‹ Guide des etrangers a Milan et dans les environs de cette villeChapitre 33 sur 67 · PORT · texte numérisé non relu

PORT

S. Frotaise ad Monacos.

1. Si cette église a jamais été desservie par des moines , comme il parait par son nom, elle ne l'a été qu'avant l^ siècle IX, puisqu'aprè . cette époque on y établit une naroisse ; elle est encore une des succursales de la paroisse de S Fidèle. L'église, que Von voit à présent, a été dessinée par Dellegrini elle est composée d une >eule nef d'ordre tonique avec trois chapelles de chaque côté.

2 A. droite on voit S J«an qui prêche dans le désert , peint par Daniel Crespi ; la Vierge avec ses parens par Ftammenghini , le Crucifix au milieu de plusieurs saints par le Cerano. De l'autre côlé Kuvolom peignit S A.nne ; Rodolphe C inio S. Antoine l'abbé et Jules Rossi S. François de Paule dans un petit tableau au dessus d'un autre Crucifix. Ce même Hossi peignit aussi les panneaux des orgues, et la voûte a été ornée de peintures par Fiammengk'ni. Dans les tableaux des deux côtés du maître autel un peintre assez habile, dont le r>o n n'est pas "connu , représenta les actions vertueuses des SS» martyrs Gervais et Frotaise,

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3. En sortant de cette église , on trouve à gauche deux petites rues , qui aboutissent de même à la rue de S. Marguerite, très longue et occupée presqu' entièrement par des imprimeurs et des libraires. Un de ces deux vicoli porte au dépôt d'estampes et de livres des éditeurs de cette de* scription de la ville , de l'itinéraire d'Italie , du plan de la ville, de 16 différentes vues de la même , gravées par le prof. As par , de mappes locales et de plusieurs autres ouvrages de topographie et de chalcographie en général. Ils possèdent aussi une grande collection d'estampes anciennes la plus part classiques ; les meilleures estampes modernes de toutes les écoles , une collection de tableaux des malires les plus renommés, et toute sorte d'objets , qui ont quelque rapport aux arts du dessin. — Près de l'extrémité de cette rue x et précisément dans l'endroit , où existait l'ancien couvent de S. Marguerite , dont la rue a tiré son nom , on voit le palais de la diréction générale de Police. — Une autre petite rue qui s'ouvre vis-à-vis de S. Protaise , porte à une place nommé a délie Galline , et de là au Cordas ia*

Cordusio. Détail des environs,

1. On suppose que le nom de Cordusio dérive de la dénomination d'une cour ducale , a curte ducis. G est une place , ou plutôt un carrefour , où viennent aboutir plusieurs grandes rues, une entr'autres qui part du Ponte Vetr» , et qui passe devant l'hôtel de ville , une autre qui vient de la croisée délie Cinquevie , une troisième très longue qui porte le nom de rue des orfèvres , etc. Sur les murailles de quelques maisons du côté de Tovest Fiamnienzhirii avait peint en gouache J. G 1 portant sa croix au Calvaire , Barabini de Gênes l' adoration des Rois , Morazzone la Vierge avec l'enfant Jésus et S. Joseph.

2. Dans la rue des orfèvres on trouve des deux côtés une longue suite de boutiques occupées par des orfèvres, des argentiers, des joailliers, des bijoutiers , etc. Tout près de l'embouchure de cette rue dans le Cordusio on trouve une autre rue très marchande , nommée des Fustagnari , où l'on vend beaucoup de futaînes et d'autres toiles de coton : elle porte à la place des tribun&ux 8 autrefois des marchands.

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Place des tribunaux , autrefois des marchands*

i. Au milieu de cette place on voit s'élever au dessus de plusieurs arcades , ouvertes de tous les côtés, Un bâtiment très solide et qui présente une idée de grandeur. Ce sont les archives des actes publics passés devant les notaires , dont les régistres , qu'on nomme dans le pays le matrieole , ou le filze , sont toutes dépusés dans cet •ffice établi exprès afin d'en garantir la conser^ vation. Ce fut un Edouard Grossi de Lodi , qui fonda cet établissement , qui n'était pas destiné au commencement qu'au service des tribunaux.le bâtiment fut commence en i2o3 et daus les murs du coté du midi on voit la btatue équestre du fondateur , qui remplissait alors à Milan la charge de préteur , ou Podestà. L arrangement intérieur de ces archives est assez ré^ulièr ; le syslème d'administration mérite des éloges, et rétablissement en général attire l'attention des étrangers.

2. Les portiques assez vastes 3 qu'on vient d indiquer , servaient autrefois de point de réu .ion aux commerç ans c'est de là que la place a pris \% nom de place des marchands. Ce n'est qut*

depuis peu , que l'on a érigé une bourse très commode , en destinant à cet usage une salle , a laquelle on a ménagé l'entrée du côté môme de celle place.

