AUTRES HYPOGÉES
mausolée impérial. Il ressemble beaucoup à celui de Ste- Constance. De nombreux témoignages permettent d’affirmer que c’est le mausolée de Ste Hélène : le cimetière voisin est toujours appelé « ad sanctam Helenam » ; Nicéphore Calixte C1) dit que la mère de Constantin fut enterrée «extra urbem Romanam in templo rotundo » ; le Liber pontificalis (2), les Actes de Ste Hélène, les Martyrologes, les Itinéraires, donnent des indications précises ; et nous avons cité plus haut un « graffito » qui fait mention de Ste Hélène. On a trouvé là le grand sarcophage conservé au Vatican. Dans l’intérieur du mausolée on voit les inscriptions païennes de plusieurs « équités singulares ». Ces soldats formaient un corps d’élite et la garde d’honneur des empereurs ; leur nécropole se trouvait près de cet endroit.
Un peu au delà de ce mausolée, on a, en 1838, découvert un hypogée dans la Vigna del Grande, à gauche de la voie Labicane. Un escalier conduit à une galerie très riche, bordée de chapelles et de galeries latérales. Les parois sont décorées de marbre, et le sol de mosaïques. M. Visconti, le P.Marchi (3) crurent que cet hypogée était une partie du cimetière des Sts-Pierre et Marcellin. Quelques-uns, M. de Rossi lui-même, ont pensé qu’on y pouvait reconnaître le tombeau des Quatre Couronnés. Mais les Itinéraires n’indiquent à cet endroit aucun tombeau historique ; et on ne voit dans l’hypogée ni peintures, ni « graffiti », ni aucune trace de vénération. D’autres ont supposé que cet hypogée était païen. De fait on n’y trouve aucune marque de christianisme, sauf peut-être la colombe représentée dans les mosaïques. Il y a bien des galeries et des « loculi », mais aux IIIe et IVe siècles, les païens eux-mêmes employèrent ce mode de sépulture. Le style est de l’époque constantinienne ; la mosaïque ressemble assez à celle de Ste-Constance. Peut-être était-ce le tombeau de certains membres de la famille impériale, ou de ses affranchis, de ses serviteurs. On aurait là un hypogée
1. Ecclesiast. hist ., 1. vin, c. 31 (P. G., t. CXLVI, col. 120.)