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CHAPELLE DE STE-ÉMÉRENTIENNE

parlé sont peintes au fond de l’arcosole qui termine la chapelle à droite ; elles ne sont plus guère visibles, mais on a placé au-dessous un fac-similé. Cet arcosole était donc le tombeau de Ste Émérentienne, sœur de lait de Ste Agnès, et remonte au IIIe siècle. Il y a aussi de ce côté une chaire creusée dans le tuf, et en face une colonne sur laquelle étaient placées les

lampes. On a pensé que cette chaire était celle même de S. Pierre. Ce n’est pas vraisemblable. Cette crypte est évidemment du même âge que la basilique voisine ; et la chaire de S. Pierre, si on l’eût possédée, aurait certainement occupé la place d’honneur qui a été donnée à Ste Emérentienne. Du reste il est vraisemblable que ce cimetière n’existait pas au temps de S. Pierre ; l’Apôtre aura seulement baptisé et prêché en cet endroit dans une villa appartenant à la «gens Ostoria». Le prêtre Jean, au VIe siècle, crut voir la vraie chaire de S. Pierre, peut-être sur l’affirmation que lui en donnaient les gardiens du cimetière, ou au moins parce qu’il savait qu’il y avait là un souvenir de l’Apôtre. Il faut dire plutôt que cette chaire et les autres que l’on trouve en assez grand nombre dans cette catacombe sont un symbole de la chaire morale, c’est-à-dire de la prédication de S. Pierre. Les anciens calendriers mentionnent à Rome deux fêtes de la chaire de S. Pierre : l’une, le 18 janvier, rappelait la chaire du cimetière Ostrien ; l’autre, le 22 février, la chaire du Vatican. Au moyen âge, on oublia la fête du 22 février. Lorsque Paul IV, au XVIe siècle, la rétablit, il la consacra au souvenir de la Chaire de S. Pierre à Antioche (*).

Quand on a traversé ce groupe de chapelles, on entre dans un réseau de galeries et on y rencontre d’assez nombreuses peintures. D’abord, dans la galerie qui part à gauche de l’abside de Ste-Émérentienne, un arcosole peint du IVe siècle : au fond, le Sauveur, sans barbe, tenant en main le livre des Evangiles ; de chaque côté, deux personnages debout, peutêtre S. Pierre et S. Paul, reçoivent la Loi ; à la voûte, le bon Pasteur ; la scène peinte sur la paroi représente probablement un marchand de vin qui était enterré là. En haut, on lit une inscription au charbon tracée par des religieux Augustins de Ste-Marie-du-Peuple, dont ce terrain a été la propriété jusqu’en 1870, et qui y ont fait des visites au XVe siècle : « Corpora quae cernis sanctorum intacta virorum barbarica quondam sunt lacerata manu. Fratres de populo hic fuerunt. »

1. Voir une opinion différente de M. Duchesne, Origines du culte chrétien, c. 8.

CIMETIÈRE OSTRIEN.

Plus loin, on arrive à un groupe de chapelles du IIIe et du IVe siècle. Dans un arcosole de la première chapelle [6], à gauche de la galerie, une peinture du IVe siècle reproduit la parabole évangélique des vierges sages. Au milieu est figurée une orante, avec l’inscription : VICTORIAE VIRGINI PETE ///// ; de chaque côté, cinq vierges portant des flambeaux, et le repas céleste. Sur la paroi de gauche, Adam et Ève ; sur celle de droite, Daniel dans la fosse aux lions ; à la partie antérieure, Jonas et les trois enfants dans la fournaise.

Dans une autre chapelle du même groupe, le Sauveur est assis au milieu des Apôtres. L’artiste, manquant de place, a mis six apôtres seulement. Plus loin encore, on voit dans une chapelle [7], à gauche de la galerie, des peintures du baptême et de l’Eucharistie, qui remontent au IIIe siècle, mais qui n’ont pas l’importance de celles de St-Calixte. Il y a la scène des agapes, celles du changement de l’eau en vin et de la multiplication des pains. Elles sont accompagnées des figures du Sauveur enseignant (à la voûte), du bon Pasteur, de Daniel, des trois enfants, de Moïse et du paralytique. Enfin une peinture du IVe siècle [8] représente une scène très rare, celle des Mages devant Hérode.

Dans les galeries qui se dirigent de ce point vers le fond du cimetière, c’est-à-dire vers l’arénaire, on remarque deux tombeaux de fossoyeurs avec leurs inscriptions (*).

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