‹ Guide des etrangers a Milan et dans les environs de cette villeChapitre 28 sur 67 · NEUVE · texte numérisé non relu

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de celte porte n. XIV, pag. 56*. On trouve sur cette route le long du eanal la maison de M le cheval er Lofèghi j professeur de gravure ; on y voit une collection très précieuse d'estampes , qui presque toutes sont des premières épreuves ; on y dmire aussi quelques tableaux Je peintres célèbres ; il vient d'acqu rir une demi-figure peinte par Raphaël.

4. En suivant la route opposée, c'est-à-dire le long du canal à droite, on trouve très près de 1 église de S. Barthelemi, que nous venons de déerire , une maison, qui appartenait jadis à la famille Archinti, dont elle passa à la famille des Visconti Borromeo , et enfin à M Joseph Ross/. , qui la possède à présent , et qui l'a rebâtie en partie d'après un nouveau plan. Un des anciens propriétaires de la famille des Archinti dans le siècle XVil y avait ramassé une quantité de marbres , de vieux monumens , et surtout d'inscriptions anciennes, tirées pour la plus part de l'emplacement ou se trouvait l'ancien Castel Seprio , de S<\sto Caîende , de Soma , dft Corne, et d'autresendroils ces monumens étaient en partie entassés , ou enchâtrés dans les murs d'un, portique, qu'on trouvait en entrant dans la maisou. M. Rossi n'a pas été content de conserver avec le plus grand soin ces monumens d'autaufc

plus précieux, qu'ils concernent le pays d'aleti* tour et par conséquent l'histoire de la ville et de la province de Milan, mais il les a tous placés convenablement , ou disposés le long d'un canal d'eau dans son jardin , où l'on voit à chaque pas des morceaux de sculpture , des cippi, des inscriptions, des urnes cinéraires, etc. On y voit aussi le marbre curieux, que Ton voyait sur la Porte Tosa , qui a occasionné bien de contes , et qui probablement n'est qu'un monument salyrique et injurieux contre la femme de Barberousse, oppresseur des Milanais. M. Rossî a aussi augmenté le nombre de ces momimens; et il a orné de quelques marbres et de quelques sculptures anciennes, ou du moyen âge le portique cl la cour de sa maison et le jardin, qu'il a arrangé avec beaucoup d'élégance. Il serait à souhaiter , que cette collection fût toujours conservée dans son intégrité, et même qu'elle pût passer quelque jour par voie d'acquisition au domaine de la nation, ou de la ville: ce serait un noyau précieux et intéressant d'un musée lapidaire national, qui manque encore à Milan» où l'on a érigé un si grand nombre d'établissemens pour le progrès de sciences, et où Ion a laissé passer quelque fois entre les mains des particuliers des inscriptions et des monumens gue

NEUVE. 227 la gloire de la nation semble réclamer , et qu'on a soigneusement recueillis pour le compte du public à Turin , à Bresse , à Vérone , à Vienne et ailleurs.

5. En avançant par cette route , on trouve une verrerie , et ensuite une maison d'éducation , anciennement régie par les Jésuites sous le nom de Collegio deiNobili, dans laquelle fut ensuite concen» trée celle qui existait sous le nom de Collegio Impériale Longone , qui était gouvernée par les Bamabites ou les clercs réguliers de S. Paul A présent elle vient d'être fermée provisoirement, et jusqu'à nouvel ordre Prés du collège existe une petite église sous le titre de S. Jean l'Évangéliste..

Sainte Marie Aracœli. — Hôpital des religieux de S. Jean de Dieu , nommés Fatebene fratelli.

1. Ces religieux s'établirent dans cet endroit; en i588. — L'église est ornée d'une façade assez régulière; au dedans elle est formée d'une seule nef avec sept chapelles. Un peintre esclavon , nommé Frédéric Bencorich, ou Boncorich (dont quelqu'auteur a formé , on ne sait pas pourquoi ,

un Fecïrighetto Veronese , qui n'est pas autre chose, que le peintre qu'on vient de nommer) peig lit dans une chapelle l'Ange Raphaël et les deux Tobies père et fils ; dans une autre on voit J. G. qu'on montre au peuple par dérision, peint par Marien Gollina de Boulogne ; S. Jean de Dieu , fondateur de l'ordre , transporté dans la gloire céleste , est un ouvrage très médiocre de Taurino. Panza peignit dans une autre chapelle le même Saint occupé du soignement des malades ; la Vierge des douleurs dans le cimetière est l'ouvrage de Rivola.

2. L'hôpital est entretenu avec beaucoup de soin, et avec une propreté qui ne laisse rien à désirer de ce côté. Il est divisé en deux parties , situées à deux différens étages, qui ont cependant entr'eux une comunication très avantageuse. La plus haute est réservée aux prêtres infirmes: dernièrement on a ajouté quelque pièce, à l'ancien bâtiment de cet établissement très utile , consacré au soulagement de l'humanité souffrante.

3. Presqu'au milieu de la route , par laquelle $n passe de cet hôpital à l'église de S. Ange, $Qnt nous avons parlé ci dessus n. I, on voit à. gauche une petite église sous le titre de Sainte Maïie Î3 Présentation 3 près de laquelle il y avait

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autrefois une maison de retraite pour les veuves de bonne naissance. A présent l'église est une des succursales de la paroisse de S. Marc. Dans cette église, qui a un péristyle sur le devant, l image de la Vierge, qui en est la titulaire, a été peint* par Camille Procaccini.

