LE GANTELET
La forme du gantelet ou gant d'armes [Kampfhandschuk ou Gefingerte Handtatze en allemand, artictJated gauntki en anglais), qui recouvrait, outre la main, une partie de Tavant-bras, aide grandement, aussi bien que la forme du soleret ou pédîeux, au classement d^une armure, car Tune et l'autre ouï éprouvé de nombreux changements. Il parait établi que Fusage du gantelet proprement dit ne remonte qu'à la fin du treizième siècle. Le Martyrologe^ le Prudentins Psychomachiay la Biblia sacra, VAelfric^ le Jeremias ApocalypsiSy la broderie de la mitre de Seligentbal, la tapisserie de Bayeux, documents déjà mentionnés qui datent du neuvième à la fin du onzième siècle, représentent Tbomme d^armes la main nue ; mais le sceau de Richard Cœur de Lion (1157-1173) montre déjà la main du roi recouverte de mailles par un allongement de la manche, espèce de sac qui forme une moufle^ où le pouce parait quelquefois seul détaché. Un chevalier, représenté dans les illustrations de YEnéide allemande de Henri de Waldeck , du treizième siècle, en heaume à cimier, et monté sur un coursier couvert d'une ajrmitre annelée ou treillissée, — a la main également encore couvert de la moufle de mailles ou de rallongement des manches de sa cotte qui parait treillissée , sinon même déjà lamée.
Le premier véritable' gantelet était à doigts séparés et recouverts d'écaillés, de lames ou d'autres imbrications en fer ; le dessus de la main était protégé d'une plaque de métal
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ott «de cuir, tel qu'dle «est Mf^résentée «uir la f)ierre tottbaie du m (des AooBtiiifl Gmiiber de âdiirarilKmrg, exécutée en 1382 am dème de Francfort, ville au oe prince liatempoisonoé en 1349. On croit également reconnattre (oe gaa&elei dans l'impression de la toile italienne du qualorzième siècle, de la collection de M. Odet, à Sitten. Les miniatures du manuscrit d'une histoire romaine conservées à la bibliothèque de TÀrsettal à Paris, et esécntées probablement au commencement du quinzième siècle pour le duc de Bourgogne, jreprôaenient encore tous les àomrnes d'armes les mains uniquement protégées par lamoi^e, sac produit par le prolongement des manches de mailles, et démontrent à quel point Tarmement bourguignon était eo retard.
Le mitim ou la moufle (Fatiiihandiehui en allemand, mitten ou inarticuldtedguantiet en ainghis)^ gantelet où les doigts ne sont plus séparés, et qui est formé de lames d'acier disposées seulement dans le sens des grandes divisions de la main, apparaît au quinzième siècle. L'armure de Jeanned'lrc, du catalogue de liesest, la .statuette en bronze de Guillaume Yl (4404-1447), à Afloeterdam, et rarmune de Frédéric I"^ palatin du Rhin, conservées à la collectioa d*Ambras, à Vienne, démontrent que partout le miton étsCit en usage dans la première moitié du quinzième siècle ; mais c'est au gaoleiet articulé qn'il faut rap|M>rter le dicton favori de Sayard : « Ce que gantelet gagne, gorgerin le juan^,)» aussi bien que les dictons ordinaires de : « Prêter le gantelet et Relever le gantelet, » qui apparaissent dans la langue française au qniuiième siècie«
U existe cependant des armures gothiques de cette première partie du quinzième siècle où les gantelets sont déià à doigts déparés, tels qu'où les voit au musée de Sigmaringeo, et uu grand uiombre 4'armures de laiseoonde nioitié du quiAûèuie et du coiumeacement du aeiaième siècle pourvues de mitons, partkultèrefiient les armures de joule. — Voyez les harnais de Maximilien !•' (!459-i519) à la
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collection d'Ambras et à Tarsenal impérial de Vienne,
C^est vers la fin du quinzième siècle, et non pas au milieu du seizième siècle» à l^époque de Tapparition du pistolet, comme la compilation le prétend, que le gantelet articulé devient ééjk général; presque toutes les armures cannelées sont cependant encore à gantelets inarticulés. Les gantelets à doigts séparés, où Tindex a quinze, le doigt annulaire seize^ et celui du milieu vingt-deux lames ou écailles, tandis que le canon ou le revers^ qui protégeait le dessus de la main, est composé de trois ou quatre lames seulement, se trouvèrent alors en usage pendant quelques temps à côté du gantelet-moufle ou mitaine — qui finit peu après par disparaître. Plusieurs de ces gantelets étaient aussi pourvus d'un piton à pivot au moyen duquel la main fermée pouvait être fixée sur la poignée de Tépée ou sur celle du marteau d'armes, comme Tarsenal impérial à Vienne en possède un curieux échantillon qui fait partie de Tarmure attribuée à Charles V.
Quelques-uns de ces gantelets en fer montrent aussi des saillies, sortes de têtes de clous placées à la partie supérieure et en sens opposés ; on ignore la raison d'être de ces exubérances.
Le gantelet'brassard de gauche pour armures de joute est une pièce de renfort qui appartient à la seconde moitié du quinzième siècle. On connaît, en outre, le gantelet-manteau d'armesy le gantelet-épee et le gantelet pour la chasse d'ours^ tous appartenant à la seconde moitié du seizième siècle. Le dernier gantelet articulé fut bientôt remplacé par le gant à manchettes en peau de daim^ tel qu'on le voit dans la guerre de Trente ans.
On avait cependant conservé en Angleterre, durant une partie du dix-septième siècle, d£| gantelets en peau garnis d*écailles [Gloves armed withseaîes)^ dont un exemplaire se trouve dans la collection Llewelyn-Meyrick.