CLASSIFICATION . — * CLOISON
Dissent chacun plusieurs familles. Les familles sont aux classes ce que les genres sont aux familles.
Classification, Classification Arrangement méthodique. L’éxposé dogmatique des lors qui doivent présider à la classification des plantes, et des divers essais de classification tentés parles naturaliste^, constituent la partie de la science botanique* désignée sous le nom de Taxonomie végétale. (Voir le mot artificiel,)
clathratus , = cancellatus; en forme de réseau à jour.
clausus , fermé.
clavatus , se terminant en massue, allant en grossissant de la base au sommet et se terminant par une extrémité arrondie.
claviforme, claviformis, clavœformis , en forme de massue.
Clavuia , petite massue. — clavulatus , un peu renflé en massue.
Clinanthe, Clinanthium , = Phoranthe (Rich.) ; sommet élargi d'un pédoncule chargé de fleurs sessiles. On se sert plus ordinairement de l’expression Réceptacle commun , ou simplement Réceptacle, Le pédoncule est terminé en réceptacle iClinanthe) chez les plantes de la famille des Composées, des Dipsacées, etc.; ce réceptacle a reçu le .nom de Amphanthium (inusité) chez le Figuier, le Dorstenia, etc. (Voir le mot Réceptacle.) — Le Clinanthe, l’Involucre et les Fleurons, constituent par leur ensemble le Capitule.
Cloche, Campana ; — en forme. de cloche, campanulatus. Un * grand nombre de corolles gamopétales sont de forme campanulée.
Cloison , Septum y Dissepimentum. Certains ovaires (ou certains fruits) sont composés de plusieurs carpelles fermés , soudés par leurs faces latérales, (voir le mot Carpelle). Si l’on coupe en travers un de ces ovaires ou un de ces fruits, il semble composé de loges longitudinales séparées les unes des autres par des cloisoîis ; chaque loge est la cavité d’un carpelle et chaque cloison est constituée par deux feuillets soudés appartenant à deux carpelles adossés. Lorsque, à la maturité du fruit, les deux lames soudées qui constituent chaque cloison se séparent (en d’autres termes , lorsque les carpelles se désagrègent), on dit qu’il y a déhiscence septicitle (cloisons partagées en deux feuil-
COACERVATIS. — COC1ILEATUS.
lets); lorsque les deux lames qui constituent chaque cloison restent soudées et que la partie dorsale des carpelles (loges) se détache des cloisons en manière de valve, on dit que la déhiscence est septifrage (cloisons rompues); les autres modes de déhiscence ont des relations éloignées ou n’ont pas de relations avec les cloisons : c’est ainsi que dans la déhiscence loculicide (loges partagées longitudinalement) les cloisons sont situées à la partie moyenne de chaque valve; chacune de ces valves étant le résultat de deux moitiés de carpelles accolées et dont la cloison n’a subi ni séparation ni rupture. — On nomme Cloisons 9 incomplètes celles qui n’atteignent pas le centre du fruit; les ovaires qui présentent ces cloisons sont composés de carpelles incomplètement fermés, et l’ensemble préseute une seule loge subdivisée en cellules ouvertes à l’intérieur et communiquant ensemble. — On a donné le nom de Fausses cloisons ( Disse pimenta spuria) à. des cloisons cellulaires longitudinales de diverses natures, par exemple à la cloison de la silique des Crucifères. Enfin il est des fruits qui présentent de fausses cloisons cellulaires transversales ; d’ordinaire ces cloisons séparent et isolent des graines superposées ; les fruits de certaines plantes de la famille des Papilionacées et des Crucifères présentent des exemples de cette structure exceptionnelle.
Clostres; organes élémentaires du tissu fibreux (voir le mot fibres). coacervatus , — aggregatus ; entassé , accumulécoadnatuSy — coadunatus ; se dit de parties soudées entre elles. coœtaneus , contemporain : Ameuta coœtanea, chatons.se développant en même temps que les feuilles.
coalitus , soudé; se dit de parties adhérentes entre elles. coarctatus : rami coarctatf , rameaux dressés et rapprochés. coccineus , de couleur rouge écarlate.
