‹ Guide des etrangers a Milan et dans les environs de cette villeChapitre 39 sur 67 · XVI1L · texte numérisé non relu

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Coma,

1. La ville de Como a été quelquefois com-i parée par sa forme à un crabe, ou à une écrévisse de mer , et ce n'a pas été à tort. Le fauxbourg de S. Augustin donnerait quclquidée de la patte ou de la pince droite , et le fauxbourg qu'on appelle le bargo di Vico , formerait la gauche. Dans le premier , qui portait autrefois le nom de Cvrignola ou Colognola , dérivé du latin Coloniola , s'étend jusqu'au promontoire de Geno ; il renferme plusieurs filatures et manufectures de soie. Dans l'église de S. Augustin on voit des beaux fresques de Morazzone , et on admire quelques beaux tableaux dans la maison qui porte le nom de GaUietta , appartenante autrefois à MM. [Rezzonico , â présent

MM. Giovio. Dans un ancien cloître d herç

EffVTTlOTVa

miles de l'ordre de S. Augustin, on voit aussi une ancienne peinture à fresque , qui représente, J. G. apparaissant à S- Augustin dans l'accou- Iroment d un pèlerin. Dans la montagne au dessus on trouve à moitié de lat montée une grotte , qu'on appelle de S, DomU; sur une plaine plus élevée est assis le village de Brunate, on y voit une vieille image raccomodée } qu'on débite pour le portrait d'une iVdlhe!mine , sœur d'un roi d'Angleterre, qui se sauva de la maison paternelle» erra quelque temsdans ces montagnes , et après sa mort fut honorée du litre de bienheureuse.

2. Tout près de ce village on voit celui de S. Thomas , oit l'on trouve de bonne argillc. De là on descend à S. Martin, où l'on voit une grande manufacture de draps de MM. Guaita et compagnie , qui a été depuis peu agrandie et perfectionnée par l'introduction de plusieurs belles machines II en sort de très beaux draps , et même des plus fins. Cette manufacture avec les filatures , qui en dépendent, entretient un nombre d'ouvriers très considérable.

o Les montagnes situées autour de Como du sud-est au sud-ovest, sont en pi; lie composées d une espèce de brèche et de pierre meulière, qu'on appelle molare forte; à l'est elles ont une base

<ïe granit ou de gneiss, qu'on ne voit pas, peut être, à découvert dans les autres endroits. Dans les hauteurs les montagnes sont de pierre calcaire, eu même marneuse, qui par le froîte— ment donne une odeur bitumineuse.

4- Le bourg de Vico s étend jusqu'à la base de la montagne de Larnpino , dont on a fai£ ' dériver le nom de Olynipinus il renferme un grand nombre de maisons de plaisance , la plus part bâties dans le goût de la bonne architecture; on y distingue entr autres celles de Grumello et de Ochscalchi ' ; on prétend que dans l'emplacement de la Gallîa , à présent appartenante à la famille Fossaniy était située une des maisons de campagne de Pline , ou de son beaupère Calpurnius Fabatus. Le célèbre Paul Giovi-o y avait placé son cabinet, et ou y voyait de son temps, lorsque les eaux étaienfc basses, quelques pierres de taille , quelques fragment de colonnes et de pyramides sur le rivage. Dans l'ancienne maison des Gallii , on voit quelques peintures à fresque du Morazzone et du chev. Bianchi.

5, Dans la ville on trouve plusieurs objets qui réclament 1 attention des connaisseurs. La cathédrale est un grand édifice bàli en marbre; son commencement dale de l'an iZgS , et il ue

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fut achevé qpie dans le siècle XVII. Le marbre a été tiré de la carrière de Musso< Le goût de l'architecture tient du gothique , mais les bas- Teliefs ei les détails des ornemens , surtout au dehors , quoique dans le goût de l'édifice , sont travaillés avec beaucoup d'élégance.

6 Les panneaux des orgues, qu'on a placé a coté de deux autels , afin que les connaisseurs pussent les admirer à leur aise , sont des tableaux du plus grand prix. La INTntivité et l'Adoration des rois y ont été peintes sur toile en détrempe par Bernardin Luini; Gaiiâence Ferrari y représenta la Fuite en Egypte, et les iiançaiiles de la Vierge. On voit aussi dans la même église un tableau peint à l'huile par ce même Luini; le sujet en est la Vierge avec S. Jérôme et quelques autres saints.

