Loc. cit
Suivant une tradition très ancienne (r), les souterrains de l’église actuelle de la place Navone sont le lieu même où fut exposée l’innocence d’Agnès. Les documents cités ne le disent pas expressément ; toutefois ils fournissent certaines indications qui confirment la tradition. Il est dit dans les Actes que la jeune fille fut exposée « juxta theatrum». Or la 9me région (Circus Flaminius), où se trouve l’église, renfermait tout un groupe de monuments : le Panthéon, les Thermes d’Agrippa ou Alexandrins, agrandis et embellis par Néron, puis par Alexandre Sévère. On en reconnaît les traces dans les environs de la place de St-Louis-des-Français et du palais du Sénat ; de là vient le nom de la petite église de S. Salvatore in Thermis. Auprès de ces Thermes était un immense stade, construit d’abord par Néron, puis agrandi par Domitien. Il devait occuper l’emplacement de la place Navone, qui en reproduit exactement la forme : un rectangle terminé par une sorte d’hémicycle (du côté de St- Apollinaire). Dans les caves des maisons voisines, on retrouve les ruines des murs de ce stade, et les pilastres du souterrain de Ste-Agnès en ont certainement fait partie. Les lieux de débauche se trouvaient souvent dans le voisinage des cirques, des lieux publics où les athlètes se donnaient en spectacle.
L’hymne de Prudence semble faire allusion au stade :
Sic elocutam publicitus jubet Flexu in plateae sistere virginem...
Vesanus, atrox, turbidus, armiger,
Exulto,talis quod potius venit,
Quam si veniret languidus ac tener Mollisque ephebus tinctus aromate.
Ce « flexus plateae », n’est-ce pas un souvenir de la courbe du stade ?
Le cimetière de Ste-Agnès existait peut-être avant la déposition de la jeune martyre ; mais à partir de ce moment
i. Elle est consignée, avec une indication topographique assez confuse, dans l’Itinéraire d'Einsiedeln : « Circus Flaminius, ibi sca Agnes. »
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il fut en grande vénération. Il comprend trois étages. On peut y distinguer aussi trois régions : i° le noyau primitif, à gauche de la basilique [I], antérieur peut-être à l’an 258 ; 2° une région du IIIe siècle, assez petite, qui s’étend entre la basili-
que, la voie Nomentane et Ste-Constance ; 30 deux groupes de galeries, dont l’un traverse la voie Nomentane [ 1 1], et l’autre met en relation Ste-Agnès et Ste-Constance : ces deux groupes sont du IVe siècle. Un arénaire s’étend à l’extrémité du
cimetière ; il est possible qu’il communique ou qu’à une époque il ait communiqué avec le cimetière Ostrien (*).
I. Région primitive. — On y descend ordinairement par l’escalier qui se trouve à gauche de la basilique, près de la chapelle du T.-St-Sacrement. Elle renferme de grands « loculi » et un bon nombre d’inscriptions. Il est à remarquer que ce cimetière est le seul où on ne connaisse aucune peinture. Voici, à droite de l’escalier, deux inscriptions évidemment anciennes :
<Ï>HAIKITA • MNHCOOIC
EPAFRODITO • DVLCISSIMO
La prière MNHCOOIC équivaut à la formule « Memento Domine. »
La première chapelle que l’on rencontre présente une forme singulière : c’est moins un « cubiculum » proprement dit qu’un trou fermé avec une grande pierre ; elle est très semblable à celle du cimetière de Domitille que M. de Rossi a appelée « chapelle sémitique (1 2) ». On trouva à côté une inscription qui est peut-être celle du propriétaire :