Coccum , et Coccus ; Coque ; sorte de fruit.
cochlcariformis , en forme de cuiller, se dit de certaines feuilles à limbe concave. — On a nommé Prœfloratio cochlearis la préfloraison dans laquelle un des pétales (le pétale supérieur chez les Aconits par exemple), plus grand que les autres, est recourbé
sur eux et les recouvre.
cochleatus, en forme de coquille de limaçon ou escargot, en hélix ;
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COENANTHIl'M. — COLÉORHIZE. 46 1
par exemple le fruit de la plupart des espèces du genre Medicago . ( Cochlea , coquille d’escargot).
Cœnanthium , commun, av0o Ç , fleur); nom donné k l’inflorescence du Figuier qui est constituée par des fleurs réunies dans un réceptacle commun concave qui n’est autre chose qu’un pédoncule profondément déprimé.
cœruleus , cœruleus , de couleur bleue.. — cœrulescens , bleuâtre.
cœsius , cœsius , d’un bleu grisâtre.
Cohérent, cohœrens=coadunatus = connatus = coalitus ; se dit de parties soudées entre elles, surtout si elles sont de même nature, de pétales soudés entre eux par exemple. Cohérent s’emploie quelquefois aussi comme synonyme d 'agglutiné: qui est seulement collé comme avec de la glu et peut se séparer sans déchirure.— Les anthères sont cohérentes chez les Balsa minées. v
Cohérence , Cohœrentia . État des corps cohérents.
Cohérences, Cohœrentiœ ; on a désigné sous ce nom les anomalies végétales qui consistent dans la soudure accidentelle de verticilles similaires entre eux (plusieurs rangs de pétales, d’étamines, ou de carpelles) , ou de pièces appartenant à ces verticilles. „
Coléoptile , Coleoptilis , et Coleophgllum . Daus la graine des Monoeotylédones on a donné ce nom au véritable cotylédon dans le cas où il enveloppe complètement la plantule qui s’y trouve renfermée comme dans un étui.
CoJéorhize, Coleorhiza. Ce nom a été donné à l’étui qui enveloppe la première racine normale chez certaines plantes (chez les Graminées par exemple), étui qui se trouve converti en gaine par suite de l’accroissement de la racine qui y est renfermée, et qui le déchire à son extrémité pour se faire jour au dehors et continuer à s’allonger; l’étui, gaine ou coléorhize ne participant point à cet accroissement. — L. Claude Richard, se basant sur la présence ou sur l’absence de la coléorhize, partagea les plantes phanérogames en deux grandes divisions : les Endorhizes (à racine primordiale renfermée dans une coléorhize) et les Exorhizes (dont la racine primordiale est dépourvue de coléorhize) ; la division des Endorhizes est actuellement
COLEUKHIZK.
