LE COUP DU LORGNON
uand on a le caractère
naturellement gai, il est
évident qu'on aime à
/ plaisanter et à faire des
!^ farces.
Quoi de plus amusant du reste,
que faire une niche à des gens qui
vous sont désagréables !
Ainsi parexemple,j'admetsqu'on vous invite à un mariage et que la mariéevoLis soit antipathique. Votre première idée sera de lui jouer \m petit tour cli^le •— du moiïES^ai^ ' rait mon avis.
En coQséquencè, Tousvdusreadez à l'heure indiquée à iôÉfiÊL:
sainte mère PÉgjise, vous asû^fcei^ trianquille, à la céçâmpnie du très saint sacrement dumériage. Quand on passe à la sacristie pour féliciter les époux que ça embête, vous tirez de votre poche, sans avoir l'air de rien, soit une brosse à ciragCj soit une éponge imbibée d'encre, et vous approchant respectueusement de la timide épousée, vous lui barbouillez la figure avec votre instrument.
Il y a évidemment de quoi rire et s'amuser, mais tout le monde n'a pas un caractère aimable comme le vôtre ; le mari peut trouver ça d'un goût contestable et vous dire des choses raides.
Oh ! alors , adieu la risée , vous vous emportez, vous traitez cet homme de paillasson, de chef d'orchestre, etc.
Traité pareillement devant ses invités, ce goujat est forcé, bon gré mal gré, de vous demander réparation.
Un gentleman ne peut pas reculer; Vous acceptez le défi de ce pleutre^ et vous vous retirez.
Vous allez alors trouver un témoin de votre collection, vous le priez de vous assister, et de se mu-»
nir d'un, lorgnon jB-JBxjt ses 4eux , verres.- ■.'-■ ..;. ;: ,.,
Une &is sur le -terrabiii, Toice uâ- :
mcnn ^ui.aùjra .étudié, sa |)lara là v^Ue, s'arrangera pour/vottB pla- ■ cer de telte sorte, qu'il sent, Ipi, en plein soleil. Puis, pendant que Vousvousfendrez comme un brave, Je témoin qui paraîtra suivre ,1a lutte avec intérêt, prendra tout bfr-*' tement son lorgnon qu'il agitent comme pour occuper sa main inactive ; les verres au soleil, feront ce que les enfants appellent Petit Papillon. Quand il aura suffisamment étudié le jeu de la lumière, il l'amènera — sans le vouloir — dans l'œil de votre adversaire qui, aveuglé par le scintillement de Petit Papillon, rece-
vra avec plaisir, le coup d epéeque vous aurez la bonté de lui administrer.
Le témoin peut beaucoup, peut même tout dans cette affaire, aussi,
lorsque la querelle est vidée, serait-il indélicat d'essuyer votre épée sur son gilet.
L'honneur est tellement satisfait qu'il en rit de manière à faire voir sa chemise... de l'autre côté.
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