CARACTÈRES. — CARÈNE
sur l’absence des organes. — A un point de vue plus générai ,
' tous les détails de forme, de nombre et de situation de chacun des organes d’une plante, constituent ses caractères, abstraction faite des analogies ou des différences qui la rapprochent ou l’éloignent des autres plantes. — Lescaractères des groupes d’un ordre élevé, des familles par exemple, sont basés sur des différences de forme que présentent les organes de la fructification, principalement les graines et les organes de la florai- . son; les caractères qui séparent les genres entre eux sont généralement de la même nature que les précédents, et résultent de nuances dans les formes ou les dispositions des organes essentiels; les caractères qui séparent les espèces dans un même genre sont puisés soit dans les différences que présentent les organes de la végétation (forme des feuilles, mode de * végétation, inflorescence, etc.), soit dans des caractères secondaires tirés de la fleur ou du fruit. Ces caractères sont fixes ou variables, mais ils ne varient que dans certaines limites, et une série de générations reproduit toujours le type normal ou primitif dont certains individus peuvent s’écarter accidentellement. Ces écarts donnent lieu aux variétés qui, bien que conservant toujours les caractères essentiels de l’espèce de laquelle elles dérivent, diffèrent dans les caractères secondaires d’individu à individu. Dans certaines anomalies accidentelles ou provoquées par les procédés de la culture, les caractères des espèces et même des genres peuvent se trouver profondément modifiés; mais ces accidents sont individuels, et les plantes qui en sont l’objet ne peuvent être propagées que par la greffe et la bouture; plus rarement ces anomalies peuvent être reproduites par les graines pendant un certain nombre de générations.
Carcérule, Carceridus. On a donné ce nom à certaines capsules indéhiscentes (inusité).
Carène, Canna; arête parcourant longitudinalement la face inférieure d’une partie horizontale. — On nomme carène la pièce inférieure de la corolle dans la famille desPapilionacées; cette pièce, qui a la forme d’une nacelle, résulte du rapprochement par le bord interne, et de la soudure par le sommet,
CARIOPSE. — CARPELLE. l\l\ 1
' des deux pétales inférieurs, — caréné, carimtus , qui est muni d’une carène, qui a ia forme d’une carène.
Carina, Carène; — carinalis ,* carénai, qui appartient k ia carène, qui constitue une carène; — carinatus , caréné. Cariopse, Cariopsis. On a donné ce nom au fruit dans les plantes de la famille des Graminées. Ce fruit (nommé grain par les cultivateurs quand il s’agit des céréales) est sec et monosperme (à une seule graine).; son péricarpe fait corps avec la graine. Le cariopse résulte d’un ovaire k deux stigmates, très rarement k un seul les deux stigmates semblent indiquer l’existence de deux carpelles; ces carpelles sont intimement soudés, et un seul des deux produit une graine qui remplit toute la cavité à laquelle elle est adhérente.
carné, carneus , couleur de chair, d’un blanc légèrement rosé. carnosus, charnu, pulpeux. — carnulosus , un peu charnu, recouvert d’une couche pulpeuse d’une faible épaisseur ( Caro , Chair).
Carpelle, Carpellum , = Carpidium. — Un carpelle est au gy- . nécée (le pistil ou les pistils) ce qu’un sépale est au calice, un pétale h la corolle, une étamine k l’androcée. 11. est démontré d’une Ynanière incontestable, par les anomalies accidentelles que l’on rencontre* assez fréquemment (et dans lesquelles le carpelle se présente sous la forme soit d’une feuille pétaloïde, soit d’une feuille verte, et se rapprochant souvent beaucoup de la forme des feuilles de la tige), que les organes désignés sous ' le nom de carpelles, et qui constituent le verticillc ou la spirale d’organes occupant la partie centrale de la fleur, sont en réalité des feuilles modifiées. — Un carpelle isolé se présente sous la forme d’une petite feuille pliée longitudinalement et dont les bords des deux moitiés, appliquées l’une sur l’autre, sont soudées dans toute leur longueur; cette feuille k bords soudés constitue un petit sac (ovaire) dont la paroi interne correspond à la face supérieure ou interne de la feuille, et dont la paroi externe correspond k la face inférieure ou externe de la feuille; ce sac, en général comprimé, présente une Carène dorsale plus ou moins marquée, qui est le résultat de la nervure dorsale de la feuille, et une Suture ventrale qui
CARPELLE.
résulte de la soudure des deux bords de la feuille; cette suture est quelquefois mince et tranchante ; la carène dorsale est au contraire généralement obtuse. En général la partie dorsale, et par conséquent la carène du earpelle, décrit une courbure prononcée; au contraire la soudure des bords ou suture décrit une ligne droite. — Bien que le carpelle puisse accidentellement revenir à la forme de feuille foliacée, il présente à son état normal des caractères importants et des propriétés remarquables qui en font un organe tout spécial et dont la valeur physiologique est extrême. L’extrémité supérieure du carpelle se termine par une partie glanduleuse constituant deux lignes parallèles qui représentent les bords de l'extrémité de la feuille carpellaire, ou constituent plus fréquemment une ligne courbée en fer à cheval par la réunion des deux lignes glanduléuses ù l’extrémité delà feuille carpellaire; il arrive, souvent que cette ligne glanduleuse en forme de fer à cheval , se recourbant encore plus complètement et étant dirigée presque horizontalement, prend l’aspect d’un disque plus ou moins large ou d’une tète presque globuleuse, mais échangée du côté qui correspond ù la suture. Cette partie glanduleuse, quelle que soit sa forme, a reçu le nom de Stigmate ; pendant la tloraison, elle sécrète un suc 'visqueux, et, grâce à cet enduit, retient à sa surface les granules polliniques (pollen) qui s’échappent des anthères sous une forme ordinairement pulvérulente. Ces grains de pollen, fixés à la surface du stigmate , émettent des prolongements (boyaux polliniques) qui s’insinuent dans le tissu du stigmate et descendent dans la cavité du carpelle où ils rencontrent des organes nommés ovules, dont nous allons nous occuper. La partie supérieure de la feuille carpellaire ne se termine pas toujours brusquement en stigmate immédiatement au-dessus de la cavité constituée par la soudure de ses bords; très fréquemment au contraire cette extrémité se prolonge en une pointe ou tige plus ou moins grêle, plus ou moins longue, quelquefois même filiforme, qui se termine par le stigmate; cette pointe ou tige grêle a reçu le nom de style; quand le style est très court ou n’existe pour ainsi dire pas, et que par conséquent le stigmate sur^
CARPELLE.