encore regardée comme correspondant à l'embranchement des Endogènes ou Monocotylédones, et la division dès Exorhizes à l’embranchement des Exogènes ou Dicotylédones. 11 s’en faut cependant que toutes les Monocotylédones soient endorhizes (eôléorhizées) , et d’autre part il existe chez les Dicotylédones de véritables endorhizes. Je dirai plus, la plupart des Monocotylédones dont j’ai étudié la germination ne sont point eoléorhizées; je citerai, parmi les plantes monocotylédonées que j’ai fait germer et dont la racine manque de coléorhize : le Dattier (Phoenix dactyli fera , le Muscari comosum , le Scilla Peruviana , YAgraphis nutans , les Tulipa sylvestris et Gesneriana y plusieurs A Ilium, un Juncus , etc.; or si la coléorhize n’existe pas chez ces Monocotylédones que j’ai prises au hasard entre tant d’autres, il est probable que dans un très grand nombre de cas cet organe n’existe pas dans cet embranchement. — Chez le Tamus communie j’ai constaté que la coléorhize est une dépendance de la feuille cotylédonaire, et n’est autre chose que la racine primordiale émise par cette feuille, racine primordiale qui est traversée dans sa longueur et déchirée par des racines emboîtées, plus intérieures. — Chez les Graminées la coléorhize n’est pas, comme chez le Tamus , la racine de la feuille cotvlédonaire, la feuille cotvlédonaire émet une racine rudimentaire quelquefois réduite à une protubérance qui joue le rôle de magasin à fécule , et constitue avec le cotylédon la niasse charnue désignée sous le nom d’hypoblaste; la partie limbaire de cet hvpoblaste, partie limbaire assez développée chez le Maïs , est bien susceptible d’être déchirée par ’ la racine qui la traverse obliquement, maiscette déchirure, qui n’a pas lieu dans l’axe de la partie radiculaire du cotylédon, ne constitue pas une véritable coléorhize; la véritable coléorhize des graminées est constituée par la racine d’une feuille supérieure au cotylédon (l’épiblaste ou deuxième feuille étant très rudimentaire, il est probable que la feuille qui émet la racine qui doit être convertie en coléorhize, est la troisième feuille). — De la série de faits que je viens d’exposer il résulte : 1° que chez les Graminées la racine du cotylédon ou racine première est réduite ;i une protubérance qui ne s’allonge
COLEOllHIZK. •
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point; 2° que chez un grand nombre de Monocotylédoties Phcénix , Scilla , Muscari , etc.) la racine première s’allonge en véritable racine; et 3° que chez le Tamus communie (et chez d’autres sans doute) la racine première s’allonge, puis est convertie en gaine ou coléorhize par une racine seconde qui la traverse selon son axe; il résulte en second lieu : 1° que chez beaucoup de Monocotylédones la racine seconde, pas plus que la racine première, ne se convertit en gaine; 2° que cette racine seconde est chez le Tamus celle qui perfore et convertit en gaine la «
racine première, mais n’est pas elle-même convertie en gaine à son tour; 3° que chez les graminées c'est cette racine seconde qui est convertie en gaine par une racine troisième. — De l’observation de tous ces faits (que j'ai constatés par des coupes longitudinales nombreuses étudiées et dessinées sous la loupe ou le microscope) il résulte : 1° que la coléorhize ne caractérise pas le groupe des Monocotylédones; 2° que la coléorhize n’est pas un organe spécial, mais qu’elle résulte de la perforation de haut en bas d'une racine par une racine plus intérieure qui descend dans son axe, cette coléorhize ou gaine étant constituée manifestement par une racine qui, dans d'autres cas, se développe en racine normale. — Non seulement la présence d’une coléorhize ne caractérise pas essentiellement l'embranchement des Monocotylédones, mais l'absence de la coléorhize ne caractérise pas non plus l’embranchement des Dicotylédones; en effet, je considère comme une véritable coléorhize la réunion des deux appendices descendants que l’on observe à la base des feuilles cotylédonaires du Radis (Raphamts saliras) à l’époque où la plante présente déjà une rosette de feuilles. Ces appendices constituent dans l’origine presque toute la masse du mérithalle primordial et de la radicule; plus tard , lorsque ces parties ont pris un certain développement , on les voit se détacher delà masse sous la forme de membranes charnues, mais en restant adhérentes à la base des feuilles cotylédonaires, et souvent aussi à la partie inférieure de la racine. Ces appendices, avant de devenir libres, faisaient donc partie du mérithalle primordial et de la racine, et leur coupe verticale nous apprend qu'ils sont la continuation de toute la
66À ■ COLÉORHIZE.
