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CHAPITRE X

Ecoulement des eaux. — Tracé des fosses. — Régalage des terres. — Fossés de clôture. — Marchepied. — Dimensions. — Sources. — Ravins. — Barrages. — Con^ soiidation des berges. — Taille des réserves. — Rëgles principales. — Elagage rez-tronc. — Emploi du coaltar. Branches gourmandes. — Taille des baliveaux. — ' Viabilité. — Lignes de coupes. — Sentiers interdits — Nettoiement des chemins — Curage des fossés bordiers.

Ëconlement des Eanz. — Les préposés sont souvent chargés de diriger les ouvriers qui ouvrent les fossés d'assainissement : i) n'est pas hors de propos de donner quelques indications sur la manière d'exécuter ces travaux. — Le but qu'on se propose étant de faciliter l'écoulement des eaux dont le séjour occasionne une humidité nuisible, les fossés doivent être dirigés de manière à déboucher dans des ruisseaux, rivières ou étangs, où elles trouvent une issue naturelle; si l'on ne peut atteindre ce résultat, on les déverse dans les grands fossés de périmètre, où elles s'évaporent plus rapidement que dans l'intérieur du bois; dans tous les cas il faut éviter d'inonder les fonds riverains. On peut, le plus souvent, tracer les

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fossés sans faire de nivellement. Quand on examine les points où Teau séjourne le plus longtemps et la direction qu'elle prend pour s'écouler, on voit de suite le tracé des fossés à ouvrir.

Les fossés doivent être tracés au cordeau ; leurs dimensions sont variables et se modifient suivant la nature du terrain et la quantité d'eau à faire écouler. Les terres extraites ne seront pas relevées sur les bords, ce qui produirait un bourrelet, qui s'oppose à l'assèchement des parties voisines ; elles doivent être régalées sur les parties les plus basses du sol.

L'ouverture d'une rigole suffit souvent pour assainir certaines parties mouilleuses garnies de joncs et d'herbes marécageuses ; pour assécher les mares plus profondes, il est nécessaire d'ouvrir sur le point où s'écoule naturellement le trop -plein une tranchée de la profondeur de la mare.

Dans les terrains inclinés, les fossés ne seront pas dirigés dans le sens de la pente, mais obliquement et en zigzags^ de manière à éviter les ravinements et à recueillir le plus d'eau possible.

Les fossés de clôture devront être tracés en ligne droite, d'angle en angle ; leurs parois seront bien régulières et la terre devra être relevée du côté du bois ; on laissera un petit marchepied de 15 à 20 centimètres entre le bord et le talus formé parles terres

ainsi relevées^ afln qu'elles ne s'éboulent pas ; on ménagera de temps en temps une ouverture dans ce talus, afin que les eaux des parties voisines puissent s'écouler dans le fossé. Les dimensions des fossés de clôture sont ordinairement de 2 mètres d'ouverture, 1 mètre de profondeur au fond, et 20 centimètres de largeur.

Dans les parties très marécageuses où l'eau n'a aucun écoulement, on ouvrira une série de fossés parallèles; la terre qui en proviendra sera rejetée sur les bords de manière à former une banquette élevée au-dessus du niveau de l'eau. Les plantations d'aunes, de saules et de peupliers réussissent très bien sur des sols ainsi préparés ; il faut seulement employer des brins un peu forts ou des boutures.

Les sources qui existent dans l'intérieur ou sur les rives des forêts doivent être entretenues avec soin ; si elles sont dans l'intérieur des massifs, on réservera lors des exploitations quelques arbres pour les abriter, on en plantera au besoin, on facilitera l'écoulement de l'eau en nettoyant le fossé de décharge. Si ces eaux peuvent être utilisées pour l'irrigation, on en obtiendra des résultats surprenants.

Les eaux qui coulent sur les versants en pente rapide, après les orages et la fonte des neiges, ravinent le sol et creusent des gorges qui deviennent les canaux d'écoulement des torrents. Il est urgent

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de prévenir ces ravinements, aussi désastreux pour les montagnes où ils se produisent que pour les vallées qui reçoivent les sables et les galets emportés par les eaux. Pour cela il faut arrêter le cours des torrents par des barrages rustiques établis à Torigine des ravins. Ces barrages se construisent d'une manière simple et économique, au moyen de fascines de saules qu'on place au travers des ravins en les fixant avec de forts piquets ; on laisse sortir de terre les extrémités des brindilles, qui prennent bientôt racine et forment de véritables haies vivantes. La vitesse des eaux, amortie par ces obstacles, n'étant plus assez grande par affouiller le sol et entraîner les galets et les sables arrachés aux parties supérieures, ces matériaux se déposent en amont des barrages, et le ravin se comble peu à peu.

