‹ Guide des etrangers a Milan et dans les environs de cette villeChapitre 30 sur 67 · VEUVE · texte numérisé non relu

VEUVE

o. Dans ce bâtiment magnifique les Jésuites avaient établi leurs écoles ; ils résidaient dans le collège, ou dans la partie intérieure de cet édifice ; à présent tout ce \asle emplacement est destiné par la munificence du gouvernement à l'instruction publique; c'est à présent le palais des sciences et des arts. Dans le portique inférieur on trouve à gauche quelques écoles à l'usage d'un gymnase entretenu par la ville ; on y voit aussi quelques écoles des beaux arts , entr'autres celle des élémens de figure, et celle de Tanatomie à l'usage des artistes. Le,- écoles d'architecture , d'ornemens, de perspective, de coloris fîtc;> aussi bien que la secrétairerie de l'académie, sont placées dans le logement intérieur. A droite on trouve dans le portique inférieur la salle des séances de l'Institut I. et R. des sciences , et tout près de là la grande salle , qui sert à la distribution des prix et aux autres fonctions académiques; cette salle a été depuis peu rebâtie par les soins de l'architecte Gdardoni.

4« Les portiques supérieurs donnent l'accès à la bibliothèque publique , à la Pinacothèque , ou à la galerie I. et R. des tableaux , et à l'académie des beaux arts ; et ils sont tout entourés de salles qui servent à l'usage de ces deux derniers établissemens. Dans ces portiques on a placé

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quelque monument ancien et quelque cippe avec des inscriptions^ on y a élevé aussi depuis peu des monuments à la mémoire de Piermarini et à ' Albert olti , professeurs d'architecture, et de Joseph Bossi , peintre ; on va y en placer d'aulres «a honneur à' André Appîani , peintre , et de Jean PeregOi peintre de (jécorations. Le monument du eél. professeur Parini , littérateur et poêle, se trouve en bas ; il a .été élevé par l'amitié d'un Se ses confrères.

5. La bibliothèque I. et R. destinée à l'usage du public , est composée du fond de l'ancienne bibliothèque des Jésuites , de la bibliothèque Pertusati , que la munificence du gouvernement a acheté à l'avantage de l'instruction publique, d'une partie de celle de lîalleri dont la portion plus considérable a passé à l'université de Pavie, d une collection peu nombreuse , mais choisie , léguée par le cardinal Durlni , d'un grand nombre de volumes , qu'on a choisi dans toutes les bibliothèques des couvens supprimés , et de quelques ouvrages précieux, ou d'une utilité bien connue , qu'on a acheté à plusieurs époques , et dont on continue l'achat par le moyen des fonils assig' é> par le gouvernement. On y dépose aussi un exemplaire de tous les ouvrages qu'on jmprirne dans h paye.

ïfEUVE,

6\ En entrant on trouve une espèce de vestibule, ou de galerie disposée de travers , où l'on conserve quelques objets de curiosité, et entr'âutres les antiphonaires et autres livres qui étaient à l'usage du chœur de la grande chartreuse de Pavie ; ils sont enrichie de miniatures très précieuses , exécutées sur les dessins des grands maîtres des siècles XV et XVI. On passe de là dans une grande salle toute garnie d'armoires, contenants des livres de iout format et de tout genre ; une loge , à laquelle on monte par <un escalier placé dans un coin , s étend tout autour de Ja salle et sert à parcourir un ordre supérieur de volumes. On trouve quelques petits cabinets à droite, on l'on voit aussi quelques dépôts de livres •• et dans quelques chambres à gauche on conserve les objets les plus précieux, c'esl-â-dire les manuscrits, les éditions du XV siècle , entre lesquelles on en trouve de très rares, les éditions Aldines , etc. A l'extrémité de la grande salle on voit une porte qui conduit à une salle plus petite , toute garnie de livres, et de là dans une auire grande salle ornée de volumes tout à l'enfour, qui s'ouvre à droite, et qui par une porte située à son extrémité comunique avec l'ancien collège des Jésuites?. On va ouvrir bientôt une autre grande salle , qu'on a arrangée pour le placement d'un grand

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nombre d'ouvrages , qu'on n'aurait pas pu distrï* buer et placer convenablement ailleurs.

7. En sortant par la porte, que nous venons dindî* quer, on trouve à droite l'école de gravure, qui est très bien montée. L'emplacement est très comode et suffisamment éclairé : on voit dans la salle des bonnes épreuves des estampes les plus remarquables et les plus à propos pour l'enseignement. Vis-à-vis de cette porte de la bibliothèque on voit une galerie ou une espèce de corridor , qui porte à l'observatoire et aux appartenons des astronomes î à gauche on voit une porte , par laquelle on entre dans le cabinet I. et R. des médailles , et tout près de là un escalier par lequel on descend aux élablissemens > qui sont placés au rez-de-chaussée»

8. L'observatoire, qu'on nomme aussi la Spe* cola, a été bâti par les Jésuites en 1766, d après le plan donné par l'astronome hoscovich , qu'on peut regarder comme le fondateur de cet établissement magnifique. Sur tes murs très solides du collège on éleva une tour quarrée jusqu'à une hauteur suffisante pour étendre de là au loin la vue sur l'horizon? et dans ce carré on traça et on éleva une autre tour octogone avec un pilier au milieu destiné à soutenir un plancher radie ; dans cet espace on disposa des télescopes, des pendules astronorm-

ques et d'autres machines: on y ouvrit quatre portes et on établit une loge tout-autour, afin de faire comuniquer ces portes enlr'elles et de rendre plus libre le travail des observateurs Dans ^es tjuatre cotés de T octogone , qui ne répondent point aux côtés du carré , on plaça qualre instruirons fixes moyennant un arc jeté pour chacun d'eux , et on les couvrit d'une espèce de guérites de forme conique , dont trois sont tournantes. La construction des escaliers est aussi très ingénieuse , et dans les chambres au dessous on plaça un quadrant mural et quelques autres instrumens ; c'est de la sorte qu'on est parvenu à former un observatoire, qui réunit la solidité à la comodilé et même à une certaine élégance de forme et de construction. Il fut enrichi depuis cette époque des instrumens les plus précieux et les plus utiles, qu'on tira d'Angleterre, de France et d'Allemagne- Plusieurs autres ont été construits près de l'observatoire même par un méchanicien attaché à 1 établissement. Entre ceux qu'on a tiré de l'étranger , on compte aussi un beau télescope de Herschel. A l'observatoire sont attachés dessavans astronomes , qui depuis la fondation ont toujours soutenu la gloire de cet établissement. Ils publient chaque année un volume d'éphémérides aslrono miques avec des mémoires très intéressants.