partie celluleuse des feuilles cotylédonaires; quant aux faisceaux vasculaires qui- descendent du pétiole, ils pénètrent dans le centre de la tigelle. J’ai, observé chez les Chenopodium album , murale , etc., une coléorhize normale absolument semblable k celle du Raphanus; j’ai vu également une déformation accidentelle du Sinapisarvensis donner lieu k la manifestation anormale de cet organe. — J’ai démontré que le faux bulbe des Orchis est composé, dans sa partie supérieure, par l’éperon des feuilles du bourgeon dans lequel descend le bourgeon luimême qui émet à sa base une masse radiculaire adhérente k un sac qui la renferme , ce sac constitue chez ces bourgeons anormaux une véritable coléorhize. — Je ne quitterai point cet important sujet sans mentionner les résultats auxquels j’ai été cohduit par l’étude du faux tubercule du Corydalis solida f dont j’ai suivi le mode de développement pendant une période de plusieurs années (ma manière de voir diffère complètement de l’opinion de M. Bischoff dans son mémoire sur le bulbe des Corydalis ; II. Bischoff admet que le point de départ du bulbe (ou système ascendant) est situé au niveau du point d’où parlent les fibres radicales; je crois, au contraire, avoir démontré que le véritable point de départ est l’aisselle des feuilles squa- . miformesoù se développent les bourgeons axillaires). Chez le Corydalis solida la couche extérieure du tubercule situé audessous de l’insertion des feuilles est l’écorce de la racine; or, cette écorce se laissant percer k sa base par un faisceau de fibres radicales, et se détachant plus tard comme une gaine du faisceau central , ne diffère en rien d’une coléorhize; quant k la colonne centrale, c’est une véritable racine pivotante émettant k sa base des fibres radicales. C’est entre l’écorce radicale libre ou coléorhize et le corps central de la racine pivotante que descendent isolément les corps radiculaires des bourgeons, corps radiculaires qui ne sont autre chose que de jeunes racines coléorhizées indépendantes l’une de l’autre. Un bulbe de Corydalis solida est donc en réalité une véritable racine pivotante coléorhizée, k coléorhize charnue globuleuse, et cette racine qui est annuelle se renouvelle au moyen de racines semblables qui descendent isolément des bourgeons en traversant sa sub-
. COLÉORHIZE. — COLLECTEURS.
stance. — Quelles sont les différences qui existent entre cette singulière racine pivotante coléorhizée et se renouvelant chaque année et une racine pivotante vivace non coléorhizée, celle d’une Ombellifère, du Fenouil, par ‘exemple? Les voici : Chez la racine pivotante vivace non coléorhizée, l’écorce s’allonge indéfiniment avec le corps central de la racine et lui reste adhérente, au lieu de se laisser traverser par lui et de s’en détacher plus tard; en outre, dans les racines pivotantes vivaces, les bourgeons émettent inférieurement des processus qui s’étendent en réseau autour du corps de la racine (comme il est facile de s’en assurer par la macération) et grossissent la masse, tandis que chez le Corydalis solida le processus descendu de chaque bourgeon forme un corps isolé et constitue une racine indépendante. — Des différents faits que je viens d’énumérer (et qui seront ultérieurement développés) je tire la conclusion suivante, savoir : que la couche extérieure du mérithalle primordial de la tige situé au-dessous des cotylédons, et la couche extérieure de la racine (soit que ces couches deviennent libres et prennent le nom decoléorhize, soit qu’elles restent adhérentes et gardent le nom d’écorce) sont, au moins en partie, le résultat de la prolongation de la portion celluleuse des feuilles audessous de leur insertion. J’ajouterai, en outre, que si l’on admet que la structure du mérithalle primordial inférieur aux cotylédons ne diffère pas de la structure des mérithalles de la tige supérieurs aux cotylédons, on ne pourra nier que l’écorce, à quelque niveau qu’on la considère, ne soit le résultat de la décurrence des feuilles.
collatérales , collatéraux; se dit de deux organes placés cote îi cote, par exemple de deux ovules dans un ovaire.
