‹ Guide des amateurs d'armes et armures anciennesChapitre 20 sur 255 · ARMES ÉGYPTIENNES · texte numérisé non relu

ARMES ÉGYPTIENNES

Malgré la connaissance que Ton a de l'histoire de l'Egypte, qui remonte au commencement des Tingt-six dynas. ties, c'est-à-dire au règne de Menés, le premier roi (24S0 avant Jésus-Christ) , époque où ce pays formait, comme sons la dix-huitiéme dynastie^ plusieurs États distincts dont chacun avait son prince indépendant, les documents sur l'armement du soldat manquent presque entièrement. Les dix-sept premières dynasties, à partir de Menés jusqu'à Mœris (2450-1990), qui comptaient en tout 330 rois qui régnaient simultanément dans Thèbes, This, Éléphantine, Héraciée, Diospolis, Xois et Tanis, ainsi que la dixhuitième dynastie, connue sous le nom de règne des Pharaons (Mœris, Uchoreus, le fondateur de Memphis; Osymandias , Ramsès , Aménophis etc.) , n'ont laissé d'autres documents que quelques rares bas-reliefs.

Nous ayons déjà fait observer dans le chapitre historique, que les monuments funéraires et civils de TÉgypte, pays où le génie de la nation était plus porté vers l'agriculture et les sciences que vers la guerre, offrent aussi moins de sujets militaires que les monuments assyriens. On a vu que Oenon, dans ses Voyages dans la haute et basse Egypte^ a laissé, il est yrai, quelques dessins d'armes défensives et offensives; mais c'est trop peu de chose, même réuni aux bas-reliefs de Thèbes, pour pouvoir se former une idée exacte de l'armement complet des soldats égyptiens.

Les quelques outils et armes égyptiens en fer conservés aux musées du Louvre^ de Berlin et de Londres, et qui remontent certes à la plus haute antiquité, ne peuvent pas

il8 ARMES ÉGYPTIENNES.

laisser de doute que ce métal était employé en Egypte , comme dans TÂssyrie, simultanément avec le bronze. Tout ce qui a été trouvé en armes offensives datant de Tàge de la pierre consiste, comme on a vu au chapitre où sont traitées ces armes, en quelques pointes de flèche, quelques couteaux et lames de lance en silex, taillés par éclats, conservés aux musées de Berlin et de Londres. Les lames de flèches ont été trouvées à Babylone môme et ne peuvent pas remonter au delà de la fondation de cette ville. Ontie cela, il y a encore au musée britannique quelques éclftts de silex, deatiaés à la fabricatian des armes traochaates qui ont été trouvées à Sarabut-d^Ehadon.

La pièce la plus intôriessante pour la reconstitutioii de Tarmement égyptien est la cotte imbriquée que M. Prisse d'Avenues a repsoduite dans son ouvrage, puisqu'elle permet de fixer une date à cause de rinsoription biblique gra^ vée sur une des écailles de bronse. Plusieurs des armes offensives, reproduites par le loéme archéologue, ont de si étranges formes que Ton ne sait es^liquer leur empl<ri.

ARKM aorniBNiiGs.

l. Comballant deyptien d'après

I des peintures murales de Thè-

bes. Les coiffures sont d'une

forme ritnmge, et les armes

offensives ne consistant q«'en lances et flèches.

2, Soldais égyptiens d'après des bas-reliefs de Tbibes. Outre le bouclier k visière, ces hommes

Saraissent uniquement armés u sAop ou hhop. (V. plus loin

3. Cotte d'armes ée:yptienne en mailles, d'après 1 ouvrage de Denon. Parmi les dessins de

[H, Prisse d'Avennes, on remar-

Îue la reproduction d'une cotte 'armes égyptienne en écailles de bronze dont chacune a SO millimètres sur 35 de grandeur.

Parmi ces écailles, cel le qui porte une inscription biblique permet de reporter la date de la fabrication aux règnes des Pheraons.

4. Colle d'armes égyptienne en peau de crocodile. — Musée ^ égyptien du Belvédère à Vienne.

'5. Bouclier égyptien, à visière, d'après Denon. Le bas-relief de Thèbes.déjà mentionné, montre un semblable bouclier, mais de forme ovale.

Page 1