‹ Guide du chasseur de pelleterieChapitre 24 sur 40 · livre · texte numérisé non relu

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On en boit a tout propos. Il n'est pas une boisson plus tonique, plus réconfortante et plus agréable, lorsqu'on revient de parcourir ses tentures. Méprisant le sucre, je conseille de ne pas s'en embarrasser.

Cinq gallons (environ 25 litres) de whisky

en esprit à $3.50 le gallons '7 5°

Le faire loger dans un baril de bois cerclé de fer.

Une tente et son poêle, la tente $26 le

poêle $6 32 "

LTne tente de 10 à 12 pieds de long sur 9 pieds de large et 8 pieds de haut est très suffisante pour abriter trois hommes et même quatre au besoin.

Une batterie de cuisine, $4 6 ou 12 12 "

Trois couvertures en laine à $4 l'une 12

Vous mettez l'une de ces couvertures sur les branches de sapin dont est formé votre lit et vous vous enveloppez dans les deux autres s'il fait froid. Une tente est très chaude même pendant les plus basses températures d'automne et d'hiver, si l'on a le soin d'entretenir le feu du poêle pendant la nuit, avec un mélange d'épinette sèche et de bouleau vert.

Un canot d'écorce et ses avirons 24

Deux paires de souliers en cuir de vache avec hausse en étoffe de laine à $1.50

l'une 3

Ces souliers sont portés avec la raquette Ils sont indispensables. Je recommande le cuir de vache repassé, parceque le cuir de vache ainsi préparé est moins pénétrable à l'eau, une fois graissé, que le cuir de caribou. Il est aussi moins sujet à se durcir.

Deux paires de bottes — dites bottes sauvages— Aucune chaussure ne peut remplacer celle-ci. Elle est parfaitement appropriée à la nature du sol souvent couvert de mousses humides ou de bois en décoposition— La botte sauvage est une œuvre de génie. Seule, elle perpétuera la mémoire de ses inventeurs jusqu'aux temps les plus lointains. Il est bon d'y faire adopter une semelle fixée avec des

chevilles, de bois ; sans cette précaution les personnes, qui n'ont pas l'habitude de s'en servir, lisquent de glisser et de tomber — La paire coûte de $3 à 4 8 "

Une paire de raquettes — de$4à6(i) 6 "

Un fusil Lefducheux d'occasion vous coûtera 35 "

Plomb— 75 livres à lo cents la livre 7 50

Poudre — 20 livres à 50 cents la livre 12 "

Balles et chevrotines (postes) — 15 livres

à 10 c^;z/j- la livres i 50

Douilles — 25 ou 30 ; en acier ou en cuire

à 60 (Y«/^ l'une 18 "

Aiguilles — portant leur capsule mille à 25

cents le cent 2 50

Kmboutoirs — sertisseurs-chargeur— baguette— houpe d'acier 3 "

Bourres-graissées ; à 50 cents le sac-cinq

sacs -2 50

Ces bourres sont épaisses et peuvent se diviser facilement en deux. Une seule suffit ainsi à charger une douille. Chsque sac contient 200 de ces bourres.

(i) Les Raquettes ou souliers de neiges n'ont besoin d'aucune description tant elles sont connues.

Avant de faire l'acquisition d'une paire de raquettes sacheï ([uelle est la forme de celles que vos chasseurs ont adoptées — Rien n'est désagréable et fatigant comme la marche dans des pistes trop étroites ou trop longues — Dans le nord la forme la plus usitée est la forme roude terminée en yKi'Wi- de castor — Ayez soin qu'elles soient lacées solidement.

Capsules ordinaires — 12 boîtes à 25 cents

l'une 3 "

Couteaux à lames droites— 3 à 50 cents l'un i 50

Haches de chasse — à 75 cents l'une 2 25

Mouches-Lignes-Cuillères et hameçons en

bloc 10 •'

Fil à saumon — 2 livres à 40 cents la livre... " 80

Fil à morue — 30 brasses — une ligne " 40

L,e fil à saumon servira pour étendre sur les cadres, vos peaux des castors ; la ligne à morue, pour attacher les canots, pour lier des pièces de bois, pour les collets, pour les lignes de fond, etc.

Fil de laiton-i2 paquets-15 cents le paquet I 80

Le fil de laiton est indispensable pour les collets à lièvre et pour les collets à loups. Cervier.