collecteurs, collectores ; on a nommé Poils collecteurs, Pili collectores (Cass.) , des poils courts et roides ou papilles qui hérissent le sommet ou divers points de la partie supérieure du style (•liez les Composées, par ex. Ces poils disposés en manière de brosse sont destinés à recueillir le pollen pendant que le style en s’allongeant balaie, en quelque sorte, le tube constitué autour de lui par les anthères soudées. Dans la division des Cynarocéphales le renflement situé au-dessous des branches du
n, aa COLLECTEURS. — COLLET.
stvle est chargé de ces poils; dans la division des Corymbifères ils occupent la partie des branches qui s étend au-dessus du niveau qu’atteignent les lignes stigmatiques; chez les Chicoracées les poils collecteurs occupent une certaine étendue du style au-dessous des deux branches, et se continuent sur la face dorsale de cesbranches par une fine pubescence. - Chez les Campanulacées, on a signalé un fait fort intéressant, mais qui demande ;i être étudié de nouveau : pendant la floraison, chacun des poilscollecteursse refoulerait sur lui- mêmeet rentrerait dans une cavité en forme de gaine, en entraînant des grains de pollen. Collections botaniques (voir le livré troisième de cet ouvrage). Collerette ; on a donné ce nom à l’involucre de l’ombelle chez les plantes de la famille des Ombellifères ; cet involuerc se compose d’un seul verticille de bractées (inusité).
Collet, Collum, = nœud vital = irtésophyte. On a donné le nom de Collet ou Nœud-vital, soit ii un plan mathématique, soit aune partie d'une certaine étendue, séparant dans l'axe d une plante ta tWedela racine. Deux interprétations principales de cctteaneienne définition d’un fait exact mais naguère encore très peu
étudié, peuvent être présentées; ces interprétations sont basées sur les divers caractères qui distinguent la tige de la racine. Deux de ces caractères essentiels reposent sur la direction cl sur le mode d’accroissement des parties ; un autre de ces caractères repose sur le mode de production des bourgeons. Signalons d’almrd les différences puisées dans le mode d’accroissement : chez la racine la direction est descendante, et l’accroissement en longueur a lieu par l’allongement de son extrémité seulement; chez la tige la direction est ordinairement ascendante et l’accroissement en longueur a lieu dans tous les points det; étendue à la fois (pendant la période de la première année pour chaque nouvelle pousse de liges ou de rameaux, soit axillaires, soit terminaux); si l’on a égard seulement à .ces importants phénomènes physiologiques, on verra le collet dans le plan horizontal qui sépare le système ascendant du système descendant, telle est la manière de voir de M. Gaudichaux, . dont l’opinion est d’un si grand poids dans cette question ; la seule objection que j’aie à faire a celte délimitation des parties
COLLE!
est que, bien qu’elle repose sur lin t'ait incontestable, elle est d’une application souvent assez difficile; en effet, on ne saurait dans un grand nombre de cas, préciser le point de séparation du système ascendant et du système descendant, le niveau auquel commencent les radicelles étant fréquemment situé sur la partie inférieure de l’axe ascendant et non sur l’axe descendant lui-même. J’ajouterai que l’on a jusqu’ici entendu par nœud vital ou collet un point de l’axe de la plante tel que si la plante est coupée transversalement au-dessous de ce point elle se trouve complètement frappée de mort, et que si elle est coupée transversalement, fùt-ce même d’une très petite quantité au-dessus de ce point, la plante émet des bourgeons et continue à vivre par le développement de nouvelles tiges et de nouveaux rameaux. Or, si l’on coupe transversalement la plante immédiatement au-dessus du niveau du plan qui sépare la tige (ou axe ascendant) de la racine (ou axe descendant), mais au-dessous de l’insertion des feuilles cotylédonaires, la plante périra (à moins qu’il ne se développe des bourgeons adventifs, comme il peut d’ailleurs s’en développer sur la racine elle-même.)