Les petits barrages en fascines, très bons pour prévenir la création des érosions nouvelles et pour empêcher de s'accroître celles qui existent depuis quelque temps, ne suffisent pas s'il s'agit d'arrêter les progrès de ravins déjà profonds ; dans ce cas on est obligé d'établir des barrages en pierres et en maçonnerie. Ces travaux de construction, qui se rattachent à l'art de l'ingénieur, sont toujours accompagnés de travaux forestiers destinés à en compléter les effets. Ainsi, à mesure que les atterrissements se forment en amont des barrages, on les

garnit de plantations de peupliers^ de saules, d'érables, de frênes et autres essences propres aux terrains frais. Les talus rapides des gorges au fond desquelles se trouve le lit du torrent doivent être l'objet de soins tout spéciaux, caries eaux et le passage des troupeaux désagrègent constamment leur surface. On interdira d'abord l'accès de ces talus aux troupeaux, puis on y établira une série de sentiers horizontaux espacés de 4- à 5 mètres. Quand la pente, ainsi divisée en une succession de bandes séparées par des sentiers à peu près parallèles, sera devenue aisément accessible dans toutes ses parties, on s'occupera de garnir la surface des bandes avec des essences appropriées au climat et au sol. Aux grandes altitudes on emploiera les mélèzes, les sapins, mêlés aux aunes et aux saules; dans la zone moyenne, les frênes, les hêtres, les épicéas, les pins sylvestres, laricios et d'Autriche, et plus bas, les chênes, les sycomores, les ormes, etc. Si quelques parties des talus menacent de s'ébouler, on les consolidera au moyen de forts piquets réunis par des clayonnages, et l'on y sèmera des plantes d'une croissance rapide. Ces diverses opérations, combinées suivant la nature et la disposition du terrain, permettront de ramener à Vétat de ruisseaux paisibles les torrents les plus dangereux.

Taille des Réserves. — Les cahiers des charges

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prescrivent quelquefois aux adjudicataires d'ébrancher les réserves ; il importe que les préposés puissent diriger cette opération ; il n'importe pas moins qu'ils sachent l'exécuter eux-mêmes, de manière à pouvoir dans leurs tournées rectifier ou diriger la croissance des arbres qui prennent une mauvaise forme. Nous indiquerons donc quelques règles de la taille des arbres forestiers, en prévenant toutefois que les limites de cet ouvrage ne permettent pas d'entrer dans tous les développements que nécessite cette étude.

On pousse un arbre à croître en hauteur en le débarrassant des branches basses, mais il faut toujours lui conserver une tête suffisamment garnie. On force un arbre à s'étaler en supprimant sa flèche. On arrête l'accroissement d'une branche en pinçant l'extrémité des rameaux ou en les coupant.

Les cicatrices produites par la section des grosses branches se ferment difficilement et occasionnent des plaies qui diminuent la valeur des tiges : aussi doiton éviter ces opérations. On se bornera à raccourcir les branches qu'on veut supprimer, en y laissant toujours quelques rameaux pour y entretenir la vie. — Si on est obligé d'enlever de vieux chicots ou des branches mortes, il faudra, quelques jours après Tabatage, enduire la section avec du goudron de gaz ou coaltar, La taille des bois sera toujours faite avec

un instrument bien tranchant et de bas en haut pour ne pas déchirer Técorce ; les branches doivent être coupées rez-tronc; cette recommandation est expresse. Plus la surface de la section sera nette et mieux se fera le recouvrement. — Pour que l'élagage soit bien fait, la plaie doit être unie et se raccorder sans aucun ressaut avec le corps du sujet. Toute saillie est un obstacle au rapprochement des deux bourrelets qui doivent se souder pour fermer la blessure. Les branches gourmandes qui se produisent sur le tronc des chênes réservés dans les taillis doivent être coupées dans les 3 ou 4 années qui suivent l'exploitation. Les baliveaux qui tendent à se courber par suite du poids de leur tête, se relèveront si on les débarrasse d'une partie de leurs branches. Les arbres résineux ne doivent être taillés que dans des cas exceptionnels.