Église de S. Marc.

1. On voudrait faire remonter la fondation de cette église au siècle XI, cependant Corio dit, qu'on en pos3 la première pierre le io mars 1264. Ce qui reste de l'ancienne façade , annonce le goût de l'architecture du siècle XIV. L'église fut alors construite en foi me de croix latine à trois nefs, on y voyait le maître autel et deux latéraux sur une même ligne. Dans le siècle XVI on y aj outa plusieurs chapelles et on rétrécit la route qui côtoyé le canal .• léglise ne fut réduite dans l'état où. on la voit à présent, qu'au commencement du XVII.

2. Dans la première chapelle à dro ie on voit un des plus beaux ouvrages le Lomazzo . sujet du tableau est la Vierge avec l'enfant Je <jui dorme les clefs à S. Pierre eu pr à

S. Paul et de S. Augustin. Le même Lomazzo orna aussi de peintures à fresque les parois de la chapelle ; mai^ ces fresques ont été fort endommagés par l'humidité résultante de la route qui passe derrière, et qu'on a beaucoup relevé.

3. Dans la troisième on voit aux deux côtés deux belles copies, dont lune d'un tableau de Guercino , l'autre d'un tableau de Romanino. Sainte Barbe dans la quatrième a été peinte par Scaramuccia de Pérouse,- on croit peints par Lomazzo les Apôtres dans la coupole. Un beau tableau de la Vierge peint par Antoine Campi , existait dans la chapelle de la famille Trotti; les fresques qu'on y voit, sont des ouvrages du même peintre; mais ils ont été de même fort endommagé! par l'humidité; on a cependant tâché depuis peu de les réparer.

4- Dans une autre chapelle de ce côté Ferdinand Va1' dambrino de Rome peignit dans le tableau d'autel S. Guillaume ; et dans la suivante , qui était peinte originairement par Fûmmenghini, et qu'on a arrangé dernièrement avec élégance , on a placé un Crucifix, qui était autrefois en grande vénération dans l'église de S. Praxède , et qui le fut même pour quelque tems dans celle des Capucins de porte Orientale. Fiammenghinipeign.it aussi le tableau et les fresques de la chapelle de $. Etienne.

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6. Près du maître autel on trouve Une autre chapelle de la famille Trotti , ou Ênêe Salmeggia peignit S. Augustin et Etienne Legnani les deux tableaux des côtés. Au même Legnani on doit aussi les tableaux qu'on voit aux deux côtés de la coupole. Des deux que l'on voit aux côtés du chœur , l'un est travaillé par Camille Pro~ caccini, l'autre par le Cerano. Barthelemi Roverioy surnommé le Genovesino, peignit d un côté les ordres monastiques, de l'autre les ordres de chevalerie, attachés à la règle de S. Augustin, On lui attribue l'ai bre des disciples de S Augustin , peint dans la voûte du chœur.

6. Le maître autel a été depuis peu réconstruit d'après un beau plan fourni par le chev. professeur Joconde Albertolli Les anges qu'on voit des deux côtés , ont été sculptés par Rusca. — Devant l'autel on voit deux candélabres en bronze; on croit, qu'ils ayent été fondus par ordre de Thomas Mariniy ducdeTerrannova , que l'on prétend aussi avoir ordonné la construction des stalles du chœur. C'est le même qui fit bâtir le palais près de S. Fedele , qui porte encore son nom : on le croît aussi enterré dans cette église.

7. Dans une chapelle à gauche, qui était dédiée au Crucifix, avant l'arrivée de celui de 8 Praxède , J. Ç. portant sa croix au Calvaire a été

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peint par Hercule Procaccini , avec d'autres traits de l'histoire de la Passion ; le même J. G. élevé sur sa croix , est l'ouvrage & Antoine Busca , et ou le juge un des de ses meilleurs travaux ; les soldats qui gardent le S. Sépulcre , ont été peints à fresque au dessus de la corniche par Montaîti.

8. Sur la porte de la sacristie on voit Héliodore chassé du temple : c'est un ouvrage du chev. Isidore Bianchi ; au dedans de la sacristie on trouve un superbe tableau de Bernardin Campi avec la date de i56q; c'est la Vierge avec l'enfant Jésus , S. Joseph et S. Syrus Dans les chapelles, qui suivent à gauche, on ne voit aucun tableau de mérite , quoique dans les anciennes descriptions de la ville on en ait indiqué les auteurs. On va, peut-être, y placer quelques tableaux assez bons, dont une partie a été accordée à l'église par la munificence dn gouvernement. On trouve dsns cette église deux mo^umens funéraires du bas âge , dont l'un appartient au bienh^urenx Lanfranc Settala, l'autre à Alexandre Aliprandi. Celui de Lancinus Curiius , poète latin de quelque mérite , que l'on voyait dan? le cloître , a été transporté dans le palais des sciences et des arts. Il es' orné de quelques sculptures , qu'on attribue à Augustin Bi'fti; on y voit les trois Grâces et quelques petites victoires assises. Une inscription

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