-— Je passe maintenant au caractère distinctif de la tige et de la racine au point de vue de la production des bourgeons; chez la racine, les bourgeons qui sc développent quelquefois (bourgeons adventifs) naissent çà et là et comme au hasard ; en aucun cas, il n’existe sur la racine proprement dite de feuilles directement insérées, et à l’aisselle desquelles naissent des bourgeons chez la tige, au contraire, un bourgeon terminal feuille termine chacune des divisions; en outre l’aisselle de chacune des feuilles insérées directement sur la tige et ses divisions est susceptible d’émettre un bourgeon. Par conséquent, en dehors de la gemmule, le premier bourgeon émis est celui qui est susceptible de naître à l’aisselle de chacun des deux cotylédons chez les Dicotylédones. On peut donc se baser sur ces considérations pour diviser l’axe des végétaux dicotylédones en deux parties : l’une inférieure à l’insertion des feuilles cotylédonaires, constituée par le mûrithalle inférieur de la tige et par la racine, et qui n’est susceptible de donner naissance à aucun bourgeon normal; l’autre
COLLET
partie, supérieure aux insertions des feuilles cotylédonaires, insertions au niveau desquelles des bourgeons sont susceptibles de se développer ; je ne doute pas que les divers auteurs qui ont parlé du collet en disant que la plante coupée immédiatement au-dessus continue à végéter, n aient eu en vue le niveau des feuilles cotylédonaires , bien qu’aucun ne se soit expliqué clairement k ce sujet. 11 y aurait donc lieu de distinguer deux collets chez les phanérogames : 1° celui au niveau duquel Taxe ascendant se trouve en contact avec l’axe descendant, et dont M. Gaudichaux a démontré l’importance organographique, je propose de le nommer Collet organique , ou de lui appliquer le nom de Mésophyte ; 2° celui au niveau duquel des bourgeons normaux peuvent être produits, et qui constitue par conséquent le Nœud-vital, je propose de le nommer Collet apparent , ou de lui réserver simplement le nom de Collet . — * Enfin, M. D. Clos, a décrit sous le nom de collet la partie dé 1 axe qui s’étend entre le collet organique et le collet apparent; cette partie de l’axe est simplement le premier mérithalle de la tige, méri thalle qui commence à. l’insertion des feuilles cotylédonaires, et se termine à la naissance du système descendant ou racine proprement dite. Je ne crois pas utile d’attribuer à ce mérithalle un nom particulier. — D’après les définitions que je viens de donner (pour les Phanérogames) du collet orga- nique ou mésophyte , et du collet apparent, ou simplement collet , il est évident que ces points ou ces organes n existent que chez les plantes annuelles ou les plantes vivaces k racine pivotante : en effet, dans tous les cas où la racine pivotante primordiale, et souvent la partie inférieure de la tige elle-même, se trouve détruite , il n’existe plus de collet k proprement parler ; la souche ou partie souterraine de la plante , est alors entièrement constituée par une tige hypogée ou rhizome, susceptible d’émettre dans toute sa longueur des bourgeons normaux a l’aisselle de ses feuilles, quelque rudimentaires que ces feuilles puissent être ; et chaque fragment de ce rhizome reproduit la plante en constituant de véritables boutures. (On peut admettre, du reste, chez les boutures, un collet artificiel, u collet correspondrait k Vaisselle de la feuille la plus inférieure
COLLET