7. On croit le baptistère dessiné par Bramante* On y voit d'un coté un fragment d'une inscripion romaine, érigée en honneur de Cajus P Uni as Cecilius Secundus. Au dessous de ce fragment on voit d autres lignes, qui appartiennent apparemment à un autre monument , et n'ont aucun rapport avec les premières C'est une chose assez* connue, que les Plines appartenaient à Como ; plusieurs inscriptions , qu'on trouve dans la ville et aux environs , retracent les noms et les mémoires de cette famille.

DE MILAtf.

8. On en trouve une très remarquable dans le palais Giovio ; elle était autrefois dans îhôtel de la ville. Oa peut regarder ce palais d'une famille des plus illus'res de la ville , comme un véritable musée lapidaire, dans lequel le comte Jean Baptiste Giovio , décédé depuis peu , qui en était le propriétaire , s'empressa de recueillir toutes les inscriptions qu'il pût obtenir, et dont rilitrstration fournirait la matière d'un gros volume. On y en transporta plusieurs , qui se trouvaient dans la maison Tridi , et celles que 1 oa voyait dans la maison de l'évèque. Le vestibule , la cour , l'escalier , les portiques du palais, sont tous remplis d'inscriptions et des monumens de l'antiquité. Une inscription honoraire de Lucilts Cecilius Cilo , est particulièrement digne de remarque. Les salles du palais sont ornés de quelques beaux tableaux ; on y voit quelques unes de ces peintures , qui entraient dans la collection de Paul Jove , et que cet homme célèbre , un des ancêtres de la famille propriétaire , avait illustré dans son ouvrage des Inscriptions. Oa voit aussi des beaux tableaux dans les maisons Natta , Mugiasca et Ciceri.

9 Dans le lycée , dernièrement construit , on *oit un cabiad assez bien fourni d'instrumeus

virons

fie physique , donl une partie a été donnée en présent par le chanoine Gattoni , qui pendant ]e cours de sa vie , ne cessa jamais de cultiver avec transport les sciences naturelles Le lycée est aussi fourni d'une bonne bibliothèque et d'un jardin botanique. Les professeurs Mocchelti et Carloni, et le médecin Solari , possèdent des coib'dions choisies d'objets d'histoire naturelle ; la pre nier y joint une belle suite d'éditions du siècle XV; le troisième un cabinet d'antiquités, et plusieurs tableaux de mérite. Ebel parle avec honneur du jardin de MM. Passal cqua et du jardin des plantes de M. Fuma* galli. La façade du lyc^e qu'on a dernièrement arrangée, est cnée de quelques bustes en plastique ; ce sont des ouvrages de Grazioso Ritsca,

10. Dans l'église de S. Fidèle on voit des beaux ouvrages à fresque autour de l'autel de la Vierge; on les croit de Camille Procaccini — On donne des éloges à l'archileclure de l'église du Crucifix; on y voit six belles colonnes de marbre, tirées d'une carrière près de Ma?;— Jello — L'hôpital est un édifice assez vaste et très corn ode; la construction de la maison d'éducation , qui porte- le nom de Coïïezjo Gallzoy annonce aussi le goût de la bonne architecture. ^ On a bâù depuis peu dans cette ville une

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salle de spectacle d'après le dessein de l'architecte Cush

11. Como est une ville tiès rieiie et très peuplée ; elle tire ses ressources du commerce et de l'industrie , et surtout de l'industrie manufacturière. On y trouve par tout des filatures et des fabriques d'étoffes de soie et de coton. Outre la fabrique de draps de MM, Guaitay dont on a parlé ci dessus , on y voit une au're grande manufacture de draps de M. Jean Baptiste Lu* raschi , qui est aussi montée avec des machines à l'anglaise , et dont il sort des draps de toute qualité, et même de toute finesse, très bien travaillés. A Como on fabrique au^si beaucoup de savon ; c'est un savon noir dans le goût de celui d'Alicante: on en fait quelqu'usage dans la médecine et dans la pratique de l'art vétérinaire.

12. Le commerce de cette ville n'est pas seulement soutenu par l'industrie des habitans et par les fabriques du pays ; il l'est encore par la situation de la ville et par la navigation du lac, qui lui offre davantage de la commodité des transports , et lui ouvre une communication directe avec la Suisse , et une route commerçaîe pour l'Allemagne. Elle obtient par là un débouché des produits de son industrie , et clic

est devenue un entrepôt considérable des marchandises qui de l'Allemagne el de la Suisse sont expédiées pour Milan et pour d'autres places de 1 Italie.