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9. Le cabinet des médailles était autrefois annexé & 1 hôtel des monnaies, et nous en avons déjà parlé ci dessus n.° II , 9. Dans la grande salle , qui servait aux séances solennelles de l'Institut des sciences , qui manque à présent d'une salle propre à cet oi jet, on a disposé la bibliothèque très choisie et assez nombreuse, qui fait partie du cabinet: on regarde ce riche établissement, comme un accessoire de la bibliothèque. Il est à présent dirigé par M. Cattaneo , peintre, membre de l'académie des beaux arls, et très instruit dans la science des antiquités et surtout dans la numismatique. C'est lui qui a le plus contribué à la formation de ce cabinet.

10. Dans les corridors en bas on trouve un beau cabinet de modèles de vaisseaux et d'autres objets relatifs à la science de la marine et de la navigation, qui avait élé formé par le comte Stratico , membre de l'Institut , et qui à été offert par lui à S. M. l'empereur. On y trouve aussi les écoles des beaux arts placées dans la partie intérieure de l'édifice , dont on a fait mention au n.° 5 ; différentes chambres à l'usage de l'In tilut , où l'on voit aussi des modèles de machines , et autres produits de l'industrie; le jirdin botanique, les iogemens du jardinier et d'autres employés dans la partie de l'instruction publique.

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11. ftous reviendrons à présent au portique supérieur de la première cour , dont nous nous sommes détournés pour entrer dans la bibliothèque , ét de là dans l'intérieur de l'édifice. En entrant dans ce portique par le grand escalier, on trouve à gauche l'entrée dé la galerie I. et R. des tableaux. Le gouvernement du royaume d'Italie ne s'est pas borné â recueillir dâns Cé dépôt respectable tous les tableaux des plus grands maîtres; iï a fait aussi l'emplette de quelques ouvrages très précieux, et il a même acheté des collections entières, afin d'en tirer les pièces capitales, qui pouvaient former l'ornement le plus distingué de ce sanctuaire de l'art. Ce serait entrer dans Un détail trop long pour cet ouvrage , que de vouloir indiquer tous les tableaux remarquables qui composent cette collection ; nous nous bornerons en conséquence à parcourir à la hâte les différentes pièces, qui sont au nombre de neuf, c'est-à-dire , cinqu salles et quatre cabinets ; et à donner la liste des tableaux , qui réclament particulièrement l'admiration des artistes et des amateurs.

12. Une espèce de corridor, qui forme une croisée , dont le bras le plus long s'étend à droite, et porte directement à la première salle » sert de vestibule à la galerie ; les murs de ce

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vestibule soiït revêtus de tous les côtés de peîn» tures à fresque, qu'on a sciées des parois des églises et des couvens supprimés, et qu'on a encadré ici avec le plus grand soin, de sorte qu'on peut les regarder comme des trésors sauvés de la perle inévitable, que l'art aurait essuyé ou par les circonstances locales, ou par le peu d'attention qu'on aurait prêté à leur conservation. On y voit des ouvrages de Bernardin Luini , de Gaudence Ferrari, d« Bramante Lazzari , de Vincent Foppa, et d'autres peintres distingués des siècles XV et XVIi

i3. Première salle. La Vierge avec l'enfant Jésus et quelques Saints du Dominichino ; Abraham ët Agar, tableau fameux du Guercino; J. G. avec là femme accusée d'adultère , et la Samaritaine , des Caracci; la danse des Amours de X Albane % Superbe tableau, qui a été gravé par Rosaspinay et on trouve l'estampé chez les éditeurs de cette Description , propriétaires de lap'anche gravée ; le tableau encore plus célèbre de S. Pierre et S. Paul du Guide , qu'on voyait autrefois dans la galerie Sanpieri à Boulogne , et différentes pièces de l'école Lombarde et de celle de Boulogne.

i4« Seconde salle, qu'on trouve à gauche de la première. Plusieurs tableaux de Paul Veronesê-, beau tableau de la Piété avec plusieurs figures

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de Benvenuto Garofolo; autre beau tableau représentant la Vierge, l'enfant Jésus et plusieurs Saints , de Jules Romain ; l'Assomption de la Vierge par Moroni d'Albino ; plusieurs tableaux du Tmtoretto , et de Palma le vieux ; la Vierge avec quelques Saints par Timothée Viti ; un S. Roch de Bassàno , et d'autres tableaux de l'école Vénitienne.

i5. Troisième salle. Elle est particulièrement dédiée aux anciens maîtres des écoles d'Italie. On y voit des peintures & André Mantegna dans différents compartimens ; S. Pierre Martyr au, milieu de deux autres Saints , peint par Cima de Conegliano ; l'Annonciation par Jean Sanzio d Urbin ; la Vierge avec l'enfant Jésus et quelques Saints par Fra Carn°valey l'un des maîtres de Raphaël i la Prédication de S. Marc à Alexandrie , tabieau d'une grandeur extraordinaire de Gentil Bellino , dans lequel ce peintre introduisit une foule de personnes , et étala une va riété prodigieuse des costumes de l'Orient, dont il avait puisé la connaissance dans les voyages qu'il avait fait en Grèce et à ^onstantinoplc ; un grand tableau de la Crucifixion de Michel de, Vérone ; quelques ouvrages de Giotto et d'autres maîtres , qui parurent en Italie à l'époque de la renaissance des beâux arts.

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16. Quatrième pièce .- premier cabinet , auquel en entre par la seconde des salles, qu'on vient d indiquer- On y admire le fameux tableau des noces de la Vierge peint sur bois par Raphaël , et quelques tableaux de Pierre de Pérouse, l'un de ses maîtres , de Cima de Conegliano , de Jean Bell no y etc. \jR tableau de Rapliaël , que l'on voyait anciennement dans une ville de VEtat Ecclésiastique , était possédé dernièrement par une famille Sannazari de Milan , d où il était passé par héritage au grand hôpital. Le gouvernement l'acheta , et il devint par là le premier ornement de cette collection. Quoique ce soit un des ouvrages, que Raphaël acheva lorsqu il était assez jeune, comme l'histoire nous rapprend ; on voit pourtant que ce grand génie s'était élevé au dessus du goût de son siècle, et qu'il avait déjà repoussé cette mesquinité et cette sécher^e de formes , qui caractérisait les ouvrages de ses contemporains , et même ceux de ses maîtres. Les deux époux , dit M. l'abbé Lanzi dans son ffisteire de la peinture en Italie , sont d'une beauté, que Raphaël déjà bien adulte surpassa à peine en quelques autres visages , la Vierge est d'une beauté céleste; et quoique ce grand maître ait traité le même sujet dans un autre tableau, à Pérouse , il y a des traits si marqués dans ce