3. Ce fut le pape Pie IV , qui ordonna la Construction de l'édifice magnifique , que l'on •voit à gauche en entrant dans cette place par la porte qui vient du Cordusio et de la Porte Verccllîne. Il servit long tems de résidence à un collège de jurisconsultes , décoré par ce même pape d'un grand nombre de privilèges et du titre de juges , comtes et chevaliers. Vincent Seregni, ou de Seregno , donna le plan de cet édifice: il établit au dessus de plusieurs dégrés un portique avec des colonnes doriques accouplées et des balustrades dans les enlrecolonnemens ; il orna aussi richement la partie supérieure, en élevant au dessus de la corniche de l'inférieure un attique garni de fenêtres avec des frontons bipartis » tels qu'on les voit dans les fenêtres et dans les portes qu'on trouve sous le portique. Cet ordre d'architecture annonce le luxe et le goût le plus fin , et cet ordre devait régner tout autour de la place et décorer tous les édifices qui en forment l'enceinte. Dans quelques salles à l'intérieur, ou s'assemblaient les nobles jurisconsultes , que l'on nommait les Dottori Colle«iati , il y avait d'assez

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bonnes peintures de quelques artistes du siècleXVII, et entr autres de Legnani, de Besozzi , de Busca* de Castelli de Monza , etc. ; il y avait aussi dans la chapelle quelqu'ouvrage de Figirri et de Jules César Procaccini. Le collège des jurisconsultes a été supprimé , et ces salles ont été énsui te destinées à différens usages.

4- Au milieu de l'édifice qu'on vient de décrire, on voit la tour de l'horloge de la ville. La niche vuide qu'on y voit, contenait une statue gigantesque de Philippe II roi d'Espagne , qui était un des ouvrages de Biffi, , et qui avait été éri*ée pendant que Fabrice Bossi était maire de la villé. La tour datait d une époque plus anctenne. La «tatue fut enlevée en 179O.

5. De 1 autre côté de la place on voit un édifice que la ville fit construire avant la moitié du siècle XVII, à l'usage des écoles Palatines, dont la maison avait été détruite par les flammes. On y plaça la statue en marbre d' Ausorie avec son épigramme contenant les éloges de la ville de JVIila n gravé au dessous , et la statue de S. Augustip , qui avait ùonné dans cette ville des léçons publiques de rhétorique , avec l'inscription suivante au dessous:

« Augustinus hic humvna docens, awtna diiicit. *

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On peut lire à la lin de cet article répigramme à\4usone , dont il a été question plus d'une fois dans celte desciiption; on l'a imprimé d'après le texte de l'édition la plus correcte de ses ouvrages, qui rit celle de Jaques Tollius. Les écoles Palal ;.ujs ont joui d une grande célébrité. Ce fut dai;s leur emplacement qu'on érigea ensuite une imprmerie et qu'on réunit la société Palatine; de cette imprimerie et par les soins des membres fie la société, sont Sortis les plus grands ouvrages concernants l'histoire et les antiquités, qui ont paru dans le siècle XVIII, les ouvrages de Si" gonws et de Muratori , à'Jrgelati , de Mezzabarba , de S as si , etc.

6. Tout près de là on avait élevé dans une époque plus reculée un édifice composé de deux portiques , dont l'un était au dessus de 1 autre , et chacun des deux contenait cinq arcades. C'était une espèce de loge destinée aux pro« clamations, auxpublications desloix, des édits, etc. On la nommait Loggia degli Osii , ce qui dérivait, peut-être, du nom de quelque maire ou de quelque préteur, qui l'avait fait bâtir; on sait pourtant , que Matthieu le grand donna la nain à cette entreprise au commencement du siècle XIV. Les arcs du portique inférieur ne faiebt pas construits dans le goût de l'aî-cM-

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lecture gothique, qui ne domina qu'après cette époque ; on a jugé en conséquence que les statues dont on a orné cet édifice et môme les arcs supérieurs , pourraient bien appartenir à une époque plus récente.

7. Dans un des piliers qui soutiennent le bâtiment des archives , on voit un bas -relief du moyeu âge , qui représente une truie garnie dé poils à demi , dans laquelle on à cherché l'étimologie du nom de la ville, d'après une tradition appuyée d'un passage de Sidonius Apollinaire* On pourrait soupçonner que ce bas-relief eut été sculpté à la suite de la tradition, à laquelle il ne pourrait prêter dans ce cas là aucun appui.

8 Cinq rues aboutissent à c*tte place, et â l'avenue de chacune on trouve une porte. Geâ portes sont différentes entr'elles de forme et de hauteur ; mais à l'aide de ces portes on aurai tt pu fermer de tous les côtés celle espèce de fo* rum. — Il prit le nom de place des Tribunaux après que le collège des jurisconsultes fut supprimé, et que l'on y eut établi différentes cours dç justice. Cependant une inscription placée par un Thomas de Caponago au bas d'un escalier en i44^ , qui contient des averti démens très sages au* plaideurs, prouve que Ion y administrait 1^ justice dès la moitié du siècle XV.

PORTB WEUVC.

ÉPIGRAMME wausone

contenant les éloges de la ville de Milan,

Et Mediolani 77 ira omnia, copia rerum: Innumerœ , cu'tœque domus facunda virorum Ingénia , et mores lœti Tant, duplice muro Amplifier ta toci species , populique voluptas Circvs , et znclusi moks cuneata Theatri : Templa , Paîatinœque arces , opulensque moneta "Et rrgio Herculei celebrh ab honore lavacri^ Cunctaque marmoreis ornata perystila signis> ftTœniaque in vaUi formam ci'cumdata labro. Omnia quœ maints operum vehit œmula f ormis Excellant, nec juncta premit vicinia Romœ.

Fin de la première Partie.

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