PAUL ET VIRGINIE, par J.-H. Bernardin de Saint-Pierre
Paris, L. Cunncr, rue Sainte-Anne, 1838; I vol. petit in-4°, illustré de très nombreuses figures.
Magnifique édition, la plus belle de cet ouvrage, et l'un des plus beaux
livres du xix* siècle. Plusieurs grands artistes ont concouru à son exécution ; entre autres : Tony Johannot, Français, Marville , Meissonier, Paul Huet, Steinhel, Eug. Isabey; et la plupart des bons graveurs modernes y ont été employés. Les figures y sont de trois sortes : gravures au burin, à toute page, tirées sur papier de Chine et collées ensuite ; grandes gravures sur bois hors texte, également tirées sur papier de Chine; petites gravures sur bois, en très grand nombre, tirées dans le texte.
En tête se trouve un beau portrait de B. de Saint-Pierre, finement gravé par Pelée, d'après Laffitte, lequel, pour être de premier tirage, doit se trouver avant la lettre du bas, avec une sphère au viilieu de l'univers, au-dessous du filet simple qui sert de cadre. Dans les meilleurs exemplaires les grandes figures sur acier et sur bois doivent être accompagnées d'un feuillet de papier transparent glacé, qui contient la légende imprimée de chaque gravure.
Il existe des exemplaires avec deux adresses différentes de Curmer au bas du titre : les uns portent rue Sainte- Anne, où il demeurait d'abord; les autres portent rue de Richelieu, où il s'installa ensuite, dans le courant de 1838. Les exemplaires de la rue Sainte-Anne sont par conséquent de premier tirage.
Quoique ce ne soit pas annoncé sur le titre, la Chaumière indienne est imprimée à la suite. Dans quelques exemplaires on voit à la fin de la dernière page de la Chaumière indienne une tête de femme gravée sur bois en médaillon. C'est, dit -on, le portrait de Mme Curmer, que son mari, par galanterie, fit placer à cet endroit, à la suite de ces mots qui terminent la Chaumière : a On n'est heureux qu'avec une bonne femme. » Les exemplaires qui contiennent cette particularité sont fort recherchés, parce qu'ils sont en petit nombre, la galanterie de l'éditeur n'ayant pas
résisté aux plaisanteries de quelques malicieux amis, qui lui firent enlever ce portrait pendant le tirage de l'édition. Le bois de cette gravure existe encore aujourd'hui, et il ne produit plus que des épreuves oblitérées qui n'ajoutent aucune valeur aux exemplaires auxquels ils sont ajoutés.
Prix très variés suivant l'état. Vente D*** (mars 1882), ex. en demi-rel.
ch. bleu, fil. rogné, 40 fr. — Vente Paul de Saint- Victor (avril 1882), ex. en dem.-rel. ch. br.tr. dor., 50 fr. — Vente J. et S. (avril 1882), dem.-rel. avec coins maroq. r. ébarbé, 69 francs. — Vente L*** (février 1882), 155 francs, ex. cartonné non rogné. — Vente C*** (février 1882), même état que le précédent, 160 francs. — Vente D*** (mars 1882), 3 5 ) francs, ex. non rogné, avec doubles épreuves d'artiste, sur chine volant, des portraits de Bernardin de Saint-Pierre, du docteur et du médaillon. — Vente Maas (mars 1882), 155 francs; bel exemplaire relié en mar. rouge, mais rogné. Il contenait les gravures et portrait hors texte sur Chine, avant la lettre.
Vingt exemplaires furent tirés entièrement sur^flpzVrtfet7;/«e, au prix de 300 fr. chacun. Un de ces derniers fut adjugé 1,100 fr. à la vente Jules Janin (février 1877).
Nous connaissons un exemplaire précieux, qui contient la plupart des gravures ■ et vignettes tirées à part, sur papier de Chine. Le possesseur, M. H. Claude, qui a eu l'obligeance de nous le communiquer, a dû le diviser en 3 gros volumes, et il les a fait orner d'une riche reliure. Cet exemplaire a une grande valeur et présente un haut intérêt artistique.
Celui de l'éditeur, M. Curmer, en tirage de choix, broché, ayant conservé sa première couverture et contenant les six portraits en double, avant et avec la lettre, et le portrait de Mi"« Curmer sur chine volant, fut vendu en mai 1874, 210 francs.
36. — ÉMAUX ET CAMÉES, par Théophile Gautier. Paris, Eugène Didier, M D CGC LU; I vol. gr. in-32.