3VBUVÉ. 245 lui-ci, qu'on peut le regarder comme l'une des prémices du nouveau style. La figure principale triomphe au milieu de plusieurs jeunes beautés, et elle n'obtient pas ce triomphe par des ornemens mendiés par artifice, mais par ses propres moyens: c'est par là, que la noblesse du maintien, la beauté, la grâce, la modestie, la décence, tout enchante au premier coup d'œil qu'on jette sur le tableau. Vasari a comblé d'éloges le temple qu'on voit dans la parlie supérieure du tableau , dans lequel le peintre a vaincu par un effort de son génie plusieurs difficultés. On voit , ajoute Lanzî , dans cet ouvrage de sa jeunesse le penchant noble , et élevé , qui portait Raphaël à l'étude et à la recherche du beau , de la grâce , de l'expression , à la partie la plus philosophique , la plus difficile, la plus sublime de la Jb^nture. Ge chef d'oeuvre admirable va paroltre bientôt supérieurement bien gravé par le chev. prof. Longhii qui en traça lui même le dessin d'après l'original avec un soin extraordinaire.

17. Cinquième pièce : second cabinet. Quelques tableaux de Victor Carpaccio ; l'Adoration des Rois par Laurent Costa ; la Vierge avec l'enfant Jésus par Alexandre Turchi , surnommé l'Oràetto ; encore la Vierge avec quelques Saints par Mproni ; une bçlle tête de vieillard par le 2Ï-

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tien. — Sixième pièce • troisième cabinet Moïse au berceau trouvé par la fille de Pharaon , grande composition , qu'on croit le chef d' œuvre de Giorgione, avec d'autres tableaux de ce grand maître; un tableau de S. Jérôme,, et deux portraits du Titien; J. C. avec les disciples en Emaus par Bonifazio. — Septième pièce : qua» Irième cabinet. Quelques tableaux de l'école fia. mande ; des ouvrages de Vandyk , Hembrand Mieris , etc,

18. Huitième pièce: quatrième salle, dans la* quelle on entre en sortant du quatrième cabinet. S Jérôme dans le désert par Sahator Kosa ; S. Jean Baptiste dans le désert par Gaspard Poussin-, la Vierge avec Venfan? Jésus et S. Antoine par Lnca G'ordano\ de Vautre côté on voit des tableaux de libéras, surnommé le Spagnuoletto > de Pompée Batoni, etc.

19. Neuvième pièce: cinquième salle. On voit depuis peu diff^rens tableaux de l'école Lombarde; de Léonard, de Marc à'Oggiono, de Bramtrtte, à'Jmproise Possano , surnommé le B^r:a<ynone , de Sala 'f ou Salalno , de César da Sesto ■ frÉnée Sa7meggia, de Daniel Crespi y des fr ;res Prtcaccmî , etc. — Nous avons indiqué tîe la sorte les tableaux les plus digies de re* itunjue , et les pièces où ils sost placés au mo-

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ment où nous écrivons; mais nous n'ignorons pas que la galerie peut encore recevoir une nouvelle organisation , et la disposition des tableaux peut-être changée ; d'autant plus , qu'on conserve dans les magasins plusieurs tableaux de mérite, qu'on travaille sans cesse à la restauration de ceux qui ont le plus souffert des injures du tems, et qu'il y en a plusieurs dans ce nombre, qui pourront augmenter quelque jour les trésors de la galerie.

20. De cette dernière pièce on entre dans les salles de l'Académie des beaux arts. La première n'est qu'un petit sallon , où l'on voit une mé daille peinte depuis long tems par le cél. Appianiy dont le sujet est Phœbus dans son char; celte médaille a été enlevée d'une maison démolie près du palais des Finances , et elle a été encadrée au milieu de quelques compartimens peints en monochrome, et d'autres ornemens dessinés et exécutés par Vaccani. Dans ce sallon on voit aussi quelques beaux tableaux de paisages de MM. Marc Gozzi , Burcker, Fradett, Basiîelti , el c.

21. Dans l^s salles suivantes on trouve des statues, des bas-reliefs, des bustes en plâlre tirés de l'antique , et de quelques ouvrages du pèh Canopa ; quelques statues et quelques bas*

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reliefs en marbre ; les cartons de quelques Ouvrages à\4ppia iiy et entr'autres des peintures , don^ il a orné une salle rotonde du palais de Monza , et la coupole de léglise de la Vierge près de S. Celse ; les tableaux , les moxlèles , les dessins , et tous les autres objets de beaux arts, qui ont remporté des prix; des objets dont on a fait présent, à l'Académie, etc. Dans la salle, où l'on voit les cartons à'Appianiy on a placé les quatre belles colonnes de porphyre , que l'on voyait dans T église supprimée de S. Carpophore ; on voit aussi dans différentes salles des dessus des tables de granit très beau , et de quelques marbres anciens très précieux.

22. JL/ ancienne église des Jésuites a été convertie dans une espèce de magasin, où sont déposés des objets appartenants aux beaux arts , qu'on n'a pas pu placer jusqu'à présent dans les salies supérieures. Oa y a entassé plusieurs tableaux , qui démandent à être, réparés , et on y voit aussi la statue équestre de Barnabo Vîsconti, qui éUit placée sur son tombeau dans léglise supprimée de S. Jean in Cortca; la statue de Gaston de Foix , qui ornait son mausolée à Sainte Marthe ; des marbres anciens sculptés, et des inscriptions anciennes, que le cbev. Bossi , peintre tfès instruit > dont nous avons parlé ai*

HJLVVt. 249 leurs , avait recueilli dans sa maison , et que l'Académie a acheté ; des peintures sqées des murailles , etc.

Église de S. Eusèbe. - Palais tlu Commandement général milita re. - Indication de quelques autres ■palais et maisons dans ce quartier,

1. Tout près du palais des sciences et des arts on trouve une petite église autrefois paroissiale, à présent succursale , sous le titre de S. Eusèbe. Jje plan de cette église est tiès régulier au dedans aussi bien qu'au dehors.

