DE LA TENUE
our se battre, il n'y a pas de costume bien spécial, .on est en noir généralement, voilà tout.
On se bat très bien avec des costumes de fantaisie, c'est vrai, mais enfin c'est sérieux, et on aurait tort d'arriver sur le terrain déguisé en polichinelle pour
se battre à Tépée. D'ailleurs les témoins de Vautre ne l'accepteraient pas^ vous pouvez en être sûr.
Mettez-vous donc en noir, croyezmoi. Seulement distinguons :
Pour le pistolet, il faut laisser le moins de prise possible à votre adversaire.
Déguisez- vous en manche à balai, autant que vous le pourrez faire.
Pantalon collant, — se cirer les jambes au besoin, comme les acteurs de province — pas de chemise, pas de gilet, — ni en flanelle ni en drap, — redingote collante.
Un faux-col et des manchettes pour simuler le linge, et c'est tout.
Avoir soin de retirer sa décoration, mais dans le seul cas où on
GUIDE DU DUELLISTE INDÉLICAT jq
en aurait. Si on n'en a pas... on peut la laisser.
Bien s'effacer, se faire une tête grosse comme une pièce de cinq francs, enfin de n'offrir à l'œil de son adversaire que l'aspect gras d'une lame de couteau.
A Tépée, c'est tout le contraire :
Vous voilà nuî Bien!. Prenez-' moi un bon gros gilet de fla^çlIe bien épaisse, garni de boutons larges à droite et à gauche. -^ La
pointe peut en rencontrer un, et vous éviter une blessure.
Ce gilet, large, bien étoffé., un gilet d'éléphant quoi. Là-dessus
GUIDE DU DUELLISTE INDELICAT 8l
une chemise large aussi, bouffante, énorme, et que ces deux premiers vêtements vous rendent trois fois plus gros que vous n'êtes réelle* ment.
Un bon caleçon de laine, large aussi, un pantalon demi-collant, qui avec le caleçon formera tampon.
Soyez bien aisé à la hauteur des cuisses, afin de ne pas être gêné pour vous fendre; serré à la ceinture afin d'être fortement soutenu.
S'il a plu la veille, le terrain sera glissant, attention! que votre chaussure vous soit solidement retenue à la cheville. Certaines personnes choississent des chaussures fines ; c'est peut-être un tort.
83 aulDB' SD DDaLLÔTB INB£LIC4T.
Sur le préf on n'est pas çomiqe sur le tl^mplîn de la salle; un cai]lou,,un rien, peut vous frcfisser la plante du pîed, vous l'endolorir et paralyser une partie dé' vos moyens d'élasticité, de marche et d'appel.
Je préfère la chaussure mt-forte,
garnie de quelques pointes carrées.
Le clou à ,tête ronde glisse trop facilement.
Vêtu de la sorte, vous compre-
nez qu'une pointe peut facilement s'égarer dans votre amas d'étoffes.
Vous n'avez alors même pas besoin de parer; au contraire, fendez-vous tout d'une pièce, l'arme de votre adversaire se trouve engagée à fond dans la flanelle, et vous, vous n'avez plus qu'à choisir la place où vous désirez le toucher.
Voici pour les notions préliminaires, passons maintenant aux bottes infaillibles.