Première édition de ce charmant recueil de poésies. Elle est très bien imprimée sur papier vélin épais, par Simon Raçon, et contient 2 feuillets prélim. (faux-titre et titre), 106 pages, plus I feuillet de table. La couverture est blanche, avec titre imprimé en rouge Publié à i franc, ce petit volume vaut actuellement de 15 à 25 francs, suivant l'éiat. Au catal. Conquet (juin i882\ ex. broché, avec la couverture imprimée, 25 francs.
Il fut tiré de cette édition quelques exemplaires sur papier vergé fort de Hollande.
En iS) 3, l'éditeur fit réimprimer simplement cette petite édition, en y ajoutant deux pièces à la fin : les Accrochecœurs, et les Néréides. Cette édition de 1853 est souvent, à tort, vendue pour la première, à laquelle elle ressemble beaucoup. Cependant les caractères de la première sont plus petits. Le nombre des pages de celle de 1853 est de 100, plus I feuillet de table, non chiffré. Le faux-titre et le titre comptent ici dans la pagination, tandis que ^ pour l'édhion de 1852 ils sont à part. Il existe aussi cette différence : le dernier vers de la pièce intitulée Inès de las Sierras, à la fin de l'édition de 1852, est celui-ci :
« Mourant un poignard dans le cœur! »
Dans l'édition de 1853, il est ainsi modifié :
« Dansant un poigtiard dans le cœur ! »
La couverture seule de l'édition de 1853 porte : Deuxième cdilion, revue et augmentée.
Ce ne fut ensuite qu'en 1858, chez
Poulet-Malassis et de Broise, qu'on donna une nouvelle édition, de forrnat in- 12, qui porte sur le titre la mention de sxonde édition augmentée.
37. — LES ŒUVRES DE M« FRANÇOIS DE MALHERBE, acniilhomme ordinaire de la chambre du Roy (avec un discours sur ses œuvres par Ant. Godeau). PanV, chei Charles Chappelain, M DCXXX ; I voL in-4°, avec portrait gravé par Du Monstier.
Édition originale, ainsi composée :
24 feuillets préliminaires, y compris le portrait de Malherbe, 820 pages pour les œuvres en prose, et 228 pages de poésies. Cette édition est fort rare et se paie cher. Un exemplaire très ordinaire, relié en veau ancien, et un peu maltraité par les vers, catal. Fontaine (1875), 350 francs. — En 1880, dans la bibhothèque de M. de Béhague, un superbe exemplaire très grand de marges, que l'on croyait être en grand papier, relié par Trautz-Bauzonnet, en maroquin, doublé de maroquin, atteignait le prix de 2,500 fr., et à la vente K*** (avril 1882), un exemplaire en maroq. bleu, jans., doublé de maroq. citron, dent., tr. dor., par Cuzin, plus court de marges, fut vendu 500 francs; un autre, rché par Cuzin en mar. rouge, doublé de mar.
bleu, large dent, à petits fers, tr. dor., 501 fr., veme L*** (fév. 1882). Nous connaissons un bibUophile qui est l'heureux possesseur d'un exemplaire relié en maroquin du temps.
On connaît sous la même date une seconde édition, que l'éminent libraire M. Potier a décrite et qui se distingue de la première, en ce qu'on y trouve, au recto du 4*= feuillet du cahier i, dans le Discours, un passage com-
posé de 18 lignes, commençant ainsi:
« J'avoue que les autres lettres n'ont pas les grâces... »; ce passage n'est pas dans la première édition.
38.— LA RELATION DE L'ISLE IMAGINAIRE, etThistoiredeia princesse de Paphlagonie. M DC LXIX; I vol. petit in-8° de 8 feuillets préliminaires, dont le premier est blanc, et de 146 pages (les deux dernières cotées par erreur 165 et 166).
Édition originale de ces deux petits romans célèbres de Mademoiselle de Montpensier. Elle fut imprimée à Bordeaux, par les soins de Segrais, qui en fit tirer seulement une centaine d'exemplaires. C'est ce qui explique comment ce livre est maintenant d'une insigne rareté.
Voici, en détail, la composition du volume : Les 8 feuillets préliminaires sont ainsi répartis : le premier est blanc ;
— les 4 feuillets suivants contiennent le titre et une dédicace à Madame de Pontac, p-emière p-ésïdente de Bordeaux;
— les feuillets 7e et 8e contiennent une autre dédicace à Monseigneur de Bussillet, seigneur de Messimieu; — la Relation de l'Isle imaginaire occupe les pages 1359;
— puis vient i feuillet blanc, — le fauxtitre de l'Histoire de la princesse de Paphlagonie, — enfin le texte de cette histoire, qui forme les pages 65 à 146 et termine le volume. (Les deux pages du dernier feuillet sont cotées par erreur 165, 166, au lieu de 145 et 146 ; la page 109 est cotée 209).