2. Après cette église on trouve tout de suite le palais autrefois Je la famille Cvsavi , à présent la résidence du Commandement général militaire. Cet édifice majestueux, destiné originairement au .logemeut de deux familles , fut bâti avec deux cours séparées et deux portes, au commencement du siècle XV II , d'après le plan de Ruggièri La façade du oôlé du jardin a été construite à une époque plus récente d'après le plan de PiermarinL Les appartenons eu général sor.t très bien ornés, surt'.ut au rez-de-chaussée , où l oi voit des beaux ouvrages en stuc et en peinture.

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3. Derrière l'église de S. Eusèbe on voit le palais autrefois Simonetta , à présent Castelbarco, dont le bâtiment fut commencé par la famille de Medicis , qui donna le jour au pape Pie IV. La façade est ioute en pierre de taille , d'ordre dorique , mais elle n'est pas achevée. Au fond de la cour on voit un portique majestueux soutenu par des colonnes d'une seule pièce de marbre nommé maçchia pecçhia.

4- Vis-à vis de la même église on trouve la maison Trotti , dont l'entrée a été décorée par un vestibule élégant , dessiné par l'architecte Croce , qui ouvre la perspective au jardin. On voit dans cette maison des belles peintures ,• et entr'autres le Père Eternel peint par le Guercino, et une peinture à fresque de Bernardin Luini.

5. La rue qui se dirige depuis le palais des sciences et des arts vers le grand théâtre, porte le nom de contracta di Brera. On y voit la maison Beccaria , possédée par le fils de l'auteur du fameux ouvrage I)ei delitti e dalle pene. La façade de celte maison a été réconstruite d'après un plan régulier et élégant de l'architecte Faroni Le maître actuel de cette maison possède une collection assez considérable de médailles modernes.

6- A l'extrémité de cette rue on trouve une croisée formée pw une autre grande rue , qui

jpari du Ponte Vetro et qui après le croisement prend le nom dei tre Monasteri , à cause de trois couvents de religieuses , qui y existaient anciennement. Sur un des coins de la croisée on voit quelques restes de la façade de l'église supprimée de S. Sylvestre, dont le plan avait été fourni par l'architecte Quadrio* On voit â présent dans la rue des tre Monasteri le palais du Mont de j*i£té avec une façade très régulière , Cortstiuite d'après te j>!an de Pîermarini. A cet architecte très habile on doit aussi l'arrangemenl du palais qu'on trouve vis-à-vis et qui sert de même à quelques bureaux et à d'autres établissemens publics .

7. On voit aussi dans cette rue une maison; appartenante depuis peu à JVÎ. le comte Porro Lambertenghi , dans laquelle on avait déjà en" trepris une collection de ces vases peints qu'on nomme étrusques, ou grecs, ou italo-grecs, que le nouveau possesseur parait disposé à continuer et à augmenter par des nouvelles acquisitions.

VIIÏ.

Eglise de S. Joseph.

i. Ê11 avançant depuis la rue de Brerà du col? du grand théâtre de la Scala , on voit à gauche

une église très bien Oécorée au dehors aussi bief qu'au dedans, d'après le plan de l'architecte Tîichini] c'est l'église de S. Joseph. La partie inférieure de la façade est d'ordre ionique ; cet ordre continue aussi au dehors sur le flanc droit de l'église et au dedans, soit dans lés piliers, soit dans les colonnes, qu'on â distribué suivant que l'opportunité le demandait. C'est au dedarfs une espèce d octogone , couronné par une coupole Soutenue par quatre grands arcs , dont l'un sert d'entrée; deux autres contiennent les chapelles iatérales sàns aucun enfoncement, et le dernier renferme un prolongement de 1 église , où l'on a placé le maître autel et deux autres chapelles latérales plus petites. L'ordre d'architecture , qui commence au rez-de-chaussée, sert à embellir tout l'édifice, et lui donne en même temsun air de grandeur eî de simplicité qui place celte église au rang des plus belles de la ville.

2. La noce de S. Joseph aétépeinfe dans une chapelle par Clierardh i ; sa mort a été peinte dans une chapelle vis-à-vis par Jules César Pro~ caccini La Sainte Famille est l'ouvrage de Lanzani ; le tableau de S.Jean Baptiste a été peint par Montalto. — Le conservatoire sous le tifre dë la Conception , qui se trouvait devant cette église , ayant été supprimé et démoli , aussi biea

que quelques maisons qui se trouvaient à côté , on a ouvert depuis peu au devant de cette église une belle place oblongue , d'où l'on voit tout le flanc droit du théâtre de la Scala , dont on a tout récemment prolongé la scène. On a très bien arrangé les façades de plusieurs maisons , qui étaient situées à l'entour de cette place.

3. Ën sortant de l'église, qu'on vient de décrire, on trouve à droite la maison de M. Fu~ magalli , possesseur d'une peinture attribuée à Raphaël d'TIrbin. Dans le num 82 du Spectateur ouvrage périodique qu'on imprimé à Milan , on a inséré une lettre de M. Ê tienne Ticozzi, auteur du Dizionario pittorico , au célèbre Canova , dans laquelle on donne une description très détaillée de cet ouvrage précieux. *— A gauche on voit le Casino deiHtobili, où d'après le plan et sous la direction de l'architecte marquis Cagnàla en a construit en peu de jours, comme par enchantement, une salle à danser magnifique; elle a été ornée d'une belle peinture dans une médaille &ë k voûte par le prof. Louis SabateW.

sont»

Borgo ÏÏuovo.

1. Au boul de la rue des tre Monasteri mi trouve une autre gronde rue â gauche , qui porte le rom de Borgo JS~uo o- C'est là qu'on à placé au coin de la rue les Postes I. et R des chevaux.

2 On voit dans cette rue le palais Orsmi di Roma. La Façade , dont on ne pourrait pas , peutêtre, louer le plan, n'est pas achevée, mais le palais a un air de grandeur. L'intérieur a été arrangé dans une forme élégante et comode par l'architecte chev. Canonica. Appiam 'a orné de ses peintures un cabinet , où l'on voit Cupidon vainqueur qui remonte au ciel; dans la salle à dîner le même peintre représenta aussi à fresque le banquet de Jupiter.

3. Dans la maison Pereoo on conserve une •collection nombreuse deslampes de toutes les écoles; on y a depuis peu formé fout près un jardin magnifique à l'anglaise , d'après un plan donné par le jardinier dessinateur Louis ViUoresî.

