Cf. Notions générales, p
§ III. Région libérienne. Cimetière des Sts-Marc et
Balbine.
La région libérienne forme la partie centrale du cimetière de St-Calixte. Le mode d’excavation et l’épigraphie accusent la fin du IVe siècle. Près de l’escalier spécial de cette région, dans une crypte assez vaste [C’], il y eut le tombeau et il y a encore des fragments de l’éloge d’un diacre du4ïIVe siècle nommé Redemptus :
Stringe dolor lacrimas quaeris p(lebs SANCTA)Redemptum Levitam subito rapuit sibi regiajCAELl^
Dulcis nectareo promebat mellfA CANENjtem (I) Prophetam celebrans placido m /odvla Mjine senem Haec fuit insontis vitae laudata iWEjmus Invidia infelix tandem compressa quiescit Nunc paradisus habet sumpsit qui ex hoste tropaea.
Le style est damasien, les caractères ne le sont pas. Le texte de l’inscription est conservé dans le manuscrit Palatin de la bibliothèque Vaticane (ms. 833). Ce diacre a dû être confesseur de la foi pendant la persécution arienne.
Au-dessus de la porte d’une chapelle [D’], dans une galerie voisine, une peinture représente des animaux, renards ou léopards.
A la même région appartiennent une inscription qui, sans doute à cause du schisme de Félix, mentionne le pape Libère,
...de/FVNCTA EST EVPLIA QVAE ...id VS MAIAS QVE FVIT ANNORV QVE DEPOSITA IN PACE SVB
LIBElrio episcopo
1. Vers inintelligible. Le copiste de la Sylloge a transcrit, sans doute en corrigeant ; CANORE. Cf. de Rossi, Rom. soit. , t. III, p. 237.
et [K’] celle à laquelle il a été fait allusion plus haut, à propos de S. Caius (AD DOMNVM CAIVM) :
BENEMERENTI • IOVINE QVE CVM CO
GEM SVVM HABVIT ANNOS V ET D(
CESSIT ANNORVM XXI QVE CONPA'
BIT SIBI ARCOSOLIVM IN CALLISTI AD DOMN, DEPOSITA DIE III IDVS FEBRVARIAS C Hf CAIVM FECIT COIVGI MERENTI IN PACE
La simple inspection de l’original permet de reconnaître que la 4e et la 6e ligne se suivaient d’abord régulièrement, et que la date de la déposition, oubliée par le graveur, a été ajoutée ensuite.
Les dernières galeries que l’on peut visiter en poursuivant dans la même direction appartiennent plutôt au cimetière de St-Marc et Ste-Balbine qu’à celui de St-Calixte. Dans un arcosole [j] se trouve une peinture dans laquelle M. de Rossi a cru reconnaître l’Annonciation. Elles vont à peu près jusqu’à l’église du « Domine quo vadis » ; il y a même, de ce côté, dans la vigne des Trappistes, une entrée spéciale. Cette région est très dévastée, on n’y rencontre pas d’inscriptions. Il y a seulement deux chapelles renfermant des peintures intéressantes : l’une représente Notre-Seigneur,sans barbe, assis au milieu des Apôtres [F’] ; l’autre, le Sauveur entouré des quatre Evangélistes [G’]. Ces peintures sont du IVe siècle. Dans le voisinage de la chapelle des Evangélistes s’ouvre [H’] la chapelle d’une famille dont nous lisons le nom gravé sur l’architrave de la porte : BITVS • CVM • SVIS.
Enfin près de cette chapelle se trouve un escalier qui conduit au troisième étage [38]. La galerie principale fait suite à cet escalier; elle devait aller très loin, mais elle est en grande partie inondée par les eaux de filtration.
§ IV. Cryptes de Lucine.
Une galerie [41] voisine des quatre piliers mène à un escalier moderne [N’], par lequel on descend au troisième étage. On se trouve d’abord dans un arénaire [42, — 8 du plan
CRYPTES DE LUCINE. I 67
spécial] ; de là on passe dans une longue galerie (43, — 7 du plan spécial] où sont disposées de très anciennes inscriptions, celles de Faustinianus, d’Esperos, d’Urbica, etc. Cette
antique partie du cimetière a été fondée par la matrone Lucine, que les indications des historiens et des fragments
l68 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
d’inscriptions, par exemple, celle de Pomponios Grekinos,
VJ
ont permis d’identifier, non sans vraisemblance, avec la Pomponia Graecina dont parle Tacite (x).
i. Cf. de Rossi, Rom , soit., t. I, p. 319; t. II, p. 282.
CRYPTES DE LUCINE. 1 69
En remontant au second étage, on trouve un escalier primitif [44] aboutissant à une entrée spéciale ; et près de cet escalier, à un niveau un peu plus élevé que le second étage, deux chambres [I’] dont les peintures, de style pompéien, ne sont pas postérieures au commencement du IIe siècle. Il y a, dans la première, la représentation du baptême de Notre-
Seigneur ; dans la seconde, les images symboliques du poisson, du vase de lait, des colombes et des agneaux (r).
Cf. Notions générales, p. 286, 273, 278.
La plus importante de toutes est celle qui représente parallèlement deux poissons avec la corbeille de pains et le petit vase de vin, symbole de l’Eucharistie : par sa signification comme par son antiquité, c’est un des plus précieux témoignages de la foi des premiers chrétiens.