d’eau par !

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GUIDE DE MONTRÉAL 19 Non-seulement des souscriptions généreuses vinrent offrir aux malheureux privés d’abri une aide momen- Atanée, mais encore une puissante institution finan- “cière de Londres, la Z7rust and Loan Company,

“fit, moyennant la garantie du gouvernement, une

© avance de deux millions de dollars.

En 1850 fut érigé l'évêché anglican dont le premier titulaire fut le Rév. Dr Fulford; le premier évêque catholique de Montréal avait été Mgr Larà tigue, intronisé en 1836.

Le 29 juin 1851 fut bénite, par Mgr Bourget, la pierre angulaire de la cathédrale St-Pierre, Les principaux édifices bâtis depuis sont le Théâtre Royal à de la rue Côté, le couvent de Villa-Maria, et quelque 4 temps après le superbe noviciat du même nom, qui @fut la proie du feu il y a quelques années ; le grand 4 Séminaire de St-Sulpice (1854). le Collège de Montréal, la banque Molson (1853), l’église St-Jacques (1860), “le monument érigé sur la tombe des victimes poli-

tiques de 1837-38. Citons aussi, au hasard, le Drill Shed, les églises du Gésu, St-Pierre, l'édifice du New-York Life, les gares Bonaventure et Windsor, Al'hôtel Windsor. l'agrandissement de l’Université

2 McGill, l'Université Laval, etc.

Remarquons encore l'établissement du cimetière Mont-Royal (1853), l'ouverture des deux écoles normales Jacques Cartier et McGill (1857), la création 4 de la Société Historique de Montréal (1857), l’inau-

tramways électriques, des lignes téléphoniques, l’in- Corporation des banques des Marchands et Jacques A Cartier, la construction d’un immense égoût dans la rue McGill, etc.

# Le pont Vietoria, œuvre de l'ingénieur Robert ÆStephenson, fut commencé en 1854, et achevé en

1859. Il appartient au Grand Tronc, qui avait été incorporé en 1852. En 1853,la Canadian Steam Navigation Company commença un service régulier entre notre ville et l'Angleterre ; puis, vinrent la ligne ferrée de Montréal à Portland, et un embranchement du Grand Tronc, entre Montréal et Brockville,

La population de la ville, qui était de 57,715 âmes en 1852, montait à 80,000 en 1858, 170,000 en 1870, et atteint aujourd’hui le nombre de 240,000 habitants. Les épreuves qui l’atteignirent dans ces dernières années sont, grâce à Dieu, peu nombreuses : des gens trop zélés voulurent empêcher un apostat, nommé Gavazzi, de prendre la parole, et osèrent tirer sur les troupes envoyées pour rétablir l’ordre ; les soldats ripostèrent, et une quarantaine de personnes restèrent sur le carreau.

Nous pourrions rappeler encore une apparition en 1854 du choléra, qui enleva 1,186 personnes en quelques semaines ; l'explosion de la chaudière du bateau traversier de Longueuil, qui coûta la vie à une cinquantaine de passagers ; l'incendie, sur le St-Laurent, du bateau le A/ontréal, incendie dans lequel près de 250 personnes périrent ; une inondation en 1861; la chaleur accablante dans l'été de 1868; enfin la petite vérole qui exerça de sérieux ravages en 1885,

Une ère de prospérité pour Montréal commença avec la guerre de Sécession ; comme voisine du pays en proie aux horreurs de la guerre, notre ville sut profiter de ses avantages en approvisionnant les belligérants. Malheureusement, comme cela arrive souvent, la pléthore d'argent amena une spéculation effrénée sur les terrains comme sur les constructions, ce qui amena une réaction désastreuse. La crise dura de 1872 jusqu’à 1878. Les affaires reprirent ensuite une tournure plus favorable jusqu’en 1894,

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