Àpperçu du lac dé Como.

i. On prétend que le nom de Lario, donné à ce lac, dérive de la parole étrusque Lar% qui signifierait prince ; cette étimologie est bien plus raisonnable que celle qu'on tirerait de* mouettes , très fréquentés sur ce lac , et de leur nom latin larus. On prétend en effet , que les alentours de ce lac furent occupés par les Etrusques et par les Orobii ; qu'ensuite ils le furent par les Gaulois , et qu'après que ces derniers lurent subjugués par !es Romains , 6n y envoya des colonies de Romains et de Grecs Ce fut Pompée , suivant le récit de Strabon , qui, afin de repeupler ce pays , dévasté par les Rhéliens , y envoya 5oo Grecs de race distinguée , il n'est donc pas étonnant de trouver sur les rives de ce lac des villages dont le nom peut se rapporter à une origine grecque. Il y a aussi quelque nom , qui semble dériver de la langue

ceUique; on pourrait, peut-être, rapporter à celte origine le nom même de Lario.

2. Dans une époque postérieure, c'est-à-dire du tems des empereurs romains , on regarda comme des Romains les habitans des rives du lac, jusqu'à ce qu'ils furent compris dans 1 invasion des Goths et dés autres peuples du Nord , qui envahirent toute l'Italie. De cet état turbulent naquit l'anarchie ; lès guerres civiles s'allumèrent , et les Rusca , et d autres familles puissantes obtinrent tour à tour la seigneurie de Como et du lac, jusqu'à ce que ce pays tomba sous la domination des Torriani et des Sforza , et ensuite de la maison d'Autriche. À lépoque de la formation du royaume d'Italie, Como devint le chef-lieu du département du Lario ■■ c'est à présent le siège d une délégation provinciale.

3. Les montagnes qui entourent le lac , présentent presque toutes la pierre calcaire dans leur sommet , et on ; voit très peu d'indices de végétation. Toules celles qui entourent le lac depuis Mena^io jusqu'à la rive occidentale , et jusqu à Bellano , sont primitives ; on trouve ensuite le limite septentrional des alpes calcaires , dont la chaîne s'étend du sud-ovest au nordovest. Les dépôts calcaires gisent cependant sur

la roche primitive au sud el à lest, el jusqu'à Como et à Lecco ; dans quelques endroits on voit la roche primitive à découvert. Les montagnes des pays situées au dessus du lac , sont composées de couches alternantes de granit , de gneiss , de schiste micacé 3 et de pierre calcaire primitive. Les parties les plus élevées des Alpes calcaires sont parsemées à leur surface d'une quantité immense dé blocs , et de fragrrtens de granit , et de gneiss , et même de ce granit , qui contient des gros cristaux de feldspath , qu'on nomme Scerizzo Gluandone. On ne trouve sur place plusieurs de ces roches , que près de la montagne de S. Gothard. Les montagnes calcaires du lac renferment toute sorte de coquillages. Au de là de Menagio à l'ovest , et ail de là de Bellano à l'est , commencent les montagnes de brèche .siliceuse , les granits , les feldspaths, les quartz; on y trouve quelque dépôt, ou quelque veine de marbre, de largille , et du sable quarlzeux ; mais ces subtances sont elles mêmes placées sur les granits ou disposées en forme de filons dans les crevasses des montagnes.

4- Les marbres qu'on tire de ce> montagnes , sont très nombreux et de différentes espèces : lés plus connus sont le noir de V irena , 1#

jblanc de Musso et à'Olgïasca, ou de Piona ; près de Varena , et au dessus de la Tramoz* zina , on trouve quelques lumachelles. — En examinant de près la forme de ces montagnes, on voit qu'elles sont disposées en forme de terrasses à plusieurs étages, dont deux sont les plus apparentes , Tune à un tiers à peu près , l'autre à deux tiers de leur élévation. Ces terrasses sont disposées avec une sorte de régularité et presque toutes à un seul niveau; au dessus I on a bâti plusieurs villages.