Viabilité. — Les préposés sont chargés de Tentretien des lignes de coupes et d'aménagement ; ils tiennent ces laies et tranchées libres en élaguant les branches qui les obstruent. Cet élagage se fait à la serpe ou plus facilement avec un sabre d'abatage. Les bois qui en proviennent appartiennent aux gardes.

Lorsqu'il y a lieu de faire relever les lignes de coupes, travail qui est souvent imposé à l'entrepreneur du façonnage des coupes affouagères, ces lignes seront jalonnées très exactement, on tracera au cor-

deau les deux côtés parallèles, puis à l'aide d'une bêche enfoncée d'un demi-fer dans la direction du cordeau, les terres seront relevées sur l'axe de manière à former une espèce de banquette. Les lignes ainsi tracées ne se perdent jamais, tandis que celles qu'on indique seulement par des sauts de chèvre sont souvent difficiles à retrouver.

Les préposés doivent empêcher la création des sentiers dans les jeunes coupes ou dans les semis ; ils mettront en interdit ceux qui sont récemment formés.

Lorsque la traite des bois sera terminée, ils interdiront aux voitures les chemins de vidange descoupes usées en relevant les barrières, s'il en existe ; à défaut de barrières, ils indiqueront par un écriteau que le passage est interdit aux bêtes de somme.

Afin d'empêcher les chemins non empierrés de s'obstruer par la végétation des herbes et des ronces, les gardes devront les faire nettoyer tous les ans au moins. Ils peuvent utiliser ces chemins comme pâtures, mais à la condition que les bêtes seront tenues à la main ou attachées à des piquets. Ce dernier système est très bon, parce que les animaux, restant plus longtemps au même point, broutent l'herbe de plus près et favorisent ainsi la formation d'une pelouse compacte.

Les fossés bordiers seront tenus libres et curés à

viffoiid^ afin que les eaux y trouvent toujours un écoulement facile. Avec des fossés bien nettoyés, la chaussée reste presque toujours solide, tandis qu'elle se défonce aisément si l'eau des fossés s'infiltre dans les terres sur lesquelles elle est assise.

Les travaux que nous venons d'indiquer sont loin de comprendre tous ceux que les gardes peuvent exécuter ou faire exécuter ; nous avons dû nous restreindre, notamment en ce qui concerne les semis et les plantations, aux renseignements relatifs aux essences les plus répandues. Pour plus de détails, nous renverrons aux ouvrages spéciaux, et notamment à Vart de Planter \ de M. de Manteuffel, et à l'excellent traité sur VÉlagage *, de M. le Comte des Cars.

Les préposés de toute catégorie doivent tout leur temps à leur service. Celui qui n'est pas employé en tournées doit l'être en travaux d'amélioration. La surveillance n'en est pas moins efficace et la forêt profite grandement des travaux, quelque peu importants qu'ils paraissent d'abord, s'ils sont continués avec persévérance. Des gratifications spéciales sont accordées par l'administration aux gardes qui

1 L'Art de Planter. — Traité sur Part d*ëlever en p<^pinière et do planter les arbres forestiers; traduit de l'allemand, — Se Édition. — 1 vol. aveo 16 vignettes, relie, prix 8 fr. 50.

3 L^ÉUtgage des Arbres . — Traite pratique de Tart de diriger et de conserver les arbres, par le Comte de Gars; 1 vol., 72 gravures, prix 1 fr. (Cet onvri^^e est ëpaisë.)

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ont exécuté des travaux d'amélioration dans les forêts domaniales. Les Sociétés d'agriculture décernent aussi des récompenses aux gardes des communes et des particuliers à raison des soins qu'ils apportent à tenir en bon état les forêts qui leur sont confiées. Ce n'est pas tout, en effet, pour un préposé que d'être actif et vigilant, de préserver son triage contre les dévastations des délinquants, il faut encore l'améliorer; c'est à quoi il peut parvenir par des travaux qui sont généralement d'une exécution facile. Des semis opérés avec les graines récoltées dans les bois, des plantations, des boutures, des marcottages peuvent être faits par un homme seul, à loisir el sans aucune dépense. La création des pépinières, l'entretien des travaux d'assainissement demandent de plus grands efforts, mais sont d'une utilité si évidente, qu'un bon forestier ne doit jamais regretter le temps qu'il y emploie.

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