4- On donne des éloges à 1 architecture de la maison des Bigli , quoiqu'elle manque encore d'une façade. On y voit un grand escalier qui a

été dessiné par le célèbre Vonvitelll ; cet architecte vainquit da ^s cet ouvrage toutes les difficultés, que lui présentait un espace très borné. Les col nnes manquent de base suivant l'usage dorique plus ancien , comme on le voit dans le temple de Pœsturn. Quelques statues en marbre qu'on voit sur les rampes de l'escalier , ont été sculptées par le chev Giudlci

5. On admire dans cette maison quel ues belles peintures ; un très beau portrait d'un homme debout peint parle Titien , et deux petits tableaux de Mengs. L'un des deux représente S. Jean Baptiste : l'auteur répliqua ce travail pour le roi d'Espagne , et ce dernier tableau a été gravé par Carmcma.

6~. Presque vis-à-vis de la maison , dont nou* venons de parler , on voit un beau palais , que ïe marquis Morîgîa y qui en était le premier possesseur, fit orner d'une belle façade d'ordre dorico-ïonique avec un attique au dessus , d'après le plan de l'architecte Piermarini. Elle passa ensuite en domaine de MM. les comtes Besozzi, et achetée peu après par le gouvernement , elle servit assez longtemps de palais au ministère des relations étrangères, Dans une galerie Treballesi peignis avec beaucoup de régularité de dessein, et beaucoup if vérité, quelques b as-ré liefs , que l'oa croirai

sculptés en marbre: ils représentent le jugement de Paris et la destruction de Troye. Dans une autre salle le même Treballesi peignit dans la voûte Zephire et Flore.

Corso di Porta tfuova. — Église de S.François et S. Jnastasie, nommée plus souvent S. Francesco di Paola.

1. Au bout de la rue de Borgo nuovo on trouve à droite un de ces Terraggi , dont nous avons parlé ailleurs ; il porte tout droit aux deux arcs , que Ton voit au devant du pont de la Porte Neuve. On prétend que l'ancienne porte représentée par ces deux arcs , était autrefois désignée par le nom de Novellia , à cause de quelques bustes en marbre des JSfovellii , qu'on y voit encore. Ces Hovellii étaient, à ce qu'il parait , des grands buveurs. En entrant par ces arcs dans l'intérieur de la ville , on trouve le Corso di Porta Nuova.

2. Dans cette grande rue on voit à gauche la maison de M. Cajetan Meïzi , dont la façade très régulière a été construite depuis peu d'après Se plan du chev. Joconde Albertolli, M. Mehi,

propriétaire de cette maison, a réuni une col* îeetion très précieuse de livres les plus rares : la suite des éditions du siècle XV peut rivaliser à celte heure avec les plus riches collections , qu'on trouve en ce genre en Europe entre les mains des particuliers.

3. On voit ensuite sur la même ligne la maison Gallerati Scottl , dans laquelle on peut voir quelques peintures du plus grand mérite , un portrait: en demi-figure du chancelier Morone , qu'on attribue à Léonard, et le Baptême de J. G. peint sur bois par Cesare da Sesto. Les figures de ce beau tableau sont de grandeur naturelle ; on prétend que le paysage soit l'ouvrage d'un peintre milanais nommé Bernazzano. Dans la même maison on garde quelques belles tapisseries des Gobelins , dans lesquelles on a représenté quelques traits de l'histoire de Don Quichotte et quelques bacchanales; ce sont des présents faits par Louis XIV à la famille de Spinola , à laquelle ont succédé les propriétaires actuels de cette maison.

4- L'égli.e de S. François de Paule, que l'on voit ensuite, n'a été rebâtie qu'en 1728 d'apfès le dessein de l'architecte romain , Marco Bianchk La façade n'a pas été achevée 5 l'église n'a qu'une seule nef. La voûte a été peinte à fresque paï* Giftdici , qui était à la fois peintre et sculpteur

5. Dans les chapelles on voit 3. François de Sales peint par Cucchi , et S. Michel avec d'autres saints peint par Guerini de Crémone La Inbunedu maître autel , et les chapelles sont ornées de beaux marbres , et le chœur est orné aussi avec beaucoup de soin. \jq couvent a été destiné à difforens usages ; on y a même établi des écoles premières.

Rue du Monte dello Stato. Détail des environs.

i Une grande rue, qu on nomme del Monte dello Stato . ou tout simplement del Monte , ouvre un passage du Corto di Porta JS uova à celui de Ja P Orientale On trouve à gauche , en partant de S François de Paule, différentes rues qui y aboutissent, et qui se joignent à angle droit à la rue del Monte elleb portent les noms de ôorgki, et aboutissent de l'autre coté à la rue délia Spica Ils prirent la plus part le nom de quelque- églises qui y existaient autrefois ; de là les dénominations du S. Esprit , de Jésus . de S- André , etc, Ce dernier l/orgo a pris ensuite le nom de rue du Sénat après qu'on a pratiqué à son extrémité une ouverture, par larjuele on l'a fait traverser la rue délia Spica , et qu'on,

y a jelté le pont sur le canal , dont nous avons déjà fait mention en parlant de la Porte Orient taie , n.° XIV, 5. pag. 5% 58.

2. Dans la rue de la Spica on peut voir chea M, Joseph Roggieri une belle collection d estampes , et eatr'autres les œuvres complettes des célèbres graveurs "Morghen et Longhi- on y voit aussi une collection de desseins faits à la plume par le vieux Palmeri% j ère du graveur, et professeur actuel de dessin aux écoles de Turin.

3. Le Monte ou la banque publique de l'État , occupe un des angles formés par le croisement^ dp la rue du Sénat, ou de S. André, avec celle du Monte. C'est un ancien bâtiment , qui a été réparé et embelli par Piermarinu La façade est d'ordre Ionique. Cet architecte aurait souhaité de pouvoir donner plus d'élévation , et par conséquent plus de dignité à cet édifice; mais il fut forcé de se ressprrer entre les bornes que. lui imposait la nécessité de conserver la disposition intérieure de l'ancien bâtiment.

4« Vis-à-vis de ce p lais 0:1 vo»t la maison de la famille Perri , qui o 'na 1^ jour à quelques hommes illustres par leur savoir , entre lesquels il suffit de nommer les trois frères Pierre , Alexandre et Charles, dont le iern:er , encore vivant, réunit aux connaissances les plus pro>

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fonder dans la politique, la science de l'administration , la littérature et l'agronomie , les lumières les plus étendues en matière des beaux arts , et même la pratique de la peinture. Dans une grande salle de cette maison on voit une suite d animaux , peinte à l'huile sur loile ; c'est l'esquisse d'une collection d'fcistoire naturelle ; on la croit 1 ouvrage de Jean Baptiste Castiglioni , peintre génois très habile.