Un bel exemplaire, relié par Trautz- Bauzonnet, fut acquis au prix de 500 fr. à la vente du comte de Béhague (mars 1880); un autre, relié à peu près de même, par Trautz, a atteint le prix de 670 francs à la vente Guy Pellion (février 1882).
39. — VOYAGE OU IL VOUS PLAIRA, par Tony Johannot, Alfred de Musset et P.-J. Stahl.
Paris, publié par J. Hcliel, 1843; I vol. in-4°, avec de nombreuses figures.
Ouvrage fort original , écrit avec beaucoup de verve, et illustré d'un grand nombre de gravures sur bois, aussi bizarres parfois que spirituelles et fantastiques. On rencontre tous les sentiments dans ce livre étrange : la tendresse, la passion, la gaieté, l'ironie, l'amour, la tristesse, la satire, le caprice, etc. On dirait que certaines pages sont tirées d'Edgar Poe ou d'Hoffmann; d'autres sont dignes de nos plus tendres poètes; on croirait que le génie de Byron ou de Baudelaire a inspiré bon nombre de passages. Et enfin on se dit que telle devait être l'œuvre collective de trois humoristes pleins d'esprit et de talent comme les auteurs de ce livre.
La couverture du volume portait ce titre : Voyage oii il vous plaira, livre écrit à la plume et au crayon, — avec vignettes, légendes, épisodes, commentaires, incidents, notes et poésies...
Publié à 10 francs, en livraisons, il vaut maintenant de 50 à 70 francs.
Exemplaire relié sur brochure en dem.maroq. 66 francs, vente C*** (février 1882). Un autre, broché, vente Barras (mai 1882), 47 francs.
40. — CHAMPAVERT, contes immoraux, par Pétrus Borel le Lycanthrope. — Paris ^ Eugène Rendue!, 1833;! vol. in-8°, contenant 438 pages, avec vignette sur le titre.
Édition originale de ce singulier livre, si recherché parmi les romantiques. Ce volume est ainsi composé :
GUIDE DU LIBRAIRE-ANTIQ.UAIRE
faux-titre, — titre, — préface, ou plutôt \ Notice sur Champavert, se terminant à la page 38, — et enfin texte des différentes histoires, jusqu'à la page 438, qui termine l'ouvrage. Le faux-titre et le titre comptent dans la pagination.
Sur le titre on voit une vignette sur bois, d'après Gigoux, gravée par Godard. Cette vignette, qui représente une scène des plus poignantes, se rapporte au troisième conte, intitulé : Doji Andréa Vésalius. Doiia Maria est dans le laboratoire, aux pieds d'André Vésale, qui lui montre les cadavres disséqués de ses trois amants.
La Notice sur Champavert, qui ouvre l'ouvrage, est une curieuse autobiographie dans laquelle l'auteur essaie de faire croire que son véritable nom est Champavert, tandis que Petrus Boreî est un pseudonyme. Il fait ensuite l'éloge de son premier volume, les Rhapsodies, parues en 183 1, et il en cite même plusieurs pièces en entier, avec une intéressante lettre qu'il reçut de Béranger à propos de ce premier essai. Enfin il termine cette sorte de préface par plusieurs pensées des plus « abracadabrantes » qu'il prétend avoir trouvées dans le portefeuille de Champavert.
A la fin du volume, au bas du dernier feuillet, après le mot Fin, se trouve la mention ; Imprimerie de M^e veuve Poussin, rue et hôtel Mignon, 2, F. S. G.
Les histoires sont courtes et nombreuses, et quoique une table fût utile pour les retrouver plus facilement, il n'en existe pas.
Ce volume atteint des prix élevés dans les ventes et chez les libraires; on le trouve rarement en bel état. Un exemplaire, en demi-rehure et non rogné, fut adjugé à 99 francs, vente N** (188 1). A la vente Barras (mai 1882), un ex. broché fut vendu 86 fr.
Au catalogue Morgand et Fatout, 1882, un ex. en demi-reliure, non rogné, est coté 100 francs.
41. — LES NOVVELLES RÉ- CRÉATIONS et joyeux devis de feu Bonauanture des Periers, valet de chambre de la Roy ne de Navarre.