Pièges — 12 No 4 a $1.50 l'un 12 "

" — 5 doz. No 2 de $6 à 8 la doz 40 "

Les dépenses nécessitées par votre expédition s'élèveront à neuf cent ou mille dollars, c'est-à-dire, pour mes lecteurs français, environ cinq mille francs.

Vous remarquerez que plusieurs des objets que vous aurez achetés tels que, fusils, haches et pièges, batterie de cuisine, etc., serviront vraisemblement à toutes vos chasses, quelques autres dureront pendant plusieurs années. Un canot mené avec les précautions nécessaires peut durer trois ou

quatre ans ; une tente, entretenue avec soin, sert ordinairement plusieurs années.

Les résultats que l'on peut espérer de la chasse sont si variables et dépendent de tant de choses qu'il est difficile de les apprécier d'une manière exacte. Trois hypothèses se présentent.

La pelleterie est abondante. La pelleterie est peu abondante — La pelleterie manque totalement.

Dans le premier cas, si vous êtes attentif et si vous avez su choisir des engagés expérimenté.-, il est plus que probable que votre récolte de fourrures compensera largement vos dépenses, peut-être même, receuillerez-vous un bénéfice. J'ai vu le fait se présenter deux ou trois fois. Dans le second cas, la vente des produits rie votre chasse viendra cicatriser en partie la saignée faite à votre bourse. Si la dernière hypothèse est la vraie, ce qui est rare, vous en serez pour la totalité de votre argent. Vous vous consolerez en songeant que pareille aventure est arrivée à de plus habiles, et que, vous avez, mainte fois, dépensé des sommes plus considérables pour satisfaire des fantaisies qui ne vous ont laissé que des regrets. Mais, si vous êtes un vrai chasseur, c'est-à-dire, poëte, naturaliste et bien portant, les jouissances que vous aurez goûtées vous naraitront, sans prix.

Malgré mon vif désir d'en finir avec les conseils je veux vous en donner un encore. Foi de chasseur, ce sera le dernier.

Terminez vos paquets avant les premiers jours du mois d'aofit et partez sans perdre une minute.

Allez camper à l'embouchure de la rivière que vous avez résolu de remonter pour gagner l'intérieur des terres. Une t'ois là, envoyez en avant l'un de vos engagés avec les auxiliaires et le bagage. Dès le retour des auxiliaires, mettez-vous bravement en route avec le chasseur qui vous reste. Je suppose que vous avez su profiter de votre première station de chasse près de l'eau pour vous familiariser avec la manœuvre du canot, manœuvre assez facile pour le rameur de l'avant, mais très fatigante pour tout le monde, et pour vous en particulier, à cause de la position des jambes tant que l'habitude ne vous a point plié à ce genre d'exercice, pour le rameur de l'arrière.

A la fin du mois d'août les mouches et les maringouins commencent à disparaître. Les perdrix d'épinette ou de savane ( Tétrao cci>tût/t'Nsis-A^^g]a'K Ccmadagroiisé), les perdrix grises apjjclées aussi perdrix franche ou ordinaire, P. de bouleau, P. de bois-franc-( Tétrao umbe/luSj-An^aS^ Ruffcd-grouse) et le porc-épic abondent sur le bord des rivières et des lacs et dans les portages.

La truite se prend avec facilité à la mouche artificielle. Tout vous sollicite au départ.

Partez donc et voyagez sans trop de lenteur. La distance à franchir est longue et, dans les hautes terres, les eaux se couvrent quelquefois de glace fine dès la deuxième semaine de septembre, ce qui est une cause de retard tous les matins. Vous devez du reste, autant que possible ne l'oubliez pas, avoir fait choix de l'un de vos chemins de chasse à

la tin du mois au plus tard. Les trappeurs de profession, à cette époque ont déjà pris des castors et plaque, (i) les cibanes quils veulent tendre. Imitez-les, s'il se peut, et bon voyage.

(i) Plaijuer c'e^t-à-dire faire sur un ai-bie, au moyen delà hache de chasse, une incision longitudinale. Une plaque indicatrice de l'endroit ou gît un piège ou une cabane de castor, etc. Plaquer un portage, est indiquer sa direction au moyen des plaques que je viens de décrire.

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