5. Derrière le palais du Monte passe une rue de travers , qui porte depuis la rue du Sénat jusqu'au Corso cli P. Q. Dan^ celle rue M. l'avocat François Reina a réuni dans sa maison uue collection nombreuse et choisie de livres de toute sorte de matières, entre lesquels ou voit quelques ouvrages très précieux , et des éditions extrêmement rares. Cette bibliothèque est digne d'autant plus d'une mention honorable , que le propriétaire, homme très instruit, ne s'en sert pas seulement à son avantage , mais il est assez généreux pour en permettre l'usage à ses amis , cuii cultivent aussi bien que lui les lettres et les sciences.

6. La rue du Sénat, ou de S* Andréa après la croisée se prolonge jusqu'au point où elle se joint à la rue de S. Viclor et 4° Martyrs , et à celle des 2?%#, qui se joignent elles mêmes en

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formant un angle presque droit. Dans cette dernière on voit le palais Taverna , dont la façade avec une porte assez élégante est un ouvrage du siècle XVI. Quelques peintures à fre que de Bernardin Luini^ qu'on voyait dans l'intérieur, ont été presqu'effacées par l'action du tems et de l'humidité. Dans la galerie on voit encore un beau tableau de Gaudence Ferrari^ représentant la Nativité de J. C. avec S. Jérôme , dans lequel on prétend de reconnaître le portrait de l'archevêque cardinal Arcimboldi , et un autre superbe tableau de Daniel Crespi, représentant la Vierge avec l'enfant Jésus au milieu de S. François et de S. Charles.

7. Dans un passage , qu'on a ouvert depuis long tems entre la rue des Bigli et la strada del Monte , on voit dans une espèce de petite chapelle une image de la Vierge, presqu'entiérement effacée. Elle avait été peinte par Bernar~ din Luini. — Sur l'angle formé par le croisement de la rue des Bigti avec le Corso di Porta JSTuova , on voit une maison rébâtie en partie et embellie par M. Tanzi , et appartenante à présent à la famille de Nava , à laquplle est annexé un beau jardin de plantes rares. La voûte d'une chambre cle cette maison a été peinte par Jean Baptiste Tiepolo ; on y voit quelques autres .

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peintures démérite, et même deux ouvrages 'dit chev. Calabrese.

Corso di Porta Nuova. Détail des environs,

i. Si on se dirige par le Corso di Porta Nuova du côté du grand Théâtre de la Scala, on trouve à gauclie la maison de MM. Pezzoli , autrefois des Porta ; elle a été achevée dans le siècle passé par les soins de l'architecte Simon Cantoni , et elle a été décorée au dedans et au dehors avec le goût le plus fin : on y a même joint un beau jardin, et on Va orné de statues sculptées par François Carabelli. Les voûtes de quelques chambres ont été peintes par des artistes de mérite; une d'elle, qui donne sur la rue, a été ornée de beaux frasques par F tienne Danedi, surnommé Montalto , et cet ouvrage a même été gravé par Dominique Cagnoni Une galerie contient des tableaux de prix • on donnait beaucoup d'éloges â la perspective , qui avait été peinte dans le Jardin par Castelli de Monza ; mais e)le a beau-» coup souffert à cause de sa si'ua ion.

2 Dans une petite rue à gauche, nommée $es Moronii on voit ^'entrée de la maison <î#

fraversi , autrefois Anguissola , anciennement possédée par la famille du célèbre chancelier Moroni . dont le nom passa à la rue. Le comte Anguissola , avant-dernier propriétaire, en rebâtit la partie inférieure d'après le plan de l'architecte Félix Soave. Il y a des appartenons trèsélégans, et ornés dans le goût le plus exquis : une salle au rez-de-chaussée a été construite en forme d'un ancien temple , et dans la voûte on a encadré des peintures , qui viennent de l'antique, travaillées dans le goût des mosaïques sur un fond d or et d'azur. La chapelle avait été ornée de deux statues en marbre, d'un beau tableau de Jules César Procaccini , et on voyait en haut un ancien ouvrage en mosaïque très précieux. On donne des éloges à la façade, que l'on voit du côté du jardin ; une fontaine est aussi décorée avec des colonnes de bronze et un buste en marbre ; il ne manque à l'ornement de cette maison, qu'une façade du côté de la grande rue, ou du Corso di Porta Nuova.

3. En avançant par la rue des Moroni on trouve bientôt à gauche le palais Belgiojoso avec une place au devant, La façade est magnifique, et ornée avec goût ; c'est encore un ouvrage de Piermarini ', que nous avons nommé très souvent. Il posa d'abord une base très élevée, travaillée

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^n bosse , clans laquelle il ouvrit trois portes , et il adopta au dessus un ordre composite de. colonnes dans la partie du milieu prononcée au dehors , et de piliers dans les deux cotés , couronné par un fronton trangulaire et une balustrade aux deux cotés. Les deux rangs des fenêtres furent aussi richement ornés , et dans les espaces intermèdes on introduisit des bas-reliefs et des emblèmes. La voûte dune galerie de ce palais a été peinte par Martin Knoller , et dans la chapelle on voit une belle statue voilée, sculptée par Franchi. Les ornemens en stuc et les sculptures en bois sont des ouvrages estimables d' Albertolli et des frères Gerli. Vis-à-vis de ce palais on a rebâti depuis peu une maison , décorée d'une façade dessinée par l'architecte Piuri.

4- En continuant la route du même côté, on trouve la rue de S. Paul , où la maison autrefois Cinani, que l'on voit à gauche, réclame l'attention des amateurs des beaux" arts. Elle a été depuis peu achetée ev embellié par la société qu'on nomme âel Giardino C'est un édifice des plus magnifiques de la ville : les artistes ne sont pas d'accord sur le nom de l'architecte, quoique le plan en soit attribué par quelques uns à Pelfegrini ; ce n'est pas sans raison que Bianconi croit d'y voir le goût Palladien. Le plan a ma

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air de grandeur au dedans aussi bien quau dehors .* le vestibule est orné dans le style de Pallado. ; la cour aussi est très bien décorée , et les parties intérieures sont arrangées avec intelligence, et avec le goût le plus exquis. L'escalier à double rampe est caché adroitement. Cette maison a été bâtie par Léonard Spinola en i5qi.

