‹ Guide du forestier (volume 2)Chapitre 28 sur 52 · SYLVICULTURE · texte numérisé non relu

SYLVICULTURE

de prévenir ces ravinements, aussi désastreux pour les montagnes où ils se produisent que pour les vallées qui reçoivent les sables et les galets emportés par les eaux. Pour cela il faut arrêter le cours des torrents par des barrages rustiques établis à l’orieine des ravins. Ces barrages se construisent d’une manière simple et économique, au moyen de fascines de saules qu’on place au travers des ravins en les fixant avec de’ forts piquets; on laisse sortir de terre les extrémités des brindilles, qui prennent bientôt racine et forment de véritables haies vivantes. La vitesse des eaux, amortie par ces obstacles, n’étant plus assez grande pour affouillér le sol et entraîner les galets et les sables arrachés aux parties supérieures, ces matériaux se déposent en amont des barrages, et le ravin se comble peu à peu.

Les petits barrages en fascines, très-bons pour prévenir la création des érosions nouvelles et-pour empêcher de s’accroitre celles qui existent depuis quelque temps, ne suffisent pas s’il s’agit d'arrêter les progrès de ravins déjà profonds; dans ce cas on est obligé d'établir des barrages en pierres et en maçonnerie. Ces travaux de construction, qui se rattachent à l’art de l'ingénieur, sont toujours accompagnés de travaux forestiers destinés à en compléter les effets. Ainsi, à mesure que les atterrissements se forment en amont des barrages, on les

TRAVAUX DIVERS. 189 sarnit de plantations de peupliers, de saules, d’érables, de frênes et autres essences propres aux terrains frais. Les talus rapides des gorges au fond desquelles se trouve le lit du torrent doivent être l’objet de soins tout spéciaux, car les eaux et le passage des troupeaux désagrégent constamment leur surface. On interdira d’abord l'accès de ces talus aux troupeaux, puis on y établira une série de senliers horizontaux espacés de 4 à 5 mètres. Quand la pente, ainsi divisée en une succession de bandes séparées par des sentiers à peu près parallèles, sera devenue aisément accessible dans toutes ses parties, on s’occupera de garnir la surface des bandes avec des essences appropriées au climat et au sol. Aux srandes altitudes on emploiera les mélèzes, les sa- . pins, mêlés aux aunes et aux saules ; dans la zone

moyenne, les frênes, les hêtres, les épicéas, les pins sylvestres, laricios et d'Autriche, et plus bas, les chênes, les sycomores, les ormes etc. Si quelques parties des talus menacent de s’ébouler, on les consolidera a moyen de forts piquets réunis par des clayonnages, et l’on y sèmera des plantes d’une croissance rapide. Ces diverses opérations, combinées suivant la nature et la disposition du terra, permettent de ramener à l’état de ruisseaux paisibles les torrents les plus dangereux.

Taille des réserves. — Les cahiers des charges

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prescrivent quelquefois aux adjudicataires d’ébrancher les réserves ; il importe que les préposés puissent diriger cette opération ; il n'importe pas moins qu'ils sachent l’exécuter eux-mêmes, de manière à pouvoir dans leurs tournées rectifier ou diriger la croissance des arbres qui prennent une mauvaise forme. Nous indiquerons donc quelques règles de la taille des arbres forestiers, en prévenant toutefois que . les limites de cet ouvrage ne permettent pas d’entrer dans tous les développements que nécessite cette étude.

On pousse un arbre à croître en hauteur en le débarrassant des branches basses, mais il faut toujours lui conserver une tête suffisamment garnie. On force un arbre à s’étaler en supprimant sa flèche. On arrête l'accroissement d’une branche en pinçant l’extrémité des rameaux ou en les coupant.

Les cicatrices produites par la section des grosses branches se ferment difficilement et occasionnent des plaies qui diminuent la valeur des tiges : aussi doiton éviter ces opérations. On se bornera à raccourcir les branches qu’on veut supprimer, en y laissant toujours quelques rameaux pour y entretenir la vie. — Si on est obligé d'enlever de vieux chicots ou des branches mortes, il faudra, quelques jours après l’abatage, enduire la section avec du goudron de gaz ou coallar. La taille des bois sera toujours faite avec

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