5. On exploitait plusieurs mines dans ces montagnes jusque du tems des Romains. Une montagne de la Valtelline porte le nom de. Mont d or; dans le siècle XII ou XIII l'évêque de Corne obtint en présent toutes les mines de son diocèse. Paul Jovc parle de mines d'argent dans la Valsass na , qu'on ne connait pas à présent. On trouve en général dans ces montagnes beaucoup de fer ; on a formé la con« jecture , que ce soit la mine de Valcavargna 7 qui s'étende à Dongo , à Vercana au dessus de D ornas o , à la Gaeta près de Menagio , à la montagne Varrone dans la Valsassina supé^ rieure s à Introbhio dans l'inférieure , et jusqu'au dessus de Mandello et à Acquate près de Lecco, La nature différente du minérai et de sa disposé

i0o «rvniows tion, ne semble pas servir d'appui à celle cor> jecture. On trouve du cuivre en Vahavar^na et à Dongo ©n en a trouvé dans la Valsassinn, On a exploité autrefois une mine de plomb près de Mandello et de Canzo ; on voit près de Erba un endroit qui porte le nom de trou du plomb; on a parlé d'une calamine trouvée près de Como , de zinc trouvé près de Campzone; Vandelli a annoncé d'autres mines , qu'on rie connaît pas à présent ; il n'en a pas même indiqué la place avec assez de précision. Il en est de même de quelques renseignemens fournis par Biringucci.

6. Ces montagnes sont très riches en granits Celui qu'on tire de Géra et de Sorico est rouge > tout comme celui de Baveno : le granit de S. Fedelino et de Montorfano est blanc. Ce dernier est plutôt une brèche , qu'un granit. — On a parlé de quelques grenats très beaux , trouvés dans la Valsassina , qu'on a pris en échange pour de la mine d'étain ; d'un petit filon de topaze près de Sorico : et dans le Sasso acuto au dessus de Gravedona on a trouvé des tourmalines.

7. Le lac étant renfermé entre des hautes montagnes, on ne doit pas s'attendre à trouver à l'entour des campagnes riantes; l'industrie des fcabitans a cependant porté la cultivation dans

DE MILAN. 101 tous les plus petits endroits , qui en étaient susceptibles. La rareté des terrains cultivables avait produit dans tous les environs du lac depuis quelque siècle l'émigration de la plus part des hommes , qui se répandaient en toute l'Europe , et y faisaient quelque petit trafic, surtout celui des baromètres , et autres instrumens de physique et de clincailleries. Ils revenaient au bout de quelques années , et ils rapportaient le fruii. de leur industrie ; plusieurs se sont même enrichis par ce moyen , et ils ont établi des bonnes maisons de commerce. Depuis la révolution cette émigration s'est beaucoup diminuée.

8. Dans les terrasses, ou les étages du milieu des montagnes , on voit des forets de châleigners; dans la partie la plus basse on cultive la vigne , les oliviers • et d'autres arbres fruitiers et quelques mûriers, les citronniers et les orangers y prospèrent ; cependant il faut les couvrir pendant l hiver. Leur plantation est sur ce lac un objet de luxe et de commerce. Dans quelques montagnes on trouve d'excellente truffes. — La beaulé du lac de Ccmo naît de ce qu'on y voit de chaque point les deux rives , et les montagnes de îa, Vahellme et des CrUons , qui descendent^'** ellement jusqu'au bout du

lac , pendant que du côté de Como et de Lecco elles descendent aux collines inférieures.

9. Sar les hauteurs errent des chamois , des ours , des lièvres ; on trouve en quelqu'endroit des marmottes, et dans les marais de Colico on a trouvé des loutres. Entre les oiseaux on dislingue le coqus de bruyète , les faisans , les francolins, les aigles, les faucons, et les grands hibous. Sur le lac on a vu des pélicans , des cignes , des grues, des ardées. Les serpens sont très fréquens sur le bord méridional des montagnes près de Como et de Canzo. Les poissons sont à peu près les mêmes , que ceux des autres jacs; on y distingue cependant YJgone, qu'on prétend plus petit , et muni d'écaillés plu» blanches que les autres. Le cyyrinus rutilus » ou idus , ou p'ico , qu'on nomme aussi pico et encobïa sur ce lac, au printems, c'est-à-dire dans la saison des amours, se couvre d'écaillés rouges, et prononcées à la façon des épines» On a parlé de quelques poissons monstrueux , qui surpassaient la grosseur d'un homme ; mais personne ne les a vus.