5. Si l'on rebrousse chemin du, côté de la place du palais Belgiojoso , en divergeant à gauche de cette place on trouve de suite une maison bâtie et possédée autrefois par Léon Leoni de Menagio, surnommé le chevalier Arétin, peintre , sculpteur et architecte. C'est lui qui orna la chapelle des JYÏédicis dans la cathédrale. Il orna aussi cette maison de quelques ouvrages de son ciseau, et ce fut après la moitié du siècle XVI. Au dessus d'une base lisse , et toute simple , percée seulement par la porte, qui a un fronton biparti, il dressa huit piliers, auxquels il adossa autant de figures gigantesques d'esclaves , à l'instar de termes avec les bras , 'dont deux soutiennent la loge qui orne le milieu de la façade. De ces statues , ou de ces caryatides dériva à la rue qui passe au devant, le nom vulgaire de Contrada degli Omenoni; on prétend qu'elle porta aussi anciennement le nom à'Aretina. Entre les statues on plaça de chaque côté deux niches <e%

une fenêtre , qui étant nécessairement plus étroite que les épaules des géans , né pouvait pas fournir assez de lumière aux appartemens. L'ordre placé au dessus a une base qw égafce en hauteur le parapet des fenêtres, et qui étant prononcé au dessus des statues, porte huit petites colonnes ïoniques qui soutiennent un c tablement enrichi d'orneniens. On trouve une espèce de contraste et de dissonance entre la petitesse des colonnes et des fenêtres , et l'aspect solide et massif des caryatides gigantesques. Les sculptures ont cependant beaucoup de mérite, et on trouve surtout dignes déloge les bas-reliefs qu'on voit dans la métope de l'ordre dorique qui sert d'ornement à la cour On peut remarquer , que Leoni, tout en suivant la méthode des anciens, sculpta plusieurs morceaux sur place; c'était une méthode très utile en ce qu elle épargnait les risques que l'on court dans le placement de « marbres sculptés, 6 En revenant par la rue des Moroni sur le Corso di Porta ISfuova , on voit presque vis-à-vis la façade de l' église supprimée de S. Pierre colla Rete; c'était un édifice d'. rdre ionique dessiné par Rickiui Tout près de là on trouve l'église de Samte Marie del Giardino , qui a été également supprimée, mais qui mérite pourtant qu'on pu fasse une mention particulière. Elle est d'ail-

leurs dans le même état où elle se trouvait à r époque de la Suppression, quoiqu'elle ait été destinée à l'usage de magasin C'est un bâlimenl toat-à-fait surprenant, construit avec l'argent légué par ce Figini , qui ordonna aussi la construction des portiques que l'on voit sur la place de la cathédrale , et qui portent encore son nom Sur un espace très vaste on jelta un toit à l aide de quelques arcs aigus d'une hardiesse rtoinante.- il en résulta une espace de grande place ^ouverte, et un édifice surprenant par sa vasùté et par la forme de sa construction* Ot ouvrage apparlient au siècleXV. ce ne fut que sur la fin du XVI, que W moines, suivant leur usage, y ajoutèrent des chapelles, et on suppose que 3e choeur auss ait été construit, à cette époque. La corde des arcs est de la longueur à peu près de 5o pas , et la résistance des cintres a été si bien calculée, que plusieurs de ces arcs subsistent depuis trois sièg es et demi sais le secours d'aucune, chai >e , et ne sont point du tout lézardés. — De l autre c*té du Corso on voit les maisons Brentano et Gargantini , autrefois Trecchii avec des faça les do ;t l'architecture Wt ôjssez régulière. Dans la première de c^a maisons ou voit chez M. l'abbé Tordor?> une espèce de cabihet portatif composé des bas-reliefs travaillés en

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dent de cheval marin , ou , peut-être , de nar* whal, d'une blancheur éclatante, dans lesquels on a représenté dans une suite de compartimens plusieurs sujets tirés de l'ancienne mythologie , et des anciens contes des novellistes italiens Les compartimens sont encadrés dans des châssis de bois étrangers , ornés de pierres fines. On croit que c'étaient les ornemens de deux caisses qui faisaient partie du do;ia>re d'Isabelle, fille de Jean, roi de France, et épouse de Jean Galéace duc de Milan , ce qui peut donner une idée de l'époque à la quelle ces bas-reliefs ont été travaillés.

Église de S. Jean aile Case rotte.

i« Ge fut la dévastation des anciennes maisons des Torriani , produite par la fureur populaire, qui occasionna cet adjectif au titre de l'église. Elle était dédiée depuis le siècle XIV à S. Gio~ vanni decolîato. Elle fut rebâtie ensuite d'après le plan de Rickmr , ornée de trois autels, d'un presbylère assez ample , et de quatre tribunes avec des colonnes de granit du pays, dont on ?eîeva l'éclat par le poliment.

a. Un beau tableau de Sdvator Rosa, qu orç

voyait dans celle église , a passé dans la galerie du palais des sciences et des arts. La décollation de S. Jean a élé peinte par le chev. del Cairo ; la voûte a été très bien ornée, et divisée en compartimens réguliers par Joseph Antoine Casteïli de Monza , surnommé Casteliino ; au milieu on voit une peinture de Gïlardi. Les figures au dessous de la corniche sont des ouvrages de S as si et de Jacques LecchL

Église de Sainte Marie délia Scala in S. Fedele* Palais du Cadastre*

1. On trouve quelque mention faite dans le siècle XII d'une paroisse sous le titre de S. Fidèle; c'est dans cette église que S. Charles installa les Jésuites ; il chargea le cél. Pellegrini du plan de la nouvelle église , et cet architecte réunit tous ses efforts , afin de combiner la régularité avec l'élégance au dedans aussi bien qu'au dehors. La façade n'a pas pourtant été achevée quant à la partie supérieure , et la partie de dehors du chœur est aussi imparfaite. Après la suppression des Jésuites on y a fait passer le clergé de I3 chapelle ducale de Sainte Marie délia ^calc^

2. L'église présente un aspect imposant de solidité el de magnificence. La base de tout l'édifice est formée par un mur assez haut en pierre de taille : par ce moyen on Ta beaucoup élevé au dessus du terrain , et on a dû y donner 1 accès à 1 aide de plusieurs dégrés , disposés en forme pyramidale. Sur cette base on a encore posé un socie orné dune corniche, qui n'est percé que par a porte ce socle prononcé sous les colonnes leur sert de base, ou de piédestal continué. Le premier ordre que l'on voit au dessus . est le corinthien avec des colonnes promineiites les troU quarts de leur diamètre, accompagnées de piliers adosses, et décorées avec un architrave , une frise et une corniche. Le second ordre e t composite , et on y voit répétés tous les détails d'architecture qu'on trouve dans le premier Dans la façade on voit cinq ent ecolonnemeus , dont un très ample au milieu, et les autres plus petits des deux côtés Le premier est orné de deux colonnes iso ées , avec un f ooton cintré au dessus. On y a conservé l'ordre corinthien , de sorte que la porte n'a pas un ordre particulier, comme pn voit prat qué presque généralement. Des quatre eqjpecolonnemens plus petits, les deux ^ui sont le plus près de la porte, ont ujia

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cspèee de panneau en pierre avec des festons, et dans l'espace q>i correspond à la hauteur du chapiteau , ils sont ornés d'un bas-relier ; les plus éloignés présentent une niche : tout cet arrangement est répété exactement dans l'ordre supérieur , excepté qu au dessus de la porte on voit une fenêtre , avec des petites colonnes. La façade est couronnée par un fronton triangu laire , qui seconde le penchant du toit.