de la bouture.) — Chez les Monocotylèdones non bulbeuses, un premier mérithalle (analogue auxmérithalles supérieurs dont se compose la tige de ces plantes à feuilles alternes) peut se développer et éloigner du collet organique ou mésophyte la base du pétiole cotylédonaire. — Chez \es Monocotylèdones bulbeuses, je ne reconnais que l’existence du collet organique ou mésophyte, le collet apparent n’existe pas. Il suffit, pour se convaincre de la vérité du fait que j’avance, de faire la coupe longitudinale d’une Monocotylédone bulbeuse en germination, d’un Muscari par exemple, et de comparer cette coupe à celle d’une Monocotylédone à rhizome, de YAllium fallax par exemple : on verra chez le Muscari la gemmule embrassée par la feuille cotylédonaire naître ainsi que la feuille cotylédonaire elle-même sur un plan au-dessous duquel commence manifestement la racine ; tandis que, chez YAllium fallax , la gemmule naît au sommet du premier mérithalle de la tige, et est . par conséquent séparée du mésophyte ou collet organique par toute la longueur de ce premier mérithalle. Les Monocotylédones peuvent par conséquent avoir comme les Dicotylédones un collet organique et un collet apparent, ou n’avoir qu’un collet organique, lorsque, ainsi que cela arrive chez les bulbes, les entrenœuds ou mérithalles de la tige sont tellement courts qu’ils peuvent être considérés comme nuis. — Dans les recherches que j’ai faite» dans ces derniers temps sur la structure et sur le mode de germination des embryons, j’ai été . assez heureux pour rencontrer plusieurs faits non encore observés, et qui sont de nature à jeter une vive lumière sur la structure des tiges, et notamment sur la question qui nous occupe en ce moment. Déjà M. Bischoff avait reconnu que le Corydalis solida , plante appartenant à une famille de plantes dicotylédonées, germe avec un seul cotylédon; j’ai trouvé de mon côté que le Bunium Bulbocastanum , plante également tuberculeuse (mais d’une structure toute différente), germe également avec un seul cotylédon ; ayant semé des graines d’une autre Ombellifère prise au hasard parmi les diverses espèces de la même section, le Biasotettia tuberosa, j’ai vu, ainsi que je m’y attendais, cette plante germer également avec un
COLLET
seul cotylédon, et je suis par conséquent port£ à croire que toutes les plantes de la même section présentent cette singu- . lière organisation. Chez ces plantes, le limbe du cotylédon est de forme elliptique et s’atténue en un long pétiole ; ce long pétiole représente la moitié longitudinale de la partie qui chez les Dicotylédones normales constitue le mérithalle inférieur de la tige. Le cotylédon unique de ces Dicotylédones anomales est, par conséquent, inséré comme celui des Monocotylédones bulbeuses, au niveau du collet organique ou mésophyte, et il n’existe pas plus chez les unes que chez les autres de collet proprement dit. Cette feuille cotylédonaire unique constitue chez ces plantes le système ascendant pour toute la première année. — Chez le Cyclamen , il n’y a, pour ainsi dire, pas de feuilles cotylédonaires; ou, si l’on veut, il se développe un cotylédon unique qui prend la forme d’une feuille pétiolée normale, et est suivi plus tard par d’autres feuilles qui n'en diffèrent en rien, et qui se développent une à une alternativement et de la même manière. — Un autre fait qui lie l’état observé chez les Dicotylédones monocotylédo nées, et chez les Dicotylédones normales, est
venu dernièrement couronner mes recherches surcet intéressant sujet; il m’a été fourni par la germination du Cheerophyllum ' bulbosum. Chez cette plante, la germination se fait d’abord • normalement : deux cotylédons elliptiques terminent un prc- . mier mérithalle. J’observais depuis quelques jours cette germination , et je m’étonnais de ne voir nulle' apparence de r gemmule entre les feuilles cotylédonaires, lorsque je vis sortir : de terre des feuilles à lynbe divisé que je crus appartenir k une autre espèce dont les graines' auraient pu se trouver dans la terre où j’avais semé le Cheerophyllum , et je me hâtai de renverser la terre du pot pour examiner le fait avec attention; quelle ne fut pas ma surprise, lorsque je vis que les nouvelles feuilles appartenaient au Cheerophyllum , et qu’elles . partaient dn point intermédiaire à Taxe ascendant et à l’axe descendant, c’est-à-dire du mésophyte ou base du premier / mérithalle ; %y ant porté la plante sous le microscope, je vis manifestement que les deux processus descendants des feuilles cotylédonaires, dont Taccolement constitue le premier méri-