10 La forme du lac est très irrégulière à cause des deux bras qui s' été rident du côté de Como et de Lecco ; sa largeur est aussi très inégale. Sa plus grande largeur est entre Mmagio et Va*

BB MILÀ^. loi

rena ; elle est à peu près de cinq milles. Sa longueur depuis Como jusqu'à la Riva di Chiavenna est de prs de 60 milles. L'élévation du lac au dessus de la surface de la mer est de 212 mètres ; de Lecco à Milan la chute de Y A rida et du canal est de 60 mètres j ou à peu près. — La température du lac à la profondeur de 3oo-4oo pieds est de 5 dégrés, d'après l'observation du cél. Volta , qui convient parfaitement avec celles faites pas Saussure sur le lac de Ge» nève et sur d'autres lacs de la Suisse.

ft-T« Les plus grandes rivières, qui concourent à la formation de ce lac, sont YJdday la Lira et la Mera, qui y portent les eaux de la Spluga , du Septimere , du Maloja, d'une grande partie de la chaîne du Bernina, des montagnes de Bormioy ed de la pente septentrionale de la chal îe du Lignon. Par dessus lea eaux de ces trois rivières , le lac reçoit aussi celles de 64 autres rivières moins considérables. Ces délaiU appartiennent à M.Eùcl. Ce lac gonfle quelquefois ; il hausse même quelquefois plus de i5 pieds dans le bras de Como, qui n'a point d'émissaire.

12. Le lac de Como fournit en général beaucoup de fer, quelque peu de cuivre et de plomb, du bois, du charbon, de la chaux, du plâtre, ècs pierres de taille, des marbres travaillés- et

en bloc , de la fayence, des verreries, de l'écorce de chêne, de la soie, du poisson, des citrons , et d'autres fruits , et un peu d'huile ; il sert aussi au transport de toutes les marchandises , que l'on envoie de la Suisse et de l'Allemagne par les Grsons: ce commerce va recevoir une nouvelle vie par les deux nouvelles routes, que l'on ouvre du côté de la Valtelline , çt du côté de la Spluga. Le lac reçoit en retour de la plaine de la Lombardie du blé , du sel , et toutes les denrées qui viennent de la mer; il reçoit aussi la plus grande partie des objets, qu'on envoie en Allemagne, et des matières premières, qui nourrissent les manufactures de laine et de coton , qu'on a établi dans les pays situés au dessus du lac.

i5. On exerce la navigation de ce lac à l aide de quelques bateaux , dont on pourrait améliorer de beaucoup la construction. Eùel voudrait qu'on leur donnât plus de largeur et de profondité , et qu'on substituât des voiles quarrées aux voiles latines , afin d'éviter toute sorte de dangers. Il a été, peut-être, informé de quelque naufrage, qui était arrivé; mais on ne sait pas si la forme de construction qu il propose , conviendrait aux bateliers qui sont accoutumés a atterrir à chaque instant.

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14. On a sur ce îac des vents qu'on pourrait appeller réguliers. Ce sont le vent du nord , qu on nomme le Tlvano, qui souffle à 1 ordinaire dans la nuit , et cesse au lever du soleil ; et le vent de sud-ovest , qu on appelle la Breva , qui souffle depuis midi jusqu'au soir. Cependant la régularité de ces vents est souvent troublée par les pluies , les orages , et môme quelquefois par les nuages, qui empêchent ou diminuent l'action du soleil , qui est la cause première de cettô régularité. On attribue aussi à la coopération des vents les gonflemens extraordinaires du lac , qui arrivent surtout dans le bras de Como , comme on l'a remarqué ci dessus, n.° 11. Les venl$ peuvent contribuer à ces gonflemens en poussant les vagues dans le canal du côté de Como , et en suspendant, ou en retardant leurs cours $u côté de Lecco*

•ESVIKOVS-

Tour du lac. — Route depuis Gomo jusqu'à Riva di Chiavenna, et à Colico. — Gernobio. Garuo, Moltrasio. Laglio. Argegno. Valle Intelvi. Isola Comacina. Balbiano. Lenno. Tramezzo. Menagio. Musso. Dongo. Gravedona.

Domaso. Sorico. Lago superiore. Ghiavenna. Colico.

1. En partant de Como , et en longeant la côte à , auche , on voit les belles maisons de Campagne, qui ornent le borgo di Vico, dont on a parlé ci dessus, n.° XVIII, 4» et les maisons de la Tavernola et de la Zuccotta , adossées à la montagne de Lampino. On passe <le là à Cernobio , dont le nom est dérivé , peut être , de Cœnobïum , autrefois abbaye de l'ordre de Clugny. Près de Cernobio on voit 1 embouchure de la Breggia ; ce torrent à sa source dans la vallée à'Intehi , et traverse une partie de la Suisse. On croit très salutaire 1 eau d'une source qui jaillit dans une colline au dessus du village, on la nomme l'eau de la Coilelta.

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