Hymn. XI ( P . L., t. LX, col
152 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
De cette inscription on peut rapprocher immédiatement, à cause de l’analogie des formules, une autre épitaphe trouvée près de l’escalier de la région libérienne :
MIRAE BONITATIS SECVNDAE QVAE VIXIT PVRA FIDE ANNOS VIGINTI PVDICA CESSAVIT
IN PACE ID VIRGO FIDELIS BENEMERENTI QVIESCET ID IVL PALVMBA SINE FELLE M ET N
Les lettres M et N doivent indiquer le consulat de Mamentinus et Nevitta (362).
En revenant de ces chapelles à celle des papes, on rencontre à droite une petite chapelle de famille, du IIIesiècle[H]. A la voûte on distingue une peinture très rare, l’image d’Orphée, symbole de Jésus-Christ qui attire les âmes par la douceur de sa doctrine.
Galerie des Sacrements. — Un peu plus loin on arrive [B] à un escalier ruiné, parallèle au premier, et qui était peut-être autrefois le principal, car il est le plus rapproché de la basilique de St-Sixte. Devant cet escalier on entre dans une région très régulière, appelée région rectangulaire ; elle
a été creusée tout entière au commencement du IIIe siècle, à l’époque de S. Zéphyrin. Sur l’une des galeries [2] s’ouvrent les cinq chambres dites des Sacrements [F]. Les plus importantes sont la première, la deuxième et la cinquième, où sont représentés, tantôt d’une manière réelle, tantôt sous des symboles, le baptême, la pénitence et l’Eucharistie (*). A ces sacrements en effet se rapportent les peintures du pêcheur, du vaisseau ballotté par la tempête, du trépied avec
le pain et le poisson (ire chambre) ; de Moïse frappant le rocher, du paralytique, de la consécration et du repas eucharistiques, du sacrifice d’Abraham (2e chambre). Il convient de remarquer en outre : dans la première, le poisson sur le trident ; dans la deuxième, la Samaritaine ; dans presque toutes, l’histoire de Jonas. Au delà de la
1. Pour l’explication détaillée de ces peintures, cf. Notions générales, p. 280 sq.
dernière, et en faisant le tour de la région rectangulaire on voit quelques inscriptions, dont une nomme le Saint-Esprit:
CAR KYRIACO^ FIL • DVLCISSIMO
VIBAS N
SPIRITO sÂj ncto
des polyandres, où peut-être furent déposés des martyrs ; un troisième escalier [O’], aujourd’hui impraticable, dont l’existence prouve combien ce lieu était fréquenté.
On peut entrer près de là dans un arénaire aux galeries larges et courbes. Entre l’arénaire et le cimetière on voit ici, comme en d’autres endroits, un puits [c] dans les parois duquel sont creusés des trous qui forment comme une échelle : les chrétiens pouvaient s’en servir en temps de persécution pour pénétrer dans les arénaires et s’y cacher. Il y en a un autre dans l’arénaire même[d]. On a cherché à cet endroit le tombeau des martyrs grecs ; on a trouvé seulement quelques inscriptions, dont l’une [4] représente une lampe curieuse sur laquelle M.de Rossi a cru voir, en la rapprochant de celle de Porto, l’image du diable vaincu par le Christ : elle représente en effet une tête de monstre surmontée d’un signe qui peut être un monogramme transformé (x).
IANVARIA RENE REFRIGERA ET ROGA P RO NOS
i. Cf. Notions générales, p. 344.