A Lyon, de T imprimerie de Robert Granjon, mil V'^lviij (1558); i voL petit in-4°, composé de : 6 ff . prélim, (titre, privilège, un sonnet, un avis de V imprimeur au lecteur, et table) ; cvii feuillets chiffrés, plus un feuillet non chiffré contenant un sonnet aux lecteurs.
Première édition, fort rare, de ces contes amusants. Elle est d'une impression ravissante, en caractères dits de civilité, que l'on appelait à l'époque lettres françaises d'art de main, comme on peut le lire dans le Privilège du livre.
Notre fac-similé du titre donne un intéressant spécimen de ces caractères.
(Voir planche 17.)
Les ouvrages ainsi imprimés sont en petit nombre et on les recherche beaucoup. Mais là n'est pas le seul mérite de ce recueil; car les gaies histoires qu'il contient sont empreintes de cet esprit fin et railleur qu'on rencontre dans plusieurs des contes de Marguerite de Valois, auxquels on soupçonne Bonaventure des Périers d'avoir collaboré largement. Les Nouvelles Récréations sont encore supérieures, selon nous. Ce recueil fut publié plusieurs années après la mort de Des Périers, par Nie. Danisot, et on accuse ce dernier d'y avoir inséré quelques contes de son propre crû, et quelques autres de Jacq. Peletier, du Mans.
Un des plus beaux exemplaires connus, celui qui était passé à la vente Veinant, en 1860, où il avait été vendu 1,000 francs, a atteint le prix de 2,160 francs à la vente Jordan (février
i88i). Il était encore revêtu de sa première reliure du xvi^ siècle, bien conservée. On y avait joint, sous la même reliure : Le p-emier livre des Narrations fabuleuses, avec les discours de la vérité et histoires d'icelles, trad. (du grec de Patephate) par Guillaume Guéroult.
Lyon, Robert Granjon, 1558, imprimé avec les mêmes caractères. — Un autre exemplaire du premier ouvrage, moins beau, plus court de marges et en reliure moderne de Bauzonnet-Trautz, a été acquis pour 1,200 francs à la vente P. G. P. (P. Guy-Pellion), en février 1882. Au catal. Morgand etFatout (1882), un ex. relié ea mar. v. par Duru, est coté 1,500 francs.
42. — LES CONTES RÉMOIS, par M. le comte de C... (Chevigné), dessins de E. Meissonier. Troisième édition, Paris ^ Michel Lévy frères, 1858; i vol. in-8° et grand in-i8.
Charmante édition, très recherchée, à cause des jolies vignettes sur bois d'après Meissonier et Foulquier qui furent placées en tète de chaque conte. Ces vignettes sont au nombre de 40, dont 34 de Meissonier. Elles se trouvent dans cette édition en premier tirage, ainsi que les deux portraits du comte de Chevigné et de son ami S.
Lavalette, gravés par Buland d'après Meissonier, placés en tête du volume.
Il existe trois tirages différents : sur papier vélin, grand in-i8 (couverture saumon, glacée), — sur papier vélin, grand in-80 (couverture gris clair, glacée), — sur papier de Hollande, in-8° (couverture vert, glacée), tirage à 40 exemplaires, avec les vignettes tirées sur chine.
Quelques exemplaires en papier de Hollande possèdent 4 pages non chif-
frées, contenant « Le travail inutile »
avec une variante inédite.
Prix : Papier de Hollande, in-80, broché, de 600 à 800 francs. Vendu : 350 francs, exempl. broché (Nantes, novembre 1876). 525 francs, dem.-rel. n. rog., vente Jules Janin (février 1877). Un autre bel exemplaire, rel. par Cuzin en maroq. rouge, dos orné, fil. dent. int. tr. dor. 780 francs, vente L*** (février 1882). — Papier vélin, gr. in-8°, broché, de 200 à 250 francs. Vendu 196 francs, bel exemplaire broché, vente C*** (février 1882), et même état, 251 francs, vente Barras (mai 1882). — Papier vélin in-i8, broché, de 60 à 70 francs. Catal. Morgand et Fatout (1880), exempl.
broché, 90 francs. Catal. Rouveyre et Blond (avril 1882), exemplaire en dem.rel. V., non rogné, avec dédicace autographe du Comte de Chevigné à M. L.
Potier, 125 francs. Cet exemplaire fait maintenant partie du cabinet de M.Jules Le Petit.