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monte immédiatement ia partie renflée du carpelle, le stigmate est dit sessilc. — Les deux bords soudés (suture) de la feuille carpellaire présentent, dans la majorité des cas, deux lignes saillantes appliquées Tune contre l’autre à l’intérieur de l’ovaire; ces lignes saillantes ont reçu le nom de cordons placentaires -, et leur ensemble le nom de placenta. Les cordons placentaires portent un seul ou plusieurs appendices filiformes courts, terminés chacun par un petit corps globuleux ou ovoïde; ce petit corps globuleux est l 'Ovule destiné à devenir la graine; le pied filiforme qui le porte et qui part du placenta a reçu le nom de Funicule (on le nomme aussi cordon nourricier et Podosperme). — Quelle est la nature du cordon placentaire, du funicule et de l’ovule? Certaines anomalies accidentelles
vont éclairer cette question. Plusieurs observateurs ont signalé et J’ai moi-même eu plusieurs fois occasion d’observer (chez le Brassica Napus par exemple) des carpelles dont les ovules sont remplacés chacun par une petite feuille foliacée; chez quelques uns de ces carpelles anormaux, on trouve même toutes les transitions entre une petite feuille plus ou moins irrégulière et un ovule bien conformé; l’ovule a donc pour premier élément une petite feuille ou foliole; le funicule est le pétiole ou pétfolule de cette foliole, et Te cordon placentaire le résultat de la décurrence des funicules ou pétioles des ovules. On a objecté à cette explication que des feuilles ne naissent pas sur des feuilles; or, que le carpelle étant une feuille, il ne saurait produire des feuilles; je répondrai qu’il ne s’agit pas de feuilles normales, mais de lobes foliacés analogues aux folioles des feuilles pinnées des Papilionacées par exemple, ou mieux aux expansions foliacées qui sc détachent de la face supérieure des feuilles dans une curieuse anomalie du Chou commun t Brassica oleracea ), expansions foliacées qui paraissent dues k une sorte de dédoublement des nervures parallèle k la surface de la feuille, dédoublement en vertu duquel les nervures, devenues libres, se terminent par un épanouissement foliacé qui rappelle non pas une feuille, mais un bourgeon ou un rameau dont les parties appendiculaires se présentent souvent sous la forme d’une lame continue qui se développe eu
CARPELLE.
spirale autour d’un axe; or nous verrons que l’ovule n'est pas sans analogie avec un bourgeon. (Voir le mot Ovule). — Les carpelles peuvent être considérés au point de vue du nombre des ovules qu’ils renferment ; si le carpelle ne renferme qu'un seul ovule, il estf dit uni-ovulé (ex. : Alisma , Ranunculus , /V tentilla) ; s’il en renferme plusieurs, il est dit pluri-ovulé (ex. : Pisum, Phaseolus , Lathyrus }; s’il en renferme un grand nombre, il est dit multi-ovulè (ex. : Âconitum , Delphinium , A [igella). — Ils peuvent être considérés au point de vue de leur nombre; dans certains cas, ils so.nt en même nombre que les pièces dont se compose le verticille du calice ou de la corolle, constituent un verticille et sont disposés, selon les lois de l’alternance, avec les pièces des autres verticilles de la fleur; c'est ainsi qu’ils forment généralement un verticille de cinq pièces chez les Aquilcgia, les Aconitum , etc., et un verticille de trois pièces chez un grand nombre de Monocotylédones (Liliacées, Amaryllidées , Iridécs, etc.). Dans un grand nombre de cas, soit normalement, soit accidentellement, le nombre des carpelles est moindre que celui des sépales ou des pétales; dans d’autres cas, il n’existe aucun rapport numérique constant entre ces organes; dans ces différents cas, les carpelles sont disposés régulièrement au centre de la fleur sans rapport de situation avec les autres verticilles. Un cas normal fréquent est celui où il n'existe qu’un seul carpelle (exemple: famille des Papilionacées). Non moins fréquemment les carpelles sont très nombreux et constituent une spirale continue, indéfinie; l’axe de là fleur s’allonge généralement alors pour fournir aux carpelles un espace qui puisse suffir à leur développement. ( Myosurus , Anémone , Fragariçb , etc.). — Nous n’avons jusqu’ici considéré le carpelle que dans les cas où il est libre de toute adhérence; le carpelle ou les carpelles peuvent être situés dans une cavité ou dépression de l’axe, et être libres dans cette cavité (insertions périgynes) ou être adhérents aux parois internes de cette cavité (insertions épigynes). Les carpelles peuvent aussi être soudés entre eux de plusieurs manières. En général les carpelles, disposés en une spirale allongée et indéfinie, sont libres; les soudures existent au contraire