3- Les artistes font le plus grand cas de l'architecture du flanc extérieur , qu'on regarde généralement comme la partie la plus remarquable de l'édifice. Elle comprend huit entrecolonnemens . dont deux grands et six petits , ce qui répond au corps de l'église; et l'espace qui répond au presbytère, qui se rétrécit eu proportion de la profondeur des chapelles , et embrasse encore trois entrecolonnemens , dont un gra ;d et deux petits On en compte cincj dans l'enceinte du chœur Les entrecolonnemens , qui se trouvent près des coins de l'édifice , sont les plus étroits , ce que 1 architecte a imaginé afin de donner un plus grand air de solidité à la construction; il plaça dans ces espaces des niches très ornées. Dans les plus petits espaces il ne plaça que des panneaux en pie^fce de taille prononcé j , et dans les plus grands il dessina

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un arc soutenant l'architrave , comme on le voit dans la porle d'entrée; il imposa à ces arcs un fronton aigu , afin d'éviter la monotonie , qu'une très longue corniche horizontale aurait produit. L'ordre supérieur est arrangé de même , à la réserve des fenêtres , qu'on y a pratiqué tout de même comme dans la façade. ;

4- C'est la même architecture au dedans Le socle y est continué tout autour , et il devient piédestal au dessous des colonnes; au dessus c'est Tordre corinthien qui rè^ne dans toute l'église La nef , ou le corps de l'église est composé de deux carrés , séparés par une eolonne isolée, avec quatre autres dans les quatre coins: dans chaque carré il y a une chapelle de chaque côté , qui réponde aux entrecolonnemens les plus larges, et aux plus étroits ré~ pondent quatre tribunes , qu'on nomme dans le langage du pays corett'\ Les colonnes de l'intérieur sont de granit rouge , qui a reçu un beau poliment : le reste de l'ordre est composé de piliers. Le presbytère se détache du corps de l'église , en ce qu'il est resserré à son embouchure , proportionnée à l ouverlure du chœur formé en demicercle. La voûte de l' église est composée de deux voiles; au dessus des quatre arcs qui forment le presbytère , s'élance une cpu^

TVEUVB. 2>]5 pôle majestueuse. Les chapelles et les tribunes sont ornées de très bon goût , et l'ensemble présente une idée de grandeur et de beauté. Peiïegrini , mandé an Espagne , ne pouvant pas completter la construction de ce temple magnifique , ce fut Martin Bassi qui se chargea du soin de l'achever.

5 Dans la première chapelle à gauche, dans laquelle les ornemens et les détails de l'architecture sont travaillés en marbre , et les chapiteaux en bronze , on voit S. Ignace peint par le Cerano. Dans la seconde la Transfiguration a été peinte par Bernardin Campl. — Dans la première à gauche la Descente de croix au dessus de l'autel a été peinte par Preterezzano , qui se signa de son nom , et y ajouta sa qualité d élève du Titien : c'est un monument pré« cieux pour l'histoire de l art. Dans la seconde on a placé l image de la Vierge , que l'on vénérait dans Téglise délia Scala ; l'autel a été construit depuis peu d'après le plan de l'architecte Peslagalli*

6. Le même architecte a aussi fourni le plarv du maître autel, qu'on vient de construire , et qui n'est pas encore achevé. 11 est composé des marbres les plus fins , et de bronzes dorés ; il îéunit le bon ^oût é4 la magnificence. Mond

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de Ravenne l'a orné de deux Las-reliefs, et de quatre caryatides; on attend encore de lui deux statues d'anges , qu'on doit placer aux deux côtés du tabernacle, Des deux bas-reliefs l'un représente Moise portant les tables de la loi, l'autre le Baptême de J. G. Les deux grands tableaux des côtés ont été peints par les frères Sant gosûno. Dans la sacristie on voit quelques uns des ou^rag^s les plus estimables du Jésuite Pozzi, dont on a imprimé deux gros volumes de desseins de perspective

7 On prétend que la maison des Jésuites était aussi un ouvrage de Pellegrini. A présent on y a établi les bureaux du cadastre , ou, comme on dit dans le pays , gli uffizj del Censo. ^intérieur de l'édifice , aus^i bien que la façade du côté de *a place de l'église , a été arrangé d'après le plan de l'architecte Pestaçalli , qu'on vient de nommer. Dans 1 intérieur on a aussi arrangé des salles très vastes pour la confection des mappes, et les autres travaux des dessinateurs. — Une partie de cet édifice est affectée aux archives du gouvernement. On a entassé les papiers publics dans quelques pièces assez vastes , <lans 1 ancien réfectoire , et dans la bibliothèque des Jésuites , dans quelques corridors etc. , mais toute fois on pourrait souhaiter qu'on assignât i

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un dépôt précieux, tel que celui de ces archives, un local plus décent, plus vaste et plus commode.

* Palais des Finances , anciennement de Thomas Mar ni.

1. Au devant de l'église, qu'on vient de décrire, 01 voit une place , qu'on a agrandie depuis peu, moyennant la démolilion d'une maison qui se t ouvait vis-à-vis. A côté de cette place on voit le pa'ais des Finances, dont la porte d'entrée donne sur la rue qui passe au fond de celte place , et qui porte le nom de Mar ni , dérivé de l'ancien propriétaire de ce palais. Il fut bâti par un Génois , qui vint à Milan en 523, et qui devenu fermier général , amassa en peu de tems des richesses immenses II s ngea des lors à se procurer un logement magnifique , et le plan majestueux en fut fourni par Galeace Alessi de Pérouse.

2. Ce palais qui n'est pas achevé , devait être isolé, et de chaque côté il devait avoir une porte égale à celle qu'on voit dans la rue , qui a pris le nom du palais. On y a employé trois

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