Il est intéressant de joindre à cet ouvrage une autre publication faite par le même auteur en 1852, renfermant trois des Contes Rémois qui n'ont jamais été réimprimés. Voici le titre de ce volume qui, publié à quelques exemplaires seulement pour les amis de l'auteur, est de toute rareté et vaut de 100 à 120 francs : La Chasse et la Pêche, suivies de poésies diverses par le comte L. M. J. de Chevigné. Rheims, 1832, i vol. in-i8.
43. — LE ROI S'AMUSE, drame, par Victor Hugo. Paris, librairie d'Eugène Renduel (imprimerie d'Everat), 1832; i vol. in-8, composé de : 4 feuillets prélim.
contenant l'annonce des œuvres de Victor Hugo, le faux-titre, le titrefrontispice avec vignette, gravée sur bois par L. B. Andrew d'après Johan-
GUIDE DU LIBRAIRE-ANTIQ.UAIRE
not, tirée sur papier de Chine et collée, et le titre imprimé; — XXI pages pour la préface, — et 183 pages pour le texte de la pièce, y compris un second faux -titre semblable au premier, mais au verso duquel se trouve la liste des personnages et des acteurs de la création.
Cette édition originale d'un des chefs-d'œuvre dramatiques du grand poète est rare et très recherchée. La pièce est précédée d'une remarquable préface, dans laquelle l'auteur raconte, avec les détails les plus intéressants, l'interdiction qui fut faite de jouer son drame, après la première représentation. Il proteste énergiquement contre cet acte ministériel arbitraire. Il transcrit le petit billet par lequel le directeur de la scène du Théâtre-Français, M. Jouslin de La Salle, lui annonça le lendemain matin l'ordre du ministre.
Voici ce billet :
« II est dix heures et demie, et je reçois à l'instant l'ordre de suspendre les représentations du Roi s'amuse. C'est M. Taylor qui me communique cet ordre de la part du ministre.
« Ce 23 novembre. »
Dans cette préface, V. Hugo rappelle aussi que Hernani a eu cinquante-trois représentations, et Marion de Lorme, soixante et une.
La première et unique représentation du Roi s'amuse eut lieu le jeudi 22 novembre 1832. Ce drame n'a jamais été joué en France depuis cette époque.
Le volume est toujours coté très cher, quand il figure par hasard dans un catalogue de librairie. Exemplaire relié par Hardy, en maroq. rouge, tr.
dor. (avec témoins), vendu 149 francs, vente Maas 'mars 1882;; à la vente de
M. E.-M. B. (Bancel) (mai 1882), un exemplaire non rogné et contenant une lettre autographe de Victor Hugo adressée à Gustave Planche, a atteint le prix de 355 francs. Un exemplaire broché était coté 150 francs au catalogue Sausset (avril 1882).
44. — LA VIE ET LES AVAN- TURES SURPRENANTES DE ROBINSON CRUSOÉ, contenant, entre autres événements, le séjour qu'il a fait pendant vingt et huit ans dans une isle déserte, située sur la côte de l'Amérique, prés de l'embouchure de la grande Rivière l'Oroonoque. Le tout écrit par luimême. Traduit de l'anglois (de Daniel De Foe, par De Saint-Hyacinthe et Van EfFen). A Amsterdam , chei L'Honoré etCJMtelain, M. DCC. XX; 2 vol. — Réflexions sérieuses et importantes de Robinson Crusoé faites pendant les avantures surprenantes de sa vie. Avec sa vision du monde angélique. Traduit de l'anglois (par les mêmes). Amsterdam , chei L'Honoré et Châtelain , M. DCC. XXI; I vol. — Ensemble 3 vol. in-i2, avec figures.
Première traduction française de Robinson Crusoé. Les exemplaires en sont assez rares et fort recherchés L'édition originale du texte anglais avait paru l'année précédente, 1719, en 2 volumes, à un assez long iniervalle. Le 3e volume, qui parut en 1720, et fut traduit en 172 1, eut peu de succès; on ne le considère pas comme étant du même auteur.
Ces trois volumes sont recherchés et peu communs. On y trouve de curieuses
gravures d'après Bernard Picart, au nombre de 21, plus un frontispice au i" volume, et 3 cartes (une dans chaque volume). Les gravures ne sont pas belles, quoiqu'elles soient de Bernard Picart.
Un exemplaire très grand de marges, dans une reliure en vélin du temps, est coté 450 francs au catal. Fontaine, 1882. — Un autre ex. moins grand, 60 fr. au catal. Conquet 188 1). — Catalogue Morgand et Fatout (1882), ex rel. en mar. bleu, par ChamboUe-Duru, 250 francs.